Le vin accompagne les sacres, les noces, les accords commerciaux, les repas du dimanche. Il structure des paysages entiers — des coteaux du Médoc aux collines bourguignonnes — et fait vivre des centaines de milliers de personnes. Le vin est un objet culturel, économique et politique : il raconte les rapports de classe (qui boit quoi, et à la table de qui), les mutations écologiques, les luttes paysannes, les modes de consommation d’une époque.
Longtemps réservée à un cercle d’initiés qui s’exprimaient en « notes de cassis » et en « tanins soyeux », l’œnologie s’est peu à peu démocratisée. La bande dessinée y a contribué, avec des personnages auxquels s’identifier et, souvent, une bonne dose d’humour. Reportage immersif, saga familiale, fresque historique, manga fleuve, guide pédagogique, roman graphique engagé : voici dix titres qui, chacun à sa manière, donnent envie de déboucher une bouteille — et surtout de comprendre ce qu’il y a dedans.
1. L’Incroyable Histoire du vin (Benoist Simmat et Daniel Casanave, 2018)

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Dix mille ans d’histoire du vin en BD : voilà le programme que se sont fixé le journaliste Benoist Simmat, collaborateur de La Revue du vin de France et spécialiste de l’économie viticole, et le dessinateur Daniel Casanave. Publié aux éditions Les Arènes, l’album est devenu un best-seller traduit dans une dizaine de pays, régulièrement augmenté de nouveaux chapitres au fil des rééditions (les vins rosés, le champagne, le Beaujolais). La cinquième édition, parue en 2024, dépasse les 380 pages.
Le récit part de la Mésopotamie, où les premières traces de vinification remontent à huit millénaires avant notre ère, et poursuit jusqu’aux rivalités commerciales du XXIe siècle entre les vignobles européens historiques et les producteurs plus récents d’Amérique, d’Australie et d’Afrique du Sud. On y apprend que le vin antique, sirupeux, aromatisé à la mûre ou au myrte et coupé d’eau de mer, n’avait rien à voir avec ce que nous buvons aujourd’hui ; que le premier classement des vins remonte au Ier siècle de notre ère ; ou encore que l’invention de la bouteille en verre au XVIIe siècle a transformé l’œnologie — parce qu’elle a permis, pour la première fois, de conserver et de faire vieillir le vin sur plusieurs années, là où il se buvait auparavant dans l’année de sa production.
Le ton est pédagogique sans être scolaire, et l’humour de Casanave empêche le didactisme de prendre le dessus. Des anecdotes sur les vignobles alternent avec des cartes et des synthèses plus générales — le genre de lecture dont on ressort en ayant de quoi alimenter une conversation entière lors d’un dîner.
2. Histoire des grands vins (Benoist Simmat et Daniel Casanave, 2024)

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Après le succès de L’Incroyable Histoire du vin, le duo Simmat-Casanave revient avec un album de 240 pages consacré, cette fois, non plus à l’histoire générale de la viticulture, mais aux bouteilles et aux domaines les plus prestigieux du monde. Romanée-Conti, Yquem, Petrus, Dom Pérignon, Château Lafite, le Klein Constantia sud-africain (un vin liquoreux que Napoléon faisait venir en exil à Sainte-Hélène), le Falerne antique (le grand cru de la Rome impériale), le Vega Sicilia espagnol, le Screaming Eagle californien : chaque étiquette fait l’objet d’un chapitre qui retrace son origine, son ascension et sa signification sociale.
Car l’angle du livre est précis : le grand vin comme marqueur du pouvoir. Dans l’Antiquité, les meilleurs crus servent à honorer les dieux et à sceller les alliances. Sous l’Ancien Régime, évêques et rois rivalisent pour posséder les meilleurs clos de Bourgogne. En 1855, Napoléon III commande un classement officiel des vins de Bordeaux à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris — un palmarès toujours en vigueur, et qui fait encore grincer des dents parce que le vignoble a considérablement évolué depuis : certains domaines déclassés en 1855 produisent aujourd’hui d’excellents vins, et inversement, mais le classement, lui, n’a quasiment pas bougé. Au XXe siècle, les milliardaires du monde entier se disputent les dernières caisses de millésimes légendaires dans les salles de vente.
L’album se lit comme un complément de L’Incroyable Histoire du vin : là où le premier brossait un panorama d’ensemble, celui-ci se concentre sur les destins singuliers de domaines et de flacons qui ont, siècle après siècle, défini ce que « grand vin » veut dire.
3. Œnologix (François Bachelot et Vincent Burgeon, 2022)

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Lucien vient d’être embauché comme directeur artistique chez Bakanale, une agence de communication spécialisée dans le vin — domaine auquel il ne connaît strictement rien. Heureusement, ses collègues Charlotte et Jean vont se charger de son éducation. Le principe d’Œnologix, publié chez Dunod, est efficace : à chaque chapitre, un événement du calendrier viticole (virée à Chablis, Concours général agricole, vendanges en Languedoc, Foire aux vins d’Alsace, Beaujolais nouveau…) sert de prétexte à une leçon d’œnologie déguisée en aventure professionnelle.
Jadis directeur du Guide Hachette des vins, François Bachelot maîtrise son sujet ; illustrateur, Vincent Burgeon lui donne une forme graphique accessible. Le premier tome a raflé le Gourmand Award mondial 2023 et un prix de l’OIV. Un second tome (Objectif dégustation !) a suivi, et une intégrale est parue en 2024 avec des bonus inédits. La grande force du livre est d’avoir trouvé un ton juste entre pédagogie et divertissement. On y apprend, par exemple, que le système des appellations bourguignonnes — deux parcelles voisines, séparées de quelques mètres, peuvent produire des vins de catégories très différentes — fonctionne un peu comme le dénivelé à vélo : une légère différence d’altitude, d’exposition au soleil ou de composition du sol suffit à changer radicalement le résultat dans le verre.
Si vous n’avez jamais su quoi répondre quand on vous demande la différence entre un cépage (la variété de raisin : chardonnay, merlot, pinot noir…) et une appellation (la zone géographique réglementée : Pommard, Sancerre, Châteauneuf-du-Pape…), ce livre est fait pour vous.
4. Les 4 saisons du vin (Alessandra Fottorino et Céline Pernot-Burlet, 2024)

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Après le succès de leur premier roman graphique In Vino Femina, la sommelière et ancienne caviste Alessandra Fottorino et l’illustratrice Céline Pernot-Burlet reviennent avec un album plus ambitieux, publié chez Hachette Pratique. Le principe : suivre une année complète dans la vigne, saison après saison, pour comprendre concrètement ce qui se passe entre le cep et le verre — la taille en hiver, le travail du sol au printemps, la gestion du feuillage en été, les vendanges à l’automne — et, surtout, les enjeux contemporains qui bousculent la viticulture.
Car Les 4 saisons du vin ne se limite pas à un almanach poétique. Le livre aborde de front le dérèglement climatique et son impact concret sur les terroirs : vendanges de plus en plus précoces (certaines régions ont avancé leurs récoltes de trois semaines en trente ans), degrés d’alcool en hausse, apparition de nouveaux parasites, nécessité de repenser les cépages. Il traite aussi de l’agroforesterie (la plantation d’arbres dans et autour des vignes pour protéger la biodiversité et réguler les températures), de l’empreinte carbone de la filière et des modes de consommation responsables.
On y trouve également des recettes de saison avec leurs accords mets-vins, des pages techniques sur la bouteille et le matériel de dégustation, et une « cinquième saison » spéculative qui imagine la vigne et le vin en 2050. Le duo traite ces sujets avec pédagogie et humour, sans verser dans le militantisme de comptoir — un équilibre difficile à tenir sur un terrain aussi disputé que celui du « vin vivant » (appellation informelle qui regroupe les vins naturels, biologiques ou biodynamiques).
5. Les Ignorants (Étienne Davodeau, 2011)

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Étienne Davodeau est auteur de bande dessinée. Il ne sait pas grand-chose du vin. Richard Leroy est vigneron en Anjou, sur 2,7 hectares de chenin blanc à Rablay-sur-Layon. Il n’a quasiment jamais lu de BD. Le pacte est simple : pendant plus d’un an, chacun va initier l’autre à son métier. Davodeau taille les vignes, Leroy lit Lulu femme nue et Les Mauvaises Gens. De cette année de compagnonnage naît un roman graphique de plus de 260 pages, publié chez Futuropolis, devenu depuis la BD de référence sur le vin en France.
L’album ne prétend pas donner un cours d’œnologie. Il suit deux amis qui partagent, avec sincérité et autodérision, la réalité quotidienne de leurs pratiques : la taille d’hiver, le décavaillonnage (le travail du sol entre les rangs de vigne), les vendanges manuelles d’un côté ; les festivals, les planches à encrer, les discussions avec l’éditeur de l’autre. Le dessin en bichromie sépia — des lavis doux, entre le brun et le gris — installe une atmosphère feutrée, accordée à la lenteur des saisons viticoles. La dernière page recense toutes les bouteilles dégustées et toutes les BD lues durant cette période : un double inventaire qui résume le projet à lui seul.
Quatorze ans après sa parution, Les Ignorants reste un classique — un de ces livres que les amateurs de vin dit « naturel » (c’est-à-dire vinifié sans intrants chimiques et avec peu ou pas de soufre ajouté) conservent dans leur bibliothèque juste à côté de leurs meilleures bouteilles. Figure du vin naturel, le vigneron jurassien Jean-François Ganevat est d’ailleurs cité dans l’album.
6. Châteaux Bordeaux (Éric Corbeyran et Espé, 2011)

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À la mort de leur père, retrouvé asphyxié au-dessus d’une cuve du domaine — accident ou meurtre ? la question hante toute la série —, les trois enfants Baudricourt héritent du Chêne Courbe, une propriété viticole criblée de dettes au cœur du Médoc (la presqu’île au nord de Bordeaux qui concentre nombre de grands crus classés). Les deux frères veulent vendre. Leur sœur Alexandra, de retour des États-Unis, décide au contraire de tout reprendre en main — quitte à affronter l’hostilité de sa famille et à tout apprendre d’un métier qu’elle ne connaît pas. C’est le point de départ d’une saga familiale au long cours, publiée chez Glénat, qui compte à ce jour plus d’une douzaine de tomes et un spin-off culinaire (À table !). On pense aux Maîtres de l’Orge, la saga BD qui racontait l’histoire d’une famille de brasseurs belges sur plusieurs générations — même principe de fresque dynastique, mais ici le houblon cède la place au merlot.
Corbeyran, qui ne connaissait rien au vin avant que Jacques Glénat ne lui propose le projet en 2007, a passé trois ans à rencontrer courtiers, œnologues, tonneliers et propriétaires de châteaux bordelais avant d’écrire la première ligne de scénario. Le résultat est un récit où les intrigues amoureuses, les complots familiaux et l’enquête sur la mort du patriarche côtoient des explications sur la vinification, les assemblages de cépages et le classement des crus. Au dessin, Espé donne à voir le vignoble médocain dans le détail — ses chais, ses rangs de vigne à perte de vue, ses dîners mondains où les coups bas se portent avec le sourire. Les phases de vinification sont par ailleurs présentées de façon claire, au point que plusieurs critiques ont salué la solidité documentaire de la série.
7. Vinifera (Éric Corbeyran, 2018)

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Après les 400 000 exemplaires vendus de Châteaux Bordeaux, Éric Corbeyran s’est fixé un objectif autrement plus vaste : raconter l’histoire du vin et de la vigne à travers les siècles, en une collection de BD historiques publiée chez Glénat en partenariat avec La Revue du vin de France. Chaque tome est un récit autonome, confié à un dessinateur différent (Brice Goepfert, Lucien Rollin, Luc Brahy, Federico Pietrobon, Marco Bianchini, entre autres) et accompagné d’un cahier documentaire rédigé par des journalistes spécialisés.
Forte d’une quinzaine de volumes, la série couvre un spectre très large : les vignobles de Pompéi avant l’éruption du Vésuve, les moines cisterciens qui, au Moyen Âge, ont défriché et classé les terroirs bourguignons (ce sont eux qui ont identifié les parcelles les plus propices et posé les bases du système d’appellations que l’on connaît aujourd’hui), les vignes de Charlemagne, le vin des poilus dans les tranchées de la Marne en 1916 (la ration quotidienne de mauvais vin servait d’échappatoire et de monnaie d’échange), ou encore les tensions contemporaines autour du passage au bio. L’approche est didactique, mais Corbeyran — qui se définit lui-même comme un « haut-parleur des vignerons » — ancre chaque album dans des personnages concrets et des anecdotes qui évitent le piège du cours magistral. La qualité graphique varie d’un tome à l’autre (revers inévitable d’une collection à dessinateurs multiples), mais l’ensemble offre un panorama historique du vin inédit en bande dessinée.
8. Œnologia (Émilie Daret, 2022)

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Émilie Daret n’est pas scénariste de profession : elle est ingénieure agronome et œnologue, installée dans l’Hérault, où elle travaille comme conseil en viticulture et en vinification. Autrement dit, les informations techniques d’Œnologia, publié aux éditions Ellipses, viennent d’une praticienne qui fait ce métier au quotidien — et non d’un auteur qui s’est documenté à distance. On y suit Jimi, un jeune homme qui débarque comme ouvrier pour les vinifications sans y connaître quoi que ce soit. Ses questions — et il en pose beaucoup — servent de fil conducteur : le lecteur·ice découvre, à son rythme, toutes les étapes de l’élaboration du vin, de la taille de la vigne au travail en cave (tri des raisins, fermentation, élevage en cuve ou en fût, mise en bouteille).
L’album a reçu le prix 2024 de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV) dans la catégorie Bande dessinée — une distinction qui récompense la fiabilité du contenu technique. Des schémas et un lexique complètent la lecture pour celles et ceux qui voudraient aller plus loin. Daret a mis deux ans à illustrer cet ouvrage, qui donne à voir les gestes, les outils et les savoir-faire des métiers du vin tels qu’ils se pratiquent réellement.
9. Un grand Bourgogne oublié (Emmanuel Guillot, Hervé Richez et Boris Guilloteau, 2014)

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Manu est vigneron dans le Mâconnais, à Cruzille, dans le sud de la Bourgogne. Comme son père avant lui, il a une obsession : faire un grand vin. Il loue la parcelle du clos de la Mollepierre, convaincu qu’un terroir d’exception dort sous les broussailles et les arbres qui l’ont recouvert. Un jour, un ami met la main sur un lot de bouteilles anciennes sans étiquette. L’une d’elles, millésimée 1959, s’avère être le plus grand vin que Manu ait jamais bu. Le voilà lancé dans une enquête obsessionnelle pour identifier ce nectar et retrouver les pieds de vigne qui l’ont produit — parce que c’est avec eux qu’il rêve de replanter la Mollepierre.
La particularité de cette série, publiée chez Grand Angle (Bamboo), tient à son ancrage dans le réel. Co-scénariste de la série, Emmanuel Guillot est lui-même vigneron — le domaine Guillot-Broux existe bel et bien, et l’on peut acheter ses bouteilles. Ancien cadre bancaire reconverti dans l’écriture de BD, Hervé Richez structure les intrigues avec un sens du suspense bien dosé. Au dessin, Boris Guilloteau a trouvé un parti pris graphique remarquable : l’essentiel de l’album est en nuances de gris, et la couleur n’apparaît que pour figurer les arômes des vins dégustés — les rouges, les dorés, les ambrés surgissent dans la page au moment précis où un bouchon saute, comme si le vin rendait le monde en couleur. Trois tomes composent la série (le troisième, Douze bouteilles à la mer, a remporté un prix de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin en 2022), et chacun fonctionne comme une enquête indépendante.
10. Les Gouttes de Dieu (Tadashi Agi et Shu Okimoto, 2004)

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Impossible de refermer ce tour d’horizon sans évoquer le mastodonte. Les Gouttes de Dieu (Kami no Shizuku en japonais) est un manga — une bande dessinée japonaise, publiée en noir et blanc et lue de droite à gauche — qui s’étend sur 44 tomes, totalise plus de 10 millions d’exemplaires vendus dans le monde (dont 2 millions rien qu’en France, chez Glénat), a engendré une suite (Les Gouttes de Dieu – Mariage) et a fait l’objet d’une adaptation en série télévisée franco-japonaise sur Apple TV+. C’est la BD qui a fait découvrir le vin français au Japon — un pays où la culture œnologique était encore balbutiante au début des années 2000. Le scénario est signé « Tadashi Agi », pseudonyme d’un frère et d’une sœur, Shin et Yuko Kibayashi, tous deux fins connaisseurs du vignoble mondial. Shu Okimoto assure le dessin.
L’intrigue repose sur un duel d’héritage. À la mort de Yutaka Kanzaki, critique de vin mondialement reconnu, son testament stipule que son extraordinaire cave reviendra à celui de ses deux fils qui identifiera en premier douze grands crus baptisés « les Douze Apôtres », ainsi qu’un treizième vin mystérieux : « Les Gouttes de Dieu ». D’un côté, Shizuku, le fils biologique, un jeune salarié qui n’a jamais voulu boire de vin par rébellion envers son père, mais qui possède un palais et une sensibilité hors du commun. De l’autre, Issei Tomine, sommelier prodige et fils adoptif, surnommé le « Prince du Vin », qui a consacré sa vie à l’étude des grands crus. La quête prend la forme d’une chasse au trésor où chaque identification de vin donne lieu à des descriptions sensorielles poussées jusqu’à l’hallucination : le goût d’un Château Margaux 2001 y déclenche, dans l’esprit de Shizuku, une vision de la Pietà de Michel-Ange ; un bourgogne se métamorphose en paysage de collines baignées de lumière. Ce procédé — traduire une sensation gustative en image mentale, comme si le goût et la vue se confondaient — est caractéristique du manga gastronomique japonais, un genre qui a aussi donné Le Gourmet solitaire de Jirō Taniguchi pour la cuisine.
L’année qui a suivi la première publication du manga au Japon, les ventes de vin dans le pays ont bondi de 130 %, et plusieurs domaines français cités dans ses pages — comme le Château Mont-Pérat, un bordeaux alors peu connu — ont vu leur demande exploser du jour au lendemain.