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Que lire après « Game Over » de Midam et Adam ?

Que lire après « Game Over » de Midam et Adam ?

Game Over est une série de bande dessinée humoristique muette créée par Midam (scénario) et Adam (dessin), publiée depuis 2004 aux éditions Dupuis.

Spin-off de Kid Paddle, elle met en scène le Petit Barbare, avatar virtuel de Kid, dans ses tentatives désastreuses pour sauver une princesse face aux redoutables Blorks. Chaque page se conclut par un « game over » inévitable, décliné en gags gore et absurdes qui ont séduit des millions de lecteurs·ices.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.


1. Kid Paddle (Midam, 1996)

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Impossible de passer à côté de la série mère. Kid Paddle suit un gamin d’environ neuf ans, fan absolu de jeux vidéo, de films gore et de monstres en tout genre. Avec ses copains Big Bang et Horace, il transforme chaque situation du quotidien — école, cinéma, dîner de famille — en scénario digne d’un jeu d’arcade. Le trait de Midam et son sens du gag en une planche fonctionnent ici à plein régime.

C’est dans Kid Paddle que le Petit Barbare de Game Over est né, d’abord sous forme de séquences de jeu insérées entre les gags du monde réel. Retrouver cet univers, c’est comprendre d’où vient tout le délire vidéoludique de la série dérivée. La double lecture — enfantine en surface, mordante pour les adultes — reste l’une des grandes forces de cette BD publiée depuis plus de vingt-cinq ans dans le magazine Spirou.


2. Super Pixel Boy (Loïc Clément et Boris Mirroir, 2022)

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Là où Game Over dynamite les codes du jeu vidéo par l’absurde, Super Pixel Boy les célèbre par la nostalgie. On y suit Pixel, un garçon issu d’une famille de classe moyenne dans les années 1980, qui raconte ses souvenirs d’enfance à travers les titres emblématiques de l’époque : Zelda, Mega Man, Tetris ou encore Another World. Chaque chapitre mêle anecdotes personnelles — amitiés, premiers émois, rivalités de cour de récré — et critique ludique avec un humour tendre et complice.

L’originalité graphique tient au va-et-vient entre un dessin classique pour les scènes de la vie courante et un pixel art soigné pour reproduire les écrans de jeu. Boris Mirroir restitue avec précision ces visuels rétro, tandis que Loïc Clément tisse un récit semi-autobiographique où l’amitié et la découverte comptent autant que le high score. Si l’humour trash de Game Over vous a plu, cette madeleine vidéoludique vous séduira par un tout autre registre.


3. Joueur du Grenier (Frédéric Molas et Piratesourcil, 2012)

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Adaptée de la célèbre chaîne YouTube consacrée au test de jeux vidéo rétro, cette BD met en scène une version enfantine de Frédéric Molas et de sa bande de copains dans les années 1990. Entre Tamagotchi, dessins animés du Club Dorothée et cartouches défectueuses, les gags d’une page revisitent l’enfance geek avec un humour potache et des clins d’œil constants à la pop culture de l’époque.

Le dessin de Piratesourcil, coloré et expressif, s’inscrit dans la lignée des BD jeunesse humoristiques à la Titeuf ou à la Kid Paddle. Si Game Over vous a fait rire par son côté trash et muet, Joueur du Grenier emprunte un chemin voisin — celui du rire générationnel autour du jeu vidéo — mais avec des dialogues, un ancrage autobiographique et une bonne dose de second degré qui ravira les nostalgiques des consoles 8 et 16 bits.


4. Noob (Fabien Fournier et Philippe Cardona, 2010)

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Issue de la web-série éponyme devenue culte sur Internet, cette BD transpose dans un univers de MMORPG fictif les mésaventures de la guilde Noob : Arthéon le guerrier débordé, Gaea l’invocatrice manipulatrice, Omega Zell l’assassin misogyne et Sparadrap le prêtre d’une naïveté confondante. Ensemble, ils enchaînent quêtes ratées et conflits internes avec une inaptitude réjouissante.

Le récit joue sur deux tableaux : le monde virtuel du jeu, traité avec une esthétique heroic-fantasy dynamique signée Philippe Cardona, et le monde réel des joueurs·euses derrière leurs écrans. Comme Game Over, Noob tire son comique de la répétition de l’échec et du décalage entre ambitions héroïques et résultats lamentables. L’univers transmédia imaginé par Fabien Fournier — web-série, romans, BD, longs métrages — a dépassé les 375 000 exemplaires vendus en bande dessinée seule, preuve que l’humour autour du jeu en ligne fédère largement hors du cercle des initié·e·s.


5. Roger et ses humains (Cyprien Iov et Paka, 2015)

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Hugo, jeune chômeur accro à sa PS4, voit sa routine bouleversée par l’arrivée de Roger, un robot doté d’une intelligence artificielle et d’un franc-parler dévastateur. Entre vannes sur la génération Y, gags absurdes et fil narratif lié à l’armée qui traque sa machine en fuite, la première BD de Cyprien mêle humour geek et chronique du quotidien avec un rythme soutenu.

Le dessin de Paka, marqué par un trait nerveux hérité du blog et du manga, colle à l’énergie du récit. Si Game Over détourne les codes du jeu vidéo par le burlesque muet, Roger et ses humains aborde la culture numérique sous l’angle de la cohabitation homme-machine. Le robot, incapable de saisir les absurdités humaines, devient un miroir comique de nos propres travers — un ressort qui fonctionne du premier au dernier tome de la série publiée chez Dupuis.


6. La Gameuse et son chat (Wataru Nadatani, 2018)

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Ce manga met en scène Kozakura, 29 ans, salariée modèle en apparence, mais hardcore gameuse dès qu’elle rentre chez elle. Sa vie parfaitement calibrée entre bureau et manette est chamboulée le jour où elle adopte un chaton abandonné sur le parking de son entreprise. Chaque chapitre tisse un lien entre une situation domestique liée au félin et un jeu vidéo que Kozakura connaît par cœur.

Le ton est radicalement différent de Game Over : ici, pas de gore ni de Blorks, mais une tendresse et un humour doux centrés sur le quotidien d’une joueuse adulte. Wataru Nadatani, déjà connu pour Félin pour l’autre, dessine le chaton avec un réalisme expressif, tandis que les références vidéoludiques (consoles rebaptisées, trophées, niveaux de difficulté) parlent à tout·e amateur·ice de jeux. La série, en huit volumes, constitue une parenthèse apaisante pour qui apprécie l’humour gaming sous sa forme la plus cosy.


7. Frigiel et Fluffy (Frigiel, Jean-Christophe Derrien et Minte, 2017)

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Née du succès du YouTubeur Frigiel et de ses aventures dans l’univers de Minecraft, cette BD transpose son personnage et son fidèle chien Fluffy dans des récits inédits. Accompagnés d’Alice et Abel, ils partent en quête à travers un monde cubique peuplé de zombies, de creepers et de mystères à élucider. Le scénario de Jean-Christophe Derrien structure chaque album comme une aventure autonome, accessible même sans connaître le jeu.

Le dessin de Minte, coloré et lisible, traduit avec soin l’esthétique Minecraft et lui insuffle un souffle narratif propre à la bande dessinée. Si Game Over parodie les jeux vidéo en général, Frigiel et Fluffy s’ancre dans un jeu précis et en respecte les codes — monstres, crafting, biomes — pour les intégrer à un récit d’aventure jeunesse. La série ravira les lecteurs·ices qui veulent prolonger leur expérience de Minecraft en dehors de l’écran.


8. Geek Agency (Philippe Briones et Romain Huet, 2013)

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Publiée chez Ankama, cette série propulse une bande de geeks dans un scénario de survival où la fiction envahit le réel. Lors d’une soirée jeu de plateau, Adam, Tim et leurs amis voient débarquer de véritables zombies. S’ensuit une fuite effrénée à travers des mondes tirés de la culture geek : mutants, monstres, portails interdimensionnels et références à foison, du bouclier de Captain America à un sac à dos Pikachu.

Philippe Briones, fort de son expérience chez Marvel (Spider-Man, X-Men, Captain America) et Disney, apporte un découpage cinématographique et un trait d’une précision redoutable. Romain Huet assure des couleurs qui glissent progressivement du festif au sombre, au fil de la montée en tension. Là où Game Over recycle les clichés du jeu vidéo en gags d’une page, Geek Agency les jette dans un récit au long cours où la pop culture devient le moteur même de l’intrigue.


9. Kräkændraggon (Lewis Trondheim et Mathieu Sapin, 2014)

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Et si le gouvernement décidait de remplacer l’intégralité des programmes scolaires par des cours de jeux vidéo et de jeux de rôle ? C’est le postulat délirant de cet album signé par deux piliers de la BD française. Au lycée rebaptisé Kräkændraggon, l’elfique remplace l’anglais, les lancers de dés tiennent lieu de cours de probabilités et les geeks obèses deviennent les nouveaux maîtres à penser de l’établissement.

Lewis Trondheim (Donjon, Lapinot) déploie son sens de l’absurde dans un scénario qui empile les références — World of Warcraft, Donjons & Dragons, Assassin’s Creed — avec un plaisir communicatif. Le dessin de Mathieu Sapin, volontairement brut et expressif, accentue le côté burlesque de cette satire de l’Éducation nationale. Si Game Over détourne un seul jeu pour en tirer tous les gags possibles, Kräkændraggon retourne le monde entier du jeu vidéo contre le système scolaire, et le résultat est jubilatoire.

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