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Que lire après « La Rose écarlate » de Patricia Lyfoung ?

Que lire après « La Rose écarlate » de Patricia Lyfoung ?

La Rose écarlate est une série de bande dessinée française créée par Patricia Lyfoung, publiée chez Delcourt depuis 2005, qui compte vingt et un tomes.

Dans la France du XVIIIe siècle, la jeune Maud de la Roche mène une double vie : le jour, elle est une aristocrate au tempérament rebelle ; la nuit, elle devient une justicière masquée qui dérobe aux nobles pour secourir les plus démunis.

La série conjugue romance, cape et épée, et esthétique franco-belge teintée de manga, et a séduit plus d’un million de lecteur·ice·s. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.


1. Don Vega (Pierre Alary, 2020)

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Avec ce one-shot de 96 pages publié chez Dargaud, Pierre Alary réinvente les origines de Zorro. En 1849, dans une Californie qui n’est pas encore un État américain, le jeune Don Vega rentre d’Espagne après la mort de ses parents et découvre que le tyran Gomez a spolié les terres familiales. Opprimés, les péons n’ont plus qu’un espoir : la légende d’un justicier masqué prêt à leur rendre justice.

Le parallèle avec La Rose écarlate saute aux yeux : un héritier qui endosse le masque pour combattre l’injustice, des duels à l’épée et un récit ancré dans l’Histoire. Alary signe l’intégralité de l’album — scénario, dessin et couleurs — avec un trait élégant hérité de son passage chez Disney Animation. Son récit crépusculaire et sa mise en scène cinématographique séduiront celles et ceux qui ont vibré pour les aventures nocturnes de Maud et du Renard.


2. Milady de Winter (Agnès Maupré, 2010)

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Publiée en deux tomes chez Ankama, cette bande dessinée réinterprète Les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas depuis le point de vue de sa plus célèbre antagoniste. Agnès Maupré retrace le parcours de Milady avant les événements du roman : ses mariages maudits, la marque infâme sur son épaule, le viol qu’elle subit, et son pacte avec le cardinal de Richelieu. Le tout dans un noir et blanc au lavis d’une grande sensibilité.

Ce qui rapproche cette BD de La Rose écarlate, c’est la place centrale d’une héroïne complexe dans la France des mousquetaires, entre intrigues de cour et combats à l’épée. Maupré redonne à Milady sa part d’humanité, là où Dumas en faisait un monstre. Son trait aérien et son ton, à la fois grave et cocasse, raviront les amateur·ice·s de récits de cape et d’épée qui interrogent la condition féminine sous l’Ancien Régime.


3. Gueule de cuir (Pierre Pevel et Stéphane Créty, 2024)

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Trilogie publiée chez Drakoo, Gueule de cuir se déroule en 1633, sous Louis XIII et Richelieu. Le duelliste Jean-Philippe Baptiste Gagnière se voit contraint d’endosser un sinistre masque de cuir et de succéder à l’Épéiste, un justicier nocturne qui arpente les toits de Paris. Son ennemi : le Roi des Tombes, un nécromant redoutable qui terrorise les bas-fonds de la capitale. Magie noire, alchimie et combats à l’épée composent le cœur de cette série sombre et violente.

Les amoureux·ses de La Rose écarlate retrouveront ici la figure du héros masqué et la toile de fond historique française, mais dans un registre plus adulte. Pierre Pevel, romancier reconnu pour Les Lames du Cardinal, signe un scénario taillé comme un thriller ésotérique, tandis que le dessin de Stéphane Créty, nourri de comics américains, insuffle un dynamisme spectaculaire aux scènes d’action. Un croisement réussi entre Dumas et Batman.


4. Invisible — Mémoires d’Aymond de Terre-Noire (Stephen Desberg et Henri Reculé, 2026)

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Ce diptyque paru chez Glénat met en scène Aymond de Terre-Noire, petit noble français devenu invisible après avoir testé sur lui-même une formule alchimique incomplète. Rejeté par tous, il intègre le Secret du Roy — l’un des premiers services secrets français — sous le règne de Louis XV. Dissimulé derrière un masque de fer, il sillonne l’Europe aux côtés du chevalier d’Éon pour contrer les manœuvres anglaises et prussiennes à la veille de la guerre de Sept Ans.

Comme dans La Rose écarlate, un personnage maudit se réfugie derrière un masque et met ses talents au service d’une cause plus grande que lui. Stephen Desberg tisse un récit d’espionnage et de cape et d’épée où l’intime croise la grande Histoire, porté par le dessin classique et expressif d’Henri Reculé. L’album séduira celles et ceux qui apprécient les intrigues politiques du XVIIIe siècle et les héros tourmentés.


5. Princesse Sara (Audrey Alwett et Nora Moretti, 2011)

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Adaptée du roman La Petite Princesse de Frances Hodgson Burnett — qui avait aussi inspiré l’anime culte des années 1980 —, cette série de quinze tomes publiée chez Soleil suit Sara Crewe, une jeune héritière élevée aux Indes. Envoyée dans un pensionnat londonien, elle passe du statut de « princesse » adulée à celui de servante maltraitée après la ruine et la mort de son père. L’univers steampunk imaginé par Alwett, peuplé d’automates, donne au récit une tonalité singulière.

Les passerelles avec La Rose écarlate sont nombreuses : une héroïne courageuse et bienveillante, un cadre historique revisité et un dessin d’inspiration manga signé Nora Moretti. Au fil des tomes, Sara quitte Londres pour les Indes puis le Japon, et la série gagne en ampleur — espionnage, diplomatie et rapports de pouvoir entrent en jeu. Avec plus de 600 000 exemplaires vendus, Princesse Sara a conquis le même lectorat que la série de Patricia Lyfoung.


6. Rose Bertin, la couturière fatale (Jingetsu Isomi, 2024)

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Ce seinen manga, prépublié au Japon depuis 2018 et paru en France chez Michel Lafon, retrace le parcours de Marie-Jeanne Bertin — dite Rose Bertin —, la future « Ministre des Modes » de Marie-Antoinette. En 1766, la jeune femme quitte Abbeville pour Paris avec une ambition : devenir la première couturière de France. Elle devra affronter sa rivale Marie-Jeanne Bécu et les codes d’un milieu dominé par les hommes.

Le lien avec La Rose écarlate réside dans le cadre historique français du XVIIIe siècle et la figure d’une héroïne déterminée à s’imposer dans un monde hostile. Jingetsu Isomi, passionnée par l’histoire européenne, restitue avec précision la mode, les décors parisiens et les intrigues de cour de l’époque. Le dessin, d’une finesse remarquable, accorde une place de choix aux costumes et aux tissus. Un récit à la croisée de la biographie historique et du drame féministe.

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