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Que lire après « Absolu » de Margot Dessenne ?

Que lire après « Absolu » de Margot Dessenne ?

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Absolu est une trilogie de dystopie fantastique écrite par l’autrice française Margot Dessenne, dont le premier tome, Les Mobilisés, est paru en février 2023 aux éditions Big Bang (Bragelonne). On y suit Prym, Joanna et Edward, trois jeunes diplômé·es de la nation d’Erit — bâtie sur les ruines d’une Pologne ravagée — le jour où ils sont désignés pour être envoyés dans la Zone, un territoire muré au cœur de l’ancienne Varsovie où rôde la Chose, une créature créée par l’Homme qu’aucune des dix-neuf générations précédentes de mobilisés n’a réussi à vaincre. Personne n’est jamais revenu de la Zone. Roman choral au rythme soutenu, il s’est imposé comme une référence de la science-fiction young adult française, souvent comparée à Hunger Games et au Labyrinthe pour sa façon de jeter ses personnages dans un piège mortel dont beaucoup ne reviendront pas.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Hunger Games (Suzanne Collins, 2008)

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Dans la nation de Panem, érigée sur les décombres de l’Amérique du Nord, douze districts survivent sous la coupe du Capitole, une métropole qui impose chaque année un rituel brutal : les Hunger Games. Le principe est simple. Lors de la Moisson (une cérémonie de tirage au sort), un garçon et une fille de chaque district, âgés de douze à dix-huit ans, sont envoyés dans une arène pour s’entretuer en direct à la télévision. Sur vingt-quatre tributs, un·e seul·e survivra. Quand sa petite sœur Prim est désignée, Katniss Everdeen, seize ans, se porte volontaire à sa place. Armée de son arc et d’un instinct de survie forgé par des années de misère dans le district Douze — le plus pauvre de tous —, elle entre dans le jeu avec Peeta Mellark, le fils du boulanger, bien décidée à revenir vivante.

Ce qui fait la force de ce premier tome, c’est la tension entre le spectacle télévisé et l’horreur de ce qu’il implique. Suzanne Collins s’est nourrie du mythe de Thésée — ce héros grec envoyé dans le labyrinthe du Minotaure avec d’autres jeunes gens offerts en sacrifice —, des jeux du cirque romains (le nom même de Panem vient de la formule latine panem et circenses, « du pain et des jeux ») et de la téléréalité contemporaine. Le résultat est un univers où la mort des adolescents est un programme familial et où la survie exige autant de ruse politique que de force brute. Hunger Games partage avec Absolu cette mécanique implacable : des jeunes envoyés au massacre par un pouvoir qui prétend agir pour le bien commun. Et dans les deux cas, survivre suppose de perdre quelque chose en chemin — son innocence, ses certitudes, parfois ses proches.


2. L’Épreuve – Tome 1 : Le Labyrinthe (James Dashner, 2009)

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Thomas se réveille dans un ascenseur de métal sans le moindre souvenir, à l’exception de son prénom. Il débouche sur le Bloc, une vaste cour entourée de murs colossaux, où une quarantaine d’adolescents — les Blocards — ont organisé tant bien que mal leur survie : potager, élevage, dortoirs, répartition des tâches. De l’autre côté des quatre portes géantes qui se referment chaque soir, un labyrinthe change de configuration toutes les nuits. Il est peuplé de Griffeurs, des créatures mi-organiques mi-mécaniques, à la fois limaces et machines bardées de pointes, qui tuent quiconque se trouve encore dans les couloirs à la tombée de la nuit. Chaque jour, les Coureurs — les plus agiles et les plus courageux des Blocards — arpentent le labyrinthe pour en cartographier les mouvements, sans jamais trouver la sortie.

L’arrivée de Thomas, puis celle de Teresa — la première et unique fille jamais envoyée dans le Bloc —, va déstabiliser la communauté entière. Teresa peut communiquer avec Thomas par télépathie, et tous deux semblent avoir joué un rôle dans la conception du labyrinthe — un rôle dont ils n’ont plus aucun souvenir. Le roman repose sur un mystère central : pourquoi ces adolescents amnésiques sont-ils enfermés ici, et par qui ? Comme dans Absolu, on retrouve des jeunes piégés dans un lieu hostile, contraints de coopérer pour survivre sans jamais être certains de la fiabilité de leurs camarades. Et lorsque la vérité sur le labyrinthe commence à émerger, elle ne rassure personne : les réponses obtenues à la fin du premier tome sont plus inquiétantes que les questions qu’elles étaient censées résoudre.


3. Skyhunter (Marie Lu, 2020)

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La Fédération Karensa a englouti la quasi-totalité du monde connu. Seule Mara résiste encore, dernière nation libre, assiégée par les spectres — des humains capturés par la Fédération, transformés en créatures mutantes dénuées de conscience, puis lancés contre les frontières de Mara comme armes de guerre. Talin, une jeune réfugiée qui a perdu sa voix dans le conflit, a trouvé asile à Mara avec sa mère. Malgré le mépris que lui vouent les natifs du pays — pour qui les réfugiés restent des étrangers, même quand ils risquent leur vie pour défendre Mara —, elle est devenue abatteuse, membre de la force d’élite chargée de repousser les spectres. Un jour, un prisonnier est ramené du front. Red porte les cicatrices d’expériences pratiquées par la Fédération : il a été partiellement transformé, comme les spectres, mais a conservé sa conscience et sa volonté. Espion ou arme capable de renverser le cours de la guerre ?

Marie Lu, déjà connue pour sa série Legend, propose ici un récit de résistance dans un monde assiégé. L’originalité tient à son héroïne muette — qui communique exclusivement en langue des signes, ce qui est rare dans la fiction young adult — et à la façon dont le roman interroge le statut de réfugié. Talin se bat pour un pays qui la traite comme une citoyenne de seconde zone. Cette tension entre sacrifice et rejet est aussi au cœur d’Absolu : dans les deux récits, les personnages découvrent que la menace la plus insidieuse ne vient pas toujours de l’ennemi désigné, mais de leur propre camp — de ses dirigeants qui dissimulent des informations, de ses citoyens qui rejettent ceux qui ne leur ressemblent pas, de ses institutions qui servent d’abord leur propre survie.


4. Enclave (Ann Aguirre, 2011)

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La surface de la Terre est devenue inhabitable après des guerres et des épidémies. Les survivants se sont retranchés dans des colonies souterraines — les enclaves — reliées par un réseau de tunnels où rôdent les Monstres, des créatures anthropophages (c’est-à-dire qui se nourrissent de chair humaine). Trèfle a grandi dans cet univers claustrophobe où l’espérance de vie dépasse rarement vingt-cinq ans, où chaque individu reçoit un rôle strict à l’adolescence — Chasseur, Constructeur ou Reproducteur — et où les Aînés règnent sans partage. Le jour de ses quinze ans, elle obtient enfin le statut de Chasseuse qu’elle convoitait depuis toujours. Son coéquipier, Del, est un garçon taciturne qui, contrairement aux autres Blocards, affirme avoir des souvenirs d’avant l’enclave — et notamment d’un monde en surface que les Aînés prétendent invivable.

Quand Trèfle découvre que les Monstres deviennent plus intelligents — ils ne se contentent plus de charger aveuglément, ils tendent des pièges — et que les Aînés étouffent volontairement cette information, elle se retrouve bannie de la seule maison qu’elle ait jamais connue. L’exil, dans ce contexte, équivaut à une condamnation à mort : seule dans les tunnels, sans enclave pour s’abriter, la survie se compte en heures. Mais Del est banni avec elle, et ensemble, ils remontent vers la surface. Ce qu’ils y trouvent remet en cause tout ce que l’enclave leur a enseigné. Le lien avec Absolu tient à ce même mécanisme : un pouvoir qui ment à ses propres citoyens pour se maintenir en place, des jeunes qui paient le prix de ces mensonges, et une réalité sciemment occultée qui, une fois mise au jour, change tout.


5. Le Chaos en marche – Tome 1 : La Voix du couteau (Patrick Ness, 2008)

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Sur Nouveau Monde, une planète colonisée par des Terriens, un virus a rendu toutes les pensées audibles : c’est le Bruit, un flot incessant d’images, de mots et d’émotions que chacun peut percevoir chez les autres. Concrètement, personne ne peut mentir, garder un secret ou même avoir une pensée intime sans que son entourage l’entende. Enfin, chez les hommes. Car les femmes ne sont pas affectées par le Bruit : leurs pensées restent silencieuses. Or, à Prentissville, la ville de Todd Hewitt, il n’y a plus aucune femme. Todd, bientôt treize ans, est le plus jeune habitant de la ville — et donc le dernier garçon : tous les autres ont déjà atteint l’âge adulte. On lui a dit que les femmes avaient toutes été tuées par le virus lors de la guerre contre les Spackles, les autochtones de la planète. Mais un jour, dans un marais, Todd découvre un trou dans le Bruit : un silence. Quelqu’un, tout près, n’émet aucune pensée. Cette découverte va le forcer à fuir Prentissville, accompagné de son chien Manchee, et à remettre en question tout ce qu’on lui a appris.

Patrick Ness a fait un choix formel singulier : le texte est écrit dans la voix de Todd, avec ses fautes d’orthographe, ses raccourcis grammaticaux et son vocabulaire limité — reflet d’une éducation volontairement sabotée par les adultes de Prentissville pour garder les jeunes dans l’ignorance. Ce n’est pas un gadget : cette narration brute, maladroite et sincère fait ressentir de l’intérieur ce que signifie grandir dans une société qui contrôle l’information. La Voix du couteau est à la fois une course-poursuite haletante et une réflexion sur le mensonge collectif, la violence comme norme sociale et le courage qu’il faut pour refuser la version du monde que votre communauté vous impose. On pense à Absolu, où les personnages découvrent progressivement que les autorités d’Erit ne leur ont pas tout dit sur la Zone, sur la Chose et sur les véritables raisons de leur mobilisation — et où cette prise de conscience est tout aussi douloureuse que libératrice.


6. Autre-Monde – Tome 1 : L’Alliance des Trois (Maxime Chattam, 2008)

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New York, de nos jours. Matt et Tobias, deux adolescents amis d’enfance, assistent à une tempête d’une violence inédite. Des éclairs bleus parcourent les immeubles, désintègrent certains adultes et en transforment d’autres en mutants agressifs. Au matin, le monde a changé : les adultes ont disparu ou sont devenus des Cyniks, hostiles et imprévisibles. La nature, elle, a repris ses droits en quelques heures — les rues sont envahies par la végétation, la faune s’est métamorphosée, et de nouvelles créatures ont fait leur apparition. Matt et Tobias se réfugient sur une île où 77 enfants et adolescents rescapés — qui se baptisent les Pans, en référence à Peter Pan — tentent de s’organiser pour survivre dans ce monde sans adultes. Avec Ambre, une jeune fille déterminée, ils forment l’Alliance des Trois et partent à la découverte de cet univers transformé, peuplé de créatures redoutables (les Gloutons, entre autres) et de territoires inconnus.

Maxime Chattam, habituellement associé au thriller noir pour adultes (L’Âme du mal, In Tenebris), a surpris son lectorat avec cette saga fantastique. Parmi ses influences revendiquées : Sa Majesté des mouches de William Golding (un classique de 1954 sur un groupe d’enfants livrés à eux-mêmes après un crash d’avion), Le Paradis perdu de John Milton et l’univers de Tolkien. Le résultat est une aventure dense, portée par un bestiaire inventif et un environnement post-apocalyptique où la nature reprend le dessus avec brutalité : la végétation étouffe les villes, les animaux mutent, le climat se dérègle. Si Absolu enferme ses personnages dans la Zone, Autre-Monde leur offre un espace immense mais tout aussi hostile. Le point commun fondamental : des adolescents privés d’adultes, contraints de fonder leurs propres règles, de choisir leurs combats et de vivre avec les conséquences — y compris quand ces conséquences sont irréversibles.


7. L’Élite – Tome 1 : Résilience (Joelle Charbonneau, 2013)

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La Terre a été ravagée par les Sept Guerres, des conflits qui ont détruit une bonne partie de la planète et contaminé durablement les sols et les eaux. Ce qu’il reste du monde est divisé en Communautés, supervisées par une Capitale qui orchestre la reconstruction — un chantier titanesque, puisque des zones entières demeurent empoisonnées et inhabitables. Pour sélectionner les futurs dirigeants de cette société en reconstruction, le gouvernement organise le Test : une série d’épreuves intellectuelles, physiques et psychologiques réservées aux adolescent·es les plus brillant·es de chaque Communauté. Cia, seize ans, vit dans la colonie des Cinq Lacs avec sa famille. Quand elle est choisie pour le Test, son père — qui l’a lui-même subi des années plus tôt et n’en garde que des cauchemars sans contours précis, comme si on avait effacé sa mémoire — lui adresse un unique conseil : ne faire confiance à personne.

Le conseil s’avère judicieux. Car le Test ne se contente pas de classer les candidat·es : il les élimine, au sens propre. Derrière les épreuves de logique et les traversées de zones contaminées par les retombées des guerres passées, les candidat·es qui échouent ne sont pas renvoyé·es chez eux : ils et elles disparaissent, purement et simplement. Cia va devoir mobiliser son intelligence, ses connaissances en sciences naturelles et une méfiance de chaque instant pour rester en vie — y compris vis-à-vis de Tomas, son allié le plus proche, dont les intentions restent ambiguës jusqu’au bout. Ce qui relie Résilience à Absolu, c’est cette idée glaçante d’un système qui sacrifie sa jeunesse au nom d’un idéal de reconstruction, puis efface méticuleusement les traces de sa propre cruauté — jusqu’à supprimer les souvenirs des survivants.


8. Red Rising (Pierce Brown, 2014)

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Darrow a seize ans et vit sous la surface de Mars. Il est un Rouge, le rang le plus bas d’une société futuriste rigidement stratifiée par couleurs : chaque caste — identifiable à la couleur de ses cheveux et de ses yeux — a une fonction précise, des Rouges qui extraient les minerais au fond des mines jusqu’aux Ors, la caste dirigeante, génétiquement modifiée pour être plus grande, plus forte et plus résistante que les autres. Les Rouges travaillent dans des conditions épouvantables, persuadés que leur labeur sert à terraformer Mars pour les générations futures. C’est un mensonge. Mars est déjà terraformée depuis des siècles : la surface regorge de villes, de parcs et de palais dont les Rouges ignorent l’existence. Quand Eo, la femme que Darrow aime, est exécutée publiquement pour avoir chanté un hymne de révolte interdit, il est recruté par les Fils d’Arès, un mouvement de résistance clandestin, et physiquement transformé en Or. Sa mission : infiltrer l’Institut — l’école d’élite où se forme la future classe dirigeante — et gravir les échelons pour détruire le système de l’intérieur.

Le premier tome de Red Rising transpose la dystopie sur Mars et y ajoute de la stratégie militaire et des complots politiques. L’Institut fonctionne comme un terrain de guerre grandeur nature : les apprentis Ors y sont répartis en Maisons (nommées d’après les dieux romains — Mars, Minerve, Diane…) et doivent conquérir le territoire des autres factions pour l’emporter. Darrow doit s’y imposer comme un Or parmi les Ors, sans jamais laisser transparaître ses origines de Rouge — la moindre erreur lui serait fatale. Les alliances se font et se défont au gré des intérêts de chacun, et la frontière entre ami et adversaire reste floue du début à la fin. Comme dans Absolu, la question centrale dépasse la simple survie : elle porte sur ce qu’on accepte de sacrifier — de soi-même autant que des autres — pour atteindre son objectif, et sur la personne qu’on devient une fois ce prix payé.