Trouvez facilement votre prochaine lecture
Que lire après « Les Cahiers d'Esther » de Riad Sattouf ?

Que lire après « Les Cahiers d’Esther » de Riad Sattouf ?

Cette page contient des liens affiliés vers Amazon et la Fnac. Si vous achetez un livre en passant par l’un de ces liens, nous touchons une petite commission — sans aucun surcoût pour vous. Une façon simple de nous soutenir. En tant que Partenaire Amazon, nous réalisons un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Les Cahiers d’Esther est une série de bande dessinée créée par Riad Sattouf, prépubliée dans L’Obs à partir de 2015 et éditée en albums chez Allary Éditions dès 2016. Le principe : chaque semaine, une jeune fille raconte à Sattouf son quotidien — l’école, les copines, la famille, les garçons, les réseaux sociaux, les attentats, la pornographie qui débarque trop tôt, les expressions à la mode qui changent tous les six mois. L’auteur transforme ces conversations en planches bichromiques (c’est-à-dire en deux couleurs, une dominante et une secondaire qui change selon l’ambiance). À raison d’un tome par année scolaire, Esther passe de ses 10 à ses 18 ans en neuf albums. Traduite en une dizaine de langues et récompensée par le prix Max und Moritz (la plus ancienne distinction de bande dessinée dans le monde germanophone), la saga a été adaptée en série animée sur Canal+. Le neuvième et dernier tome, Histoires de mes 18 ans, est paru en juin 2024.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici des BD dans la même veine : des récits ancrés dans le quotidien d’enfants et d’adolescent·es, où il est question d’amitié, de famille, de premiers émois et de codes sociaux pas toujours faciles à décrypter. Toutes s’adressent à un lectorat comparable à celui des Cahiers d’Esther, c’est-à-dire une tranche d’âge allant de 9-10 ans à l’adolescence, et les adultes y trouveront aussi leur compte.


1. Lou ! (Julien Neel, 2004)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Lou vit seule avec sa mère — une romancière sous pseudonyme, distraite, incapable de cuisiner, qui se nourrit quasi exclusivement de pizzas et passe un temps déraisonnable sur sa console de jeux. Elles habitent un immeuble orange d’une ville moyenne fictive. Lou a une meilleure amie, Mina, et un amour de maternelle, Tristan, un voisin à qui elle met douze ans et demi avant d’oser adresser la parole. Quand Richard, un nouveau locataire, emménage sur leur palier, Lou se met en tête de jouer les entremetteuses. Le premier tome, Journal infime, tourne autour de ces tentatives de rapprochement et d’une complicité mère-fille peu banale : ici, c’est la fille qui cuisine (mal) pour la mère, et la mère qui emprunte les jeux vidéo de la fille.

Huit tomes composent la première saison (chez Glénat, collection « Tchô ! »), de l’école primaire à la fin du lycée. Depuis 2020, Lou ! Sonata prolonge l’aventure : l’héroïne a 20 ans et commence ses études supérieures. Deux fois primée au festival d’Angoulême (prix Jeunesse en 2005 et 2010), la série s’est écoulée à plus de 3,4 millions d’exemplaires. Ce qui retient les lecteur·ices tome après tome, c’est que Lou vieillit pour de bon : ses préoccupations à 12 ans (les amourettes, la mode, les premières disputes sérieuses) ne sont pas les mêmes qu’à 16 ans (les réseaux sociaux, l’identité, la relation au père absent), et le dessin lui-même évolue en conséquence.

Âge conseillé : à partir de 9 ans (catégorie 9-12 ans au festival d’Angoulême), bien que les derniers tomes abordent des sujets plus matures.


2. Akissi de Paris (Marguerite Abouet et Mathieu Sapin, 2024)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Akissi est la petite sœur fictive d’Aya, l’héroïne d’Aya de Yopougon, série de BD à succès qui raconte la vie d’un quartier populaire d’Abidjan dans les années 1970. Dans la série Akissi (onze tomes chez Gallimard), on la suit enfant, en Côte d’Ivoire, dans des aventures courtes et burlesques. Akissi de Paris marque un tournant : la jeune fille quitte Abidjan pour entrer dans un collège parisien. Son frère Fofana, pas franchement volontaire, l’accompagne, et tous deux s’installent chez Papi, un grand-oncle maternel. Les voitures qui s’arrêtent au passage piéton, les pigeons partout, le froid, les codes vestimentaires, les habitudes alimentaires : Akissi doit tout réapprendre, et le décalage entre ce qu’elle connaît et ce qu’elle découvre produit des scènes à la fois drôles et touchantes — quand elle s’adresse à un pigeon comme elle parlerait à un poulet d’Abidjan, ou quand elle tente d’appliquer les codes de la cour de récré ivoirienne dans un collège du 18e arrondissement.

L’histoire est largement autobiographique : Marguerite Abouet a elle-même quitté Abidjan pour la région parisienne à l’âge de 12 ans, envoyée avec son frère chez un grand-oncle pour y poursuivre ses études. On retrouve dans le récit des situations qu’elle a vécues — la perplexité devant les habitudes françaises, le mal du pays, le sentiment de toujours détoner malgré tous les efforts d’adaptation. Contrairement aux tomes précédents d’Akissi, qui fonctionnaient en historiettes courtes de six planches, Akissi de Paris propose un récit continu de 80 pages, ce qui laisse le temps de raconter l’intégration scolaire dans toute sa complexité : les premières amitiés, les malentendus, et ce moment où l’on commence à se sentir « de Paris » sans avoir cessé d’être d’Abidjan.

Âge conseillé : à partir de 12 ans selon Gallimard Jeunesse. La série Akissi originale, elle, se lit dès 7-8 ans.


3. Cœur Collège (BeKa et Maya, 2021)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Garance, déjà légèrement cynique à 11 ans, et son amie Linon, qui a un crush pour un certain Noa (un garçon plutôt fuyant), se posent une question fondamentale : c’est quoi, l’amour ? Plutôt que d’attendre passivement la réponse, elles décident de mener l’enquête auprès de leurs camarades. Elles interrogent Charlie, la reine des ragots, qui les oriente vers plusieurs pistes : Enjoy Parasol, la fille la plus admirée de l’école, dont la vie n’est peut-être pas aussi parfaite qu’il y paraît ; Adèle, une gothique rebelle qui traîne une réputation de « fille facile » largement usurpée ; et d’autres élèves dont les histoires de cœur réservent des surprises. Au passage, les deux amies découvrent qu’elles-mêmes ont des secrets l’une pour l’autre.

Quatre tomes sont parus chez Dupuis, et chaque volume élargit un peu le champ : après l’amour entre élèves, on explore les ruptures, les relations familiales (le divorce des parents de Garance), le harcèlement mené par Soan, le chef des « Populaires », contre Enjoy qui a refusé de sortir avec lui. Le dessin emprunte autant au manga qu’à la BD européenne — couleurs chaudes, ombres marquées, grands yeux expressifs —, ce qui donne à l’ensemble une identité visuelle immédiatement reconnaissable. Les sujets délicats (premier amour homosexuel, poids du regard collectif, harcèlement) ne sont pas esquivés, mais abordés à hauteur de collégien·ne, sans leçon de morale surlignée au feutre.

Âge conseillé : à partir de 9-10 ans selon les recommandations de libraires spécialisé·es, avec un lectorat principal autour de 10-12 ans.


4. Souriez (Raina Telgemeier, 2010)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Raina a 11 ans et un seul souhait : être une élève de sixième comme les autres. C’est raté. Un soir, en courant avec des amies après une réunion scoute, elle trébuche et se fracasse les deux dents de devant sur le trottoir. S’ensuit un parcours orthodontique de quatre ans et demi — appareils, chirurgie, fausses dents vissées sur un dispositif amovible, casque embarrassant à porter la nuit — qui accompagne toute son adolescence. En parallèle, Raina doit composer avec un tremblement de terre (nous sommes à San Francisco, début des années 1990), des amies qui se révèlent mesquines et moqueuses, et un premier béguin pour un garçon qui ne semble pas la remarquer.

Il s’agit d’une BD autobiographique : Raina Telgemeier raconte sa propre histoire. L’album, paru sous le titre Smile aux États-Unis, a reçu le prix Eisner (l’équivalent des Oscars de la bande dessinée américaine) de la meilleure publication pour adolescents en 2011. Derrière l’histoire de dents cassées et de rendez-vous chez l’orthodontiste, le récit parle en réalité des angoisses plus larges de l’adolescence : un corps qui ne correspond pas à ce qu’on voudrait, des ami·es qui vous rabaissent au lieu de vous soutenir, et la difficulté de s’accepter quand on a l’impression d’être la seule à ne pas rentrer dans le moule.

Âge conseillé : de 8 à 12 ans selon les éditions Scholastic ; couramment recommandée dès 9-10 ans par les bibliothécaires.


5. Opération survie au collège (Svetlana Chmakova, 2016)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Règle n°1 : ne pas se faire remarquer. Règle n°2 : trouver un groupe d’élèves aux intérêts similaires et s’y intégrer. C’est le programme que s’est fixé Pénélope (surnommée Peppi) pour son premier jour dans un nouveau collège. Manque de chance, elle percute Jaime Thompson, le geek de service, et la voilà étiquetée « petite amie du nerd ». Pire : dans un réflexe de panique, elle le repousse et s’enfuit. La honte s’installe. Pénélope rejoint le Club de dessin, mais Jaime, lui, est au Club de Sciences — le club rival. Quand les deux groupes entrent en compétition pour décrocher un stand aux portes ouvertes de l’établissement, Pénélope se retrouve coincée entre sa loyauté envers ses nouvelles amies et sa culpabilité envers le garçon qu’elle a mal traité.

L’action se situe dans un collège nord-américain, mais les situations — la peur d’être jugé·e, les clans, les rivalités entre groupes — n’ont rien de spécifiquement américain. La série (quatre tomes chez Jungle en français) change de personnage principal à chaque volume. Le deuxième suit Jensen, un garçon passionné d’astronomie que ses camarades charrient quotidiennement sans qu’il réalise tout de suite que cela s’apparente à du harcèlement (on ne lui garde jamais de place à la cantine, on se moque de lui en cours, on l’exclut des travaux de groupe). Le récit montre comment la prise de conscience se fait progressivement, et comment la parole finit par se libérer — non pas grâce à un adulte providentiel, mais grâce à des camarades qui posent les bonnes questions.

Âge conseillé : à partir de 9-10 ans ; la série est régulièrement recommandée pour les collégien·nes de 6e-5e.


6. Elliot au collège (Théo Grosjean, 2023)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Elliot fait sa rentrée en sixième. Il est — légèrement — stressé. Si légèrement, en fait, que son angoisse se matérialise sous la forme d’une grosse mascotte orange, sorte d’ange gardien paranoïaque qui lui souffle en permanence les pires scénarios possibles. « Tu vas te ridiculiser. » « Personne ne veut s’asseoir à côté de toi. » « Tout le monde te regarde. » Entre le banc réservé aux populaires, le cours de natation où il est le seul à porter un slip de bain (quand tous les autres ont un short), l’amitié naissante avec Hari et les brimades de Bastien, la terreur de la récré, le collège vu par Elliot est un champ de mines émotionnel — du moins dans sa tête, car les situations sont souvent bien moins graves que ce que la mascotte lui annonce.

Prépubliée dans le journal Spirou et éditée chez Dupuis, la série compte trois tomes. Théo Grosjean, qui s’est fait connaître avec L’Homme le plus flippé du monde (une série humoristique sur l’anxiété, d’abord publiée sur Instagram), puise dans ses propres souvenirs de collégien. Le format fonctionne par gags d’une page — une situation, une montée en pression, une chute — mais chaque tome se conclut par un épilogue plus long, plus grave, qui sort du cadre scolaire et aborde des sujets comme la maladie ou la maltraitance. Ce contraste n’est pas un effet de style : il reflète la réalité de cet âge, où l’on peut rire d’un slip de bain à 10 heures et pleurer pour de vrai à midi. Quant à la mascotte de l’angoisse, elle rend visible ce que beaucoup de préadolescent·es vivent intérieurement — le stress, les pensées catastrophistes, la peur du ridicule — et le simple fait de la voir dessinée, grotesque et envahissante, aide à prendre du recul.

Âge conseillé : à partir de 9 ans ; la BD plaît aux enfants en fin de primaire comme aux collégien·nes.


7. Les Règles de l’amitié (Lily Williams et Karen Schneemann, 2020)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Sasha est nouvelle au lycée de Hazelton. Jour de rentrée, pantalon blanc, premières règles : la combinaison fatale. Moqueries assurées. Heureusement, trois filles volent à son secours — Abby, Brit et Christine — et l’intègrent à leur groupe. Chacune a son propre rapport aux menstruations : Brit souffre de douleurs si violentes qu’elle rate régulièrement les cours — on découvrira qu’il s’agit d’endométriose, une maladie chronique souvent sous-diagnostiquée qui provoque des douleurs intenses à chaque cycle ; Abby vit dans une famille où le sujet est tabou ; Christine, elle, refuse que le lycée fasse passer le budget football avant l’approvisionnement des distributeurs de protections hygiéniques — systématiquement vides. Elle lance un blog, puis une pétition, et entraîne ses amies dans la bataille.

Ce roman graphique d’origine américaine (Go with the Flow), publié en français chez Jungle en deux tomes (#sangtabou et #lavieestbelle), aborde les menstruations de front : première fois, choix entre serviettes et tampons, douleurs, précarité menstruelle (c’est-à-dire la difficulté financière à se procurer des protections, un problème qui touche de nombreuses adolescentes). Le deuxième tome déplace le curseur vers les sentiments : Christine réalise qu’elle est amoureuse de son amie Abby, Brit se rapproche d’un garçon de sa classe, et le groupe doit apprendre à traverser ces bouleversements sans se fissurer. L’ensemble est dessiné dans des tons dominés par le rouge — le choix s’imposait.

Âge conseillé : à partir de 10-12 ans selon les libraires.