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Que lire après « 13 Reasons Why » de Jay Asher ?

Que lire après « 13 Reasons Why » de Jay Asher ?

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Publié en 2007, 13 Reasons Why (Treize raisons) est un roman young adult de l’écrivain américain Jay Asher. On y suit Clay Jensen, un lycéen qui reçoit un colis contenant sept cassettes audio enregistrées par Hannah Baker, une camarade de classe qui s’est suicidée. Sur ces bandes, Hannah désigne treize personnes qui ont contribué, chacune à sa manière, à sa décision de mettre fin à ses jours. Le roman a connu un succès considérable (plusieurs millions d’exemplaires vendus, des traductions dans plus de trente langues) avant d’être adapté en série par Netflix en 2017.

Si vous avez refermé ce livre et que vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques recommandations dans la même veine : des récits qui parlent d’adolescence cabossée, de deuil, de secrets qui rongent, et parfois, heureusement, d’espoir.


1. Tous nos jours parfaits (Jennifer Niven, 2015)

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Un matin, sur le toit du lycée, Finch et Violet se retrouvent au bord du vide. Lui est l’excentrique de l’école, celui qu’on regarde de travers : il oscille entre des phases d’énergie débordante et des périodes sombres où les idées morbides prennent le dessus. Elle avait tout pour être heureuse, jusqu’à la mort de sa sœur Eleanor dans un accident de voiture neuf mois plus tôt. Depuis, Violet s’est murée dans la culpabilité et l’isolement. Leur rencontre sur ce toit — où chacun sauve l’autre sans qu’on sache vraiment qui a sauvé qui — lance une histoire d’amour dont on pressent dès le départ qu’elle ne pourra pas durer.

Le duo se lance dans un projet scolaire qui les pousse à sillonner l’Indiana à la recherche de « merveilles » locales : la colline la plus haute de l’État, un tapis de prière géant, des curiosités absurdes qui deviennent, pour eux, autant de raisons de rester en vie un jour de plus. Jennifer Niven s’est inspirée de son propre vécu (elle a aimé un garçon bipolaire) pour construire Finch, un garçon tour à tour électrique et dévasté, dont on ne sait jamais si l’élan va tenir jusqu’au lendemain. Le roman ne triche pas : il montre à quel point la maladie mentale peut rester invisible à ceux qui ne veulent pas la voir, et combien il est difficile de retenir quelqu’un qui a déjà décidé de lâcher prise.

Le livre a été adapté en film par Netflix en 2020. Là où 13 Reasons Why déroulait la mécanique d’un suicide déjà accompli, Tous nos jours parfaits place le lecteur·ice dans la position inconfortable de celui ou celle qui voit les signes — et qui se demande, à chaque page, s’il est encore temps d’agir.


2. Le dernier jour de ma vie (Lauren Oliver, 2010)

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Samantha Kingston a tout : la popularité, le petit copain idéal, trois meilleures amies, et une confiance en elle qui frôle l’arrogance. Ce vendredi de février devait être un jour comme les autres. Il sera le dernier. Sam meurt dans un accident de voiture… et se réveille le lendemain matin pour revivre exactement la même journée. Puis une autre fois. Et encore une autre. Sept jours au total, coincée dans une boucle temporelle dont elle ne connaît pas les règles.

Le dispositif rappelle Un jour sans fin, et le roman le revendique. Mais là où la comédie de Harold Ramis misait sur le rire, Lauren Oliver utilise la répétition pour forcer son héroïne à se regarder en face. Car Sam n’est pas une victime : elle fait partie de ces filles populaires dont la cruauté ordinaire — les rumeurs, les moqueries, le mépris envers ceux qui ne sont « personne » — fait bien plus de dégâts qu’elles ne l’imaginent. Chaque nouvelle journée lui offre l’occasion de faire des choix différents, de démonter les rouages de sa propre lâcheté.

C’est une lecture qui fonctionne comme un miroir inversé de 13 Reasons Why : au lieu de suivre les conséquences d’un suicide du point de vue de ceux qui l’ont provoqué sans le savoir, on observe une adolescente prendre conscience, trop tard peut-être, du mal qu’elle a fait. Le film Before I Fall, sorti en 2017, en propose une adaptation fidèle.


3. Vous parler de ça (Laurie Halse Anderson, 1999)

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Melinda Sordino entre au lycée, et personne ne veut lui adresser la parole. La raison : lors d’une fête de fin d’été, elle a appelé la police. Les flics ont débarqué, la soirée a mal tourné pour tout le monde, et Melinda est devenue la paria du lycée. Ce que ses camarades ignorent — ce que Melinda elle-même peine à formuler —, c’est pourquoi elle a passé cet appel. Un secret si lourd qu’il lui noue la gorge. Littéralement : au fil des semaines, Melinda cesse presque de parler.

Laurie Halse Anderson a conçu ce roman à partir d’un cauchemar : en 1998, elle s’est réveillée au son des sanglots d’une adolescente qui n’existait pas. Elle a écrit l’histoire de Melinda d’une traite, presque comme une urgence. Le résultat, publié sous le titre original Speak, est devenu un phénomène aux États-Unis (finaliste du National Book Award, vendu à plusieurs millions d’exemplaires, traduit dans plus de trente langues). L’édition française, publiée en 2014 par La Belle Colère (traduction de Marie Chabin), arrive dans un contexte où la parole des victimes d’agressions sexuelles commence à se libérer.

Le roman est construit en chapitres très courts, comme des instantanés d’une année scolaire vue à travers le regard d’une adolescente en état de sidération. L’humour acide de Melinda — car oui, il y a de l’humour, et c’est précisément ce qui rend le livre si juste — est sa seule arme face à des camarades, des profs et des parents qui refusent de voir sa douleur. Seul son cours d’arts plastiques, avec Mr. Freeman, lui offre un espace où elle peut enfin s’exprimer autrement que par les mots. Le film Speak (2004), avec Kristen Stewart dans le rôle de Melinda, en est une adaptation qui tient ses promesses.


4. Tout plutôt qu’être moi (Ned Vizzini, 2006)

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Craig Gilner, quinze ans, a décroché une place dans l’une des prépas les plus prestigieuses de New York. Sur le papier, c’est une réussite. Dans les faits, c’est le début de la catastrophe. Craig ne mange plus, ne dort plus, rumine ses devoirs et ses examens en boucle, et passe ses heures libres à fumer de l’herbe pour engourdir l’angoisse qui le dévore. Une nuit, il appelle un numéro d’aide en situation de crise. Le lendemain, il se retrouve en hôpital psychiatrique, dans l’aile pour adultes. Faute de place en pédiatrie.

Ce qui aurait pu n’être qu’un récit sombre sur la dépression adolescente se révèle étonnamment drôle. Le regard que Craig porte sur lui-même, sur les autres patients et sur l’absurdité de sa situation est d’une lucidité tragi-comique. Ned Vizzini savait de quoi il parlait : il a lui-même séjourné en hôpital psychiatrique et s’est appuyé sur cette expérience pour nourrir le roman. Le livre a d’ailleurs été adapté au cinéma sous le titre Une drôle d’histoire (2010), avec Zach Galifianakis et Emma Roberts.

La fin de l’histoire de Ned Vizzini est, elle, bien moins réconfortante : l’auteur s’est suicidé en 2013, à l’âge de trente-deux ans, après des années de lutte contre la dépression. On ne lit plus le roman de la même façon quand on sait ça. Tout plutôt qu’être moi est un livre qui dit une chose simple et essentielle : demander de l’aide n’est pas un aveu de faiblesse. Et c’est peut-être la première chose à faire quand on oublie de vivre.


5. Le monde de Charlie (Stephen Chbosky, 1999)

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Charlie a quinze ans, il entre au lycée, et il écrit des lettres. On ne sait pas à qui ; lui-même ne révèle pas l’identité de son destinataire. Ce qu’on sait, c’est que Charlie est trop sensible pour le monde qui l’entoure. Trop à fleur de peau. Pas « raccord », comme le suggérait le titre de la première édition française. Aux yeux de son professeur de lettres, Bill, il est un prodige ; pour ses camarades, il est juste bizarre. Puis il rencontre Patrick et Sam, deux élèves plus âgés qui l’intègrent à leur groupe d’amis — un groupe de ceux qu’on ne remarque pas dans un lycée, sauf quand ils font du bruit — et la vie de Charlie bascule.

Le roman, écrit sous forme épistolaire, passe de l’euphorie à l’effroi sans prévenir. On rit des anecdotes de Charlie, on le suit dans ses premières expériences (la musique, les fêtes, l’amour), puis on comprend peu à peu que quelque chose de bien plus sombre se cache sous sa candeur apparente. Les souvenirs de sa tante Helen, morte dans des circonstances tragiques, refont surface par fragments, comme les pièces d’un puzzle qu’on préférerait ne pas assembler.

Stephen Chbosky a mis dix ans à écrire ce livre, et il a lui-même réalisé son adaptation cinématographique en 2012, avec Logan Lerman, Emma Watson et Ezra Miller. Le monde de Charlie est un de ces romans qu’on lit à seize ans et qu’on relit à trente, sans jamais y trouver tout à fait la même chose. La phrase qui revient comme un mantra — « En cet instant, je jure que nous sommes infinis » — dit en quelques mots ce que le livre met 250 pages à faire ressentir : que l’adolescence, malgré tout ce qu’elle a de brutal, contient des éclairs d’une intensité que la vie adulte peine à égaler.


6. Qui es-tu Alaska ? (John Green, 2005)

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Miles Halter a seize ans, une passion pour les dernières paroles des grands hommes, et le sentiment tenace de n’avoir jamais vécu. Guidé par la phrase attribuée à Rabelais, « Je pars en quête d’un Grand Peut-Être », il quitte la Floride pour intégrer le pensionnat de Culver Creek, en Alabama. Là-bas, il hérite du surnom « le Gros » (il est maigre comme un clou ; l’ironie est le sport national du campus), se lie d’amitié avec son colocataire le Colonel et avec Takumi, et surtout… rencontre Alaska Young.

Alaska. Drôle, brillante, imprévisible, capable de passer de l’exaltation la plus folle à une tristesse opaque en l’espace de quelques secondes. Miles est fasciné, le Colonel est loyal, et le petit groupe passe ses journées entre canulars élaborés, cigarettes fumées en douce et nuits à refaire le monde dans la chambre du Colonel. John Green structure son récit autour d’un point de rupture : le livre est divisé en un « Avant » et un « Après », et ce qui sépare les deux parties change tout — pour les personnages comme pour le lecteur·ice.

Le roman, premier de John Green, a été salué par la critique et récompensé par le Michael L. Printz Award. Il a été adapté en mini-série par Hulu en 2019. Là où 13 Reasons Why interroge la responsabilité collective, Qui es-tu Alaska ? pose une question plus intime et peut-être plus cruelle : comment faire le deuil de quelqu’un qu’on n’a jamais vraiment connu ? Et que faire de la culpabilité quand il n’y a plus personne à qui demander pardon ?


7. Tu ne m’as laissé que notre histoire (Adam Silvera, 2017)

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Griffin a dix-sept ans et vient d’apprendre la mort de Theo, son ex-petit ami, son premier amour, celui dont il était convaincu qu’il reviendrait un jour. Theo avait déménagé en Californie pour ses études, avait commencé à fréquenter Jackson, mais Griffin refusait de croire que c’était fini entre eux. La mort de Theo ne détruit pas seulement son présent : elle anéantit l’avenir qu’il s’était inventé.

Le roman alterne entre deux temporalités : « Histoire », qui remonte aux débuts de la relation entre Griffin et Theo, et « Aujourd’hui », où Griffin tente de survivre à l’absence. Cette structure permet à Adam Silvera de reconstituer l’histoire d’amour au moment même où elle devient impossible : on sait comment ça finit, et pourtant on espère à chaque chapitre que la suite sera différente. Griffin, qui souffre par ailleurs de TOC (troubles obsessionnels compulsifs), s’adresse directement à Theo tout au long du récit, comme s’il pouvait encore l’entendre.

Adam Silvera, né et élevé dans le Bronx, est devenu en quelques livres l’un des auteurs incontournables de la littérature young adult américaine — notamment grâce à Et ils meurent tous les deux à la fin. Ce qui frappe dans Tu ne m’as laissé que notre histoire, c’est le refus du pathos facile : le deuil y est montré tel qu’il est, chaotique, contradictoire, parfois mesquin. Griffin n’est pas un veuf noble et digne ; c’est un ado de dix-sept ans qui pète les plombs, qui fait des erreurs, et qui doit trouver le moyen de continuer à vivre avec quelqu’un en moins.