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Que lire après « Frankenstein » de Mary Shelley ?

Que lire après « Frankenstein » de Mary Shelley ?

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Publié en 1818, Frankenstein ou le Prométhée moderne est un roman de Mary Shelley. Un jeune scientifique genevois, Victor Frankenstein, donne vie à une créature assemblée à partir de restes humains, puis l’abandonne à son sort.

L’œuvre est née d’un défi lancé lors de l’été 1816 à la Villa Diodati, au bord du lac Léman, où Mary Shelley séjournait avec Percy Shelley, Lord Byron et John Polidori : chacun devait écrire une histoire de fantômes. Le roman qui en a résulté est aujourd’hui tenu pour un texte fondateur de la science-fiction et pour l’un des sommets du roman gothique.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Le Dernier Homme (Mary Shelley, 1826)

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Huit ans après Frankenstein, Mary Shelley publie un roman d’anticipation situé à la fin du XXIᵉ siècle, dans une Angleterre devenue république. Lionel Verney, orphelin sauvage recueilli par le fils du dernier roi, raconte l’effondrement de la civilisation sous l’effet d’une peste qui extermine l’espèce humaine. Le récit se présente comme la transcription de prophéties découvertes dans l’antre de la Sibylle de Cumes.

Derrière cette fiction apocalyptique, Shelley transpose son propre deuil : Adrian, l’idéaliste, est un portrait de Percy Shelley ; Lord Raymond, l’ambitieux, évoque Lord Byron — deux hommes morts peu avant la rédaction du livre. Le roman est un tombeau littéraire dédié à ceux que l’autrice appelait ses « Élus ». Il pose aussi les fondations du genre post-apocalyptique, et son influence se retrouve jusque dans Je suis une légende de Richard Matheson, plus d’un siècle plus tard.


2. Mathilda (Mary Shelley, 1819)

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Rédigé entre août 1819 et février 1820, alors que Mary Shelley venait de perdre deux de ses enfants en bas âge, ce court roman ne fut publié qu’en 1959. Depuis son lit de mort, la jeune Mathilda confie à son ami, le poète Woodville, le secret qui a brisé son existence : l’aveu d’un amour incestueux formulé par son père, suivi du suicide de celui-ci par noyade.

Le manuscrit, envoyé à William Godwin pour publication, ne parut jamais du vivant de l’autrice : son propre père jugea le thème « dégoûtant et détestable » et refusa de restituer le texte. Les spécialistes ont lu dans les trois personnages principaux des doubles de Mary Shelley, Godwin et Percy Shelley. On retrouve ici les mêmes hantises que dans Frankenstein — la mère morte, la relation père-enfant dévastatrice, l’isolement radical — mais transposées sur un mode confessionnel, presque autobiographique.


3. Le Paradis perdu (John Milton, 1667)

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Ce poème épique en vers blancs, monument de la littérature anglaise, relate la chute de Satan et l’expulsion d’Adam et Ève du jardin d’Éden. Milton y fait de Lucifer un personnage d’une envergure tragique considérable : orgueilleux, éloquent, révolté contre un Dieu qu’il juge tyrannique, l’ange déchu affirme qu’il vaut mieux régner en Enfer que servir au Ciel.

Le Paradis perdu est une lecture indispensable pour qui veut saisir pleinement Frankenstein. Mary Shelley place le poème entre les mains de la créature, qui s’y reconnaît tour à tour en Adam et en Satan — rejetée par son créateur comme l’un, révoltée contre lui comme l’autre. L’épigraphe même du roman est tirée de Milton. Les deux œuvres partagent une même interrogation : dans le rapport entre le créateur et sa créature, où se situe la faute ?


4. Faust (Johann Wolfgang von Goethe, 1808 / 1832)

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Le Faust de Goethe, publié en deux parties (1808 et 1832), reprend la légende médiévale du savant qui vend son âme à Méphistophélès en échange de la connaissance et de la jouissance terrestres. Le docteur Faust, insatisfait du savoir livresque, conclut un pacte : si jamais il connaît un instant de bonheur si parfait qu’il souhaite le retenir, son âme appartiendra au diable.

Faust et Victor Frankenstein sont deux visages d’un même archétype : le savant que l’orgueil intellectuel conduit à sa perte. Tous deux franchissent une limite que la morale et la prudence leur interdisaient, et c’est leur entourage qui en paie le prix — chez Goethe, la jeune Marguerite, broyée par l’ambition de Faust. Mary Shelley connaissait le texte et a sous-titré son roman le Prométhée moderne, ce qui situe d’emblée son personnage dans cette lignée de figures punies par leur propre démesure.


5. Dracula (Bram Stoker, 1897)

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Le roman de Bram Stoker se présente comme un assemblage de journaux intimes, de lettres et de coupures de presse qui reconstituent l’arrivée du comte Dracula en Angleterre. Le vampire, figure d’aristocrate archaïque, quitte sa Transylvanie natale pour s’installer à Londres, où il s’attaque notamment à deux jeunes femmes, Lucy Westenra et Mina Harker.

Comme Frankenstein, Dracula adopte une narration éclatée entre plusieurs voix et plusieurs documents, et les deux romans partagent un même vertige : celui d’un être qui n’aurait pas dû exister et qui ébranle toutes les certitudes de ceux qui le rencontrent. Le vampire de Stoker, à la fois séducteur et répugnant, aristocrate et prédateur, est devenu l’une des figures les plus durablement fécondes de la littérature d’horreur — et sans doute le seul personnage à rivaliser avec le monstre de Frankenstein en termes de postérité culturelle.


6. L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde (Robert Louis Stevenson, 1886)

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Dans ce récit bref et d’une construction très serrée, le notaire Utterson enquête sur les liens troublants entre son vieil ami, le respectable docteur Jekyll, et l’inquiétant M. Hyde, un individu d’une laideur presque surnaturelle qui sème la violence dans les rues de Londres. La révélation finale — que les deux hommes n’en forment qu’un — est entrée depuis dans l’imaginaire collectif.

Stevenson pousse à son terme une intuition déjà présente chez Mary Shelley : le monstre n’est pas extérieur au savant, il en est le produit et le double. Jekyll, comme Victor Frankenstein, cède à la tentation d’une expérience interdite et libère quelque chose qu’il ne peut plus réprimer. Mais là où Shelley sépare le créateur de sa créature, Stevenson les fusionne en un seul corps : le dédoublement de personnalité devient l’horreur ultime. Le texte se lit en une soirée et ne quitte pas l’esprit de sitôt.


7. Le Portrait de Dorian Gray (Oscar Wilde, 1890)

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Unique roman d’Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray raconte l’histoire d’un jeune homme d’une beauté exceptionnelle dont le portrait, peint par Basil Hallward, vieillit et se dégrade à sa place tandis qu’il conserve l’apparence de la jeunesse. Sous l’influence du cynique Lord Henry Wotton, Dorian s’abandonne à une vie de plaisirs et de cruauté sans que son visage n’en porte la moindre trace.

Le portrait fonctionne ici comme la créature chez Shelley : un objet fabriqué qui devient le réceptacle de la culpabilité de celui qui l’a fait naître. Wilde, petit-neveu de Charles Maturin (l’auteur de Melmoth), transpose l’héritage gothique dans les salons de l’esthétisme fin-de-siècle. Comme Victor Frankenstein, Dorian ne peut ni détruire ni regarder ce qu’il a engendré — et le jour où il s’y résout, c’est sa propre mort qu’il provoque.


8. Les Hauts de Hurlevent (Emily Brontë, 1847)

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Publié sous le pseudonyme d’Ellis Bell, l’unique roman d’Emily Brontë met en scène la passion destructrice entre Catherine Earnshaw et Heathcliff, un enfant trouvé recueilli par la famille Earnshaw dans les landes du Yorkshire. Leur amour absolu, contrarié par les conventions sociales, engendre une spirale de vengeance qui dévaste deux générations.

Heathcliff partage avec la créature de Frankenstein une même condition : celle de l’exclu que la société rejette et qui se retourne contre elle avec une violence proportionnelle à sa souffrance. Comme le monstre de Shelley, il est d’abord victime avant de devenir bourreau. La lande omniprésente, battue par le vent, joue presque le rôle d’un personnage : c’est elle qui donne au roman sa tonalité singulière, plus proche du poème tragique que du roman victorien.


9. Jane Eyre (Charlotte Brontë, 1847)

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Publié la même année que Les Hauts de Hurlevent, le roman de Charlotte Brontë suit l’itinéraire de Jane Eyre, orpheline maltraitée devenue gouvernante au manoir de Thornfield, où elle tombe amoureuse de son employeur, l’ombrageux Rochester. Mais Thornfield recèle un secret : une présence enfermée au troisième étage, dont les rires et les cris résonnent la nuit dans les couloirs.

Cette figure recluse — Bertha Mason, la première épouse de Rochester — fonctionne comme un écho troublant de la créature de Frankenstein : un être enfermé, privé de voix, que son entourage a réduit à l’état de monstre. Le roman a suscité d’innombrables relectures, dont La Prisonnière des Sargasses de Jean Rhys, qui donne précisément la parole à Bertha. Jane Eyre est aussi, à sa manière, un roman gothique accompli : manoir isolé, secret inavouable, flammes et folie.


10. Le Château d’Otrante (Horace Walpole, 1764)

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Considéré comme le premier roman gothique, Le Château d’Otrante d’Horace Walpole inaugure un genre littéraire qui engendrera, entre autres, Frankenstein. L’intrigue se déroule dans un château médiéval où Manfred, prince usurpateur, voit ses plans dynastiques anéantis par une série d’événements surnaturels : un casque géant tombe du ciel et écrase son fils le jour de ses noces.

Walpole a écrit ce récit d’un seul jet ; il affirma l’avoir composé sous l’emprise d’un rêve. Le roman est court, fébrile, parfois involontairement comique par l’accumulation de ses rebondissements. Mais son importance historique est considérable : il fixe les codes que reprendront Radcliffe, Lewis, Maturin et Shelley — château labyrinthique, passages secrets, prophétie ancienne, tyran domestique, héroïne en péril. Lire Walpole, c’est remonter à la source même du genre dont Frankenstein est l’un des aboutissements.


11. Les Mystères d’Udolphe (Ann Radcliffe, 1794)

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Les Mystères d’Udolphe, œuvre majeure d’Ann Radcliffe, suit la jeune Émilie de Saint-Aubert, orpheline tombée sous la tutelle de sa tante et de l’inquiétant Montoni, qui l’entraîne dans un château isolé des Apennins. Là, d’étranges phénomènes — voix nocturnes, voile noir posé sur un objet mystérieux, disparitions inexpliquées — mettent sa raison à l’épreuve.

Radcliffe est la grande architecte du surnaturel expliqué : chaque terreur finit par recevoir une cause rationnelle, là où ses successeurs (Lewis, Maturin, Shelley) laisseront le surnaturel opérer sans filet. Mary Shelley a lu Radcliffe, et Frankenstein lui emprunte le goût des paysages alpins sublimes autant que le motif du personnage isolé dans un lieu hostile. Jane Austen parodiera Les Mystères d’Udolphe dans Northanger Abbey — preuve que le roman de Radcliffe hantait les esprits bien après sa parution.


12. Le Moine (Matthew Gregory Lewis, 1796)

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Publié alors que son auteur n’avait que vingt ans, Le Moine fit scandale par sa violence et son érotisme. Le récit met en scène Ambrosio, un moine capucin de Madrid réputé pour sa vertu, qui succombe à la tentation sous l’influence de Matilda, une femme déguisée en novice. Sa chute sera totale : viol, meurtre, pacte avec le diable.

Là où Radcliffe résolvait ses mystères par la raison, Lewis embrasse le surnaturel sans réserve — spectres, magie noire, intervention directe de Satan. Ambrosio et Victor Frankenstein suivent une trajectoire comparable : deux hommes que rien ne destinait au mal, et que l’orgueil — spirituel chez l’un, scientifique chez l’autre — précipite vers la damnation. L’influence du Moine sur Frankenstein n’est pas que thématique : Percy Shelley admirait Lewis, qu’il avait rencontré à Genève lors de l’été 1816, celui-là même où naquit le roman de Mary.


13. Melmoth, ou l’Homme errant (Charles Robert Maturin, 1820)

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Souvent considéré comme l’apogée du roman gothique, Melmoth met en scène un érudit irlandais qui a vendu son âme au diable en échange de cent cinquante ans de vie supplémentaires. À l’approche de l’échéance, il erre à travers les siècles et les continents pour trouver une âme assez désespérée pour reprendre le pacte à son compte.

Le roman se déploie selon une architecture de récits emboîtés — cinq narrations enchâssées, à la manière du Manuscrit trouvé à Saragosse de Potocki. Maturin, pasteur protestant et grand-oncle d’Oscar Wilde, y mobilise tout l’arsenal gothique (souterrains, couvents, Inquisition, folie) et y formule une critique féroce de l’institution catholique. Baudelaire, fasciné par le « rire terrible » de Melmoth, rêva de traduire ce roman sans jamais y parvenir. Lovecraft, de son côté, y voyait un bond décisif dans l’histoire du récit macabre.


14. Carmilla (Sheridan Le Fanu, 1872)

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Publiée vingt-cinq ans avant Dracula, cette nouvelle de l’écrivain irlandais Sheridan Le Fanu est l’un des textes fondateurs de la littérature vampirique. Laura, jeune femme isolée dans un château de Styrie, recueille la mystérieuse Carmilla après un accident de calèche. Entre les deux femmes se noue une relation d’une intimité troublante, tandis que des jeunes filles du voisinage meurent d’un mal inexplicable.

Carmilla préfigure Dracula — Stoker s’en est ouvertement inspiré — mais s’en écarte par sa dimension érotique et son ambiguïté. Le vampirisme y fonctionne comme métaphore du désir interdit entre femmes, dans une société victorienne qui ne pouvait le nommer autrement. Comme la créature de Frankenstein, Carmilla est un être suspendu entre la vie et la mort, qui suscite à la fois l’effroi et une fascination inavouable — et c’est cette tension, jamais résolue, qui fait la force du texte.


15. Le Grand Dieu Pan (Arthur Machen, 1894)

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Ce court roman du Gallois Arthur Machen débute par une expérience médicale : le docteur Raymond opère le cerveau de la jeune Mary afin de lui faire percevoir « le Grand Dieu Pan », une entité qui incarne la face cachée et terrifiante de la réalité. L’opération réussit — et dévaste l’esprit de la patiente. Des années plus tard, une femme nommée Helen Vaughan sème la mort et la folie dans la bonne société londonienne.

Dénoncé à sa parution comme « dégénéré » par la presse victorienne, le récit est depuis reconnu comme un classique de l’horreur littéraire. Lovecraft le tenait en haute estime ; Stephen King l’a qualifié de meilleur récit d’épouvante en langue anglaise. On retrouve ici le schéma de Frankenstein dans sa forme la plus pure — un scientifique transgressif, une expérience irréversible, une créature échappée à tout contrôle — mais Machen y injecte une dimension païenne et sensuelle, héritée de la mythologie gréco-romaine, qui lui est propre.


16. Le Golem (Gustav Meyrink, 1915)

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Premier roman de l’écrivain autrichien Gustav Meyrink, Le Golem connut un succès immédiat lors de sa parution en pleine Première Guerre mondiale. Le récit suit Athanasius Pernath, tailleur de pierres précieuses amnésique dans le ghetto juif de Prague, dont la vie bascule lorsqu’un inconnu lui confie un livre mystérieux. Selon la légende, le Golem — créature d’argile façonnée par le rabbin Loew au XVIᵉ siècle — se manifeste tous les trente-trois ans dans les ruelles du quartier.

Le Golem et le monstre de Frankenstein naissent d’un même geste : un être humain donne vie à de la matière inerte. Mais là où Shelley interroge la responsabilité du savant moderne, Meyrink tire son roman vers la Kabbale et le mysticisme juif. Son Golem n’est plus un automate d’argile : c’est un phénomène spectral, lié à la mémoire du lieu, qui contamine les rêves et brouille la frontière entre identité et dépossession. Le texte a influencé Kafka et, plus tard, Lovecraft lui-même.


17. L’Ève future (Auguste de Villiers de l’Isle-Adam, 1886)

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Dans ce roman, figure majeure du symbolisme français, un Thomas Edison fictif propose à Lord Ewald, amoureux d’une femme très belle mais spirituellement médiocre, de la remplacer par une « andréide » — une femme artificielle, physiquement identique à l’original mais dotée d’une âme supérieure. L’être fabriqué, nommé Hadaly, est l’un des premiers androïdes de la littérature ; le terme même d’« androïde » a été popularisé par ce texte.

Comme Frankenstein, L’Ève future met en scène la fabrication d’un être à l’image de l’humain — et l’écart vertigineux entre l’intention du créateur et ce qui advient réellement. Mais Villiers de l’Isle-Adam déplace le propos : sa critique vise moins l’hubris scientifique que le positivisme triomphant de son époque, cette foi naïve dans le progrès technique que le roman sape avec une ironie mordante. Le livre, longtemps négligé, résonne aujourd’hui d’une manière inattendue à l’heure de l’intelligence artificielle.