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Que lire après « Cœur Collège » de Béka ?

Que lire après « Cœur Collège » de Béka et Maya ?

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Cœur Collège est une série de bande dessinée jeunesse publiée depuis 2021 aux éditions Dupuis, scénarisée par le duo Béka (Caroline Roque et Bertrand Escaich) et dessinée par Maya (Martina Mura), illustratrice italienne formée à l’Académie européenne du manga. On y suit Linon et Garance, deux collégiennes de 11 ans qui décident de mener une grande enquête sur l’amour, carnet en main. Au fil des tomes, elles croisent Enjoy Parasol, la fille la plus populaire de l’école, Adèle, la gothique au grand cœur, et d’autres figures du collège — une galerie de personnages qui ont chacun leur façon de vivre (ou d’esquiver) les sentiments. Premiers émois, harcèlement, divorces parentaux, amitiés mises à l’épreuve : la série n’élude rien, mais garde un ton accessible et bienveillant. Le dessin de Maya, qui mêle la vivacité du manga aux couleurs douces de la BD européenne, y est pour beaucoup.

Si vous êtes à la recherche de lectures du même genre, voici quelques recommandations : des BD et romans graphiques centrés sur l’adolescence, l’amitié, les premiers amours et la construction de soi. Toutes s’adressent à une tranche d’âge comparable à celle de Cœur Collège — globalement entre 9 et 13 ans — même si plusieurs d’entre elles séduisent aussi un lectorat plus âgé.


1. Filles Uniques (Béka et Camille Méhu, 2021)

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Paloma, Céleste, Sierra, Apolline et Chélonia n’ont a priori rien en commun, sinon d’être les filles « zarbies » de leur lycée — celles qu’on ignore, qu’on raille ou qu’on harcèle. Un jour, Chélonia les réunit et leur propose de fonder le « club des mal-barrées », un pacte pour unir leurs solitudes. La série, publiée chez Dargaud en cinq tomes (un par personnage), consacre chaque album à l’histoire d’une des adolescentes : Paloma, la rebelle qui a épuisé quinze familles d’accueil ; Céleste, harcelée par SMS jour et nuit ; Apolline, si effacée que même ses amies oublient sa présence… Les sujets sont rudes, mais traités sans misérabilisme.

On retrouve ici les Béka dans un registre plus grave que Cœur Collège. Là où cette dernière abordait l’amour comme un terrain d’exploration joyeux, Filles Uniques s’intéresse aux dégâts que la solitude et le rejet peuvent causer — et à ce qui se passe quand cinq ados décident de ne plus les subir seules. Le dessin de Camille Méhu, diplômée de l’école des Gobelins (prestigieuse école d’animation parisienne), accompagne cette progression : les palettes de couleurs changent d’un tome à l’autre pour épouser l’univers de chaque héroïne, sombres et froides pour Céleste, plus chaudes quand la confiance s’installe.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 12 ans selon la plupart des libraires et éditeurs, en raison des thèmes abordés (harcèlement, maltraitance, questionnement de genre).


2. Lou ! (Julien Neel, 2004)

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Lou ! est l’une des séries jeunesse les plus marquantes de la bande dessinée française, récompensée à deux reprises au Festival d’Angoulême (Prix jeunesse en 2005 et 2010) et vendue à plus de 3 millions d’exemplaires. Publiée chez Glénat dans la collection « Tchô ! », elle accompagne Lou depuis son entrée au collège jusqu’aux portes de l’âge adulte, sur huit tomes — auxquels s’ajoute un second cycle, Lou ! Sonata, consacré à sa vie d’étudiante. Lou vit seule avec sa mère, une romancière tête en l’air qui se nourrit principalement de pizzas, et passe des tomes entiers à observer Tristan, son voisin, sans oser lui adresser la parole. Autour d’elles gravitent Mina, la meilleure amie indéfectible, Richard, le voisin de palier qui pourrait bien plaire à la mère de Lou, et un chat adopté qui a son mot à dire sur tout.

La particularité de la série, c’est qu’elle vieillit en même temps que son héroïne. Les premiers tomes, construits autour de gags en une page (Lou qui espionne Tristan à la fenêtre, sa mère qui oublie de faire les courses), cèdent progressivement la place à des récits au long cours : les premiers baisers, les conflits familiaux, le départ du nid. Le dessin de Julien Neel — personnages aux grands yeux, décors aux couleurs vives, mise en page inventive — a défini un standard visuel pour toute une génération de BD jeunesse.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 9 ans pour les premiers tomes. La série gagne en complexité au fil des albums.


3. Sawako (Karuho Shiina, 2005)

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Publié en France chez Kana sous le titre Sawako (titre original : Kimi ni Todoke), ce manga en 30 tomes appartient au genre shōjo — un terme qui désigne les mangas destinés prioritairement à un public adolescent féminin, centrés sur les relations humaines et les sentiments. L’héroïne, Sawako Kuronuma, est une lycéenne de 15 ans dont les longs cheveux noirs tombant devant le visage évoquent Sadako, le fantôme terrifiant du film d’horreur japonais Ring (1998). Résultat : ses camarades l’ont surnommée ainsi et l’évitent, persuadés qu’elle porte malheur. Pourtant, Sawako passe son temps à rendre service — nettoyer la classe, aider les retardataires, arroser les plantes — sans jamais oser réclamer quoi que ce soit en retour. Kazehaya, un garçon populaire et apprécié de tous, est le premier à lui parler normalement et à l’appeler par son vrai prénom. À partir de là, tout bascule — mais lentement.

Et c’est le mot clé : lentement. La relation entre Sawako et Kazehaya met dix-sept tomes à se concrétiser. Certain·e·s trouveront que c’est long ; d’autres apprécieront que chaque petit progrès — oser dire bonjour, se faire une amie, avouer un sentiment — soit raconté comme un événement à part entière. Autour du duo central, des personnages secondaires solidement construits (Ayane et ses amours compliquées, Chizuru et son franc-parler, Ryū et ses silences) ainsi que des rivaux aux motivations compréhensibles (notamment Kurumi, qui aime Kazehaya et ne compte pas se laisser faire). La série a été adaptée en anime (trois saisons, dont la dernière diffusée sur Netflix en 2024) et en film live-action.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 12 ans selon Kana.


4. L’année où je suis devenue ado (Nora Dåsnes, 2020)

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Ce roman graphique venu de Norvège, publié en France par Casterman en 2021, prend la forme du journal intime d’Emma, 12 ans, qui entre en 5e. Problème : depuis la rentrée, ses deux meilleures amies se déchirent. Linnéa sort avec un garçon et considère que jouer dans la forêt de l’école, c’est « pas mature ». Bao refuse catégoriquement de grandir. Emma, coincée entre les deux, ne sait plus à quel camp appartenir — d’autant qu’elle commence à éprouver des sentiments inattendus pour Mariam, la nouvelle élève.

Nora Dåsnes, qui a conçu ce livre comme celui qu’elle aurait voulu lire à 11 ans, excelle à montrer ce moment précis de la vie où l’on hésite entre construire une cabane et se demander comment on embrasse. L’ouvrage alterne pages de BD classiques, messages dessinés, playlists musicales composées par le père d’Emma et textes manuscrits — le tout ressemble vraiment à un carnet qu’on aurait retrouvé dans un tiroir. Les premiers émois amoureux entre filles sont abordés avec pudeur et naturel : pour Emma, tomber amoureuse de Mariam n’est ni un drame ni un manifeste, c’est simplement ce qui lui arrive. L’album a été sélectionné au Festival d’Angoulême 2022 et traduit dans plus de onze langues — ce qui, pour un premier livre, donne une idée de l’écho qu’il a rencontré.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 10 ans selon Casterman et Cultura.


5. Mistinguette (Greg Tessier et Amandine, 2011)

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Chloé, dite Mistinguette, a 13 ans, vient de déménager et fait sa rentrée en 4e dans un collège où elle ne connaît personne. Son plan : infiltrer le groupe des filles les plus populaires (Anissa, Noémie et Leslie, coquettes à l’extrême) et conquérir le cœur d’Alexandre, le « beau gosse » de 3e sur lequel toutes les élèves ont des vues. Évidemment, rien ne se déroule comme prévu. Publiée chez Jungle (collection Miss Jungle), la série compte une dizaine de tomes qui suivent Mistinguette dans ses aventures scolaires, sentimentales et familiales — vacances en camping, soirées costumées, quiproquos en série.

Là où les BD précédentes de cette liste penchent vers l’intime et l’introspection, Mistinguette joue résolument la carte de la comédie. Le rythme est rapide, les gags fusent, et les situations du quotidien (la pression des réseaux sociaux, la honte d’être vue avec ses parents, les tentatives de relooking qui tournent mal) sont traitées avec un sens du timing qui rappelle les sitcoms. Mais le scénario de Greg Tessier, bibliothécaire de formation, ne s’arrête pas au rire : Chloé finit toujours par réaliser que singer les filles populaires la rend malheureuse et que c’est en assumant ses maladresses qu’elle se fait de vrais amis. Le dessin d’Amandine, rond et coloré, renforce cette tonalité : on est clairement dans la BD de bonne humeur.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 9 ans selon de nombreux blogs parentaux ; le public cible se situe entre 9 et 14 ans.


6. Ados à deux (Tegan Quin, Sara Quin et Tillie Walden, 2023)

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Le scénario de ce diptyque est signé par Tegan et Sara Quin, deux jumelles canadiennes devenues célèbres dans les années 2000 en tant que duo de pop indépendante (Tegan and Sara). Ici, elles racontent leur propre adolescence sous forme de BD, mise en images par l’illustratrice américaine Tillie Walden, connue pour ses romans graphiques Dans un rayon de soleil et Spinning (prix Eisner 2018 — l’équivalent des Oscars dans le monde du comics). Publié en France par Gallimard BD en 2024, le récit commence quand les jumelles ont 12 ans et débarquent dans un nouveau collège au Canada, après le déménagement de leur mère. Pour la première fois, elles se retrouvent dans des classes séparées — et la fissure, minuscule au départ, ne cesse de s’élargir.

Le premier tome raconte cette année charnière : nouvelles amitiés, passion naissante pour la musique (les deux sœurs bidouillent une guitare dans leur chambre), secrets que l’une cache à l’autre. Le second, Double crush, accélère la cadence avec les premiers crushs et la découverte, pour chacune à son rythme, de son attirance pour les filles. Ce qui rend le récit particulier, c’est qu’il ne se contente pas de raconter l’adolescence en général : il raconte ce que c’est que d’être jumelle et de commencer à diverger — vouloir être soi tout en ayant grandi en miroir de quelqu’un d’autre. Le dessin de Tillie Walden, qui alterne grandes planches silencieuses et séquences dialoguées, laisse beaucoup de place aux visages et aux regards, là où les mots manquent aux personnages.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 10-11 ans ; Gallimard Jeunesse la catégorise en BD adolescente.


7. Mira (Sabine Lemire et Rasmus Bregnhøi, 2017)

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Venue du Danemark et publiée en France chez Casterman depuis 2023, cette série suit Mira, une préado de Copenhague dont la meilleure amie Naja se rapproche de Betty, la nouvelle élève obsédée par les garçons. Ensemble, elles fondent un « club des amoureuses » dont Mira est exclue — faute d’avoir jamais eu de petit ami. Mira tente alors de forcer les choses avec Louis, son meilleur copain de toujours, mais l’expérience tourne court : ni l’un ni l’autre ne sait quoi dire, et ils finissent par jouer aux Lego comme avant. Pendant ce temps, sa mère enchaîne les histoires d’amour éphémères, et son père biologique ne donne pas signe de vie.

L’originalité de Mira tient en une phrase : l’héroïne n’est pas pressée de grandir, et le livre ne la traite pas comme une retardataire pour autant. À 11 ans, Mira préfère fabriquer des cerfs-volants et traîner avec Louis plutôt que de se forcer à jouer les amoureuses. La série lui donne raison, sans pour autant ridiculiser celles qui, comme Naja, vivent les choses autrement. Le format mêle BD et journal intime (dessins pleine page, listes, réflexions manuscrites). L’illustration de Rasmus Bregnhøi, l’un des dessinateurs jeunesse les plus primés du Danemark (récompensé par le prix du ministère danois de la Culture), donne aux personnages des expressions très marquées — grands sourires, moues perplexes, yeux écarquillés — qu’on déchiffre avant même de lire les bulles.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 9 ans selon Casterman et Flammarion. Public cible : 9-12 ans.


8. Roller Girl (Victoria Jamieson, 2015)

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Astrid a 12 ans, une meilleure amie nommée Charlotte, et une mère qui l’entraîne dans des sorties culturelles rarement enthousiasmantes. Jusqu’au jour où elles assistent à un match de roller derby — un sport d’équipe sur patins à roulettes, pratiqué sur une piste ovale, où deux équipes s’affrontent dans des courses de contact physique (blocages, esquives, sprints). Les joueuses portent des surnoms de guerre, se teignent les cheveux en bleu électrique et se percutent sans ménagement. Astrid est fascinée. Elle veut s’inscrire au stage d’été, mais Charlotte préfère la danse. Pour la première fois, les deux amies prennent des chemins séparés.

Les débuts d’Astrid sur des patins sont calamiteux : elle tombe, se relève, tombe encore, et envisage sérieusement d’abandonner. Mais c’est précisément cette persévérance malgré les gamelles (au sens propre) qui fait tenir le récit. En parallèle, Astrid se lie avec Zoey, une autre débutante du stage, et échange des mots avec Rainbow Bite, la star de l’équipe locale, qui lui glisse des encouragements dans son casier. Victoria Jamieson, elle-même ancienne joueuse de roller derby, connaît ce milieu de l’intérieur : les scènes d’entraînement sont précises et drôles (on apprend ce qu’est une « jammer », une « bloqueuse », et pourquoi il ne faut jamais freiner du talon), et l’enjeu émotionnel — apprendre à exister en dehors d’une amitié qui semblait éternelle — ne passe jamais au second plan. Publié en France par les éditions 404 et sélectionné au Festival d’Angoulême en 2017.

Tranche d’âge conseillée : à partir de 9 ans selon la plupart des libraires ; l’éditeur français indique « dès 13 ans » sur certaines éditions, mais le contenu reste accessible bien avant.