Les Nombrils est une série de bande dessinée québécoise créée par Maryse Dubuc (scénario) et Delaf (dessin), publiée chez Dupuis depuis 2006. La série suit le quotidien de trois adolescentes — Karine, timide et maladroite, Jenny, belle mais écervelée, et Vicky, manipulatrice sans scrupules — dans un lycée où la popularité dicte les règles.
D’abord construite sur des gags en une page, la série évolue vers un ton plus dramatique au fil des tomes, et aborde avec tact le harcèlement, l’amitié toxique et la quête de confiance en soi. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.
1. Les Vacheries des Nombrils (Delaf & Maryse Dubuc, 2017)

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Ce spin-off de la série principale ramène Jenny, Vicky et Karine à leurs débuts, dans un format de gags courts sans continuité narrative. On y retrouve le trio tel qu’il était avant les arcs dramatiques des derniers tomes : Vicky règne sur le lycée avec un aplomb féroce, Jenny suit sans réfléchir, et Karine encaisse les coups avec une résignation comique. L’humour repose sur les « vacheries » — rosseries, moqueries et jeux de mots bovins — que les deux pestes assènent à leur souffre-douleur préféré.
Pour les lecteur·ices qui regrettent le ton léger des premiers albums, Les Vacheries fonctionnent comme une cure de nostalgie. L’écriture reste mordante, les répliques claquent, et les retournements de situation en fin de strip rappellent que, parfois, les bourreaux finissent par se ridiculiser eux-mêmes. Un prolongement naturel, idéal avant de passer à d’autres horizons.
2. True Beauty (Yaongyi, 2018)

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Ce webtoon coréen suit Ju-Kyeong, une lycéenne harcelée à cause de son physique, qui maîtrise l’art du maquillage au point de devenir la « déesse » de son nouvel établissement. Sous ses faux cils et son teint impeccable, elle dissimule une insécurité profonde. Entre un triangle amoureux avec deux garçons que tout oppose — le ténébreux Su-Ho et le rebelle Seo-Jun — et la peur constante d’être démasquée, True Beauty mêle comédie romantique et réflexion sur les injonctions liées à l’apparence.
Le lien avec Les Nombrils saute aux yeux : la pression du regard des autres, la hiérarchie impitoyable du lycée, le fossé entre image publique et personnalité réelle. Là où Karine subit les moqueries de Vicky et Jenny, Ju-Kyeong choisit le camouflage comme bouclier. Le trait de Yaongyi, lumineux et expressif, et l’humour de situation qui ponctue chaque épisode séduiront celles et ceux qui aiment les récits adolescents à la fois drôles et émouvants.
3. Colossale (Rutile & Diane Truc, 2023)

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Jade, héritière d’une famille aristocratique désargentée, doit trouver un parti fortuné lors de rallyes mondains pour sauver les finances familiales. Son problème : elle ne rêve que de musculation et déteste les codes étriqués de son milieu. Publié d’abord sur la plateforme Webtoon où il a cumulé six millions de vues, Colossale détourne les codes du shōjo à la française avec un humour burlesque et une énergie contagieuse.
Comme Les Nombrils, la série met en scène une héroïne qui refuse de correspondre à ce que son entourage attend d’elle. Jade cache ses biceps comme Karine cache ses émotions : par peur du jugement. Mais là où Les Nombrils s’ancre dans la cruauté sociale du lycée, Colossale dynamite les clichés de la haute société avec une irrévérence jouissive. Les autrices abordent la grossophobie, le sexisme et l’acceptation de soi sans jamais sacrifier le rythme comique.
4. Brille ! (Jenny & Alexis Coridun, 2025)

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Émilie ne sort plus de chez elle. Une rumeur au collège l’a précipitée dans la dépression et l’angoisse, au point de couper tout lien avec l’extérieur. L’arrivée de Simon, un garçon solitaire qui emménage en face, éveille sa curiosité. Presque vingt ans après Pink Diary, la mangaka Jenny revient au format shōjo avec ce récit qui aborde le harcèlement scolaire et ses séquelles avec une délicatesse rare.
La parenté avec Les Nombrils tient au sujet : les ravages que peut causer la méchanceté entre adolescent·es. Mais là où la série de Dubuc et Delaf traite le harcèlement par le prisme de l’humour acide, Brille ! adopte un registre intime et psychologique. Les personnages d’Émilie et Simon, abîmés mais attachés à reconstruire un semblant de lien humain, insufflent à chaque page une émotion contenue. Un titre qui résonnera chez quiconque a connu l’isolement.
5. Elles (Kid Toussaint & Aveline Stokart, 2021)

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Elle — c’est son prénom — débarque au collège Mercury et s’intègre sans difficulté à une bande d’amis. Mais ses camarades remarquent vite des sautes d’humeur inexplicables : tantôt enjouée, tantôt agressive, tantôt repliée sur elle-même. La raison : Elle abrite cinq personnalités distinctes, chacune identifiable par une couleur de cheveux différente. La série, publiée au Lombard en trois tomes, aborde le trouble dissociatif de l’identité à hauteur d’adolescent·e.
Les illustrations d’Aveline Stokart, héritées de son expérience en animation 3D, confèrent aux planches un éclat visuel remarquable. Le scénario de Kid Toussaint joue habilement sur le décalage entre ce que les ami·es d’Elle perçoivent et ce qu’elle vit de l’intérieur. Comme Les Nombrils, Elles place l’identité adolescente au cœur de son propos — cet âge où l’on se cherche, où les émotions fluctuent d’une heure à l’autre — mais pousse le concept jusqu’à la métaphore clinique.
6. Les Cahiers d’Esther (Riad Sattouf, 2016)

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Chaque semaine, Riad Sattouf recueille les confidences d’une jeune fille (anonyme dans la vie réelle) et les transpose en planches bichromiques publiées dans L’Obs. Le résultat : neuf albums qui couvrent la vie d’Esther de ses 10 à ses 18 ans — école, amitiés, premières amours, réseaux sociaux, attentats, Parcoursup. La série s’est écoulée à plus de deux millions d’exemplaires et a reçu le prix Max und Moritz.
Le parallèle avec Les Nombrils tient à la justesse du regard porté sur l’adolescence. Sattouf, comme Dubuc et Delaf, saisit les codes, le vocabulaire et les préoccupations d’une génération avec une précision quasi ethnographique. Mais là où Les Nombrils passe par la fiction et la caricature, Les Cahiers d’Esther tient du documentaire dessiné. Esther n’a rien d’exceptionnel, et c’est précisément ce qui rend son témoignage si juste : on y reconnaît des fragments de n’importe quelle adolescence.
7. Horimiya (Hero & Daisuke Hagiwara, 2011)

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Kyōko Hori est populaire au lycée mais, une fois chez elle, se transforme en femme au foyer pour s’occuper de son petit frère. Izumi Miyamura passe pour un otaku taciturne, alors qu’il cache piercings et tatouages sous son uniforme. Le jour où ils découvrent par hasard la double vie de l’autre, une complicité naît entre eux. Adaptée du webcomic de HERO, cette version redessinée par Daisuke Hagiwara a donné lieu à deux saisons d’anime et un drama live.
Horimiya partage avec Les Nombrils une obsession pour le décalage entre apparences et réalité. Jenny et Vicky cultivent une image de reines du lycée ; Hori et Miyamura dissimulent leur vrai visage par nécessité ou par habitude. Mais le ton ici est plus tendre : la série déroule une romance douce, portée par un casting de personnages secondaires attachants et des situations du quotidien lycéen qui sonnent juste. Un classique de la comédie romantique manga, chaleureux et sans prétention.