Okko est une série de bande dessinée franco-belge écrite et dessinée par Hub, publiée chez Delcourt entre 2005 et 2015.
Composée de dix tomes répartis en cinq cycles (l’eau, la terre, l’air, le feu et le vide), elle met en scène un rônin chasseur de démons dans un Japon médiéval fictif — l’empire du Pajan — où se croisent complots politiques, créatures du folklore nippon et quête initiatique. La série s’est vendue à plus de 1,3 million d’exemplaires.
Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.
1. Samurai (Jean-François Di Giorgio & Frédéric Genêt, 2005)

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Publiée chez Soleil la même année qu’Okko, Samurai suit Takeo, un jeune guerrier élevé dans un monastère, lancé dans une quête pour percer le mystère de ses origines. En toile de fond, le général Akuma fomente un complot contre l’Empereur, et un terrible secret — le XIIIe prophète — lie les deux hommes. Le scénario de Di Giorgio mêle intrigues de cour, trahisons et combats au sabre dans un Japon médiéval teinté de fantastique, où la question de la loyauté ne cesse de se poser.
Comme Okko, la série repose sur un duo maître-disciple, ici Takeo et le maladroit Shiro, dont la complicité rappelle celle d’Okko et Tikku. Le dessin de Frédéric Genêt, à la fois réaliste et dynamique, restitue avec justesse l’architecture et les paysages de l’époque féodale. La série, toujours en cours, a donné naissance à deux spin-offs : Samurai Légendes et Samurai Origines.
2. Kogaratsu (Bosse & Michetz, 1985)

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Pionnière du genre dans la BD franco-belge, Kogaratsu précède Okko de vingt ans et pose les fondations du récit de samouraï en bande dessinée européenne. Née dans les pages du journal Spirou en 1983, la série met en scène Nakamura Kogaratsu, un rônin du XVIIe siècle qui erre sur les routes du Japon, ballotté entre guerres fratricides, complots seigneuriaux et superstitions paysannes. D’abord arrogant, le personnage mûrit au fil des tomes pour devenir un combattant aussi sage que redoutable.
Le trait de Marc Michetz, imprégné d’une connaissance intime de la culture nippone, confère à chaque planche une dimension quasi picturale. Là où Okko penche vers le fantastique assumé avec ses démons et ses esprits, Kogaratsu reste ancré dans un réalisme historique rigoureux, mais les thématiques fondamentales convergent : l’honneur, la solitude du rônin et la violence d’un monde féodal impitoyable.
3. Lone Wolf & Cub (Kazuo Koike & Goseki Kojima, 1970)

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Monument du manga historique, Lone Wolf & Cub raconte l’errance d’Ogami Ittō, ancien exécuteur du shōgun victime d’un complot du clan Yagyū. Déchu et veuf, il arpente le Japon de l’ère Edo accompagné de son fils en bas âge Daigorō et loue ses services d’assassin itinérant — chaque mission le rapproche de sa vengeance. L’ampleur du récit — vingt-huit tomes, plus de sept mille pages — a profondément influencé les auteurs occidentaux, de Frank Miller à Max Allan Collins.
Le parallèle avec Okko est immédiat : un guerrier marginal qui traverse un pays déchiré par les luttes de pouvoir, flanqué de compagnons de route atypiques. Mais Koike et Kojima poussent la noirceur bien plus loin. Le lavis de Kojima, tantôt brutal dans les scènes de combat, tantôt contemplatif dans de vastes paysages à l’encre diluée, donne au récit une puissance visuelle sans équivalent. Un classique absolu du genre.
4. L’Habitant de l’infini (Hiroaki Samura, 1993)

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Manji est un samouraï sans maître, porteur d’un ver sacré qui régénère ses blessures et le condamne à l’immortalité. Pour expier le meurtre de cent innocents, il doit trancher mille scélérats. Sa route croise celle de Rin, une adolescente qui traque les meurtriers de ses parents — membres d’une école d’escrime dissidente, l’Ittō-ryū. Prépublié dans le magazine Afternoon pendant dix-neuf ans, ce seinen de trente tomes est devenu une référence du manga de sabre.
Comme Hub avec Okko, Samura construit son récit autour d’un duo complémentaire : le guerrier blasé et l’apprenti·e assoiffé·e de justice. Mais le trait de Samura se distingue par sa technique à l’encre de Chine, à la fois brute et gracieuse, et par un mélange délibéré d’argot contemporain et de japonais ancien qui donne à ses personnages une modernité saisissante. Les combats, brefs et dévastateurs, tranchent avec les affrontements chorégraphiés d’Okko.
5. Vagabond (Takehiko Inoue, 1998)

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Adapté du roman La Pierre et le Sabre d’Eiji Yoshikawa, Vagabond retrace la vie romancée de Miyamoto Musashi, le plus célèbre bretteur de l’histoire du Japon. Le récit débute après la bataille de Sekigahara (1600) : le jeune Shinmen Takezō, sauvage et violent, entame une longue métamorphose pour passer du statut de brute à celui de « saint du sabre ». Avec plus de 82 millions d’exemplaires vendus, la série de Takehiko Inoue compte parmi les mangas les plus diffusés au monde.
Hub a cité La Pierre et le Sabre parmi ses inspirations pour Okko, ce qui fait de Vagabond un prolongement naturel. Toutefois, là où Hub privilégie l’aventure collective et le surnaturel, Inoue se concentre sur la dimension intérieure de son protagoniste. Son dessin au pinceau, d’une virtuosité stupéfiante, atteint par moments la pureté d’une estampe. La série est en pause depuis 2015, mais les 37 tomes publiés forment un récit d’une intensité rare.
6. Sword of the Demon Hunter (Motoo Nakanishi & Yû Satomi, 2021)

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À la fin de l’ère Edo, dans un village isolé des montagnes, Jinta protège la prêtresse du sanctuaire local contre les assauts de démons. Quand l’un d’eux lui révèle qu’un dieu démoniaque menacera l’humanité dans un lointain avenir, le jeune sabreur entame une errance à travers les siècles, guidé par le fil de son épée et marqué par une malédiction surnaturelle. Adapté du light novel de Nakanishi, le manga de Yû Satomi a été publié en France par Panini en 2024.
La parenté avec Okko est frappante : même cadre féodal japonais, même fusion entre chasse aux démons et drame humain, même rapport intime du héros avec des forces qui le dépassent. Mais Sword of the Demon Hunter y ajoute une dimension temporelle singulière : Jinta traverse les époques, et chaque arc confronte la tradition du sabre aux mutations de la société japonaise. Un récit récent qui a donné lieu à une adaptation animée en 2025.
7. Hell’s Paradise (Yuji Kaku, 2018)

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Gabimaru, ninja d’élite surnommé « le Néant », croupit dans le couloir de la mort. Incapable de mourir grâce à son entraînement surhumain, il se voit proposer un marché : trouver l’élixir d’immortalité sur l’île mythique de Shinsenkyo en échange de sa liberté. Il est accompagné de Sagiri, une exécutrice de la lignée Yamada Asaemon, dans une expédition où condamnés et bourreaux doivent coopérer pour survivre.
Si Okko distille le surnaturel japonais à travers les démons du Pajan, Hell’s Paradise l’amplifie jusqu’au cauchemar : l’île est un piège organique où la beauté végétale dissimule des abominations inspirées du taoïsme et du bouddhisme. Kaku excelle à articuler action brutale et introspection, chaque combat met en jeu les convictions profondes de ses personnages. En seulement treize tomes, la série atteint une densité narrative remarquable et a été adaptée en anime par le studio MAPPA.
8. Tsuwamonogatari (Tadataka Hosokawa, 2021)

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En 1864, les membres du Shinsengumi — milice de sabreurs chargée de la sécurité de Kyōto — se réunissent autour d’une question : quel est l’adversaire le plus redoutable qu’ils aient jamais affronté ? Sōji Okita, capitaine de la première division, ouvre le bal et désigne Kamō Serizawa, maître du style Shindō-Munen. S’ensuit une série de duels reconstitués où chaque récit dévoile un pan de l’histoire sanglante du Bakumatsu.
Là où Okko fonde son action sur un Japon fantasmé, Tsuwamonogatari s’ancre dans une rigueur documentaire : Hosokawa et le superviseur Tatsuya Yamamura s’appuient sur des témoignages d’époque pour restituer la réalité crue des affrontements. Le dessin décompose chaque mouvement de lame avec une précision chirurgicale. Publié par Pika sous le titre Le Crépuscule des lames ensanglantées, ce seinen de huit tomes séduira les lecteur·ice·s d’Okko en quête d’un récit de sabre plus réaliste et historique.
9. Chanbara (Roberto Recchioni & Andrea Accardi, 2017)

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Produit inattendu de la bande dessinée italienne, Chanbara transpose les codes du cinéma de sabre japonais — les jidai-geki d’Akira Kurosawa, les chambara de Kenji Misumi — dans un récit en deux tomes. Le jeune Tetsuo doit retrouver son maître épéiste Jubei Shimada, condamné à mort par son seigneur pour avoir abandonné son poste. Sur la route, il croise Ichi, un vieillard aveugle aux allures de Zatoïchi, et découvre que la trahison vient d’en haut.
L’hommage aux Sept Samouraïs et au bushido est assumé, et la filiation avec Okko est limpide : même structure de quête, même tension entre devoir féodal et conscience individuelle, mêmes figures archétypales du rônin et du disciple. Le dessin réaliste d’Andrea Accardi, ponctué de cases qui évoquent des estampes, et les paysages de montagne traités comme des tableaux confèrent à ce diptyque une élégance visuelle qui rappelle les plus belles planches de Hub.