Sillage est une série de bande dessinée de science-fiction créée par Jean-David Morvan (scénario) et Philippe Buchet (dessin), publiée aux éditions Delcourt depuis 1998. On y suit les aventures de Nävis, seule humaine à bord d’un immense convoi multiracial de vaisseaux spatiaux parcourant la galaxie à la recherche de planètes à coloniser.
Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.
1. Orbital (Sylvain Runberg & Serge Pellé, 2006)

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Dans Orbital, Caleb, un humain, et Mézoké, un·e Sandjarr, forment le premier binôme interracial de l’Office Diplomatique Intermondial. Leur mission : préserver la paix au sein d’une Confédération de plusieurs centaines d’espèces extraterrestres. L’humanité, dernière arrivée et tenue pour responsable du génocide des Sandjarrs, y est perçue comme primitive et dangereuse — un statut de paria qui évoque directement celui de Nävis dans le convoi de Sillage.
Sylvain Runberg ancre son récit dans une réflexion géopolitique dense, où chaque mission diplomatique se heurte aux jeux de pouvoir, aux préjugés raciaux et aux cicatrices de l’histoire. Serge Pellé signe des couleurs directes somptueuses et une galerie de créatures d’une inventivité constante. Souvent comparée à Valérian et Laureline, la série s’en démarque par un ton plus sombre et une écriture plus ancrée dans l’actualité politique.
2. Renaissance (Fred Duval, Emem & Fred Blanchard, 2018)

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En 2084, la Terre agonise. La Fédération des Intelligences Mammifères, une coalition extraterrestre, décide d’intervenir pour empêcher l’extinction de l’espèce humaine. Swänn, jeune alien idéaliste, se porte volontaire et se retrouve au Texas, confronté à une humanité méfiante et fracturée. Le premier cycle (trois tomes) adopte le point de vue de l’extraterrestre, un renversement narratif qui rappelle la position de Nävis — étrangère parmi les siens.
Fred Duval, rompu à l’anticipation politique depuis Carmen Mc Callum et Travis, construit un récit où l’ingérence bienveillante se heurte à la souveraineté des peuples. Le design de Fred Blanchard donne corps à des civilisations crédibles, tandis qu’Emem les met en scène avec un trait semi-réaliste fluide. Le second cycle, situé vingt ans plus tard, élargit l’intrigue à l’échelle interstellaire et prépare le terrain pour sa préquelle, Apogée.
3. Colonisation (Denis-Pierre Filippi & Vincenzo Cucca, 2018)

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Dans un futur lointain, l’humanité a lancé des nefs de colons à travers la galaxie pour pallier une surpopulation devenue ingérable. L’arrivée des Atils, extraterrestres en apparence bienveillants, a tout changé : grâce à leur technologie de trous de ver, la colonisation s’est accélérée, mais les premières nefs restent introuvables. L’héroïne Milla Aygon et son équipe sont chargées de les retrouver, face aux Écumeurs qui pillent leur contenu.
Comparée à The Expanse pour son réalisme spatial et sa dimension politique, la série de Denis-Pierre Filippi mêle suspense, action et questionnements éthiques sur la cohabitation entre espèces. Le dessin de Vincenzo Cucca déploie des vaisseaux imposants, des villes futuristes et des scènes de combat d’une grande lisibilité. Comme dans Sillage, la relation ambiguë entre humains et aliens constitue le cœur d’un récit où la confiance se mérite — et se trahit.
4. Saga (Brian K. Vaughan & Fiona Staples, 2012)

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Sur la planète Clivage, deux peuples extraterrestres s’affrontent depuis des décennies : ceux qui portent des ailes et ceux qui arborent des cornes. Alana et Marko, soldats de camps ennemis, tombent amoureux et donnent naissance à Hazel, narratrice de leur épopée. Traqués par les deux factions, ils fuient à travers une galaxie peuplée de créatures baroques, d’assassins à gages et de robots à tête de télévision.
Sous ses airs de Roméo et Juliette spatial, Saga est avant tout un récit sur la famille, l’altérité et le prix de la liberté. Brian K. Vaughan manie l’humour noir et l’émotion avec une maîtrise redoutable, tandis que Fiona Staples signe un dessin en couleurs directes d’une expressivité saisissante. Récompensée par de multiples prix Eisner et Harvey, cette série publiée chez Image Comics constitue l’un des comics les plus acclamés de sa génération — et parlera aux lecteurs et lectrices de Sillage sensibles à l’errance cosmique et aux personnages hors normes.
5. Descender (Jeff Lemire & Dustin Nguyen, 2015)

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Dix ans après l’apparition cataclysmique des Récolteurs — des robots de la taille d’une planète —, la galaxie a banni toute forme d’intelligence artificielle. C’est dans ce climat de haine anti-machine que s’éveille TIM-21, un petit androïde dont les circuits recèlent un lien mystérieux avec les Récolteurs. Traqué par des mercenaires, des gouvernements et des fanatiques, TIM-21 entame une fuite éperdue à travers les étoiles.
Jeff Lemire insuffle à ce space opera une mélancolie poignante, nourrie par les thèmes de l’exclusion, du deuil et de la quête d’identité — autant de résonances avec le parcours de Nävis. Le dessin à l’aquarelle de Dustin Nguyen, récompensé par un Eisner Award, confère à l’ensemble une douceur en contraste permanent avec la brutalité du monde dépeint. La série, complète en six tomes, se prolonge dans Ascender, une suite qui troque la science-fiction pour la fantasy.
6. Astra – Lost in Space (Kenta Shinohara, 2016)

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En 2063, neuf adolescent·es sont mystérieusement téléporté·es à cinq mille années-lumière de leur destination lors d’un simple camp scolaire sur une planète lointaine. Échoué·es dans le vide intersidéral, ils et elles trouvent un vaisseau abandonné — l’Astra — et n’ont d’autre choix que de sauter de planète en planète pour regagner leur foyer. Mais un saboteur se cache parmi l’équipage.
Ce manga de Kenta Shinohara, lauréat du Manga Taishō, conjugue survie spatiale, mystère et dynamique de groupe avec une efficacité remarquable en cinq tomes seulement. Chaque escale sur une planète hostile fait progresser l’intrigue et approfondit les liens entre les personnages, jusqu’à un dénouement truffé de retournements. Les lecteurs et lectrices de Sillage qui apprécient les huis clos spatiaux et les équipages soudés par l’adversité y trouveront un récit compact et addictif.
7. Universal War One (Denis Bajram, 1998)

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À la fin du XXIᵉ siècle, un mur de ténèbres d’un diamètre de trois milliards de kilomètres apparaît entre Saturne et Jupiter, coupant le système solaire en deux. L’escadrille Purgatory, composée d’officiers en cour martiale, est envoyée percer le secret de cette structure colossale. L’événement déclenche un conflit entre la Fédération des Terres Unies et les puissantes Compagnies Industrielles de Colonisation — les prémices de la Première Guerre universelle.
Denis Bajram signe ici un tour de force d’auteur complet (scénario, dessin, couleurs) en six tomes. L’intrigue, construite autour du déplacement dans le temps et de paradoxes temporels soigneusement agencés, a été entièrement conçue avant la publication du premier volume. Le récit mêle hard science-fiction, fresque militaire et références bibliques, avec un sens du retournement qui maintient la tension jusqu’à la dernière planche. Un pilier de la BD de science-fiction française, contemporain de Sillage et tout aussi ambitieux.
8. Black Science (Rick Remender & Matteo Scalera, 2013)

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Grant McKay, ex-membre de l’Ordre Anarchiste des Scientifiques, a percé les barrières entre les dimensions grâce au Pilier, un appareil fondé sur des principes interdits. Lorsque la machine dysfonctionne, McKay, ses enfants et son équipe sont projetés à travers l’Eververse — un océan infini de réalités alternatives peuplées de créatures hostiles, de civilisations incompréhensibles et de versions divergentes d’eux-mêmes.
Rick Remender déploie un récit frénétique et émotionnel, où l’aventure pulp croise le drame familial et la rédemption personnelle. Matteo Scalera déploie un style graphique nerveux, aux compositions hallucinées et aux doubles pages spectaculaires, sublimé par les couleurs de Dean White puis Moreno Dinisio. Complète en 43 numéros, Black Science séduira celles et ceux qui, après Sillage, recherchent un dépaysement radical, un rythme sans répit et des enjeux humains au cœur du chaos cosmique.