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Que lire après « Cornebidouille » de Pierre Bertrand ?

Que lire après « Cornebidouille » de Pierre Bertrand ?

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Cornebidouille est un album jeunesse écrit par Pierre Bertrand et illustré par Magali Bonniol, paru en 2003 aux éditions L’École des loisirs (collection Kaléidoscope). On y suit Pierre, un petit garçon qui refuse obstinément de manger sa soupe — et qui ne compte pas se laisser impressionner par une sorcière au nez en tire-bouchon débarquée dans sa chambre en pleine nuit. Par la ruse et l’impertinence, il la réduit à une taille ridicule et l’expédie là où personne ne voudrait finir : dans les toilettes. Devenu un classique de la littérature jeunesse, l’album a engendré toute une série de suites (La vengeance de Cornebidouille, Cornebidouille contre Cornebidouille, etc.) et se destine aux enfants à partir de 3 ans (certains éditeurs et libraires indiquent 5 ans, selon les éditions).

Si vous vous demandez quoi lire après avoir épuisé les répliques de cette chère « grosse mémère à soupière », voici quelques suggestions dans la même veine : des albums et des récits où sorcières, loups et contes détournés riment avec humour et malice. Tous les titres présentés ci-dessous s’adressent à une tranche d’âge comparable à celle de Cornebidouille, de la maternelle au début de l’élémentaire — à l’exception du dernier, plus exigeant, qui pourra accompagner les lecteur·ices jusqu’au collège.


1. 3 sorcières (Grégoire Solotareff, 1999)

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Trois sœurs aux noms peu engageants — Scoliose, Squelette et Scorie (surnommées Scolly, Squelly et Scory) — n’ont jamais ri de leur vie. Elles terrorisent le voisinage, vivent dans un coin que tout le monde évite, et se satisfont de leur réputation épouvantable. Jusqu’au jour où elles aperçoivent deux enfants hilares qui se tiennent par la main. Écœurées par tant de mignonnerie, elles décident de les kidnapper pour comprendre ce phénomène qui leur échappe totalement : le rire.

L’album joue sur le renversement des rôles : ce ne sont pas les enfants qui ont peur, mais les sorcières qui sont déstabilisées. La chute, fondée sur une expression prise au pied de la lettre, vaut à elle seule la lecture. Publié chez L’École des loisirs, l’album se reconnaît immédiatement grâce au style graphique épuré de Solotareff et à ses aplats de couleurs pastels.

La tranche d’âge varie selon les sources : à partir de 3 ans (certains libraires) ou 4 ans (Ricochet, site de référence en littérature jeunesse).


2. Le loup est revenu ! (Geoffroy de Pennart, 1994)

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Monsieur Lapin n’en mène pas large. Il vient de lire dans le journal une nouvelle glaçante : le loup est revenu. On frappe à sa porte. TOC ! TOC ! TOC ! Est-ce le loup ? Non, ce sont les trois petits cochons, venus se réfugier chez lui. Puis Madame Chèvre et ses sept chevreaux. Puis le Petit Chaperon rouge, son pot de beurre et sa galette. La maison se remplit, l’angoisse monte… et la fin réserve un retournement mémorable.

Cet album est le premier volet de la « série des loups » de Geoffroy de Pennart, publiée chez Kaléidoscope (L’École des loisirs). L’auteur-illustrateur y inaugure un principe qu’il déclinera dans tous ses livres suivants : convoquer les personnages des contes traditionnels (Grimm, Perrault) et les faire cohabiter dans un même univers, truffé de second degré. La structure répétitive — on frappe, on ouvre, ce n’est pas le loup — est redoutable en lecture à voix haute, car les enfants anticipent chaque « TOC ! TOC ! TOC ! » avec délice.

Recommandé à partir de 3 ans (Fnac, L’École des loisirs), l’album est aussi très apprécié en CP-CE1, car chaque page fourmille de clins d’œil aux contes classiques.


3. Je suis revenu ! (Geoffroy de Pennart, 2000)

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Après quelques séances de musculation et de vélo d’appartement, le loup est fin prêt pour son grand retour dans la forêt. Il a la forme, il a faim, et ses victimes sont toutes désignées : les trois petits cochons, les sept chevreaux, le Petit Chaperon rouge… Il se frotte les pattes. Mais à chaque étape, c’est le même constat : personne. Le terrier est vide. La maison est déserte. Le loup fait chou blanc à chaque fois. Où sont-ils tous passés ? La réponse se trouve chez un certain Monsieur Lapin…

Cet album est le pendant symétrique de Le loup est revenu ! : la même histoire, racontée cette fois du point de vue du loup. L’effet miroir fait mouche : on découvre un prédateur vaniteux, un brin benêt, persuadé d’être terrifiant alors que tout le monde l’a déjà vu venir. Les cinq dernières pages sont d’ailleurs identiques dans les deux albums — lire les deux à la suite permet de discuter avec les enfants de ce que change le narrateur.

Publié chez Kaléidoscope, l’album est recommandé dès 3 ans (Fnac) ; Cultura indique à partir de 6 ans.


4. Vèzmô la sorcière (Geoffroy de Pennart, 2002)

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Son nom, c’est « mauvaise » en verlan — et le programme est tenu. Vèzmô est une sorcière moche, teigneuse et pestilentielle, flanquée de son affreux chien Poubelle (couvert de champignons vénéneux, la totale). Elle transforme les fleurs en bouse, les papillons en papier gras, et ne vit que pour enlaidir le monde. Mais le jour où elle croise un prince en larmes, elle frétille de méchanceté à l’idée de le changer en crapaud pustuleux. Les choses, bien sûr, ne vont pas tourner à son avantage.

Geoffroy de Pennart détourne ici les codes du conte de fées : le prince n’est pas ce qu’il semble être, et la confrontation entre la sorcière et son « beau prince » débouche sur une surprise finale que les enfants adorent. L’album traite avec humour les notions de beauté, de laideur et de subjectivité — sans appuyer le trait.

Paru chez Kaléidoscope, il est conseillé à partir de 3-4 ans par l’éditeur, mais certains libraires recommandent plutôt 5-6 ans, car l’humour parodique suppose une petite culture des contes de fées pour être apprécié.


5. Chapeau rond rouge (Geoffroy de Pennart, 2004)

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Il était une fois une petite fille qui ne quittait jamais le chapeau rond et rouge offert par sa grand-mère. Sa mère l’envoie porter des galettes et du beurre pour la fête des mamies — avec interdiction formelle de passer par la forêt. Mais Chapeau rond rouge n’a peur de rien : elle croise un « gros chien gris » endormi au bord de la route, le réveille d’un coup de trompette, et poursuit son chemin sans trembler. Le « chien » en question, c’est évidemment le loup — et sa journée ne fait que commencer.

Geoffroy de Pennart propose ici sa version du Petit Chaperon rouge, transposée dans un contexte contemporain où la grand-mère conduit une voiture, le chasseur est devenu médecin, et l’héroïne est une gamine espiègle, moqueuse et intrépide qui malmène le loup de bout en bout. Le pauvre animal, ni futé ni féroce, encaisse les coups (au sens propre) et finit dans un état pitoyable. La conclusion, inattendue et tendre, vaut le détour.

Publié chez Kaléidoscope, l’album est recommandé à partir de 3-4 ans (L’École des loisirs, Kaléidoscope), mais dès 5 ans selon Opalivres.


6. La sorcière Crabibi (Laurent Souillé, Olivier Souillé et Frédéric Pillot, 2021)

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C’est le grand jour pour Crabibi : elle participe au concours du Sorcier de l’année, sur le plateau des Mille crapauds. Course de balais, sortilèges, potions magiques — toutes les épreuves classiques du parfait sorcier sont au programme. Hélas, rien ne se passe comme prévu. Son balai la trahit, sa baguette fait des siennes, et un certain Krikor, sorcier plutôt charmeur, n’arrête pas de la déconcentrer avant chaque épreuve. Crabibi tempête, fulmine, rejette la faute sur tout le monde… mais trouvera peut-être quelque chose de plus précieux qu’un trophée.

L’album, écrit par les frères Souillé (jumeaux et co-auteurs) et illustré par Frédéric Pillot, regorge de jeux de mots irrésistibles — du genre « chers spectres à peur, chères deux poules ». Les illustrations à l’acrylique donnent à l’univers des sorciers un cachet à la fois moderne et féerique.

Paru chez Kaléidoscope, l’album s’adresse aux enfants dès 3 ans selon Babelio et L’École des loisirs, mais certains blogs spécialisés le recommandent plutôt à partir de 6 ans pour profiter des subtilités du texte.


7. Ah ! Les bonnes soupes (Claude Boujon, 1994)

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La sorcière Ratatouille (oui, c’est son nom) tombe un jour sur un magazine et a une révélation : elle se trouve affreusement laide. Elle décide alors de concocter une soupe magique qui la rendra aussi belle qu’un mannequin. Problème : ses grimoires ne contiennent que des recettes pour transformer les princesses en crapauds. Qu’à cela ne tienne, Ratatouille improvise. Elle teste sa mixture sur ses animaux de compagnie, et le résultat… n’est pas tout à fait celui escompté.

Cet album de Claude Boujon, paru à L’École des loisirs, est une satire espiègle des diktats de beauté, portée par des formules rythmées que l’on prend plaisir à dire et redire. On ne dévoilera pas la chute, mais sachez qu’elle est drôle et plus futée qu’il n’y paraît.

La tranche d’âge conseillée va de 3 ans (Fnac, L’École des loisirs) à 5 ans (Ricochet), et l’album est très utilisé en classe de maternelle et de CP-CE1.


8. Pincemi, Pincemoi et la sorcière (Henriette Bichonnier et Pef, 1986)

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Vous connaissez la blague ? « Pincemi et Pincemoi sont dans un bateau… » Ici, ils ne sont pas dans un bateau, mais bien dans la marmite d’une sorcière — et c’est la sorcière qui va le regretter. Pincemi et sa sœur Pincemoi sont deux enfants si insupportables, si diaboliques, si infernaux que leurs propres parents rêvent de les voir enlevés. Lorsqu’une sorcière dévoreuse d’enfants se pointe à l’école pour faire son marché annuel, les parents sautent sur l’occasion. Sauf que les deux garnements ont plus d’un tour dans leur sac — et des blagues plein les poches.

L’album, né de la collaboration entre Henriette Bichonnier (à qui l’on doit aussi Le Monstre poilu) et l’illustrateur Pef (créateur du prince de Motordu), est un concentré de farces et de bêtises qui réjouit les enfants depuis près de quarante ans. L’espièglerie des deux héros a raison de la sorcière — victoire de l’insolence enfantine sur la terreur adulte, un programme que les lecteur·ices de Cornebidouille connaissent bien.

Publié chez Gallimard Jeunesse, l’album est recommandé de 5 à 8 ans (Folio Benjamin) ; la réédition en Folio Cadet indique de 6 à 8 ans.


9. Tout est bon dans le loup (Didier Lévy et Irène Bonacina, 2024)

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Le Grand Méchant Loup en a ras la casquette de sa mauvaise réputation. On ne parle jamais que de ses longues dents, de sa roublardise, de sa vilenie — mais qui évoque la douceur de son pelage ? La brillance de ses moustaches ? Sa sensibilité ? Cet album-portrait réhabilite le loup et passe en revue tout ce qu’il a de bon, de la pointe des oreilles au bout de la queue.

Paru en mai 2024 chez Kaléidoscope, cet album adopte un ton décalé et joyeusement absurde pour déconstruire le mythe du Grand Méchant Loup. Didier Lévy signe un texte plein d’autodérision, tandis qu’Irène Bonacina (connue pour Esther Andersen et Nos chemins) offre des illustrations pleines d’énergie et de drôlerie. Le loup y devient son propre avocat — avec un succès, disons, mitigé.

Recommandé dès 3 ans par certains libraires, l’album est indiqué à partir de 6 ans chez Cultura.


10. La sorcière de la rue Mouffetard et autres contes de la rue Broca (Pierre Gripari et Puig Rosado, 1967)

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On change de registre pour terminer : ici, pas d’album illustré, mais un recueil de contes — et pas n’importe lesquels. Il était une fois la ville de Paris. Il était une fois une rue Broca. Il était une fois un café kabyle. Il était une fois un Monsieur Pierre (l’auteur lui-même, qui se met en scène). Et il était une fois un petit garçon nommé Bachir et une petite fille nommée Nadia. C’est dans ce cadre, ancré dans le Paris populaire des années 1960, que Pierre Gripari déploie treize contes où l’on croise une sorcière du placard à balais, un géant aux chaussettes rouges, une paire de chaussures amoureuses, Scoubidou la poupée voyageuse, ou encore la fée du robinet.

Le conte-titre met en scène une vieille sorcière de la rue Mouffetard qui, pour retrouver sa jeunesse, doit dévorer une petite fille avec de la sauce tomate. Mais la fillette, aidée par les voisins de la rue Broca, n’est pas du genre à se laisser assaisonner. Avec insolence, malice et un goût prononcé pour l’absurde, Gripari revisite les codes du merveilleux et les transplante dans un quotidien urbain et multiculturel. Le recueil, paru à l’origine aux éditions de la Table Ronde en 1967, est aujourd’hui disponible chez Gallimard Jeunesse (Folio Junior) avec les illustrations de Puig Rosado.

Recommandé par l’Éducation nationale pour la classe de 6e, il s’adresse aux 8-13 ans pour une lecture autonome, mais peut tout à fait être lu à voix haute à des enfants plus jeunes (dès 5-6 ans) — à condition d’accepter que certains passages les fassent frissonner autant que rire.