L’Assassin royal est une saga de fantasy écrite par l’Américaine Robin Hobb, publiée entre 1995 et 2017. Composée de trois cycles — la trilogie des Loinvoyant, celle du Prophète blanc et celle du Fou et de l’Assassin — elle retrace le destin de FitzChevalerie, bâtard de sang royal devenu assassin au service du trône des Six-Duchés.
Portée par une narration intime à la première personne, la série est réputée pour la profondeur psychologique de ses personnages et ses intrigues politiques retorses. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.
1. Le Vaisseau magique (Robin Hobb, 1998)

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Premier tome du cycle Les Aventuriers de la mer, ce roman se déroule dans le même univers que L’Assassin royal, mais déplace l’action vers Terrilville et ses dynasties marchandes. On y suit la famille Vestrit, déchirée par un héritage contesté : celui de la Vivacia, une vivenef — navire doué de conscience, construit en bois-sorcier. Althéa, la cadette, jure de reconquérir ce bâtiment auquel elle est liée corps et âme.
Robin Hobb troque ici la narration à la première personne pour un récit choral plus ample, où pirates, esclaves et intrigues commerciales s’entremêlent. La profondeur émotionnelle et le soin apporté à chaque personnage — d’Althéa la rebelle au redoutable capitaine Kennit — prolongent de manière naturelle l’attachement éprouvé pour Fitz et ses compagnons. Un prolongement indispensable pour quiconque souhaite rester dans le Royaume des Anciens.
2. Le Nom du Vent (Patrick Rothfuss, 2007)

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Premier volet de la Chronique du tueur de roi, ce roman met en scène Kvothe, un aubergiste anonyme qui accepte de confier à un chroniqueur le récit de sa vie légendaire. Tour à tour orphelin, mendiant, musicien prodige et étudiant en magie à l’Université, Kvothe narre sa propre ascension et les drames qui l’ont forgé — à commencer par le massacre de sa famille par les mystérieux Chandrians.
Patrick Rothfuss partage avec Robin Hobb un sens aigu de la narration introspective. La structure en récit-cadre — le héros revenu de tout raconte sa jeunesse — rappelle la mélancolie de Fitz dans ses mémoires. La prose, d’une musicalité rare, accorde une place centrale au pouvoir des mots et des noms. Si les souffrances silencieuses de FitzChevalerie vous ont marqué·e, la voix de Kvothe saura résonner de manière familière.
3. Gagner la guerre (Jean-Philippe Jaworski, 2009)

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Dans ce roman-fleuve de près de mille pages, Jean-Philippe Jaworski nous jette dans les bottes de Benvenuto Gesufal, spadassin sans scrupule au service du Podestat de la République de Ciudalia. Après une victoire navale décisive contre le royaume de Ressine, la lutte pour le pouvoir se déplace dans les ruelles et les palais d’une cité inspirée de la Florence et de la Venise de la Renaissance. Assassinats, cabales sénatoriales et trahisons composent le quotidien de cet anti-héros truculent.
La langue ciselée de Jaworski — vocabulaire d’époque, digressions savoureuses, ton cynique et gouailleur — place ce texte à part dans le paysage de la fantasy francophone. Là où Robin Hobb construit ses intrigues politiques à travers le regard d’un protagoniste loyal et tourmenté, Jaworski adopte le point de vue d’une crapule magistrale. Les deux approches se répondent : mêmes jeux de pouvoir impitoyables, même sens du tragique, mais un registre moral radicalement opposé.
4. Les Fiancés de l’hiver (Christelle Dabos, 2013)

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Premier tome de la tétralogie La Passe-miroir, ce roman suit Ophélie, jeune femme discrète et maladroite dotée de deux dons singuliers : lire le passé des objets et traverser les miroirs. Fiancée de force à Thorn, un aristocrate du lointain Pôle, elle quitte son arche natale d’Anima pour découvrir la Citacielle, capitale flottante où les clans s’affrontent dans des luttes d’influence mortelles. Derrière les illusions et les faux-semblants, un complot menace sa vie.
Christelle Dabos excelle à bâtir un univers dense — arches suspendues, esprits de famille immortels, pouvoirs héréditaires — sans jamais perdre de vue l’évolution intime de son héroïne. Ophélie partage avec Fitz une forme de vulnérabilité obstinée : elle ne brille ni par sa force ni par son charisme, mais par sa ténacité face à un monde hostile. Les intrigues de cour au Pôle rappellent celles de Castelcerf, et la relation complexe entre Ophélie et Thorn évoque les liens improbables que tisse Robin Hobb.
5. Fils-des-brumes (Brandon Sanderson, 2006)

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Dans L’Empire ultime, premier tome du cycle Fils-des-brumes, Brandon Sanderson dépeint un monde enveloppé de cendres et de brouillard, gouverné depuis un millénaire par un tyran immortel : le Seigneur Maître. Les skaa, peuple asservi, survivent sans espoir — jusqu’à ce que Vin, une adolescente des rues, croise la route de Kelsier, voleur charismatique qui nourrit un projet insensé : renverser l’Empire. Vin découvre alors qu’elle possède l’allomancie, une magie fondée sur l’ingestion de métaux.
La grande force de Sanderson réside dans la rigueur de son système magique, dont chaque règle produit des conséquences narratives précises. L’allomancie, avec ses dix métaux aux propriétés distinctes, contraste avec la magie plus diffuse de l’Art et du Vif chez Robin Hobb. Les deux auteurs partagent néanmoins un goût prononcé pour les retournements de situation et les enjeux politiques de grande ampleur. L’évolution de Vin — de la méfiance absolue à la confiance — fait écho à la trajectoire de Fitz.
6. Les Mensonges de Locke Lamora (Scott Lynch, 2006)

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Dans la cité-île de Camorr, librement inspirée de Venise, Locke Lamora dirige les Salauds Gentilshommes, une bande de voleurs spécialisée dans l’arnaque de grande envergure. Derrière sa réputation de petit délinquant se cache un escroc de génie, formé dès l’enfance par le père Chains, un faux prêtre aveugle. Mais lorsqu’un mystérieux adversaire, le Roi Gris, déclenche une guerre clandestine contre la pègre de Camorr, les ruses de Locke ne suffiront peut-être plus à sauver les siens.
Scott Lynch alterne avec brio chapitres au présent et interludes consacrés à la formation de Locke. Cette construction en contrepoint — où le passé éclaire les ressorts du présent — évoque la manière dont Robin Hobb entrelace les souvenirs de Fitz à ses épreuves actuelles. Les deux récits partagent un même arrière-plan : des cités corrompues, des amitiés forgées dans l’adversité et un protagoniste dont l’intelligence compense la fragilité physique.
7. Manesh (Stefan Platteau, 2014)

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Premier volet de la trilogie Les Sentiers des Astres, Manesh s’ouvre sur des gabarres qui remontent un fleuve hostile au cœur des forêts du Vyanthryr. Le capitaine Rana mène une poignée de guerriers à la recherche du Roi-Diseur, un oracle légendaire susceptible de mettre fin à une guerre civile. Lorsque l’équipage recueille un naufragé à demi mort, le Barde — narrateur principal — est chargé de recueillir sa confession. Se dévoile alors le récit de Manesh, un bâtard aux origines divines.
Stefan Platteau, historien de formation, nourrit son roman de mythologies celtiques, nordiques et hindoues, tissées dans une prose à la fois poétique et truculente. La parenté avec Robin Hobb saute aux yeux : une narration à la première personne confiée à un conteur, un protagoniste au sang mêlé broyé par les forces qui le dépassent, et un sens du tragique qui imprègne chaque page. Salué par Jean-Philippe Jaworski lui-même, Manesh s’impose comme un joyau de la fantasy francophone.
8. Blood Song (Anthony Ryan, 2011)

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La Voix du sang, premier tome du cycle Blood Song, adopte une structure en récit-cadre : Vaelin Al Sorna, guerrier légendaire du Royaume Unifié, raconte son histoire à un chroniqueur tandis qu’un navire le conduit vers sa condamnation. Abandonné à dix ans par son père aux portes du Sixième Ordre — une confrérie religieuse et martiale — Vaelin endure un apprentissage brutal, noue des amitiés indéfectibles avec ses frères d’armes et découvre peu à peu la « voix du sang », un pouvoir mystérieux qui guide ses pas.
Le parallèle avec L’Assassin royal saute aux yeux : un roman de formation où un jeune homme, écarté de sa lignée, forge son identité dans un cadre militaire et politique rigoureux. Comme Fitz, Vaelin se retrouve instrumentalisé par un pouvoir royal dont il perçoit trop tard les desseins réels. Anthony Ryan signe un récit d’une efficacité redoutable, porté par un héros dont l’humanité transparaît malgré les horreurs de la guerre.
9. La Compagnie noire (Glen Cook, 1984)

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Considéré comme l’un des textes fondateurs de la dark fantasy, La Compagnie noire inaugure le cycle des Annales éponymes. Le récit prend la forme du journal de Toubib, médecin et annaliste d’une troupe de mercenaires vieille de plusieurs siècles. Engagée au service de la Dame — une sorcière d’une puissance terrifiante — et de ses Dix Asservis, la Compagnie se retrouve prise dans une guerre entre forces également corrompues, où la frontière entre le Bien et le Mal se dissout.
Glen Cook a révolutionné la fantasy grâce au point de vue des soldats de base plutôt que celui des rois et des prophètes. La narration sèche, dénuée de lyrisme superflu, contraste avec la prose de Robin Hobb, mais les deux auteurs partagent une même attention aux liens humains forgés dans l’adversité. Quiconque a été touché par la loyauté de Fitz envers ses proches retrouvera ici la fraternité rude et poignante des membres de la Compagnie.
10. La Guerre du pavot (Rebecca F. Kuang, 2018)

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Dans l’empire de Nikara — librement inspiré de la Chine du XXe siècle — Rin, une jeune orpheline élevée par des trafiquants d’opium, réussit le concours d’entrée de la prestigieuse académie militaire de Sinegard. Sous la tutelle d’un maître énigmatique, elle s’éveille à des pouvoirs chamaniques redoutables. Mais lorsque la Fédération de Mugen relance les hostilités, l’académie se disloque et Rin est précipitée sur les champs de bataille d’un conflit d’une violence inouïe, inspiré du massacre de Nankin et des guerres sino-japonaises.
Rebecca F. Kuang signe un premier roman qui bascule sans prévenir du récit d’apprentissage lumineux à la fantasy militaire la plus sombre. L’arc de Rin — une anti-héroïne confrontée à l’horreur et à la tentation du pouvoir absolu — rappelle les dilemmes moraux de Fitz, poussés à leur point de rupture. Les lecteur·ices sensibles aux questions de loyauté et de sacrifice trouveront dans La Guerre du pavot un écho brutal aux thèmes chers à Robin Hobb.