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Que lire après « Les Enfants de la résistance » de Vincent Dugomier et Benoît Ers ?

Que lire après « Les Enfants de la résistance » de Vincent Dugomier et Benoît Ers ?

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Les Enfants de la résistance est une série de bande dessinée belge en neuf tomes, publiée aux éditions Le Lombard entre 2015 et 2023. Scénarisée par Vincent Dugomier et dessinée par Benoît Ers (dans une technique peinte, à l’aquarelle, qui donne aux pages un aspect doux et légèrement ancien), elle suit le parcours de trois adolescents — François, Eusèbe et Lisa — dans un village fictif de Bourgogne, Pontain-l’Écluse, situé juste au-dessus de la ligne de démarcation (la frontière intérieure qui séparait, de 1940 à 1942, la France occupée par les Allemands au nord de la « zone libre » administrée par le régime de Vichy au sud).

De l’été 1940 à la veille du Débarquement allié en Normandie, le trio s’engage dans la Résistance avec les moyens du bord : distribution de tracts, opérations radio, exfiltration de familles juives, sabotages. Les faits historiques sont traités avec sérieux — chaque tome est complété d’un dossier pédagogique —, mais le récit reste avant tout une histoire d’aventures menée tambour battant. Récompensée à plusieurs reprises au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, la série s’est écoulée à plus de 500 000 exemplaires. Elle est généralement conseillée à partir de 9 ans.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques recommandations : des bandes dessinées qui racontent la Seconde Guerre mondiale vue par des enfants ou des adolescents. Les titres présentés ci-dessous s’adressent globalement à la même tranche d’âge que Les Enfants de la résistance — du primaire au collège —, avec pour chacun des indications plus précises.


1. Les Grandes Grandes Vacances (Gwénaëlle Boulet, Pascale Hédelin, Delphine Maury et Émile Bravo, 2019)

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Été 1939. Ernest, onze ans, et Colette, six ans, arrivent chez leurs grands-parents en Normandie pour ce qui ne devait être qu’un week-end. La guerre en décidera autrement : leur père est mobilisé, leur mère, atteinte de tuberculose, part se soigner en sanatorium (un établissement de long séjour pour les malades des poumons — à l’époque, on n’en guérissait pas toujours). Le week-end se transforme en cinq années de « grandes grandes vacances ». Les deux enfants, propulsés à la campagne, doivent se faire une place parmi les gamins du village — certains accueillants, d’autres nettement moins — et fondent avec eux le Club des Robinson, qui se réunit en secret dans une cabane au cœur de la forêt.

Adaptée de la série d’animation éponyme diffusée sur France 3 en 2015, cette BD en cinq tomes conserve l’univers graphique créé par Émile Bravo (qui signe les couvertures et a conçu le style visuel du dessin animé). Gwénaëlle Boulet assure l’adaptation en cases, tandis que Pascale Hédelin rédige les dossiers documentaires de fin d’album. Le projet initial, né en 2008 d’une idée de Delphine Maury, s’appuie sur une vingtaine de témoignages de personnes qui avaient entre cinq et quinze ans pendant le conflit. On y découvre le quotidien concret de l’Occupation : les tickets de rationnement pour acheter de la nourriture, le marché noir, les réquisitions de bétail par l’armée allemande, et les tensions entre familles — celles qui subissent, celles qui collaborent, celles qui résistent.

Âge conseillé : la série est publiée chez Bayard Jeunesse dans la collection BD Kids, et s’adresse d’abord aux plus jeunes : à partir de 7-8 ans selon les libraires, même si des enfants de dix ou onze ans y trouveront leur compte. C’est la BD la plus accessible de cette liste — le ton est plus doux que dans Les Enfants de la résistance, les enjeux moins violents, et le format (petit gabarit, bulles aérées) convient aux lecteur·ices qui commencent à lire seul·es.


2. Le Réseau Papillon (Franck Dumanche et Nicolas Otéro, 2018)

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1940, dans un village normand. Gaston — alias « le Chef » — et sa bande de copains (Bouboule, Doc et Élise, surnommée « Princesse ») vivent sous l’Occupation allemande. Lorsque Gaston surprend une conversation entre officiers nazis révélant qu’un convoi d’œuvres d’art françaises va être détourné pour le compte de Göring (le numéro deux du régime hitlérien, collectionneur compulsif de tableaux volés), le petit groupe décide d’intervenir. Avec l’aide du grand frère de Gaston, qui appartient à un réseau de résistants, ils improvisent un plan pour empêcher le pillage — le premier d’une longue série de coups de main.

Le parallèle avec Les Enfants de la résistance est évident, et les deux séries partagent un même public. Mais là où Dugomier et Ers insistent sur les ambiguïtés morales de l’Occupation (des Français qui collaborent avec l’ennemi, des Allemands qui doutent de leur cause), Franck Dumanche et Nicolas Otéro assument un ton plus aventureux, proche du Club des cinq en zone occupée. Les péripéties s’enchaînent, et la série couvre au fil des tomes les grands épisodes du conflit : pillage d’œuvres d’art, persécutions antisémites, Service du travail obligatoire (le STO, qui forçait les jeunes Français à partir travailler dans les usines allemandes), sabotages de voies ferrées, formation des maquis. Chaque album se termine par un dossier pédagogique (le « Carnet Papillon ») qui replace la fiction dans son contexte.

Âge conseillé : publiée chez Jungle dans la collection Jeunesse et comptant désormais une dizaine de tomes, la série est conseillée à partir de 8-10 ans selon les libraires. BDthèque la classe dans la catégorie 10-13 ans ; certains libraires la recommandent dès 8 ans.


3. Les Amis de Spirou (Jean-David Morvan, David Evrard et BenBK, 2023)

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Marcinelle (banlieue de Charleroi, en Belgique), septembre 1943. L’occupant nazi vient d’interdire la parution du journal Spirou — le célèbre magazine de bande dessinée belge, né en 1938 et toujours publié aujourd’hui. Pour le jeune Flup et ses cinq camarades, tous membres du club des ADS (les « Amis de Spirou », un vrai club de lecteurs qui existait depuis les débuts du magazine), c’en est trop. Fidèles au code d’honneur de leur héros de papier, ils décident de fabriquer un fanzine satirique anti-nazi et de le distribuer clandestinement. Avec toute l’innocence de gamins d’une dizaine d’années. Sauf que la Belgique occupée ne plaisante pas avec la presse clandestine, et que les conséquences seront bien réelles.

Ce qui rend cette série singulière, c’est son ancrage dans l’histoire vraie du journal Spirou. Jean Doisy — le créateur du club des ADS, premier rédacteur en chef du magazine et lui-même résistant — est un personnage central du récit. Dès les premières pages, la narration alterne entre deux époques : 1943, quand les enfants entrent en résistance, et décembre 1944, quand Doisy se recueille sur les tombes de deux jeunes ADS morts pendant le conflit. On sait donc d’emblée que l’histoire se terminera mal pour certains d’entre eux. Ce qui frappe, c’est le décalage entre le dessin de David Evrard — volontairement rond, coloré, hérité de la tradition des éditions Dupuis — et la gravité de ce qu’il raconte. C’est un parti pris qu’on retrouvera dans Irena (plus loin dans cette liste), signée par le même trio d’auteurs : le trait enfantin ne cherche pas à édulcorer le récit, mais à le rendre lisible pour un jeune public sans en atténuer le poids.

Âge conseillé : publiée chez Dupuis sous le label « Tous publics », la série est recommandée à partir de 10 ans par la Fnac. Les connaisseur·euses de l’univers Spirou repéreront dans les décors de nombreuses références à Franquin et à l’histoire du magazine, glissées par BenBK (qui assure la mise en couleurs).


4. L’Enfant cachée (Loïc Dauvillier, Marc Lizano et Greg Salsedo, 2012)

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Un soir, la petite Elsa n’arrive pas à dormir. Elle descend au salon et trouve sa grand-mère Dounia en larmes devant de vieilles photographies. Pressée de questions, Dounia accepte enfin de raconter ce qu’elle n’a jamais confié à personne — pas même à son propre fils. Commence alors le récit de son enfance juive pendant l’Occupation : le jour où ses parents lui ont expliqué qu’elle devrait porter une étoile jaune cousue sur ses vêtements ; les moqueries puis les insultes à l’école ; les voisins qui détournent le regard ; et cette nuit où la milice française (la police du régime de Vichy, qui collaborait avec les nazis) est venue frapper à la porte. Le père de Dounia a juste le temps de cacher sa fille dans le double fond d’une armoire avant d’être arrêté avec sa femme.

Le dessin de Marc Lizano est très particulier : des personnages aux têtes rondes et disproportionnées, comme dans un livre pour tout-petits. Ce choix, qui pourrait sembler décalé pour un sujet aussi grave, fonctionne parce que les visages deviennent d’autant plus expressifs — la peur, la tendresse, l’incompréhension de Dounia enfant se lisent d’un seul coup d’œil, sans besoin de longues explications. Les couleurs de Greg Salsedo accompagnent ce parti pris : teintes chaudes pour les souvenirs heureux, tons froids et gris quand la menace se rapproche. Réalisée en collaboration avec l’AJPN (Anonymes, Justes et Persécutés durant la période nazie), cette BD rend hommage aux Justes parmi les nations — le titre décerné par l’État d’Israël aux personnes non juives qui ont risqué leur vie pour sauver des Juifs pendant la Shoah. Ici, c’est une voisine, puis une fermière nommée Germaine, qui prendront Dounia en charge. L’album va jusqu’au retour des rares survivants des camps de concentration, un sujet rarement traité en BD jeunesse, et qui donne à la dernière scène une intensité considérable.

Âge conseillé : publié au Lombard, cet album autonome (pas de suite) est recommandé à partir de 8-9 ans selon le site Histoire d’en lire, et classé 9-12 ans par le site Lirado. Il a reçu, entre autres, la Pépite BD au Salon du livre jeunesse de Montreuil.


5. La Guerre de Catherine (Julia Billet et Claire Fauvel, 2017)

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1941. Rachel, adolescente juive, étudie à l’internat de la Maison de Sèvres, un établissement aux méthodes pédagogiques novatrices (les enfants y choisissaient eux-mêmes leur emploi du temps) où ses parents l’ont placée pour la mettre en sécurité. Elle y découvre la photographie et s’y passionne. Mais les lois antisémites du régime de Vichy se durcissent, et bientôt aucun lieu n’est plus sûr en zone occupée. Un réseau de résistants organise l’évacuation des enfants juifs. Du jour au lendemain, Rachel doit tout quitter : ses amis, ses professeurs, et jusqu’à son prénom. Elle devient Catherine — un prénom « neutre » qui ne trahira pas ses origines. Envoyée sur les routes de la zone libre avec son appareil photo, elle est hébergée par des familles successives qui la recueillent au péril de leur propre sécurité.

Adaptée du roman éponyme de Julia Billet — dont la propre mère fut pensionnaire à la Maison de Sèvres pendant la guerre —, cette BD a remporté le Fauve Jeunesse au Festival d’Angoulême 2018. Ce qui la distingue des autres récits d’enfants cachés, c’est la place de la photographie dans l’histoire : pour Rachel/Catherine, photographier les gens qu’elle croise et les paysages qu’elle traverse, c’est garder une trace de ce qui risque de disparaître — les visages, les lieux, la vie ordinaire sous l’Occupation. Claire Fauvel traduit cette idée par un dessin très attentif à la lumière, aux cadrages et aux jeux d’ombre, comme si certaines cases étaient elles-mêmes des photos prises par l’héroïne.

Âge conseillé : publiée aux éditions Rue de Sèvres, cette BD est conseillée à partir de 11 ans par le site Ricochet-Jeunes. C’est le récit le plus long de cette liste (168 pages) et celui qui passe le plus de temps dans la tête de son héroïne : on suit ses pensées, ses peurs, ses attachements à chaque nouvelle famille d’accueil, et la douleur de devoir repartir à chaque fois sans savoir si elle reverra un jour ses parents. Le roman original, publié à L’École des Loisirs, figure sur la liste des ouvrages recommandés par l’Éducation nationale.


6. Le Spirou d’Émile Bravo (Émile Bravo, 2008-2022)

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Pour comprendre cette BD, un mot de contexte : Spirou est l’un des personnages les plus célèbres de la bande dessinée franco-belge, un jeune groom (chasseur d’hôtel) en uniforme rouge créé en 1938 et repris par de nombreux dessinateurs au fil des décennies — dont le légendaire André Franquin. Ses aventures se déroulent d’ordinaire dans un univers de fiction, sans époque définie. Émile Bravo a pris le contre-pied de cette tradition : il a ancré Spirou dans l’Europe de 1939-1945, pour raconter ce que la guerre a pu faire à un gamin naïf et idéaliste.

Été 1939. Spirou travaille au Moustic Hôtel de Bruxelles, où se tiennent des négociations secrètes de la dernière chance entre diplomates polonais et un envoyé de l’Allemagne nazie. L’enjeu : le sort de la ville de Dantzig (aujourd’hui Gdańsk), dont le statut disputé entre l’Allemagne et la Pologne sert de prétexte à Hitler pour menacer d’envahir son voisin. Spirou croise un champion de boxe français qui le prend sous son aile, une jeune femme de chambre d’origine juive dont il tombe amoureux, et un certain Fantasio — journaliste fouineur dont la gaffe monumentale va faire capoter les pourparlers. Dans Le Journal d’un ingénu (premier volet), Spirou assiste, impuissant, aux derniers jours de la paix. Dans les quatre tomes de L’Espoir malgré tout (2018-2022), il traverse l’Occupation nazie en Belgique : cache d’enfants juifs, marché noir, bombardements, et la question de savoir comment rester quelqu’un de bien quand tout autour de vous s’effondre.

L’ensemble (cinq albums) a reçu une quantité impressionnante de prix : Prix des libraires de BD, Grand Prix RTL, Album Essentiel à Angoulême, entre autres. Le Haut-Commissariat des Nations Unies a choisi ce Spirou comme mascotte des 70 ans de la Déclaration universelle des droits humains.

Âge conseillé : publiée chez Dupuis sous le label « Tous publics », la série est recommandée à partir de 10-11 ans par la BnF (Bibliothèque nationale de France). C’est la BD la plus dense de cette liste : les enjeux politiques sont clairement exposés (pacte germano-soviétique, montée de l’antisémitisme, exode), les dialogues fourmillent de références historiques, et l’humour — omniprésent — cohabite avec des scènes d’une réelle gravité. Les cinq albums se lisent dans l’ordre : Le Journal d’un ingénu (2008), puis L’Espoir malgré tout en quatre parties (2018-2022).


7. Irena (Jean-David Morvan, Séverine Tréfouël et David Evrard, 2017)

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1940, Varsovie. L’armée nazie a envahi la Pologne. Les Juifs de la ville sont enfermés dans un ghetto — un quartier entier cerné de murs, dont personne ne sort vivant sans autorisation. Les seules personnes autorisées à y entrer sont les membres du département d’aide sociale. Parmi eux, Irena, jeune travailleuse sociale polonaise, apporte chaque jour de la nourriture, des vêtements et des médicaments aux familles qui meurent de faim et de maladie. Le jour où une mère mourante lui confie la vie de son fils, elle prend une décision qui va définir le reste de son existence : faire sortir clandestinement les enfants du ghetto, un par un, cachés dans des sacs de pommes de terre, des boîtes à outils, des brancards, ou même des valises. Au total, elle en sauvera près de 2 500.

Irena Sendlerowa (1910-2008) a réellement existé. Reconnue comme « Juste parmi les nations » (voir L’Enfant cachée plus haut pour la définition de ce titre), elle est pourtant restée longtemps oubliée, notamment parce que le régime communiste polonais a étouffé sa mémoire pendant des décennies. Jean-David Morvan a découvert son histoire par hasard dans un article de presse, et a décidé avec Séverine Tréfouël et David Evrard de lui consacrer une série en cinq tomes. On retrouve ici le même duo Morvan-Evrard que dans Les Amis de Spirou (entrée n°3 de cette liste), et le même parti pris graphique déjà décrit : un trait rond et des couleurs vives qui ne cherchent pas à masquer l’horreur du ghetto, mais à rendre le récit accessible à un jeune lectorat. La différence, c’est que le sujet est ici plus frontal : on voit la faim, la maladie, les exécutions sommaires, et les scènes de torture qu’Irena a subies après son arrestation par la Gestapo (la police politique nazie).

Âge conseillé : publiée chez Glénat dans la collection « Tchô ! L’aventure… », Irena est classée enfant / ado / adulte par l’éditeur. C’est probablement la lecture la plus exigeante de cette liste sur le plan émotionnel, abordable dès 9-10 ans pour les lecteur·ices déjà familiarisé·es avec le sujet de la Shoah.


8. Un sac de billes (Kris et Vincent Bailly, 2011)

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Septembre 1941. Joseph a dix ans, son frère Maurice en a douze. Ils vivent à Paris, dans le 18e arrondissement, où leur père tient un salon de coiffure. Quand le port de l’étoile jaune devient obligatoire pour tous les Juifs, Joseph échange la sienne contre un sac de billes à un camarade d’école — pour lui, c’est encore un jeu. Mais le soir même, leurs parents leur remettent 5 000 francs et une consigne de survie : quitter Paris, traverser seuls la France jusqu’à Menton (sur la Côte d’Azur, alors en zone libre, non occupée par les Allemands), où leurs frères aînés les attendent. Et surtout, ne jamais dire qu’ils sont juifs. Commence alors un périple de plusieurs mois — en train, en car, à pied — où deux gamins doivent déjouer les contrôles d’identité, se trouver du travail, mentir sur leurs origines et compter sur la chance autant que sur leur débrouillardise.

Cette BD est l’adaptation du roman autobiographique de Joseph Joffo, publié en 1973 et devenu un classique étudié dans les collèges, traduit dans le monde entier à quelque 25 millions d’exemplaires. Kris, scénariste connu pour ses récits historiques (Notre Mère la Guerre, Un homme est mort), et Vincent Bailly, dont le dessin réaliste travaillé à l’aquarelle restitue aussi bien la grisaille de Paris occupé que la lumière de la Côte d’Azur, restent fidèles au texte original. L’adaptation en deux tomes (réunis dans une intégrale parue en 2017) conserve ce qui fait la force du roman de Joffo : le point de vue d’un enfant qui ne comprend pas encore tout ce qui lui arrive, et qui raconte la terreur d’un interrogatoire de la Gestapo avec le même naturel qu’une baignade improvisée sur la plage de Nice. Un troisième album, Baby-foot (2014), adapte la suite du récit de Joffo.

Âge conseillé : publiée chez Futuropolis, cette BD est généralement recommandée à partir de 10-11 ans, ce qui correspond à la tranche d’âge habituelle du roman (souvent étudié en classe de sixième ou de cinquième).