Les Carnets de Cerise est une série de bandes dessinées créée par Joris Chamblain (scénario) et Aurélie Neyret (dessin), publiée aux Éditions Soleil entre 2012 et 2017, puis enrichie d’un sixième tome en 2024.
La série suit Cerise, une fillette de onze ans qui rêve de devenir romancière et consigne dans ses carnets les enquêtes qu’elle mène sur les secrets des adultes, avec l’aide de ses amies Line et Érica.
Récompensée par le Prix Fauve jeunesse au Festival d’Angoulême 2014, la série conjugue bande dessinée classique et pages de journal intime, dans un écrin graphique poétique. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.
1. La Brigade des souvenirs (Carbone, Cee Cee Mia et Marko, 2021)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Tania, Alban et Théo forment un trio d’adolescents qui se lance dans des enquêtes à partir d’objets anciens — une lettre, de vieilles photographies, des cassettes audio — pour retrouver la trace de personnes oubliées et démêler des secrets de famille. Chaque tome aborde un pan de l’Histoire de France (la Première Guerre mondiale, les enfants de la Creuse, le mur de Berlin, les spoliations nazies), avec un dossier pédagogique en fin d’album.
Comme Cerise, ces trois jeunes détectives font preuve d’une curiosité insatiable et n’hésitent pas à fouiller les archives, à frapper aux portes et à interroger des témoins. Le dessin de Marko, tout en rondeur et en dynamisme, alterne habilement des teintes sépia pour les retours dans le passé et des couleurs vives pour le présent. Une série idéale pour celles et ceux qui ont aimé voir Cerise percer les mystères des adultes et souhaitent prolonger ce plaisir à travers la grande Histoire.
2. Le Journal de Samuel (Émilie Tronche, 2025)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Adapté de la série d’animation diffusée sur Arte (plus de 45 millions de vues), ce roman graphique en noir et blanc retranscrit le journal intime de Samuel, dix ans, entre le CM2 et l’entrée en sixième. Il y consigne ses amitiés, sa rivalité avec Dimitri, ses premiers émois amoureux pour la grande Julie, et un « problème » qu’il préfère taire. Le trait minimaliste d’Émilie Tronche restitue avec une justesse redoutable les micro-drames de la cour de récréation.
Le parallèle avec Les Carnets de Cerise saute aux yeux : un enfant qui écrit pour comprendre le monde. Là où Cerise observait les adultes, Samuel se tourne vers ses propres émotions avec un mélange de pudeur et d’humour. Un flipbook en bas de page fait danser le personnage, signe de la vitalité et de la liberté qui traversent chaque planche. Une pépite à mettre entre toutes les mains.
3. La Boîte à musique (Carbone et Gijé, 2018)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Le jour de ses huit ans, Nola reçoit la boîte à musique de sa mère Annah, récemment décédée. Sous la cloche de verre, une petite fille prénommée Andréa lui fait signe et l’appelle à l’aide. Elle rétrécit, entre dans la boîte et découvre Pandorient, un monde féerique menacé par de sombres dangers. L’univers créé par Carbone et Gijé fait écho aux créations de Hayao Miyazaki par la beauté de ses paysages et l’inventivité de ses créatures.
Comme dans Les Carnets de Cerise, le deuil maternel et la quête d’identité constituent le fil rouge de la série. Nola cherche des réponses sur sa mère à travers ses aventures à Pandorient, tout comme Cerise cherchait à comprendre les adultes pour mieux se comprendre elle-même. Le dessin lumineux de Gijé et les scénarios de Carbone — aussi autrice de La Brigade des souvenirs — séduiront sans peine les lecteur·ices de Cerise.
4. Le Grimoire d’Elfie (Christophe Arleston, Audrey Alwett et Mini Ludvin, 2021)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Elfie, onze ans, et sa sœur Magda vivent chez une tante acariâtre depuis la mort de leur mère. Leur aînée Louette revient un beau jour de Londres au volant d’un bus anglais reconverti en librairie ambulante. Les trois sœurs prennent la route et, à chaque étape — une île bretonne, un village de Provence, les Pyrénées —, Elfie dénoue une énigme locale grâce à un grimoire hérité de sa mère, qu’elle doit nourrir de ses propres écrits.
Le lien avec Les Carnets de Cerise est évident : une héroïne à l’imagination débordante qui écrit pour agir sur le monde, un héritage maternel à apprivoiser, et des mystères liés aux secrets des habitants. Le trait tout en rondeur de Mini Ludvin, soutenu par des couleurs chaleureuses, installe une atmosphère à la fois douce et aventureuse. Chaque tome fonctionne comme une histoire complète, ce qui rend la série très accessible.
5. Les Sœurs Grémillet (Giovanni Di Gregorio et Alessandro Barbucci, 2020)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Sarah, Cassiopée et Lucille sont trois sœurs aux tempéraments bien distincts : l’aînée autoritaire, la cadette rêveuse, et la benjamine qui ne parle qu’à son chat Yurei. Lorsque Sarah commence à faire un rêve récurrent peuplé de méduses phosphorescentes, le trio mène l’enquête sur le passé de leur mère, qui refuse d’évoquer sa jeunesse. Chaque tome met l’une des sœurs au premier plan et révèle un nouveau secret familial.
Le dessin virtuose d’Alessandro Barbucci (co-créateur de W.I.T.C.H. et d’Ekhö) oscille entre réalisme et onirisme, avec des palettes de couleurs somptueuses. Plusieurs lectrices et lecteurs ont d’ailleurs spontanément rapproché cette série de Les Carnets de Cerise : même goût pour les secrets de famille, même sensibilité dans la manière de traiter les liens entre générations, même qualité graphique remarquable. Une chronique familiale moderne, touchante et finement construite, qui séduira celles et ceux en quête de récits à hauteur d’enfant.
6. Enola et les animaux extraordinaires (Joris Chamblain et Lucile Thibaudier, 2015)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Enola est une vétérinaire pas comme les autres : dissimulé au cœur d’un Muséum d’Histoire Naturelle, son cabinet accueille des animaux de contes et légendes. Gargouille qui ne tient pas en place, licorne agressive, kraken à l’haleine fétide ou yéti boudeur : chaque tome met en scène une créature fantastique dont le mal-être cache un problème bien plus profond. Enola, assistée de son chat Maneki et du savant Archibald, parcourt le monde pour les soigner.
On retrouve ici la patte de Joris Chamblain, le co-créateur de Cerise : un scénario construit sur l’écoute et la compréhension de l’autre, où la solution passe toujours par l’empathie plutôt que par la force. Lucile Thibaudier signe des planches colorées et pétillantes, aux décors soignés. Pour les lecteur·ices qui ont aimé la sensibilité et la bienveillance des Carnets de Cerise, cette série en constitue un prolongement naturel, porté par le même scénariste.
7. L’Étrange Boutique de Miss Potimary (Ingrid Chabbert et Séverine Lefèbvre, 2017)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Le jour de ses neuf ans, Betty reçoit un peu d’argent et découvre, au détour d’une rue, une boutique qu’elle n’avait jamais remarquée. À l’intérieur, un capharnaüm d’objets anciens et mystérieux. Elle craque pour une boîte à secrets japonaise du XIXe siècle, malgré l’avertissement de la commerçante, Miss Potimary. Le soir même, elle parvient à ouvrir la boîte : Betty et sa souris Dare-Dare se retrouvent propulsées trente ans dans le passé.
À la croisée du fantastique et de l’enquête familiale, cette série partage avec Les Carnets de Cerise le goût pour les héroïnes débrouillardes et les secrets enfouis dans le temps. Betty, tout aussi curieuse et téméraire que Cerise, doit résoudre des énigmes liées à l’histoire de ses proches. Le dessin de Séverine Lefèbvre, fin et chaleureux, et les couleurs douces installent une ambiance à la fois mystérieuse et rassurante, parfaitement calibrée pour un lectorat jeunesse.
8. Les Enquêtes d’Enola Holmes (Serena Blasco, 2015)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Adaptation en bande dessinée des romans de Nancy Springer, cette série met en scène Enola, sœur cadette fictive de Sherlock Holmes. En 1888, le jour de ses quatorze ans, sa mère disparaît sans autre trace qu’un recueil sur le langage des fleurs et un carnet de messages codés. Enola refuse le pensionnat imposé par ses frères Mycroft et Sherlock, fuit à Londres, où elle mène ses propres enquêtes sur des disparitions.
Le trait aquarellé de Serena Blasco, sans encrage, donne aux planches une douceur picturale qui rappelle les carnets de Cerise. Enola et Cerise partagent un même goût pour les codes secrets, les déguisements et une indépendance farouche. Chaque tome aborde aussi des thématiques sociales — la condition féminine à l’époque victorienne, les mariages forcés, les inégalités de classe — avec finesse et sans didactisme. Une série idéale pour les lecteur·ices prêt·es à troquer la campagne française contre le Londres du XIXe siècle.
9. Ninn (Jean-Michel Darlot et Johan Pilet, 2015)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Ninn a été trouvée bébé dans le métro parisien par deux ouvriers, Omar et Mattéo, qui l’ont adoptée. À onze ans, le réseau souterrain est son terrain de jeu. Mais d’où vient-elle ? Pourquoi aperçoit-elle des essaims de papillons que personne d’autre ne voit ? Un vieux monsieur au filet à papillons lui parle d’une mystérieuse « ligne noire » et de son terminus, la station Moloch. Guidée par un tigre de papier qui prend vie, Ninn s’aventure vers les Grands Lointains, un monde parallèle aux allures de jungle luxuriante.
Comme Cerise, Ninn est une héroïne à la joie de vivre communicative, taraudée par des questions sur ses origines et sur les zones d’ombre du monde adulte. Le dessin de Johan Pilet — dynamique, sans encrage, aux couleurs tout en nuances — alterne avec brio la grisaille réaliste du métro et l’éclat fantastique des Grands Lointains. Le scénario de Jean-Michel Darlot mêle faits historiques et aventure fantastique avec un sens du rythme soutenu.
10. Zaza Bizar (Nadia Nakhlé, 2021)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Élisa a huit ans et souffre de troubles du langage — dysphasie, dyslexie, dyscalculie, dysorthographie. Ses camarades la surnomment « Zaza Bizar », ses professeurs la jugent dissipée, et les mots qu’elle prononce se mélangent malgré elle. Elle décide alors de confier ses peurs, ses colères et ses rêves à un journal intime qu’elle baptise son « confident ciel ». Dans ses pages parsemées de fautes d’orthographe volontaires, elle invente un monde peuplé d’étoiles et d’une araignée bienveillante nommée Arianée.
Le dispositif narratif — un journal intime illustré — est le même que celui des Carnets de Cerise, mais le propos est radicalement différent. Là où Cerise écrivait pour percer les mystères des autres, Élisa écrit pour apprivoiser sa propre différence. Le graphisme de Nadia Nakhlé, sombre et bleuté, libéré de tout découpage en cases, confère à l’album une dimension onirique singulière.