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Que lire après « Seuls » de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti ?

Que lire après « Seuls » de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti ?

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Seuls est une série de bande dessinée d’aventure fantastique créée par Fabien Vehlmann (scénario) et Bruno Gazzotti (dessin), publiée aux éditions Dupuis depuis 2006, puis chez Rue de Sèvres à partir du quatorzième tome. La série, qui compte à ce jour plus de quinze volumes répartis en quatre cycles, suit les aventures de cinq enfants — Dodji, Leïla, Yvan, Camille et Terry — confrontés à la disparition soudaine de tous les habitants de la ville de Fortville. Livrés à eux-mêmes, ils doivent apprendre à survivre sans adultes, affronter des menaces croissantes et comprendre pourquoi ils se trouvent dans cet entre-deux mystérieux appelé les Limbes — un monde entre la vie et la mort dont les règles se dévoilent au fil des cycles. Deux fois lauréate du Prix Jeunesse 9-12 ans au Festival d’Angoulême (2007 et 2010), la série a conquis plus de deux millions de lecteur·ice·s.

Si vous êtes à la recherche de lectures dans le même esprit, voici quelques recommandations : des récits où de jeunes protagonistes se retrouvent seul·e·s face à des situations qui les dépassent, sans adulte fiable à portée de main, et doivent compter les un·e·s sur les autres pour s’en sortir. Les titres présentés ci-dessous s’adressent globalement à la même tranche d’âge que Seuls, c’est-à-dire un lectorat allant de la fin du primaire à l’adolescence, même si certaines BD penchent davantage vers le collège ou le lycée.


1. Les Omniscients (Vincent Dugomier et Renata Castellani, 2020)

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New York, de nos jours. Cinq adolescents qui ne se connaissent pas — James, Ambèr, Diego, Albert et Jessica — se réveillent un matin avec un don aussi fascinant qu’encombrant : le savoir absolu. Définitions, théories scientifiques, casiers judiciaires, données classifiées… ils savent tout, à condition que l’information ait été partagée quelque part par quelqu’un. Plus besoin d’aller en cours (chaque collégien·ne en a rêvé), mais la nouvelle fait le tour des médias et le FBI intervient — officiellement pour les protéger. Sauf qu’une branche secrète de l’agence a d’autres projets et cherche à les capturer pour exploiter leur don. En parallèle, un phénomène inexpliqué frappe les bibliothèques du monde entier : d’anciens manuscrits se désagrègent spontanément, comme si le savoir accumulé par l’humanité disparaissait au moment même où ces cinq adolescents le reçoivent.

En 5 tomes au Lombard, Vincent Dugomier (déjà à l’origine des Enfants de la Résistance) construit un récit autour d’une prémisse fertile : que fait-on lorsqu’on sait tout, mais qu’on ignore pourquoi on a reçu ce don — et ce qu’on attend de vous ? Chacun des cinq protagonistes réagit différemment à son omniscience : Albert s’enthousiasme, Jessica refuse tout contact avec les autres, James et Diego savourent la fin des devoirs. Le récit évite ainsi l’effet « bloc » où tous les personnages penseraient et agiraient à l’unisson, et tire son rythme de leurs désaccords autant que de leurs alliances. La série a reçu le Prix des collèges au Festival d’Angoulême 2021.

Tranche d’âge conseillée : dès 10-11 ans selon la plupart des libraires et médiathèques. Le ton reste accessible et l’humour allège les moments de tension. Une bonne option pour les lecteur·ice·s de Seuls qui aiment voir un groupe d’adolescent·e·s aux caractères opposés devoir coopérer malgré tout.


2. Le Collège noir (Ulysse Malassagne, 2016)

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Au cœur des montagnes du Cantal, un collège isolé accueille une poignée de pensionnaires qui n’ont nulle part où aller pendant l’été. Ulysse, Ouss, Krum, Mei et Step passent leurs journées sous la surveillance détachée de Léna, une pionne peu commode. L’ennui menace — jusqu’à ce que leur camarade Jonas disparaisse dans les marais et revienne les visiter la nuit suivante sous forme de fantôme. En tentant de le sauver, les cinq amis croisent la route d’une sorcière qui leur jette une malédiction : désormais, ils voient le monde des Ténèbres et ses habitants — korrigans, loup aux mille yeux, démon de la montagne — et ces créatures les voient aussi.

Parue en 3 tomes chez Milan (collection Bande d’ados, aujourd’hui disponible en intégrale chez Bayard), cette série d’Ulysse Malassagne puise dans le folklore européen — sorcières de conte, esprits des morts, créatures nocturnes — pour construire un récit fantastique où les scènes terrifiantes alternent avec des échanges de vannes entre ados qui ne perdent pas leur sens de la répartie, même face à un squelette animé. Les personnages, dessinés dans un style rondouillard presque « cartoon », contrastent fortement avec les créatures et les décors nocturnes, bien plus sombres et détaillés — un écart visuel délibéré qui empêche l’atmosphère de devenir trop oppressante pour un jeune lectorat. L’auteur s’inspire de ses propres années de collège dans le Cantal, et cet enracinement dans un lieu réel (un vieux bâtiment de pierre cerné de forêts, loin de tout) donne au surnaturel un cadre crédible. La BD a depuis été adaptée en dessin animé, diffusé sur la plateforme ADN.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 10 ans pour les lecteur·ice·s qui aiment se faire (un peu) peur. Quelques scènes nocturnes et créatures franchement effrayantes peuvent secouer les plus jeunes, mais le ton général reste celui d’une aventure ponctuée d’humour.


3. Astra – Lost in Space (Kenta Shinohara, 2016)

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An 2063. L’humanité a colonisé plusieurs planètes et les voyages interstellaires font partie du quotidien. Dans le cadre d’un stage de survie scolaire sur la planète McPa, neuf lycéens du lycée Caird débarquent joyeusement sur leur lieu de camping… avant d’être aspirés par une mystérieuse sphère d’énergie qui les projette à 5 012 années-lumière de chez eux. Perdus dans l’espace sans moyen de communication, Kanata, Aries, Zack, Quitterie et les autres n’ont d’autre choix que de rallier leur planète d’origine en effectuant un périple de plusieurs mois à travers des mondes inconnus, ravitaillant étape après étape un vieux vaisseau abandonné qu’ils baptisent l’Astra. Mais un doute plane : quelqu’un dans le groupe les a peut-être envoyés là volontairement.

Là où beaucoup de mangas s’étirent sur des dizaines de volumes, Astra boucle son intrigue en 5 tomes (publiés en France chez nobi nobi!) — un format récompensé par le Grand Prix Manga Taishō 2019, l’un des prix les plus prestigieux du secteur au Japon. Le récit alterne exploration de planètes aux écosystèmes inventifs (faune carnivore, atmosphères toxiques, gravité capricieuse), approfondissement des personnages — chacun porte un secret lié à sa famille — et retournements de situation dont certains obligent à relire les premiers chapitres sous un jour nouveau. Pas de remplissage : chaque chapitre fait avancer l’intrigue ou révèle un pan du passé d’un personnage. Malgré les dangers mortels, le ton reste souvent drôle, porté par les dynamiques de groupe et les gaffes d’Aries, qui compense son étourderie chronique par une capacité à désamorcer les tensions au moment où le groupe en a le plus besoin.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 10-11 ans pour les amateur·ice·s de science-fiction et d’aventure. La série appartient au genre shōnen (manga destiné aux adolescents), ce qui se traduit par un récit rythmé, des dialogues vifs et un découpage très lisible. On note quelques représentations physiques féminines exagérées, un travers récurrent du genre shōnen.


4. FRNCK (Olivier Bocquet et Brice Cossu, 2017)

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Franck a treize ans et a déjà usé trois familles d’accueil — à chaque fois renvoyé à la case orphelinat. Le jour où il apprend que ses parents biologiques seraient vivants, il fugue pour les retrouver dans la forêt d’Aiguevive, là où il a été trouvé bébé. Mais une chute dans un lac souterrain l’expédie directement en pleine préhistoire, nez à nez avec des tigres à dents de sabre, des mammouths et des Homo sapiens qui s’expriment sans voyelles — d’où le titre de la série, qui reproduit son prénom tel que la tribu le prononce : FRNCK.

Chez Dupuis (10 tomes parus, série en cours divisée en deux cycles), FRNCK est avant tout une aventure humoristique : Franck tentant d’expliquer le concept de pizza à des chasseurs-cueilleurs, ou enseignant les voyelles à une tribu qui n’en a jamais eu l’usage, ça fonctionne. Mais au-delà des gags, le scénario d’Olivier Bocquet construit une intrigue temporelle qui se complexifie sérieusement : dès le tome 4, on découvre que Franck n’est pas le premier voyageur du temps à atterrir ici, et que le bébé de la tribu qui l’a recueilli pourrait bien être… lui-même, projeté dans le futur par le même passage souterrain. Le dessin de Brice Cossu, très coloré et lisible, passe sans heurt des poursuites de mammouths aux scènes de comédie.

Tranche d’âge conseillée : dès 9-10 ans. Le ton léger et l’humour omniprésent en font l’une des BD les plus accessibles de cette sélection. Les éditions Dupuis classent la série en « Tout public », et elle est régulièrement plébiscitée par les enseignant·e·s pour les classes de CM2 et de 6e.


5. Ninn (Jean-Michel Darlot et Johan Pilet, 2015)

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Ninn a onze ans et une passion qui surprend ses camarades : le métro parisien. Il faut dire qu’elle y a été trouvée bébé par deux ouvriers — Mattéo et Omar — qui l’ont adoptée et élevée. Elle connaît chaque station, chaque correspondance, chaque recoin des galeries. Mais depuis quelque temps, d’étranges essaims de papillons traversent les tunnels, invisibles à tous sauf à elle. Et un vieil homme semble les voir aussi. Lorsque Ninn s’aventure au bout de la mystérieuse ligne noire — une ligne abandonnée dont les stations fantômes semblent avoir leur vie propre —, elle découvre les Grands Lointains, un monde parallèle où elle serait la Gardienne. Un monde poétique en apparence, mais dont les habitants ne lui veulent pas que du bien.

Éditée chez Kennes (7 tomes parus, série en cours), Ninn a la particularité de tisser du fantastique à partir de l’histoire réelle de Paris. Jean-Michel Darlot intègre à son récit des événements et des figures authentiques : la grande crue de la Seine de 1910 (qui avait transformé le métro en rivière souterraine), l’utilisation des tunnels comme abris pendant la Seconde Guerre mondiale, ou encore Fulgence Bienvenüe, l’ingénieur qui a conçu le réseau du métro parisien au tournant du XXe siècle. Ces éléments historiques cohabitent avec les Grands Lointains eux-mêmes, peuplés de créatures faites de papier et d’entités menaçantes nommées les Idées Sombres — des sortes de manifestations physiques des pensées négatives que les humains abandonnent dans le métro. Le dessin de Johan Pilet alterne des tons pastels pour les scènes du quotidien et des noirs profonds pour les séquences souterraines, avec des planches pleine page qui tirent parti de la verticalité des tunnels et de l’immensité des Grands Lointains.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 9-10 ans selon la majorité des recommandations, même si certaines séquences sombres et inquiétantes incitent à la prudence avec les lecteur·ice·s les plus impressionnables. À recommander en particulier à celles et ceux qui aiment les récits où le quotidien bascule dans le merveilleux.


6. Green Class (Jérôme Hamon et David Tako, 2019)

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De retour d’un voyage scolaire dans les marais de Louisiane, un groupe de jeunes Canadiens découvre qu’une pandémie a éclaté pendant leur absence. Un mystérieux virus s’est répandu, transformant les humains en créatures végétales difformes et agressives. L’armée a bouclé la zone. Noah, Beth, Naïa, Sato, Lucas et Linda se retrouvent piégés dans un périmètre de quarantaine, à 2 000 km de chez eux. Pour ne rien arranger, l’un des leurs semble avoir contracté le virus. Un dilemme s’impose : rester auprès de leur ami malade au risque d’être contaminés, ou l’abandonner aux militaires qui gèrent la quarantaine sans ménagement. Ces adolescents de foyer, habitués à ne compter que sur eux-mêmes, choisissent de se rebeller.

La série (5 tomes au Lombard) commence comme un récit de survie post-apocalyptique classique, mais bifurque progressivement vers le fantastique lovecraftien — comprenez : des entités anciennes et monstrueuses issues d’une mythologie inspirée de l’écrivain H.P. Lovecraft, auteur de récits d’horreur cosmique au début du XXe siècle. Ce qui semblait être une simple épidémie locale se révèle lié à des forces bien plus anciennes que l’humanité, et l’armée sur place poursuit ses propres objectifs, qui n’ont rien à voir avec la protection des civils. Côté graphisme, David Tako mélange les influences du comics américain indépendant et du manga, avec des cadrages serrés, des lignes de vitesse et des créatures végétales spectaculaires qui occupent parfois la page entière. La série dresse aussi le portrait d’adolescent·e·s issu·e·s de foyers, qui se découvrent capables de faire front ensemble alors que rien ne les y prédestinait.

Tranche d’âge conseillée : la série s’adresse à un lectorat adolescent, généralement à partir de 12-13 ans. Certaines scènes de transformation et de violence peuvent impressionner les plus jeunes. L’ambiance est nettement plus sombre que dans Seuls, avec un vocabulaire et des situations qui ancrent le récit dans un registre « young adult ».


7. The Promised Neverland (Kaiu Shirai et Posuka Demizu, 2016)

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Emma, Norman et Ray coulent des jours apparemment paisibles à Grace Field House, un orphelinat dirigé par celle qu’ils appellent affectueusement « Maman » — Isabella. Les enfants y reçoivent une éducation soignée, passent chaque jour des tests d’intelligence et jouent dans un parc verdoyant. Mais le soir où Emma et Norman tentent de rapporter un doudou oublié à une petite fille tout juste « adoptée », ils découvrent l’abominable vérité : l’orphelinat est en réalité une ferme d’élevage. Les tests ne servaient pas à leur instruction : ils stimulaient le développement de leurs cerveaux, la partie la plus prisée par des créatures appelées les Démons, qui se nourrissent d’enfants. Dès lors, la seule option est la fuite — et pas question de partir sans les plus jeunes.

Ce manga (20 tomes, publiés en France chez Kazé puis sous le label Crunchyroll) repose sur un affrontement tactique entre les enfants et Isabella : chaque plan d’évasion peut être déjoué par « Maman », et chaque faux pas se paie cher. Ni magie ni super-pouvoirs ici : pour s’en sortir, Emma et ses compagnons ne comptent que sur leur intelligence, leur sens de l’observation et leur refus d’abandonner qui que ce soit. Et la série ne se limite pas à l’évasion de Grace Field : une fois dehors, les enfants découvrent un monde hostile dont ils ignoraient tout, peuplé de Démons organisés en castes et en clans. Ils suivent les indices laissés par un certain William Minerva — un adulte qui a secrètement organisé un réseau de refuges pour aider les enfants à fuir les fermes — et se retrouvent confrontés à des épreuves comme Goldy Pond, un terrain de chasse clandestin où des Démons aristocrates traquent des enfants pour le sport.

Tranche d’âge conseillée : les avis divergent sensiblement. Certains libraires le recommandent dès 12 ans ; d’autres préfèrent attendre 14, voire 16 ans, en raison de la tension psychologique soutenue et de scènes ponctuellement macabres. Les recommandations oscillent généralement entre 12 et 14 ans selon la sensibilité du ou de la lecteur·ice. À évaluer au cas par cas.