Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (Do Androids Dream of Electric Sheep?) est un roman de science-fiction de Philip K. Dick, publié en 1968. Dans un futur post-apocalyptique, le chasseur de primes Rick Deckard traque des androïdes de dernière génération quasi indiscernables des êtres humains.
Adapté au cinéma par Ridley Scott en 1982 sous le titre Blade Runner, il est devenu l’un des textes fondateurs de la science-fiction moderne. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.
1. Ubik (Philip K. Dick, 1969)

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En 1992, les pouvoirs psychiques sont monnaie courante et les morts subsistent dans un état de « semi-vie ». Joe Chip, technicien endetté au service d’une agence de contre-espionnage psychique, se retrouve piégé dans une réalité qui se délite : les objets régressent vers des formes obsolètes, le temps recule, et seul un mystérieux produit nommé Ubik semble pouvoir enrayer l’effondrement.
Dick pousse ici à son paroxysme son obsession pour l’instabilité du réel. Le récit accumule les retournements avec une logique cauchemardesque, chaque révélation qui annule la précédente. Le magazine Time a classé Ubik parmi les cent meilleurs romans anglophones depuis 1923. C’est aussi une satire mordante du capitalisme — un monde où même les portes de votre appartement exigent un paiement pour s’ouvrir. Le malaise ne vous quittera pas de sitôt.
2. Substance mort (Philip K. Dick, 1977)

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Bob Arctor est un agent infiltré de la brigade des stupéfiants, dissimulé sous un « complet brouillé » qui masque son identité. Sa mission : surveiller un toxicomane nommé Bob Arctor — c’est-à-dire lui-même. Accro à la Substance M, une drogue qui scinde les deux hémisphères du cerveau, il perd progressivement la capacité de distinguer ses deux identités.
Roman le plus autobiographique de Dick, Substance mort puise directement dans les années où l’auteur a côtoyé le milieu de la toxicomanie en Californie. La postface du livre est dédiée à ses amis morts ou irrémédiablement abîmés par la drogue.
Ici, la science-fiction se réduit presque à néant — à peine le complet brouillé comme dispositif futuriste. Le reste relève du roman noir, traversé d’un humour désespéré et de dialogues absurdes entre personnages dont les esprits se disloquent. Richard Linklater en a tiré un film en rotoscopie en 2006, A Scanner Darkly.
3. Neuromancien (William Gibson, 1984)

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Case, ancien pirate informatique de vingt-quatre ans, a vu son système nerveux saboté par un ex-employeur, ce qui lui interdit tout accès au cyberespace, cette « hallucination consensuelle » où circulent les données du monde. Recruté par le mystérieux Armitage et la mercenaire augmentée Molly, il se voit restaurer ses capacités en échange d’une mission à haut risque contre une intelligence artificielle surpuissante.
Premier roman à remporter le triple prix Hugo, Nebula et Philip K. Dick, Neuromancien a fondé le mouvement cyberpunk et inventé le concept de cyberespace, alors qu’Internet n’était qu’un réseau confidentiel de quelques milliers de machines. Gibson a écrit ce texte sous l’influence directe de Blade Runner, dont l’esthétique l’avait sidéré en 1982. Son écriture — sèche, elliptique, saturée de néologismes — a influencé Ghost in the Shell, Matrix et Cyberpunk 2077.
4. Klara et le Soleil (Kazuo Ishiguro, 2021)

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Klara est une AA — une Amie Artificielle — alimentée par l’énergie solaire, conçue pour tenir compagnie aux enfants. Depuis la vitrine du magasin où elle attend d’être choisie, elle observe le monde avec une acuité singulière. Lorsque Josie, une adolescente atteinte d’une maladie mystérieuse, l’adopte, Klara découvre les tensions d’une société où les enfants sont génétiquement « relevés » pour accéder à l’élite, et où ceux qui ne le sont pas se voient condamnés à la marge.
Le roman pose une question aussi simple que vertigineuse : un être humain est-il remplaçable ? Ishiguro, prix Nobel de littérature 2017, y aborde la solitude, le sacrifice et l’obsolescence par le regard d’une narratrice qui ne saisit qu’imparfaitement ce qu’elle décrit — un procédé qui rappelle Auprès de moi toujours. Le ton est sobre, presque feutré, et l’émotion surgit par accumulation de ce qui reste non dit.
5. Carbone modifié (Richard Morgan, 2002)

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Au XXVᵉ siècle, la conscience humaine peut être numérisée et stockée dans une « pile corticale » implantée à la base du crâne. Mourir ne signifie plus disparaître : il suffit de transférer sa pile dans un nouveau corps, appelé « enveloppe ». Takeshi Kovacs, ancien soldat des Corps Diplomatiques, est réenveloppé sur Terre par un magnat immortel, Laurens Bancroft, qui l’engage pour élucider sa propre mort — officiellement classée comme suicide.
Morgan greffe sur ce postulat un roman noir classique : client fortuné, enquête labyrinthique, femme fatale, passages à tabac. Mais la technologie de l’enveloppe transforme chaque code du genre. Que signifie l’identité quand on peut changer de corps ? Que devient la torture quand la mort n’est plus une limite ?
Lauréat du prix Philip K. Dick en 2003, Carbone modifié a été adapté en série par Netflix en 2018.
6. Défaillances systèmes (Martha Wells, 2017)

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Le narrateur est un androïde de sécurité — mi-organique, mi-mécanique — assigné à la protection d’une équipe scientifique sur une planète lointaine. Il se surnomme lui-même « AssaSynth » (« Murderbot » en VO). Sa particularité : il a piraté son propre module de contrôle et pourrait, en théorie, massacrer tous ses clients. Au lieu de quoi, il préfère regarder des séries télévisées.
Ce décalage entre la machine à tuer potentielle et l’être socialement anxieux fait tout le sel du récit. L’AssaSynth déteste les interactions humaines, évite le contact visuel et ne souhaite qu’une chose : qu’on le laisse tranquille. Pourtant, quand un complot menace l’équipe, il agit — non par programmation, mais par choix.
Courte novella récompensée par les prix Hugo, Nebula et Locus en 2018, Défaillances systèmes est le premier volet d’une série qui compte aujourd’hui sept tomes.
7. Le Samouraï virtuel (Neal Stephenson, 1992)

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Hiro Protagoniste — c’est son vrai nom — est livreur de pizzas pour le compte de la Mafia et, dans le Métavers, un hacker redoutable doublé d’un maître sabreur. Quand une nouvelle drogue appelée Snow Crash commence à frapper aussi bien dans le monde physique que dans la réalité virtuelle, Hiro s’associe à Y.T., une kourière de quinze ans, pour remonter la piste d’un magnat des médias aux ambitions totalitaires.
Le roman se déploie sur un socle intellectuel inattendu : la mythologie sumérienne, la neurolinguistique et la glossolalie (le parler en langues des pentecôtistes) y servent de clés pour comprendre comment un virus peut attaquer le « système d’exploitation » du cerveau humain.
Souvent qualifié de postcyberpunk pour sa fin résolument positive, Le Samouraï virtuel a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire en 1997. Le terme « Métavers », devenu omniprésent, a été forgé dans ces pages.
8. Les Robots (Isaac Asimov, 1950)

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Ce recueil de neuf nouvelles, paru sous le titre original I, Robot, constitue la pierre angulaire de toute la robotique en science-fiction. Asimov y formule pour la première fois ses trois lois de la robotique, un cadre éthique destiné à rendre les robots inoffensifs — et s’emploie aussitôt, nouvelle après nouvelle, à en révéler les failles, les paradoxes et les angles morts.
Le fil conducteur est le témoignage du docteur Susan Calvin, robopsychologue de l’U.S. Robots, qui retrace cinquante ans de cohabitation entre humains et machines. D’un robot-nounou attaché à une fillette jusqu’à des intelligences capables de gouverner l’économie mondiale, chaque récit fonctionne comme une équation morale dont la résolution surprend.
Là où Dick questionnait ce qui sépare l’humain de la machine, Asimov interroge ce qui se passe quand la machine obéit trop bien à ses règles. Les deux approches se répondent et se complètent.