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Que lire après « Les Piliers de la Terre » de Ken Follett ?

Que lire après « Les Piliers de la Terre » de Ken Follett ?

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Publié en 1989, Les Piliers de la Terre est un roman historique de Ken Follett dont l’action se déroule dans l’Angleterre du XIIe siècle. On y suit la construction d’une cathédrale fictive dans la ville de Kingsbridge, à travers les destins croisés de Tom le bâtisseur, du prieur Philip, de Jack et d’Aliena, sur fond de guerre civile entre Étienne de Blois et l’impératrice Mathilde. Traduit dans le monde entier et vendu à plus de 25 millions d’exemplaires, le roman a imposé un modèle du genre et donné naissance à la saga de Kingsbridge, prolongée notamment par Un monde sans fin (2007), Une colonne de feu (2017) et Le Crépuscule et l’Aube (2020).

Si vous êtes à la recherche de lectures du même genre, voici quelques pistes.


1. La Cathédrale de la mer (Ildefonso Falcones, 2006)

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Barcelone, XIVe siècle. Tandis que s’élève l’église Santa Maria del Mar — un édifice gothique bien réel, toujours visible aujourd’hui dans le quartier de la Ribera —, le jeune Arnau Estanyol, fils d’un serf en fuite, grandit à l’ombre de ses échafaudages. D’abord bastaix (porteur de pierres pour le chantier), il gravira tous les échelons de la société catalane jusqu’à devenir consul de la mer et proche du roi. Mais rien n’est donné : la Grande Peste, la persécution des juifs et l’Inquisition jalonneront son parcours sur près de soixante ans.

Ce qui fait la force du roman de Falcones — avocat barcelonais de formation, qui a consacré dix années à son écriture —, c’est l’ancrage dans une Barcelone médiévale restituée avec une précision de juriste. Contrairement à Kingsbridge, la cathédrale ici n’est pas le centre absolu de l’intrigue : elle sert de repère immobile autour duquel la vie d’Arnau se fait et se défait, au gré des guerres, des épidémies et des trahisons. Le roman a été traduit dans une trentaine de langues, s’est écoulé à plus de deux millions d’exemplaires et a donné lieu à une série télévisée espagnole diffusée sur Netflix.


2. Le Printemps des cathédrales (Jean Diwo, 2002)

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Jean Diwo relève davantage de la chronique historique que du roman d’aventure. On y suit la famille Pasquier, lignée d’architectes et de bâtisseurs, depuis les premiers travaux de l’abbé Suger à la basilique de Saint-Denis — considérée comme le berceau de l’architecture gothique — jusqu’à l’édification de la Sainte-Chapelle, via les chantiers de Sens, Chartres, Canterbury et Notre-Dame de Paris. Le tout couvre l’essentiel du XIIe siècle, de Louis VI à Louis IX.

Diwo est plus technique que Follett et moins soucieux de tenir le lecteur en haleine. Là où Les Piliers de la Terre fonctionne comme un page-turner ponctué de rebondissements spectaculaires, Le Printemps des cathédrales prend le temps de décrire les innovations de la croisée d’ogives, les rivalités entre sculpteurs, les secrets des compagnons. On y apprend comment ces hommes ont inventé un art nouveau avec pour seuls outils leurs bras, leur géométrie et leur foi. Si les passages architecturaux de Follett vous ont plu, Diwo pousse la porte de l’atelier un peu plus loin.


3. Le Passeur de lumière (Bernard Tirtiaux, 1993)

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Si les cathédrales sont de pierre, elles sont aussi de verre et de lumière. Le Belge Bernard Tirtiaux — lui-même maître verrier, avec plus de 500 vitraux à son actif — a choisi de raconter cette face-là. Son héros, Nivard de Chassepierre, est un jeune orfèvre wallon du XIIe siècle. Contraint de fuir après un meurtre, il se lance dans un périple qui le conduira de la Bavière à Saint-Denis, du Mans à Chartres, et jusqu’en Orient, à la recherche des secrets de fabrication du verre coloré.

Le roman tient à la fois du récit d’aventure, du roman d’initiation et de l’hommage au geste artisanal. On sent, à chaque page consacrée au travail du verre, que l’auteur parle d’un savoir qu’il possède dans ses mains autant que dans sa tête. Tirtiaux a une écriture très lyrique — parfois jusqu’à l’excès, diront certains — mais c’est aussi ce souffle poétique qui donne au livre sa tonalité à part. À réserver à celles et ceux qui acceptent qu’un roman prenne son temps, pourvu que la lumière soit au bout.


4. Le Médecin d’Ispahan (Noah Gordon, 1986)

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Changement de décor radical. Nous voilà à Londres en 1021, auprès du jeune Rob Cole, orphelin recueilli par un barbier-chirurgien itinérant. Rob possède un don troublant : lorsqu’il prend la main d’un malade, il perçoit si la mort est proche. Obsédé par l’idée de guérir plutôt que de simplement soulager, il apprend que la meilleure école de médecine au monde se trouve à Ispahan, en Perse, sous la tutelle du légendaire Ibn Sina (Avicenne). Problème : seuls les musulmans et les juifs y sont admis. Rob se fera donc passer pour juif sous le nom de Jesse Ben Benjamin — et traversera l’Europe entière à une époque où le voyage était déjà en soi une aventure de survie.

Noah Gordon, ancien journaliste médical américain, a construit un roman de près de 700 pages, à mi-chemin entre le récit d’apprentissage et le panorama géopolitique du XIe siècle. Le contraste entre l’Angleterre fruste et la Perse raffinée, entre la superstition occidentale et le savoir scientifique oriental, transforme le roman en récit de voyage doublé d’un renversement de perspective : au XIe siècle, c’est l’Orient qui enseigne et l’Occident qui apprend. Vendu à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde, le roman a été porté à l’écran en 2013.


5. Le Nom de la rose (Umberto Eco, 1980)

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Celui-ci, on ne le présente plus — ou si peu. En 1327, l’ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville (dont le nom est un clin d’œil assumé à Conan Doyle) et son jeune secrétaire Adso de Melk arrivent dans une abbaye bénédictine perchée entre Provence et Ligurie. Un moine a été retrouvé mort au pied des murailles. Puis un deuxième. Puis un troisième. Les meurtres s’enchaînent au rythme des heures canoniales, et tout semble converger vers la bibliothèque — un labyrinthe interdit dont seul le bibliothécaire détient la clé.

Umberto Eco, sémiologue, médiéviste et professeur à Bologne, a signé avec ce premier roman un livre qui refuse de choisir son camp : polar médiéval, traité de philosophie déguisé, réflexion sur le pouvoir du savoir et la dangerosité du rire — tout à la fois. Là où Follett privilégie l’efficacité narrative, Eco se plaît à empiler les strates d’érudition — ce qui peut dérouter, mais récompense celles et ceux qui persévèrent. Prix Médicis étranger 1982, adapté au cinéma en 1986 par Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery, le roman s’est vendu à plus de 50 millions d’exemplaires. Une paille.


6. Les Rois maudits – Tome 1 : Le Roi de fer (Maurice Druon, 1955)

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1314. Sur le bûcher, le grand maître des Templiers Jacques de Molay lance sa célèbre malédiction : il cite au tribunal de Dieu le pape Clément V, le roi Philippe le Bel et le chevalier Guillaume de Nogaret — « maudits jusqu’à la treizième génération ». Ce qui suit, au fil des sept tomes de la saga, c’est la réalisation méthodique de cette prophétie : les rois se succèdent sur le trône de France mais n’y restent jamais bien longtemps, entre adultères princiers (le scandale de la tour de Nesle), empoisonnements, luttes de succession et guerres fratricides qui mèneront tout droit à la guerre de Cent Ans.

George R. R. Martin — oui, l’auteur du Trône de fer — a publiquement reconnu s’être inspiré des Rois maudits. Il a même écrit que « les Capétiens et les Plantagenêts n’ont rien à envier aux Stark et aux Lannister ». De la part de l’homme qui a décimé la moitié de ses propres personnages, c’est un compliment de poids. Druon, académicien et prix Goncourt (pour Les Grandes Familles), offre ici une mécanique politique d’une efficacité redoutable. Le premier tome pose les pièces de l’échiquier ; les suivants les font tomber une à une.


7. La Trilogie d’Arn le Templier – Tome 1 : Le Chemin de Jérusalem (Jan Guillou, 1998)

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Avec Jan Guillou — journaliste et romancier suédois, né en 1944 d’un père breton et d’une mère norvégienne —, on délaisse la France et l’Angleterre pour la Scandinavie médiévale. En 1150, dans un territoire qui deviendra la Suède, le jeune Arn Magnusson est confié aux moines cisterciens de l’abbaye de Varnhem. Formé aussi bien au latin qu’au combat par frère Guilbert (un ancien chevalier du Temple), Arn devient un guerrier redouté, mais aussi un homme capable de respecter l’adversaire — qualité qui lui sera plus utile en Orient que la maîtrise de l’épée. Un amour interdit avec Cecilia le condamnera pourtant à vingt ans de pénitence en Terre sainte, au sein de l’ordre des Templiers.

Ce premier volet couvre la jeunesse d’Arn et les rivalités politiques du Västra Götaland. Guillou prend à contre-pied la vision d’un Moyen Âge uniformément sombre : il montre un Nord dynamique, fraîchement converti au christianisme, où les rapports entre clans sont aussi brutaux que subtils. La suite de la trilogie (Le Chevalier du Temple et Le Royaume au bout du chemin) emmènera Arn face à Saladin et aux croisades, avant son retour en Suède — où il posera les fondations de ce qui deviendra un royaume unifié. Un dépaysement salutaire pour qui a l’habitude de ne croiser que des rois capétiens ou des barons normands.


8. Fortune de France (Robert Merle, 1977)

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On quitte le Moyen Âge pour le XVIe siècle, mais l’esprit reste le même : celui d’une saga ambitieuse, portée par un souci d’exactitude historique que Robert Merle revendiquait au point de se dire plus proche de Flaubert que de Dumas. De la mort de François Ier en 1547 à l’édit de Nantes, la France s’enfonce dans les guerres de Religion. Dans ce chaos grandit Pierre de Siorac, rejeton d’une famille de hobereaux huguenots du Périgord, héros et narrateur du roman.

La grande originalité de Merle tient à la langue. Inspiré par Thackeray (qui racontait L’Histoire de Henry Esmond dans l’anglais du XVIIIe siècle), il a recréé un mélange savoureux de français du XVIe siècle et d’occitan, suffisamment aménagé pour rester lisible. L’effet est saisissant : on se retrouve immergé dans le quotidien des Siorac, entre sièges de château, épidémies de peste, ruses de survie et rencontres avec des figures comme Étienne de La Boétie. La saga compte treize tomes (six millions d’exemplaires vendus, dont un million pour ce seul premier volume) et a été adaptée en série télévisée, diffusée sur France 2 en 2024. De quoi voir venir pour les longues soirées d’hiver.


9. La Compagnie des menteurs (Karen Maitland, 2008)

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Été 1348. La peste noire vient de frapper l’Angleterre. Sur les routes d’un pays en proie à la panique, neuf parias que rien ne destinait à se rencontrer décident de voyager ensemble vers le nord pour échapper à la contagion. Il y a Camelot, vendeur de fausses reliques et narrateur du récit ; Zophiel, magicien irascible ; Rodrigo et Joffre, musiciens italiens ; Cygnus, conteur borgne doté d’une aile à la place du bras ; Osmond et Adela, un couple dont la femme est enceinte ; Plaisance, sage-femme ; et la très inquiétante Narigorm, une enfant aux cheveux blancs qui lit l’avenir dans les runes. Bientôt, les membres du groupe commencent à mourir un par un — et pas de la peste.

Élu meilleur thriller historique de l’année par le New York Times, le roman de Karen Maitland s’apparente à un road movie médiéval croisé avec Ils étaient dix d’Agatha Christie. Chaque personnage traîne un secret ; les masques tombent à mesure que les cadavres s’accumulent. L’ambiance est poisseuse, le folklore païen omniprésent, et le dénouement réserve un coup de théâtre glacial. Maitland, titulaire d’un doctorat en psycholinguistique, a le don de restituer un Moyen Âge où superstition et terreur règlent le quotidien. On en sort avec de la boue sur les semelles et une envie tenace de vérifier que personne ne nous suit.