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Que lire après « Les Mondes d'Aldébaran » de Leo ?

Que lire après « Les Mondes d’Aldébaran » de Leo ?

Les Mondes d’Aldébaran est une saga de bande dessinée de science-fiction créée par Leo (Luiz Eduardo de Oliveira) et publiée chez Dargaud depuis 1994.

Structurée en sept cycles — Aldébaran, Bételgeuse, Antarès, Survivants, Retour sur Aldébaran, Neptune et Bellatrix —, elle narre les péripéties de Kim et d’autres colons terriens sur des exoplanètes aux écosystèmes complexes, peuplées de créatures stupéfiantes.

Planet opera de référence dans la BD franco-belge, la série conjugue aventure, réflexions écologiques et politiques sur fond de colonisation spatiale. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.


1. Colonisation (Denis-Pierre Filippi & Vincenzo Cucca, 2018)

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Dans un futur où l’humanité a essaimé à travers la galaxie grâce à la technologie des Atils, une civilisation extraterrestre en apparence bienveillante, des nefs de colons lancées avant ce premier contact demeurent perdues dans l’espace. L’agence chargée de les retrouver se heurte aux Écumeurs, des pilleurs sans scrupules, tandis que les véritables motivations des Atils se révèlent peu à peu de plus en plus opaques.

Ce space opera publié chez Glénat partage avec Les Mondes d’Aldébaran le goût des intrigues à grande échelle, des planètes à la faune menaçante et des tensions entre factions humaines. Le dessin réaliste de Vincenzo Cucca restitue avec ampleur aussi bien les vastes décors interstellaires que les paysages exotiques. À travers ses arcs narratifs successifs, Colonisation tisse une fresque ambitieuse où la méfiance envers l’autre — qu’il soit humain ou extraterrestre — constitue le fil conducteur.


2. Frontier (Guillaume Singelin, 2023)

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La Terre agonise sous l’épuisement de ses ressources ; l’humanité se tourne vers l’espace, là où s’étend « la Frontière ». Trois destins s’y croisent : Ji-soo, scientifique passionnée d’archéologie spatiale ; Camina, mercenaire impétueuse ; et Alex, mineur né dans le vide interstellaire et qui n’a jamais connu le sol terrestre.

Avec son trait faussement enfantin hérité du manga, Guillaume Singelin signe chez Rue de Sèvres (Label 619) un roman graphique de plus de 200 pages, récompensé par le Prix Landerneau BD et le Prix Éco-Fauve Raja à Angoulême. Comme chez Leo, le récit met en scène des personnages en quête de sens face à un système économique oppressif, mais le propos se teinte ici d’un hopepunk assumé : la possibilité de vivre autrement, loin de la course au profit. Une lecture qui prolonge les questionnements écologiques et sociaux chers à la saga d’Aldébaran, dans un registre graphique radicalement différent.


3. Le Cycle de Cyann (François Bourgeon & Claude Lacroix, 1993)

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Sur la planète Olh, ravagée par l’épidémie des fièvres pourpres, la fière Cyann Olsimar, héritière d’une grande lignée de Sondeurs, est envoyée vers la lointaine colonie d’ilO. Ce qui devait être une mission de sauvetage se transforme en odyssée à travers plusieurs mondes et, probablement, à travers le temps lui-même. Bourgeon et Lacroix inventent un univers complet — faune, flore, organisation sociale — avec une minutie qui rappelle directement la méthode de Leo.

Constituée de six tomes et d’un hors-série encyclopédique (La Clé des confins), cette série parue un an avant le premier Aldébaran relève du même sous-genre : le planet opera. Le dessin de Bourgeon, d’une exigence rare dans le rendu des paysages et du bestiaire inventé de toutes pièces, accompagne un scénario qui mêle luttes de pouvoir, passions amoureuses et paradoxes temporels. Un classique de la SF en bande dessinée, à redécouvrir dans la somptueuse intégrale Delcourt.


4. Retour sur Belzagor (Philippe Thirault & Laura Zuccheri, 2017)

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Adapté du roman Les Profondeurs de la terre de Robert Silverberg (1970), ce diptyque publié chez Les Humanoïdes Associés suit Eddie Gundersen, ancien lieutenant colonial, de retour sur Belzagor — une planète restituée à ses deux espèces indigènes : les imposants Nildoror et les inquiétants Sulidoror. Chargé de guider une expédition scientifique vers la mystérieuse « cérémonie de la renaissance », Gundersen affronte les fantômes de son passé de colonisateur.

La parenté avec l’univers de Leo saute aux yeux : végétation luxuriante, faune impressionnante, colons confrontés à leur propre arrogance. Laura Zuccheri livre des planches d’une finesse remarquable, où chaque espèce animale ou végétale semble avoir été conçue avec une rigueur quasi naturaliste. Là où Leo interroge la cohabitation entre humains et écosystèmes extraterrestres, Retour sur Belzagor y ajoute une dimension post-coloniale percutante, directement nourrie par l’écriture acérée de Silverberg.


5. Europa (Léo & Rodolphe, 2021)

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Europa, quatrième lune de Jupiter, recouverte d’une croûte de glace sous laquelle s’étend un océan liquide : un lieu idéal pour abriter la vie. Quand les expéditions scientifiques cessent l’une après l’autre de donner des nouvelles, une équipe de secours hétéroclite est dépêchée sur place. À son arrivée, la station est déserte et les mystères s’accumulent — cadavres inexpliqués, phénomènes étranges, sabotage probable.

Scénarisée par Léo et Rodolphe, duo déjà à l’origine de Centaurus, et dessinée par Zoran Janjetov, Europa s’inscrit directement dans le prolongement du travail de Leo. On y retrouve sa manière de construire le suspense par accumulation d’énigmes, son sens de l’atmosphère et ses réflexions sur la confrontation entre humains et formes de vie inconnues. L’ancrage dans notre propre système solaire renforce le sentiment de proximité et de danger immédiat — un contrepoint saisissant aux lointaines exoplanètes d’Aldébaran.


6. Negalyod (Vincent Perriot, 2018)

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Un monde aride, parcouru de canalisations gigantesques et peuplé de dinosaures. Des cités flottent dans le ciel tandis qu’un « Réseau » omnipotent contrôle les terres et les hommes. Jarri Tchepalt, berger solitaire du désert de Ty, voit son troupeau anéanti par un camion générateur d’orages. Il décide alors de gagner la ville pour se venger — mais la révolte le mènera bien plus loin que prévu.

Publié chez Casterman, Negalyod mêle western, dystopie et science-fiction dans un roman graphique de 200 pages au souffle visuel hérité de Moebius. Vincent Perriot y développe un propos écologique fort — l’eau comme ressource disputée, la résistance face à un pouvoir autoritaire —, des préoccupations que l’on retrouve au cœur des Mondes d’Aldébaran. Là où Leo imagine des planètes lointaines, Perriot construit un monde inclassable, à la fois archaïque et futuriste, où la relation entre l’humain et l’animal reste le nerf du récit.


7. Shangri-La (Mathieu Bablet, 2016)

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La Terre est devenue inhabitable. Les survivants s’entassent dans une station spatiale en orbite, régie par la multinationale Tianzhu Entreprise, à laquelle est voué un culte consumériste absolu. Tandis que des scientifiques tentent de recréer la vie sur Titan — dans la région baptisée Shangri-La —, une poignée de dissidents cherche à ébranler le système de l’intérieur.

Mathieu Bablet signe chez Ankama (Label 619) un one-shot de 220 planches qui puise dans les classiques du genre — 1984, Le Meilleur des mondes, Soleil vert — pour mieux les reformuler. Manipulation génétique, discrimination envers les animoïdes, hubris technologique : autant de thèmes qui font écho aux tensions politiques et sociales des cycles de Leo. Le graphisme, d’une précision architecturale impressionnante dans les décors de la station orbitale, restitue à la fois l’immensité glacée de l’espace et l’étouffement d’un huis clos sous contrôle permanent.


8. Aâma (Frederik Peeters, 2011)

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Dans un futur lointain, Verloc Nim se réveille amnésique sur la planète Ona(ji). Un singe-robot nommé Churchill lui remet son journal intime, grâce auquel il reconstitue son passé : celui d’un homme brisé, en marge d’un monde hypertechnologique, embarqué par son frère Conrad dans une mission périlleuse pour récupérer une substance mystérieuse — l’aâma.

Publiée chez Gallimard en quatre tomes (Prix de la série à Angoulême 2013), cette série du Suisse Frederik Peeters se distingue par son approche intimiste de la science-fiction. L’introspection y prime sur le spectaculaire : les thématiques de la paternité, de l’identité et de la perte irriguent un récit qui n’en demeure pas moins porté par un sens aigu de l’aventure. Comme Leo, Peeters invente des écosystèmes extraterrestres saisissants — faune organique, végétation mutante —, mais il les met au service d’une méditation sur la place de l’humain face à des forces qui le dépassent.

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