Le Pays des contes (The Land of Stories) est une série de six romans de fantasy jeunesse écrite par l’acteur et auteur américain Chris Colfer (connu pour son rôle de Kurt Hummel dans la série télévisée Glee), publiée entre 2012 et 2017 aux États-Unis et entre 2013 et 2018 en France (éditions Michel Lafon). On y suit les aventures des jumeaux Alex et Conner Bailey, propulsés dans un univers parallèle où les personnages de contes de fées sont bien réels — mais pas toujours tels qu’on les imagine. Boucle d’Or y est une criminelle recherchée, Blanche-Neige cache un lourd secret et le Petit Chaperon Rouge n’a plus peur de grand-chose. Les six tomes se sont écoulés à plus de 300 000 exemplaires rien qu’en France.
Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici des suggestions dans la même veine. Tous ces titres s’adressent à une tranche d’âge comparable à celle du Pays des contes — c’est-à-dire, selon les éditions et les libraires, entre 8 et 13 ans environ (rien n’interdit aux adultes de s’y glisser aussi, bien entendu).
1. Une histoire – Tome 1 : Une histoire de magie (Chris Colfer, 2019)

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Impossible de quitter l’univers du Pays des contes sans évoquer sa préquelle. Une histoire de magie se déroule bien avant la naissance d’Alex et Conner, à une époque où la magie est purement et simplement illégale au Pays des contes. Les enfants qui manifestent des dons sont envoyés au bagne, et les femmes n’ont même pas le droit de lire — on est plus proche du Moyen Âge que du « il était une fois ». C’est dans ce contexte que l’on fait la connaissance de Brystal Evergreen, quatorze ans, fille d’un Justicier du Royaume du Sud, dévorée par la passion de la lecture et bien décidée à ne pas finir en épouse modèle.
Lorsque Brystal découvre par accident qu’elle est une fée, elle est aussitôt condamnée et envoyée dans un centre de détention. Sauvée de justesse par l’excentrique Madame Mûredutemps, elle rejoint une académie de magie clandestine aux côtés d’autres jeunes prodiges : Xanthous (qui met involontairement le feu à tout ce qu’il touche), Emeralda (capable de transformer les objets en pierres précieuses) ou Lucy, une fille au caractère volcanique dotée d’une voix aux effets dévastateurs. Mais Madame Mûredutemps disparaît avant d’avoir fini de les former, et une certaine Reine des Neiges menace de plonger le Pays des contes dans le chaos.
Les fans du Pays des contes retrouveront ici les fondations de cet univers : les origines du Conseil des Fées, la naissance de la société magique, et les premiers pas de personnages qu’ils connaissent déjà sous une autre forme. Le récit aborde aussi, à travers la condition de Brystal, des questions de discrimination et d’émancipation — sans sacrifier le ton léger et les répliques mordantes qui faisaient le sel de la série précédente. La série Une histoire compte trois tomes.
Tranche d’âge conseillée : dès 8 ou 9 ans selon les sources (l’éditeur américain indique 8-12 ans).
2. L’École du Bien et du Mal (Soman Chainani, 2013)

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Et si les héros et les méchants de contes de fées n’étaient pas nés ainsi, mais formés dans une école ? Dans le village de Gavaldon, tous les quatre ans, deux enfants sont enlevés par un mystérieux Maître d’école et envoyés étudier dans la légendaire institution. Sophie, blonde et convaincue d’être une future princesse, ne doute pas une seconde de sa destinée. Agatha, cynique, solitaire et toute de noir vêtue, semble taillée pour le rôle de la sorcière. Sauf que, le soir de l’enlèvement, Sophie atterrit… à l’École du Mal. Et Agatha à l’École du Bien.
À partir de cette inversion, le roman ne cesse de retourner les apparences. Sophie, persuadée qu’il y a erreur, va tout faire pour rejoindre « le bon côté » — quitte à se montrer de plus en plus cruelle pour y parvenir. Agatha, elle, découvre que sa gentillesse vaut bien les pantoufles de verre de sa camarade. L’intrigue traverse épreuves scolaires, alliances et trahisons sur près de 500 pages, et Soman Chainani prend un malin plaisir à retourner un par un les automatismes du conte de fées : ici, la beauté ne garantit pas la bonté, et la noirceur d’une garde-robe ne dit rien de la personne qui la porte. Le ton oscille entre l’humour de Shrek et l’étrangeté d’un dessin animé de Tim Burton. La série compte six tomes principaux, et un film Netflix a vu le jour en 2022.
Tranche d’âge conseillée : l’éditeur américain indique 8-12 ans, la Fnac dès 9 ans, mais certains parents et libraires le recommandent plutôt à partir de 10-11 ans en raison de thèmes parfois plus matures.
3. Nevermoor – Tome 1 : Les Défis de Morrigane Crow (Jessica Townsend, 2017)

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Morrigane Crow est née le jour du Merveillon, ce qui, dans son monde, signifie deux choses : elle est maudite, et elle est condamnée à mourir le soir de ses onze ans. Toute sa vie, on lui a reproché chaque catastrophe survenue dans les environs — inondation, épidémie, chute d’arbre : tout est toujours de la faute de Morrigane. Le soir fatidique, alors que son cercueil l’attend déjà (oui, vraiment), un homme roux et passablement excentrique nommé Jupiter Nord débarque pour l’arracher à son sort et l’emmener dans le royaume de Nevermoor.
Là-bas, Morrigane se retrouve dans un univers dont la moindre rue réserve une surprise : l’Hôtel Deucalion, dont les chambres changent de décor selon l’humeur de leurs occupants ; Fenestra, une gigantesque chatte capable de parler, au caractère épouvantable et au cœur d’or (ce qu’on appelle, dans le jargon local, une magnifichat) ; des parapluies qui servent de moyens de transport ; et la très convoitée Société Wundrous, une organisation d’élite dont l’accès passe par une série d’épreuves redoutables. Pour y entrer, chaque candidat·e doit prouver qu’il ou elle possède un talent unique — le fameux Truc (un don propre à chacun : l’un maîtrise le feu, l’autre dompte les animaux, etc.). Le problème, c’est que Morrigane ignore totalement quel est le sien. Et dans l’ombre, une menace bien plus ancienne rôde : le Wundereur, un être redouté dont on ne prononce le nom qu’à voix basse et qui semble étrangement lié au passé de Morrigane.
Jessica Townsend a bâti un univers où chaque page apporte son lot d’inventions — on ne s’étonne plus de croiser un dresseur de dragons dans l’ascenseur ni de voir un lustre se déplacer tout seul. La série, vendue dans trente-six pays, compte quatre tomes à ce jour.
Tranche d’âge conseillée : dès 9 ans selon Pocket Jeunesse et la Fnac.
4. Fablehaven – Tome 1 : Le Sanctuaire secret (Brandon Mull, 2006)

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Kendra (treize ans, prudente, respectueuse des règles) et Seth (onze ans, incapable de résister à un interdit — ce qui, dans une réserve de créatures magiques, relève du sport extrême) sont envoyés chez leurs grands-parents pour les vacances. Rien qui fasse rêver a priori, d’autant que le grand-père se comporte de façon étrange et que la grand-mère est inexplicablement absente. Mais le domaine familial n’est pas une propriété ordinaire : c’est Fablehaven, un sanctuaire secret où se réfugient depuis des siècles les créatures fantastiques du monde entier — fées, satyres, naïades, ogres, sorcières et autres êtres dont il vaut mieux ne pas croiser le regard après la tombée de la nuit.
Le grand-père, Stan Sorenson, en est le gardien, et les règles de cohabitation entre humains et créatures reposent sur un équilibre fragile. Un équilibre que Seth, avec son talent inné pour ignorer les consignes, ne va pas tarder à perturber. La sorcière Muriel attend dans sa prison de cordes enchantées qu’un imprudent vienne dénouer un nœud de trop, et un démon redoutable menace de détruire le sanctuaire. Heureusement, entre Léna (l’ancienne naïade devenue gouvernante) et les satyres farceurs Newel et Doren, Kendra et Seth ne manquent pas d’alliés.
Brandon Mull prend le temps de poser son univers et ses règles avec soin. Ici, pas de manichéisme simpliste : les fées peuvent se montrer cruelles, les créatures réputées malfaisantes ont leurs raisons, et la frontière entre protection et danger est plus mince qu’il n’y paraît. La série Fablehaven compte cinq tomes, suivis d’une suite intitulée Dragonwatch.
Tranche d’âge conseillée : Nathan et Pocket Jeunesse classent la série à partir de 10-12 ans, la Fnac indique « dès 12 ans » ou « dès 13 ans » selon le format, tandis que l’éditeur américain vise les 8-12 ans.
5. Pages & Compagnie (Anna James, 2018)

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Voilà un roman qui semble avoir été écrit pour les dévoreuses et dévoreurs de livres. Matilda Pages — Tilly pour les intimes —, onze ans, vit chez ses grands-parents au-dessus de leur librairie londonienne, Pages & Compagnie. Sa mère a disparu sans laisser de trace quand elle était bébé, et son père est inconnu. Depuis, Tilly trouve refuge dans les histoires et passe le plus clair de son temps plongée dans des classiques de la littérature.
Un jour, pourtant, les histoires viennent à elle. Tilly se retrouve nez à nez dans la librairie avec Alice (oui, celle du Pays des Merveilles) et Anne Shirley (celle de la maison aux pignons verts), bien décidées à se balader dans le monde réel. Mieux encore : Tilly réalise qu’elle est capable de voyager à l’intérieur des livres — un don que l’on appelle ici être « exploratrice de livres ». Avec son ami Oskar, elle va se lancer dans des aventures littéraires au sens très littéral du terme. Mais ces voyages ont leurs règles et leurs dangers : un personnage croisé entre les pages peut blesser pour de vrai, et un inconnu au comportement suspect rôde dans le sillage de Tilly, apparemment lié à la disparition de sa mère.
Anna James — ancienne bibliothécaire, ce qui n’est sans doute pas un hasard — a construit son roman autour de deux fils conducteurs : les voyages de Tilly dans des classiques de la littérature anglaise (l’occasion de recroiser Sara Crewe de Princesse Sara ou de prendre le thé en compagnie du Chapelier fou) et l’enquête sur le sort de sa mère, dont on comprend vite qu’il est lié au monde des livres. La série compte six tomes.
Tranche d’âge conseillée : l’éditeur et l’autrice visent les lectrices et lecteurs à partir de 7-8 ans ; les libraires le classent entre 8 et 12 ans.
6. Les Voleurs d’histoires (James Riley, 2015)

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Même idée de départ que Pages & Compagnie — des personnages qui voyagent dans les livres — mais le traitement est radicalement différent : ici, tout va très vite, l’humour est omniprésent et le ton ne se prend jamais au sérieux. Finn s’ennuie ferme dans sa vie quotidienne : les cours de géographie et les fractions ne rivalisent pas avec les aventures de son héros favori, Kiel-Pied-de-Gnome, protagoniste d’une saga de fantasy en sept tomes (une sorte de parodie d’Harry Potter, assumée et savoureuse). Tout change le jour où il surprend sa camarade Andie en train de s’extirper d’un exemplaire de Charlie et la chocolaterie. Littéralement.
Andie possède le pouvoir de plonger à l’intérieur des livres, un secret qu’elle garde farouchement. Moitié réelle, moitié fictive (son père est un personnage de roman, disparu quelque part entre les pages), elle a une règle d’or : on ne touche à rien, on n’interfère jamais avec l’histoire. Finn, évidemment, n’a pas du tout l’intention de respecter cette consigne. Son plan ? Rejoindre l’univers de Kiel-Pied-de-Gnome et vivre enfin la grande aventure. Ce qui va, sans surprise, provoquer un joyeux chaos entre monde fictif et monde réel.
L’une des particularités de James Riley est de jouer en permanence avec la frontière entre le livre et son lecteur : les personnages savent qu’ils sont dans une histoire, commentent les ficelles du genre et interpellent même, à l’occasion, la personne qui tient le roman entre ses mains. Le résultat est un récit qui se moque joyeusement de ses propres conventions et dont le rythme ne faiblit jamais. La série compte cinq tomes.
Tranche d’âge conseillée : l’éditeur américain indique 8-12 ans ; Pocket Jeunesse et la Fnac le classent entre 9 et 13 ans selon les formats ; des libraires québécois dans la tranche 10-14 ans.
7. Gardiens des Cités perdues (Shannon Messenger, 2012)

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Sophie Foster a douze ans, une mémoire photographique et un don qu’elle n’a jamais confié à personne : elle entend les pensées des gens autour d’elle. Pour survivre au vacarme constant, elle porte un casque sur les oreilles en permanence — ce qui ne l’aide pas franchement à se faire des amis au collège. Un matin, lors d’une sortie scolaire au musée, un garçon aux yeux turquoise nommé Fitz l’aborde et lui annonce qu’elle n’est pas humaine : elle est une elfe, et il est temps pour elle de regagner son véritable monde.
Sophie est alors emmenée dans les Cités perdues : le monde caché des elfes, dissimulé depuis des millénaires aux yeux des humains. L’Atlantide ? Elle existe, et elle est habitée. Shangri-La ? Pareil. Les elfes vivent dans des cités aux architectures impossibles, maîtrisent des technologies qui dépassent de loin celles des humains, et possèdent chacun un ou plusieurs talents — des pouvoirs liés à l’esprit. Sophie intègre l’académie Foxfire et se lie d’amitié avec Dex (un inventeur plein de ressources), Keefe (un farceur qui utilise l’humour pour tenir à distance ses propres problèmes familiaux) et Biana (la sœur de Fitz). Mais sous la perfection apparente de ce monde, des zones d’ombre subsistent : Sophie a été conçue par une organisation clandestine, le Cygne Noir, pour des raisons qu’elle ignore, et un groupe de dissidents appelés les Invisibles — des elfes qui contestent l’ordre établi et n’hésitent pas à recourir à la violence — sème le trouble.
Shannon Messenger a conçu un univers très construit, avec son propre système de pouvoirs (Sophie est à la fois Télépathe, Instillatrice, Polyglotte et quelques autres choses encore), sa hiérarchie politique complexe, ses créatures propres (les alicornes — à mi-chemin entre licornes et pégases — méritent à elles seules le détour) et des intrigues dont chaque tome ne résout qu’une partie, à la manière d’une série télévisée. La saga, toujours en cours, dépasse les dix tomes — autant dire qu’il y a de quoi s’occuper un bon moment.
Tranche d’âge conseillée : la Fnac classe la série « dès 9 ans » en poche, Cultura « dès 12 ans ».