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Que lire après « Yakari » de Job et Derib ?

Que lire après « Yakari » de Job et Derib ?

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Yakari est une série de bande dessinée suisse créée en 1969 par le scénariste Job (André Jobin) et le dessinateur Derib (Claude de Ribaupierre), publiée en albums depuis 1973 — d’abord chez Dargaud et Casterman, puis aux éditions du Lombard. Elle met en scène Yakari, un enfant sioux de la tribu lakota doté du don de parler aux animaux, qui parcourt les grandes plaines d’Amérique du Nord en compagnie de son poney Petit Tonnerre et sous la protection de Grand Aigle, son totem. Chaque album est l’occasion de rencontrer un animal différent — bison, harfang des neiges, castor, coyote — et de découvrir son mode de vie, son rôle dans l’écosystème. Traduite dans une vingtaine de langues, adaptée en deux séries animées (1983, puis 2005-2018) et en un long métrage (2020), la série est généralement conseillée à partir de 6-7 ans.

Si vous êtes à la recherche de lectures dans le même esprit, voici quelques suggestions qui partagent avec Yakari le goût de la nature, de l’aventure et du merveilleux. Toutes s’adressent à une tranche d’âge comparable — environ 6 à 10 ans selon les titres.


1. Toto l’ornithorynque (Éric Omond et Yoann, 1997)

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Toto est un ornithorynque — un vrai animal australien, pas une invention : mammifère à bec de canard, queue plate et pattes palmées, capable de pondre des œufs. Il vit quelque part au fond de l’Australie en compagnie de ses amis : Wawa le koala, Chichi l’échidné, Riri la chauve-souris et Fafa le phalanger volant (un petit marsupial planeur). Ensemble, ils affrontent des mystères qui prennent racine dans les mythologies aborigènes : une rivière asséchée du jour au lendemain, un bruit étrange qui endort la forêt, des sœurs cristallines apparues en rêve… Toto, qui possède le don de communiquer avec les esprits, se retrouve souvent au cœur de ces aventures, parfois bien malgré lui.

L’un des plaisirs de la série tient au travail graphique de Yoann. Au lieu de dessiner des contours à l’encre puis de les colorier (la méthode habituelle en BD), il peint directement ses planches en couleurs directes — c’est-à-dire qu’il applique la couleur sans trait préalable, un peu comme un aquarelliste. Le résultat : des teintes chaudes, des pelages qui semblent doux au toucher et des paysages australiens baignés de lumière. La série, publiée chez Delcourt dans la collection Jeunesse, compte huit tomes qui peuvent chacun se lire indépendamment. Elle figure sur la liste de référence du ministère de l’Éducation nationale depuis 2002.

Âge conseillé : à partir de 6 ans environ. Certains enseignant·es l’utilisent en classe dès le CE2 ; la Fnac la classe dans la catégorie 6-9 ans.


2. Animal Jack (Kid Toussaint et Miss Prickly, 2019)

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Depuis sa naissance, Jack a le pouvoir de se transformer en n’importe quel animal — singe, ours, paresseux, luciole, au choix. En revanche, il n’a jamais prononcé le moindre mot. Il vit avec ses parents dans un village au milieu de la forêt et mène une existence tranquille… jusqu’au jour où ses camarades de classe commencent à disparaître un par un. Seul rescapé, Jack va devoir mener l’enquête, et ses métamorphoses lui seront plus utiles que jamais.

Publiée chez Dupuis, la série tient sur un équilibre efficace entre fantastique et suspense. Chaque tome aborde un sujet concret — la déforestation dans l’un, la disparition d’espèces animales dans l’autre, les dérives technologiques dans un troisième — mais toujours à travers une intrigue qui tient en haleine, pas un exposé. Kid Toussaint, le scénariste, dose l’humour avec soin : Jack ne parle pas, mais ses transformations sont souvent cocasses (se changer en paresseux au mauvais moment, par exemple). Miss Prickly, la dessinatrice (connue pour avoir créé le look de Mortelle Adèle, la BD jeunesse éditée chez Tourbillon/Bayard), apporte des couleurs vives et des expressions très lisibles, ce qui rend les planches accessibles même aux lecteurs et lectrices débutant·es. Huit tomes sont parus, et la série a été déclinée en roman jeunesse (chez Dragon d’Or) et en podcast.

Âge conseillé : à partir de 6-7 ans selon Dupuis et les libraires. Dragon d’Or, l’éditeur des romans, indique « dès 7 ans ».


3. Marsupilami (Franquin et Batem, 1987)

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Le Marsupilami est un animal imaginaire créé en 1952 par le dessinateur belge André Franquin dans la série Spirou et Fantasio. À mi-chemin entre le singe et le félin, il se distingue surtout par sa queue préhensile d’une longueur improbable (plusieurs mètres), qui lui sert aussi bien de lasso que de catapulte, de ressort ou de nid douillet. En 1987, Franquin lui offre sa propre série, dessinée par Batem (Luc Collin), qu’il a formé lui-même, et scénarisée successivement par Greg, Yann, Dugomier, puis Stéphan Colman. On y suit une famille de marsupilamis sauvages — le père, la Marsupilamie et leurs trois petits, Bibi, Bobo et Bibu — dans la jungle de Palombie, un pays fictif d’Amérique du Sud peuplé de piranhas, de jaguars et de chasseurs peu futés. Le plus célèbre d’entre eux, Bring M. Backalive, porte un nom qui résume son obsession : en anglais, « bring me back alive » signifie « ramenez-le-moi vivant ». Il n’y parvient jamais.

Le ton est comique, souvent burlesque : la queue du Marsupilami est une source inépuisable de gags physiques, et les antagonistes finissent invariablement dans un sale état. Mais les albums les plus récents, sous la plume de Stéphan Colman, se préoccupent aussi de la jungle elle-même — de sa fragilité face aux exploitants forestiers, aux braconniers, aux conflits entre tribus locales. La série compte plus de trente tomes, a donné lieu à deux séries animées (dont une produite par Disney en 1993) et au film Sur la piste du Marsupilami d’Alain Chabat (2012).

Âge conseillé : à partir de 6-7 ans. BDfugue indique « dès l’âge de 6/7 ans » ; Dupuis, l’éditeur actuel, la classe en « Tous publics ».


4. La sentinelle du Petit Peuple (Carbone, Véronique Barrau et Charline Forns, 2021)

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Élina rend visite à sa grand-mère Adélaïde, immobilisée en maison de repos. C’est là que la vieille dame lui révèle un secret gardé depuis des décennies : elle est la sentinelle du Petit Peuple, c’est-à-dire la protectrice des êtres féeriques — fées, lutins, ondines, gobelins — qui veillent à l’équilibre de la nature. Et il est temps de passer le relais. Adélaïde transmet à sa petite-fille la recette de la pommade de fée (un onguent qui, appliqué sur les paupières, permet de voir les créatures invisibles aux yeux des humains) ainsi que le grimoire familial. Flanquée de la fée Nelvyna et du lutin Llyam, Élina se lance dans sa première mission : retrouver une ondine disparue au lac.

Publiée chez Dupuis, la série puise dans le folklore européen — fées, korrigans, Cornandonets (de terribles lutins naufrageurs), sirènes — et le déploie dans des décors de forêts, de lacs et de côtes où Charline Forns prend un plaisir visible à dessiner chaque fougère, chaque rayon filtrant entre les branches. Le bestiaire s’enrichit de tome en tome, mais la série tire aussi sa force d’un sujet moins attendu : les non-dits entre trois générations de femmes. La mère d’Élina ignore tout des activités de sa fille et reste marquée par sa propre relation compliquée avec Adélaïde. Ce fil familial, discret mais tenace, donne aux aventures féeriques un ancrage concret. Cinq tomes sont parus à ce jour, le dernier en date étant Le rituel de protection (janvier 2025).

Âge conseillé : à partir de 8 ans selon Dupuis.


5. Sylvain et Sylvette (Maurice Cuvillier, puis Jean-Louis Pesch, 1941)

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La série a été créée en août 1941 par le dessinateur Maurice Cuvillier dans les pages du journal Fripounet et Marisette — en pleine Occupation allemande, ce qui n’est pas anodin : les tenues bleu, blanc et rouge des deux enfants et les « compères » (les animaux antagonistes) qui cherchent sans cesse à les soumettre constituaient, selon Jean-Louis Pesch, une forme discrète de résistance symbolique. Reprise à partir de 1957 par Jean-Louis Pesch (décédé en mai 2023 à l’âge de 94 ans), la série cumule plus de vingt millions d’albums vendus. On y suit Sylvain et Sylvette, frère et sœur, réfugiés dans une chaumière au cœur de la forêt, entourés de leurs amis animaux — la tortue Cloé (qui zozote), le chien Alfred, la corneille Olga, le corbeau Croa — et confrontés aux stratagèmes des quatre compères : Renard, Loup, Ours et Sanglier, aussi maladroits que mal intentionnés.

Le principe est limpide : les compères élaborent un plan (voler les provisions, tendre un piège, se déguiser…), le plan échoue plus ou moins lamentablement, et la forêt retrouve sa tranquillité. Pesch, passionné de nature et grand défenseur de la cause animale, a progressivement éliminé de la série toute forme de violence envers les animaux. Consacré meilleur dessinateur animalier au Salon de la BD de Toulouse en 1974, il excelle à donner aux compères des postures et des mimiques quasi humaines sans jamais tricher sur l’anatomie. La collection « Séribis » chez Dargaud (albums de 44-48 pages) constitue le format principal, avec soixante-sept tomes publiés. Le dernier, La Belle Aventure (2022), dans lequel Sylvain et Sylvette retrouvent leur mère, clôt la série.

Âge conseillé : à partir de 5-6 ans pour les albums BD chez Dargaud. Les éditions P’tit Louis (Rennes) proposent aussi des livres jeunesse dès 3 ans et des romans pour les 7-10 ans.


6. La Forêt d’Oreka (Paco Sordo, 2025)

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Hannah, petite citadine, n’est pas franchement emballée à l’idée de passer l’été chez son grand-père, gardien d’une forêt. Elle a tort : dans la forêt d’Oreka, les arbres se baladent quand ils s’ennuient, les animaux parlent, et les lutins de 102 ans traversent leur crise d’adolescence (oui, à 102 ans). Seul problème : l’esprit de la forêt ne veut pas d’elle et, furieux, plonge les bois dans une nuit sans fin. Hannah devra apprivoiser ce monde pour rétablir l’équilibre, aidée d’un cochon qui ne la quitte pas d’une semelle et de Roland, un gnome centenaire au caractère bien trempé.

Paco Sordo, auteur espagnol récompensé en 2022 par le prix national de la bande dessinée en Espagne pour El Pacto, signe ici l’intégralité de l’album : scénario, dessin et couleurs. Son trait est rond, ses teintes vives, et on sent un auteur qui s’amuse de son propre univers — les gags visuels sont nombreux, les créatures imprévisibles, et les situations dégénèrent avec une logique absurde qui fait mouche. Le premier tome, Une longue nuit, fait une centaine de pages (là où un album de BD jeunesse en compte d’ordinaire 48 à 56), ce qui laisse à l’histoire le temps de poser son décor sans précipiter le dénouement. Le deuxième tome, Au cœur des arbres, est annoncé pour février 2026.

Âge conseillé : à partir de 6 ans selon Dupuis et BDfugue ; certaines librairies la classent plutôt en 8-10 ans. Quelques passages un peu plus intenses méritent d’être signalés pour les tout jeunes lecteurs et lectrices.


7. Elma, une vie d’ours (Ingrid Chabbert et Léa Mazé, 2018)

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Elma est une fillette de presque sept ans, élevée au cœur de la forêt par un gros ours bleu qu’elle appelle « papa ». Elle ignore tout de ses véritables origines : elle est la fille de Frigga, la mage du royaume, et une ancienne légende raconte que seule cette enfant pourra sauver le monde des eaux — à condition d’avoir survécu sept années dans la forêt. L’ours, lui, le sait depuis le début. Et à l’approche du septième anniversaire d’Elma, il doit se résoudre à entreprendre un grand voyage vers l’autre côté de la montagne, là où la vérité — et la séparation — les attend.

Ce diptyque publié chez Dargaud (deux tomes : Le grand voyage et Derrière la montagne) tient du conte initiatique plutôt que de la série d’aventures au long cours. Les dialogues sont rares, les phrases courtes, et l’essentiel du récit passe par les illustrations de Léa Mazé : des teintes automnales, des forêts aux couleurs fauves et ocre, un trait doux qui traduit aussi bien la complicité entre Elma et son ours que l’inquiétude sourde de ce dernier. C’est une histoire sur ce que signifie être parent — aimer quelqu’un assez pour accepter de le laisser partir — et elle touche aussi les adultes qui la liront avec leurs enfants.

Âge conseillé : 6-8 ans selon le site Partir en Livre (recommandation du Centre national de la littérature pour la jeunesse) ; Dargaud indique « 7-10 ans ».


8. Hilda (Luke Pearson, 2010)

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Hilda est une petite fille aux cheveux bleus qui vit avec sa mère et Brindille, son fidèle renard-cerf (un animal mi-renard mi-cervidé, propre à cet univers), dans une maison isolée au milieu de montagnes d’inspiration scandinave. Intrépide, curieuse et un brin têtue, elle passe ses journées à explorer les alentours — et les alentours, dans son monde, regorgent de trolls (des géants de pierre qui se pétrifient au soleil), d’elfes minuscules et tatillons, de géants et de nisses (des esprits domestiques du folklore nordique, sortes de lutins attachés à une maison). Dans le premier album, Hilda et le Troll, elle accroche une clochette au nez d’un troll de pierre endormi, sans savoir que les trolls détestent le son des cloches. À partir du troisième tome, Hilda et sa mère déménagent à Trollbourg, une ville fortifiée où la cohabitation entre humains et créatures se révèle plus compliquée que prévu.

Créée par le Britannique Luke Pearson et publiée en France par Casterman (d’abord chez Nobrow), la série s’inscrit dans l’héritage des Moomins — la célèbre famille de trolls rondouillards imaginée par la Finlandaise Tove Jansson dans les années 1940, qui mêlait déjà aventure, poésie et créatures fantastiques dans un cadre scandinave. Mais là où les Moomins restaient dans un décor relativement stable, Hilda élargit son univers à chaque album : de nouvelles créatures apparaissent (les bonshommes de bois, les esprits météo, les woffs), les règles de ce monde se précisent, et Hilda elle-même grandit, quittant la solitude des montagnes pour la vie en ville. Le dessin de Pearson est épuré — peu de détails superflus, des aplats de couleur francs — mais très expressif dans les visages et les postures. La série a été primée au Salon de Montreuil en 2014, puis adaptée en série animée et en film sur Netflix (trois saisons entre 2018 et 2023). Six tomes composent la série principale. En 2025, Pearson a lancé un nouvel arc, Hilda et Twig (du nom anglais de Brindille), conçu pour les plus jeunes : des albums au format plus court, en trois bandes par page, qui permettent de découvrir l’univers d’Hilda dès le cycle 2.

Âge conseillé : à partir de 6 ans pour Hilda et Twig (recommandé par Casterman dès le cycle 2) ; la série principale est généralement conseillée à partir de 8 ans (cycle 3, niveau CE2-CM1). BDthèque la classe en 10-13 ans.