Publié en 2019 chez Hugo Roman, Nos âmes tourmentées est le troisième roman de l’autrice française Morgane Moncomble. On y suit Azalée, une jeune femme froide et distante en apparence, contrainte de revenir à Charleston après la mort de sa mère. Elle y croise la route d’Eden, son voisin tatoué et charmeur, qui semble décidé à percer sa carapace. Derrière la romance — intense, drôle, souvent bouleversante — le livre aborde de front des sujets lourds : le viol, le harcèlement, la violence intra-familiale, la dépression, le suicide. Le tout porté par un discours résolument féministe, incarné entre autres par le podcast fictif de l’héroïne, Dear Patriarchy.
Si vous venez de refermer ce livre le cœur en vrac et que vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques recommandations dans la même veine.
1. Falling Again (Morgane Moncomble, 2020)

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Fleur est écrivaine de romance, fauchée et rongée par un manque de confiance tenace. Surdoué et solitaire, Aaron travaille dans une grande entreprise de jeux vidéo où il s’est taillé une place grâce à son intelligence — mais certainement pas grâce à ses aptitudes sociales. Ils se sont connus enfants : Fleur lui avait sauvé la vie lors d’une noyade, ils avaient échangé des lettres d’amour pendant des années, puis un événement traumatique les avait séparés du jour au lendemain. Seize ans plus tard, Fleur décroche un poste dans l’entreprise d’Aaron — sous un nom de plume, Lilas Rodriguez. Le problème : Aaron ne la reconnaît pas. Pas parce qu’elle a changé, mais parce qu’il semble avoir tout oublié de leur histoire commune. Aïe.
Le roman s’inspire ouvertement des k-dramas coréens (ces mini-séries sentimentales aux rebondissements bien huilés dont Morgane Moncomble est une grande adepte) et en assume les codes avec malice : le duo improbable, la lente montée des sentiments, le secret que Fleur n’ose pas révéler. Mais sous cette surface légère, le récit dissimule un passé bien plus sombre lié à l’enfance d’Aaron, qui explique à la fois son amnésie et sa froideur — et qui, une fois mis au jour, oblige à relire chacun de ses comportements sous un angle radicalement différent. Si vous avez aimé la façon dont Nos âmes tourmentées fait cohabiter l’humour et la gravité, vous serez en terrain connu.
2. Blue Savior (Jenn Guerrieri, 2025)

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Prudence Adkins avait tout pour réussir dans le triathlon. Mais à la suite d’un drame terrible, elle a mis fin à sa carrière et sombré dans une dépression profonde, au point de tenter de se noyer dans un lac d’Ozark par un soir de brume. Un garçon intervient in extremis pour la sortir de l’eau. Ce garçon, c’est Hector — solaire, un brin excentrique, reconnaissable à ses mèches bleues — et Prudence va le détester pour l’avoir sauvée.
Jenn Guerrieri ne contourne rien. La dépression de Prudence est dépeinte sans faux-semblants : le vide, la culpabilité, la lassitude de devoir convaincre le monde (et soi-même) que ça va finir par aller mieux. Hector, quant à lui, dissimule ses propres failles derrière sa joie de vivre. Mal aimé par ses parents, il a trouvé refuge auprès de la famille Adkins, dont il est devenu un membre à part entière — ce qui complique évidemment les choses quand il commence à éprouver des sentiments pour leur fille, elle qui ne veut même pas qu’on la regarde. La romance entre eux se construit très progressivement, sans raccourci ni guérison miracle. L’amour ne résout pas tout ici, mais il donne à Prudence une raison de rester debout un jour de plus.
3. Archer’s Voice (Mia Sheridan, 2016)

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Bree Prescott débarque à Pelion, une petite ville du Maine nichée au bord d’un lac, avec sa chienne Phoebe et l’espoir de s’éloigner d’un traumatisme qui la hante : le meurtre de son père, commis sous ses yeux. Elle y croise Archer Hale, un homme que tout le monde en ville traite comme s’il n’existait pas. Archer est muet : un accident de voiture survenu dans son enfance, qui a tué ses parents et son oncle, lui a fait perdre l’usage de la parole. Élevé ensuite par un oncle farfelu qui l’a coupé du monde, il vit en ermite depuis des années et ne sort de chez lui que pour le strict nécessaire.
Ce qui fait la singularité de ce roman, c’est la façon dont Bree et Archer réinventent leur communication : le langage des signes, les petits mots griffonnés, les gestes qui remplacent les paroles. Leur relation se développe avec une lenteur délicate, loin des coups de foudre artificiels. Autour d’eux, la petite ville et ses habitants — l’adorable voisine Anne, le cousin Travis (qu’on aime cordialement détester pour sa méchanceté et ses manigances) — forment un décor à la fois chaleureux et étouffant. Un roman sur l’isolement et le poids des secrets familiaux — et la preuve qu’il suffit parfois d’une seule personne, prête à apprendre votre langue au lieu de vous reprocher de ne pas parler la sienne, pour tout faire basculer.
4. Ten Tiny Breaths – Tome 1 : Respire (K. A. Tucker, 2015)

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Kacey a vingt ans et un passé dévastateur : quatre ans plus tôt, un accident de voiture a tué ses parents, sa meilleure amie et le garçon qu’elle aimait. Elle est la seule survivante. Confiée depuis à un oncle et une tante peu recommandables (l’oncle, entre autres, a dilapidé leur héritage au jeu), elle décide un jour de fuir avec sa petite sœur Livie, quinze ans, direction Miami.
Dans leur nouvel immeuble, elles font la connaissance de Storm — mère célibataire pétillante et barmaid dans un club de strip-tease (oui, le décor est planté) — et de Trent, le voisin mystérieux dont la douceur désarçonne Kacey. Car Kacey est tout sauf facile d’accès : elle fait de la boxe pour évacuer sa rage, repousse quiconque tente de l’approcher et se protège derrière le sarcasme. Le roman suit le lent dégel de Kacey — qui recommence à faire confiance, à rire, à accepter qu’on l’aime — jusqu’à un retournement de situation dans le dernier tiers qui remet en question tout ce que l’on croyait savoir sur Trent et sur les circonstances de l’accident. Mieux vaut ne rien savoir de plus avant de s’y plonger — c’est le genre de révélation qui change la couleur de l’ensemble du livre.
5. Hopeless (Colleen Hoover, 2014)

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Sky a dix-sept ans, vit avec sa mère adoptive Karen dans une maison sans technologie — ni téléphone, ni ordinateur, ni télévision — et s’apprête à intégrer un vrai lycée pour la première fois après des années d’école à domicile. Détail étrange : Sky ne ressent aucune émotion depuis l’enfance. Rien. Ni attirance, ni trouble, ni élan. Puis elle rencontre Holder, un garçon au physique renversant et à la réputation sulfureuse, qui semble la reconnaître alors qu’elle n’a aucun souvenir de lui. Et pour la première fois de sa vie, Sky ressent quelque chose.
La première moitié du livre ressemble à une romance adolescente somme toute conventionnelle — touchante, drôle par endroits, portée par les dialogues piquants de Sky avec sa meilleure amie Six et le bienveillant Breckin. Puis le roman bascule. Les révélations qui s’enchaînent dans la seconde partie concernent la véritable identité de Sky, un passé qu’elle a refoulé et des secrets de famille dont on préfère taire la nature pour ne rien gâcher. Disons simplement que le livre passe sans prévenir de la comédie sentimentale au drame psychologique, et que cette bascule est l’une des mieux orchestrées du genre. On entre pour la romance, on reste pour tout le reste.
6. Skyland – Tome 1 : Avant de le laisser partir (Kennedy Ryan, 2024)

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Ici, pas de premier amour ni de rencontre fortuite : Yasmen et Josiah sont déjà mariés, déjà parents de deux enfants, déjà séparés. Le coup qui a fait voler leur couple en éclats ? La mort de leur bébé à la naissance. Un deuil si dévastateur que chacun s’y est enfermé à sa manière, jusqu’à ce que vivre ensemble devienne plus douloureux que vivre séparé·e·s. Désormais, ils coparentent tant bien que mal, gèrent ensemble un restaurant, et tentent de reconstruire leurs vies chacun de leur côté — Josiah avec une nouvelle compagne, Yasmen qui retrouve peu à peu un semblant de joie.
Mais les ex qui s’aiment encore, ça ne reste jamais bien rangé. Un baiser volé, puis un autre, puis davantage… Ce roman est une histoire de seconde chance, mais traitée avec une maturité rare dans le genre. La réconciliation ne repose ni sur des malentendus ni sur des non-dits faciles : elle passe par la thérapie (de couple et individuelle), les conversations difficiles, la volonté de nommer enfin ce qui n’avait jamais été dit pendant le deuil. Kennedy Ryan aborde la perte d’un enfant et la fragilité des liens amoureux avec une justesse qui a valu à la série Skyland d’être en cours d’adaptation télévisée chez Peacock.
7. Elements – Tome 1 : The Air He Breathes (Brittainy C. Cherry, 2016)

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Tristan Cole a la réputation d’un homme cruel, froid et ingérable. Tout le monde dans sa petite ville le tient à distance. Ce que les gens voient : un type sombre et agressif. Ce qu’ils ignorent : Tristan a perdu sa femme et son fils dans un accident dont il se tient pour responsable, et le deuil l’a englouti tout entier. De l’autre côté de la clôture — au sens propre — vit Elizabeth (Liz pour les intimes), jeune veuve qui se raccroche à la vie pour une seule raison : Emma, sa fille de cinq ans.
Premier tome d’une série de quatre standalones (des romans indépendants, chacun lié à un élément — l’air, le feu, l’eau, la terre), The Air He Breathes place le deuil au centre de tout. Tristan refuse de guérir, persuadé qu’il ne le mérite pas. Liz, elle, guérit à contrecœur, par devoir maternel. Leur rapprochement, d’abord houleux, va déclencher l’hostilité de certains habitants — en particulier Faye, l’ex-petite amie de Tristan, aussi venimeuse que tenace. Avec sa candeur et son énergie, la petite Emma est le vrai cœur du roman : c’est elle qui, à force d’innocence, parvient à atteindre Tristan là où aucun adulte n’est arrivé. Un livre qui réclame une boîte de mouchoirs, mais qui vous laissera convaincu·e que le bonheur, même après le pire, reste possible.
8. 49 jours, je compterai pour toi (C. S. Quill, 2019)

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Chaque matin, depuis qu’elle a rencontré Sawyer Hall lors d’une exposition photo, Breen inscrit un nouveau chiffre dans la paume de sa main. 1, 2, 3… Le compte à rebours a commencé. Car Breen en est convaincue : son cœur est incapable d’aimer plus de 49 jours. Au quarante-neuvième jour, ses sentiments s’éteignent. Cela lui est déjà arrivé, à chaque relation. La question n’est donc pas de savoir si elle tombera amoureuse de Sawyer, mais ce qui se passera quand le compteur atteindra zéro.
C. S. Quill construit son roman sur une double narration — Breen au présent, aux côtés de Sawyer ; Breen dans son passé, où l’on découvre par fragments d’où vient cette conviction et quel drame se cache derrière cette limite des 49 jours. Les indices arrivent au compte-gouttes, et le lecteur·ice reconstitue le puzzle en même temps que Sawyer comprend que quelque chose cloche chez cette femme qu’il aime. Le récit se déroule en France, ce qui change agréablement du décor américain habituel du genre. Plus on approche du jour 49, plus la tension monte — et le dénouement frappe fort. Si vous avez aimé dans Nos âmes tourmentées cette envie de tourner les pages pour enfin comprendre ce que les personnages cachent, vous trouverez ici le même ressort, poussé encore un cran plus loin.
9. Promets-moi de vivre (Inès Leia, 2024)

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Anastasia a perdu sa sœur jumelle Ellie, emportée par la maladie. Depuis, Ana ne voit plus aucune raison de continuer — elle veut rejoindre sa sœur, tout simplement. Mais avant de mourir, Ellie lui a laissé une lettre et une bucket list — une liste de toutes les choses qu’elle aurait voulu faire elle-même : une série de défis à accomplir, de « danser dans un bar » à des missions plus intimes. Sa dernière volonté ? Qu’Ana les réalise tous avant de prendre quelque décision que ce soit sur sa propre vie.
C’est au moment de cocher la première case de cette liste qu’Ana croise Alex, un sportif universitaire entouré d’une bande d’amis soudés. Il ignore tout de ses tourments, mais il est du genre à revenir même quand on le repousse, à se pointer avec un sourire et un plan quand Ana n’a plus l’énergie d’en avoir un — et c’est ce qui finit par la faire baisser la garde, défi après défi. Le roman est structuré autour des missions de la bucket list — chaque chapitre correspond à une case cochée, et chaque case cochée est une petite victoire d’Ana contre son propre chagrin. C’est une lecture douce, portée par un groupe de personnages secondaires attachants (mention spéciale à Ezra, ami proche d’Alex), qui prouve qu’accomplir les rêves de quelqu’un qu’on a perdu peut, à la longue, devenir une raison de vivre pour soi.