Publié en 2012, Avant toi (Me Before You) est un roman de l’écrivaine britannique Jojo Moyes. Il raconte l’histoire de Louisa Clark, une jeune femme sans grandes ambitions, embauchée comme aide à domicile auprès de Will Traynor, un homme d’affaires devenu tétraplégique à la suite d’un accident. Entre eux se noue une relation improbable — faite d’humour, de confrontations et d’un attachement que ni l’un ni l’autre n’avait prévu — alors que Will a pris la décision de recourir à l’euthanasie. Le roman affronte de plain-pied les questions du handicap, du droit de choisir sa mort et de ce que signifie aimer quelqu’un qui ne veut plus vivre. Adapté au cinéma en 2016 par Thea Sharrock, avec Emilia Clarke et Sam Claflin dans les rôles principaux, Avant toi a connu un succès international retentissant et a donné lieu à deux suites : Après toi et Après tout.
Si vous vous demandez quoi lire après avoir refermé ce roman (et épuisé votre stock de mouchoirs), voici quelques recommandations taillées dans le même tissu.
1. Je suis là (Clélie Avit, 2015)

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À la suite d’un accident d’escalade en montagne, Elsa est plongée dans le coma. Son esprit est éveillé — elle entend tout, perçoit chaque présence — mais son corps ne répond plus. Alors que ses proches et l’équipe médicale commencent à envisager l’arrêt des soins, un inconnu entre par erreur dans sa chambre d’hôpital. Cet homme, Thibault, porte ses propres blessures : son frère a renversé deux adolescentes au volant, sous l’emprise de l’alcool, et se trouve hospitalisé dans le même établissement.
Incapable de supporter le silence, Thibault se met à parler à Elsa — sans attendre de réponse, sans savoir qu’elle l’écoute. Jour après jour, il revient, se confie, et finit par nouer avec elle un lien aussi inattendu que tenace. Le roman, construit en alternance entre les voix d’Elsa et de Thibault, pose une question difficile à esquiver : peut-on s’attacher à une personne dont on ignore si elle reviendra un jour à la vie ? Premier roman de Clélie Avit, récompensé par le prix Nouveau Talent 2015, Je suis là aborde aussi le sujet de l’euthanasie et de l’acharnement thérapeutique — un terrain qu’il partage directement avec Avant toi.
2. Quand la nuit devient jour (Sophie Jomain, 2016)

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Camille a vingt-neuf ans. Elle est franco-belge, elle souffre de dépression sévère depuis des années, et elle a pris une décision : elle mourra le 6 avril 2016, par euthanasie volontaire assistée, en Belgique, où la loi l’autorise. Le roman s’ouvre sur cette annonce, sans détour, et nous place d’emblée face à un compte à rebours que rien ne semble pouvoir interrompre.
Au fil des pages, Sophie Jomain retrace le parcours de Camille — ses troubles alimentaires, ses automutilations, ses tentatives de suicide, l’épuisement de tous les recours médicaux — avec une franchise qui refuse la complaisance. Le récit suit les dernières semaines de la jeune femme au sein d’une structure spécialisée, où elle côtoie une équipe de soignants et un psychiatre, le Dr Peeters, dont la présence va ébranler ce qu’elle croyait définitivement décidé. Le livre ne milite ni pour ni contre l’euthanasie : il donne à voir, de l’intérieur, ce que signifie vivre quand chaque jour est une épreuve — et laisse à chacun·e le soin de se forger sa propre conviction. La fin, volontairement ouverte, a suscité autant de frustration que de réflexion chez celles et ceux qui l’ont lu.
3. PS : I Love You (Cecelia Ahern, 2004)

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Holly Kennedy vient de perdre Gerry, son mari, emporté par une tumeur au cerveau. Elle a trente ans, une vie à reconstruire et aucune idée de comment s’y prendre. Mais Gerry, qui avait tout prévu jusque dans la mort, lui a laissé dix lettres cachetées — une pour chaque mois à venir — avec des instructions, des encouragements et des défis, chacune signée « PS : I Love You ». Tour à tour émouvantes et cocasses (la scène du karaoké reste un morceau de bravoure), ces lettres vont pousser Holly à sortir de chez elle, à affronter le vide et à réapprendre — pas à pas — à vivre sans lui.
Premier roman de l’autrice irlandaise Cecelia Ahern (publié alors qu’elle n’avait que vingt-trois ans), PS : I Love You n’est pas qu’une histoire de deuil : c’est aussi un roman sur l’amitié, la famille et la capacité de se surprendre soi-même au pire moment de sa vie. Holly est entourée d’amis bruyants, d’une famille envahissante et de personnages secondaires qui ont leur propre épaisseur — loin du simple faire-valoir. Le tout se déroule à Dublin, et le livre ne ressemble guère à son adaptation cinématographique de 2007 avec Hilary Swank et Gerard Butler, qui a pris des libertés notables avec l’histoire — à commencer par la fin.
4. Un jour (David Nicholls, 2009)

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15 juillet 1988. Emma Morley et Dexter Mayhew passent une nuit ensemble après leur cérémonie de remise de diplômes à Édimbourg. Tout les oppose : Emma est d’origine modeste, brillante, idéaliste ; Dexter vient d’un milieu aisé, il est séduisant, insouciant et — disons-le — passablement immature. Ils décident de rester amis. Pendant vingt ans, le roman les retrouve chaque année à la même date, le 15 juillet — vingt instantanés pour voir ce que la vie a fait de leurs promesses.
C’est dans ces ellipses d’un an que réside toute l’intelligence du dispositif : on ne voit pas tout, et ce qu’on devine entre les lignes compte autant que ce qui est écrit. Emma enchaîne les emplois alimentaires avec le rêve d’écrire, tandis que Dexter sombre dans les excès d’une célébrité télévisuelle aussi fulgurante qu’éphémère. Ils se ratent, se retrouvent, se blessent, se font rire — et l’on n’a qu’une envie : les secouer pour qu’ils comprennent enfin ce qui crève les yeux. Adapté au cinéma en 2011 avec Anne Hathaway et Jim Sturgess, puis en série Netflix, Un jour est autant une comédie de mœurs qu’un portrait de l’Angleterre post-Thatcher — un roman où l’amour a besoin de temps, parfois trop, pour se déclarer.
5. Ce qui reste de nous (Jill Santopolo, 2017)

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Le 11 septembre 2001, alors que les tours du World Trade Center s’effondrent, Lucy et Gabe se rencontrent pour la première fois à l’université. L’attirance est immédiate, mais il faudra attendre un an avant que leur histoire ne commence véritablement. Gabe est photographe ; quand il décide de partir couvrir les conflits au Moyen-Orient, Lucy se retrouve face à un choix : le suivre ou construire sa propre vie. Elle choisit la seconde option. Elle épouse Darren, un homme stable et attentionné, et fonde une famille.
Mais Gabe ne disparaît jamais complètement. Pendant treize ans, leurs chemins se croisent et se recroisent, et le roman — écrit comme une longue lettre adressée par Lucy à Gabe — ne cesse de poser cette question : faut-il choisir l’amour qui embrase ou celui qui apaise ? Sélectionné par le club de lecture de Reese Witherspoon, Ce qui reste de nous (titre original : The Light We Lost) a souvent été comparé à Un jour de David Nicholls. Il s’en rapproche par la structure — deux vies qui se frôlent sur plus d’une décennie — mais s’en éloigne par le ton, plus intime, et par une fin qui prend à revers.
6. Ma vie pour la tienne (Jodi Picoult, 2004)

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Anna Fitzgerald a treize ans. Depuis sa naissance, elle sait qu’elle a été conçue dans un but précis : être génétiquement compatible avec sa sœur aînée Kate, atteinte d’une forme rare et agressive de leucémie. Tout au long de son enfance, Anna a donné — du sang de cordon, de la moelle osseuse, des lymphocytes — sans qu’on lui demande vraiment son avis. Le jour où on lui réclame un rein, elle dit non. Et pour se faire entendre, elle engage un avocat et intente un procès à ses propres parents afin d’obtenir son émancipation médicale.
Le roman, inspiré d’un fait réel, donne tour à tour la parole à chaque membre de la famille : Sara, la mère, ancienne avocate qui a mis sa carrière entre parenthèses pour se consacrer entièrement à Kate ; Brian, le père pompier, qui fuit dans le travail ce qu’il ne parvient pas à affronter chez lui ; Jesse, le fils aîné, délaissé et en colère. Jodi Picoult ne tranche pas : elle pose les dilemmes — éthiques, médicaux, familiaux — avec rigueur et laisse à chacun·e le soin d’y répondre. Peut-on sacrifier un enfant pour en sauver un autre ? Où s’arrête l’amour parental et où commence l’instrumentalisation ? Adapté au cinéma en 2009 sous le même titre, Ma vie pour la tienne fait partie de ces romans qu’on referme avec plus de questions qu’au moment de l’ouvrir.
7. Eleanor Oliphant va très bien (Gail Honeyman, 2017)

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La routine d’Eleanor Oliphant tient en quelques lignes : un emploi de comptable, une plante verte à qui elle parle, une bouteille de vodka pour chaque week-end et zéro contact humain superflu. Sa vie est d’une régularité mécanique — et d’une froideur à l’avenant. Elle ne fréquente personne, dit tout ce qu’elle pense sans le moindre filtre social, et entretient une conversation téléphonique hebdomadaire avec sa mère — une femme dont on comprend très vite qu’elle est tout sauf bienveillante. Eleanor est convaincue que tout va bien. Eleanor a tort.
Le basculement arrive sous la forme de deux rencontres : un chanteur de rock dont elle s’entiche sans l’avoir jamais croisé (ça ne pouvait que mal finir), et surtout Raymond, l’informaticien de son entreprise, un type à l’allure négligée mais doté d’une bonté rare. C’est lui qui, sans le vouloir, va forcer Eleanor à se regarder en face — et à affronter ce qu’elle s’est efforcée d’oublier pendant des années. Récompensé par le Costa Book Award, le premier roman de Gail Honeyman traite de solitude, de maltraitance infantile et de reconstruction — avec un humour très écossais qui empêche le récit de sombrer dans le misérabilisme. Il réussit le même pari qu’Avant toi : faire rire au milieu du tragique sans que l’un annule l’autre.
8. Le théorème du homard (Graeme Simsion, 2013)

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Don Tillman est professeur de génétique à Melbourne. Il a la quarantaine, un QI remarquable et la compétence sociale d’une huître. Décidé à trouver une épouse, il conçoit le « Projet Épouse » — un questionnaire d’une rigueur scientifique implacable pour éliminer les candidates inadéquates. La femme idéale ne doit pas fumer, pas boire, pas être végétarienne, pas aimer la glace à l’abricot, et doit accepter le Système de Repas Normalisé (qui prévoit du homard le mardi). Rosie Jarman, étudiante le jour et barmaid la nuit, ne coche aucune de ces cases. Absolument aucune.
Rosie débarque pourtant dans la vie de Don avec un tout autre projet : retrouver son père biologique grâce à des tests ADN. S’ensuit une série de prélèvements rocambolesques, de situations dignes de Pierre Richard et de dîners où la logique de Don se heurte joyeusement au chaos de Rosie. Le roman ne nomme jamais le syndrome d’Asperger, mais le portrait de Don — sa difficulté à décoder les émotions, son besoin compulsif de routine, sa franchise désarmante — en fait un personnage inoubliable. C’est une vraie comédie romantique : drôle, tendre, et portée par l’idée que l’amour ne se trouve pas dans un tableur Excel. Pour celleux qui auraient besoin d’une respiration légère après les larmes d’Avant toi, c’est le livre qu’il faut.
9. Le temps n’est rien (Audrey Niffenegger, 2003)

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Henry est bibliothécaire à Chicago. Il est aussi atteint d’un trouble génétique rare qui le propulse involontairement dans le temps. Il disparaît sans prévenir, se retrouve nu dans une autre époque (un détail récurrent et fort peu pratique), puis revient. C’est lors de l’un de ces sauts qu’il rencontre Claire, alors âgée de six ans, dans le pré derrière la maison familiale. Pour Claire, c’est le début d’une vie entière à attendre et à aimer un homme qui n’est jamais tout à fait là. Pour Henry, leur première « vraie » rencontre dans le temps linéaire n’aura lieu que des années plus tard, quand une jeune femme qu’il ne reconnaît pas se présentera à la bibliothèque pour lui dire qu’elle le connaît depuis toujours.
Le roman, construit en chapitres courts qui précisent à chaque fois l’âge des deux protagonistes et la date, se lit comme un album photo dont les clichés auraient été mélangés — sauf que l’ensemble finit par former un portrait cohérent de leur couple. Adapté au cinéma en 2009 sous le titre Hors du temps (avec Eric Bana et Rachel McAdams), puis en série par HBO en 2022, le livre a touché un public bien plus large que celui de la science-fiction. Et pour cause : le coup de force d’Audrey Niffenegger est d’avoir fait du voyage dans le temps le reflet de ce que vivent beaucoup de couples sans machine à remonter le temps — les absences, l’attente, le décalage, la peur de perdre l’autre. Le fantastique n’est ici qu’un amplificateur de ce qui est, au fond, parfaitement ordinaire.