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Que lire après « Fondation » d'Isaac Asimov ?

Que lire après « Fondation » d’Isaac Asimov ?

Fondation est un roman de science-fiction d’Isaac Asimov, publié en 1951. Il narre la chute annoncée d’un Empire Galactique et la création, par le mathématicien Hari Seldon, d’une organisation chargée de préserver le savoir humain grâce à la psychohistoire, une science capable de prédire l’avenir des grandes populations.

La trilogie originelle a reçu en 1966 le prix Hugo de la meilleure série de tous les temps. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions.


1. Dune (Frank Herbert, 1965)

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Sur la planète désertique Arrakis, la famille Atréides hérite du contrôle de l’Épice, une substance indispensable aux déplacements interstellaires et convoitée par toutes les factions de l’Empire. Le jeune Paul Atréides, trahi par ses ennemis et exilé parmi les Fremen, peuple autochtone d’Arrakis, se retrouve au cœur d’un engrenage politique et religieux dont il deviendra le pivot — et peut-être le messie.

Couronné par les prix Hugo et Nebula en 1966, Dune est le roman de science-fiction le plus vendu au monde. Frank Herbert y a construit un univers néoféodal où écologie, religion et pouvoir sont indissociables. Sa cible première : le messianisme, et la facilité avec laquelle une figure providentielle peut être instrumentalisée par ceux qui prétendent la servir.


2. Hypérion (Dan Simmons, 1989)

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Au XXVIIIe siècle, sept pèlerins sont envoyés sur la planète Hypérion pour percer les secrets des Tombeaux du Temps et affronter le Gritche, une entité meurtrière dont les motivations restent opaques. Sur le modèle des Contes de Canterbury de Chaucer, chacun d’eux relate son passé et les raisons qui le lient à cette planète des confins de l’Hégémonie.

La structure en récits enchâssés permet à Dan Simmons de passer du thriller militaire à la tragédie familiale, du roman policier à la méditation poétique — sans que la cohérence de l’ensemble n’en souffre. Intelligence artificielle, paradoxes temporels, poésie de John Keats : les thèmes s’accumulent et pourtant aucun ne paraît de trop. Double prix Hugo et Locus en 1990.


3. Le Problème à trois corps (Liu Cixin, 2008)

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Tout commence pendant la Révolution culturelle chinoise des années 1960. Ye Wenjie, jeune astrophysicienne traumatisée par l’exécution de son père, intègre un programme militaire secret de recherche de civilisations extraterrestres. Des décennies plus tard, une vague de suicides inexpliqués frappe la communauté scientifique internationale, et le chercheur Wang Miao est confronté à des phénomènes qui défient la physique connue.

Liu Cixin ancre son récit dans la hard science — mécanique céleste, astrophysique, nanotechnologies — et interroge la place de l’humanité face à un cosmos fondamentalement hostile. Premier roman asiatique couronné par le prix Hugo (2015), Le Problème à trois corps ouvre une trilogie dont la vision, résolument pessimiste quant aux relations entre civilisations, a imposé un tournant dans la science-fiction contemporaine.


4. L’Éveil du Léviathan (James S.A. Corey, 2011)

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Dans un futur où l’humanité a colonisé le système solaire sans jamais atteindre les étoiles, la Terre, Mars et la Ceinture d’astéroïdes cohabitent dans une paix fragile. Jim Holden, officier sur un cargo de glace, et le détective Miller, flic désabusé de la station Cérès, sont happés par la même affaire lorsqu’un vaisseau abandonné révèle un secret capable de déclencher une guerre interplanétaire.

Écrit à quatre mains par Daniel Abraham et Ty Franck sous le pseudonyme de James S.A. Corey, ce premier tome de The Expanse (neuf volumes, prix Hugo de la meilleure série en 2020) croise le space opera et le roman noir. La physique y est crédible — pas de gravité artificielle, pas de déplacement supraluminique — et les tensions géopolitiques entre Terriens, Martiens et « Ceinturiens » évoquent, à peine transposées, celles du monde actuel.


5. L’Effondrement de l’Empire (John Scalzi, 2017)

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L’Interdépendance est un empire interstellaire de quarante-huit systèmes reliés par le Flux, un réseau extradimensionnel qui permet les échanges entre des mondes incapables de survivre seuls. Lorsqu’un physicien découvre que le Flux est en train de se dissoudre, trois personnages — un scientifique, une capitaine de vaisseau et la nouvelle emperox — doivent convaincre un pouvoir verrouillé par les intérêts marchands de l’imminence de la catastrophe.

Le sujet, c’est le déni institutionnel face à un effondrement annoncé — et la parenté avec nos propres débats climatiques est à peine voilée. Le ton, volontiers caustique, et les dialogues acérés tranchent avec la solennité habituelle du space opera. Prix Locus du meilleur roman de science-fiction en 2018, ce premier tome lance une trilogie nerveuse et jubilatoire.


6. La Maison des soleils (Alastair Reynolds, 2008)

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Six millions d’années dans le futur. Abigail Gentian s’est fragmentée en mille clones — les « éclats » — qui sillonnent la Voie lactée à des vitesses relativistes, cataloguent les civilisations humaines et se retrouvent tous les deux cent mille ans pour partager leurs souvenirs. Mais quelqu’un entreprend d’éliminer la lignée Gentian, et les éclats Campion et Purslane doivent découvrir pourquoi — et qui.

Ancien astrophysicien de l’Agence spatiale européenne, Alastair Reynolds déploie ici une hard SF à l’échelle cosmique : pas de vitesse supraluminique, des peuples qui naissent et s’effondrent par milliers au fil des éons, et un mystère lié à la disparition inexpliquée de la galaxie d’Andromède. Le vertige vient de l’amplitude temporelle — des millions d’années — et d’une rigueur scientifique qui ne lâche rien. Traduit en français en 2024 aux éditions Le Bélial’.


7. Dans la toile du temps (Adrian Tchaikovsky, 2015)

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Une planète terraformée par l’humanité devait accueillir des primates génétiquement modifiés pour fonder une nouvelle civilisation. Mais le projet déraille : ce sont des araignées qui héritent du nanovirus accélérateur d’évolution. Des millénaires plus tard, un vaisseau-arche qui abrite les derniers survivants de l’espèce humaine se dirige vers cette même planète, sans savoir qu’elle est déjà peuplée.

Ce qui frappe, c’est la double narration : d’un côté, la société arachnide qui développe langage, technologie et spiritualité de génération en génération ; de l’autre, l’équipage humain dont la cohésion se désagrège au rythme des siècles de cryogénie. Adrian Tchaikovsky, formé en zoologie, parvient à rendre crédible — et émouvante — l’intelligence de ses araignées Portia. Prix Arthur C. Clarke 2016.


8. Un souvenir nommé empire (Arkady Martine, 2019)

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Mahit Dzmare, ambassadrice d’une petite station minière indépendante, arrive dans la capitale de l’Empire teixcalaanli pour découvrir que son prédécesseur est mort dans des circonstances troubles. La puce mémorielle censée lui transmettre les souvenirs de celui-ci est défectueuse, ce qui la prive de repères face à une civilisation aussi séduisante que menaçante pour l’autonomie de son peuple.

Teixcalaan est un empire où la poésie sert d’outil de propagande et où l’assimilation culturelle fait autant de dégâts que la force militaire. Le roman interroge ce que signifie aimer une culture qui menace d’absorber la vôtre — un dilemme qu’Arkady Martine, ancienne historienne de l’Empire byzantin, a tiré de ses recherches sur les relations entre Byzance et l’Arménie médiévale. Prix Hugo du meilleur roman 2020.


9. La Justice de l’ancillaire (Ann Leckie, 2013)

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Breq était autrefois le Justice de Toren, un vaisseau de guerre doté d’une intelligence artificielle et relié à des milliers de corps humains — les ancillaires — qui constituaient ensemble une conscience distribuée. Après la destruction de son vaisseau par une trahison au sommet de l’Empire radchaï, Breq n’est plus qu’un seul corps, animé par une seule volonté : la vengeance.

Ann Leckie a fait un choix radical : la langue radchaï ne fait aucune distinction de genre, et le pronom « elle » est employé pour tous les personnages. Ce parti pris linguistique bouscule nos réflexes de lecture et nos présupposés sur l’identité, le genre et la conscience. Le roman a remporté la même année le Hugo, le Nebula et l’Arthur C. Clarke — un triplé sans précédent.