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Que lire après « Les Nombrils » de Dubuc et Delaf ?

Que lire après « Les Nombrils » de Dubuc et Delaf ?

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Les Nombrils est une série de bande dessinée québécoise créée par Maryse Dubuc (scénario) et Marc Delafontaine, dit Delaf (dessin), publiée aux éditions Dupuis depuis 2006 après une prépublication dans le magazine Spirou à partir de 2005. Elle met en scène trois adolescentes — Vicky, peste machiavélique, Jenny, bimbo rousse au QI inversement proportionnel à son assurance, et Karine, grande bringue mal dans sa peau qui leur sert de souffre-douleur — dans leurs aventures au lycée, entre coups bas, amourettes et humiliations.

D’abord construite autour de gags en une planche, la série se transforme progressivement en feuilleton : les personnages gagnent en profondeur, les enjeux deviennent plus sérieux, et les auteurs abordent le harcèlement, la différence ou l’homosexualité. Récompensée à plusieurs reprises (prix Albéric-Bourgeois, Éléphant d’or du festival de Chambéry, Joe Shuster Award), Les Nombrils s’est écoulée à plus de 2,5 millions d’exemplaires en langue française. La série est en suspens depuis la séparation de ses deux auteurs, qui formaient également un couple dans la vie.

Si vous êtes à la recherche de lectures dans le même esprit, voici quelques recommandations : des BD et mangas où l’on retrouve des adolescent·es aux prises avec les amitiés toxiques, les complexes, les histoires de cœur et les petites cruautés du quotidien. Les titres présentés ci-dessous s’adressent globalement à la même tranche d’âge que Les Nombrils, c’est-à-dire un lectorat allant des pré-adolescent·es aux jeunes adultes.


1. Les Vacheries des Nombrils (Delaf et Dubuc, 2017)

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Pour celles et ceux qui ne sont pas prêt·es à quitter l’univers des Nombrils, il existe ce spin-off (série dérivée) signé par le même duo. Les Vacheries des Nombrils est une série parallèle de gags en une ou deux planches, qui fait office de préquel : on y retrouve Jenny, Vicky et Karine à une époque antérieure à la série principale, quand les rôles étaient encore figés — Vicky mordante, Jenny bébête, Karine corvéable à merci. Le premier tome, Vachement copines, paraît en 2017, suivi de Une fille en or en 2019, tous deux aux éditions Dupuis.

Là où les derniers tomes des Nombrils avaient pris un virage dramatique (accidents, révélations, suspense), Les Vacheries reviennent à un humour 100 % vache : plans foireux pour piquer le copain d’une autre, moqueries entre « amies », coups de poignard dans le dos avec le sourire. C’est l’occasion pour les auteurs de développer des situations que le format resserré de la série-mère (44 pages par album, trois personnages principaux, des secondaires en pagaille) n’avait pas permis de creuser. Le format court — un ou deux gags par planche, sans fil narratif imposé — offre aussi une porte d’entrée facile pour découvrir les personnages sans avoir lu les huit tomes précédents. Seul bémol : il faut accepter de retrouver Karine en victime passive alors qu’elle avait gagné en assurance dans les tomes récents — un retour en arrière qui peut déstabiliser si l’on a lu la série dans l’ordre.

Tranche d’âge conseillée : la collection Dupuis étiquette la série « Tous publics ». En pratique, elle s’adresse au même lectorat que Les Nombrils, soit environ 10-14 ans et au-delà.


2. Tamara (Christian Darasse et Zidrou, 2003)

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Tamara a 15 ans, quelques dizaines de kilos de trop, et une vie sentimentale qui se résume — pour l’instant — à un amour non réciproque pour Diego, le beau gosse de sa classe. Au quotidien, elle encaisse les remarques de ses camarades sur son poids, compose avec un père chanteur d’opéra aussi égocentrique qu’absent, et partage un appartement avec sa mère remariée à Chico, un musicien brésilien exubérant, et Yoli, la fille de Chico — une gamine de huit ans qui s’est autoproclamée coach sentimentale de sa « grande sœur ». Publiée aux éditions Dupuis et prépubliée dans Spirou depuis 2001, la série compte seize tomes et a été adaptée deux fois au cinéma (en 2016 et 2018), avec Héloïse Martin dans le rôle-titre.

Tamara partage avec Les Nombrils le cadre (le lycée, les copines, les garçons) et l’éditeur (Dupuis), mais adopte un angle différent : ici, l’héroïne n’est ni la peste ni la belle gosse, mais celle qui subit les moqueries — et qui refuse de s’y résigner. Quand ses camarades se moquent de son poids ou que les garçons l’ignorent au profit de filles plus minces, Tamara encaisse, riposte par l’humour, et continue d’y croire. Au fil des tomes, elle finit par séduire Diego, se brouille avec lui, tombe amoureuse d’un autre (Kessi, le frère d’une amie), et les enjeux se complexifient sans que la série ne perde son ton comique — Zidrou, le scénariste (également auteur de L’Élève Ducobu), sait glisser de l’émotion dans un gag sans le transformer en leçon de morale. Christian Darasse assure le dessin, secondé au crayonné par Bosse à partir de l’album Ma première fois.

Tranche d’âge conseillée : classée « Tous publics » chez Dupuis et « BD Ados » dans les médiathèques, Tamara convient à partir de 10-12 ans environ. Les thématiques (premières relations amoureuses, moqueries sur le physique, famille recomposée) la rendent particulièrement pertinente pour les collégien·nes.


3. Switch Girl!! (Natsumi Aida, 2006)

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Nika Tamiya, 17 ans, est la lycéenne la plus populaire du lycée Shuei à Tokyo : coiffure impeccable, tenue irréprochable, sourire ravageur. C’est son mode ON. Mais dès qu’elle rentre chez elle, Nika bascule en mode OFF : jogging informe, lunettes épaisses, chambre transformée en champ de bataille, et courses effrénées au supermarché discount à la recherche de promotions sur les tripes de porc. Personne au lycée ne connaît cette facette — à l’exception de Nino, sa meilleure amie depuis la maternelle. Ce secret est menacé le jour où Arata Kamiyama, un nouvel élève mystérieux qui se trouve être aussi son voisin, la surprend en mode OFF à la supérette du coin. Car Arata, lui aussi, dissimule un tout autre visage derrière ses grosses lunettes d’intello. Un pacte de non-agression s’impose…

Publiée au Japon entre 2006 et 2014, éditée en France par Delcourt (collection Sakura) en 25 tomes, Switch Girl!! est un shōjo — un manga destiné à un public adolescent féminin, même si le lectorat réel est bien plus large. Là où beaucoup de shōjos misent surtout sur la romance, celui-ci privilégie un humour cru et sans filtre : Natsumi Aida consacre des pages entières à l’épilation ratée, à l’extraction de points noirs ou aux petites manies inavouables que l’on pratique chez soi en espérant que personne ne regarde jamais. La question qui traverse toute la série est simple : jusqu’où est-on prêt·e à aller pour maintenir les apparences ? La romance entre Nika et Arata se construit justement sur le fait qu’ils se sont mutuellement démasqués — ils connaissent le pire de l’autre, ce qui rend leur relation plus franche et plus drôle que le schéma classique du garçon populaire et de la fille timide.

Tranche d’âge conseillée : 12 ans et plus selon l’éditeur Delcourt et les sites spécialisés (Manga-news). L’humour cru de certaines situations peut justifier d’attendre un peu pour les lecteur·ices les plus jeunes.


4. Celle que… (Vanyda, 2008)

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Valentine a 14 ans, entre en troisième, et n’est pas exactement celle qu’elle montre aux autres. Timide, effacée, elle suit le mouvement de ses copines — Émilie, Julie, Yamina — sans oser dire ce qu’elle pense ni avouer son amour secret pour Félix. Elle rit aux mêmes blagues, sèche les mêmes cours, mais garde pour elle l’essentiel : l’absence de son père, sa relation compliquée avec une mère qui essaie de compenser ce vide en devenant envahissante, et cette impression persistante de jouer un rôle. Publiée chez Dargaud en trois tomes — Celle que je ne suis pas, Celle que je voudrais être, Celle que je suis — cette trilogie suit Valentine de la troisième à la première, année après année.

Ici, pas de gags en une planche ni de rebondissements spectaculaires. Celle que… est une chronique du quotidien adolescent : les amitiés qui se distendent quand on change de classe, les soirées où l’on boit un verre de trop pour se donner une contenance, le premier garçon qu’on embrasse alors qu’on en aime un autre, le club manga du lycée où l’on finit par trouver sa vraie bande. Ce qui distingue la série, c’est le dessin de Vanyda — un noir et blanc influencé par le manga, fait de traits fins et de visages très expressifs, qui donne aux scènes muettes (un regard, une hésitation, une main qui n’ose pas se tendre) autant de poids qu’aux dialogues. La série a été rééditée en couleurs et en six volumes sous le titre Valentine (Dargaud, 2012-2014), et une intégrale en noir et blanc est disponible depuis 2015.

Tranche d’âge conseillée : 14 ans et plus selon la Fnac et les sites spécialisés (Manga-news indique 14+). La série aborde l’adolescence sans filtre — alcool, sexualité suggérée, conflit familial — et s’adresse plutôt à un public lycéen.


5. Lou ! (Julien Neel, 2004)

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Lou est une petite fille blonde, vive et créative, qui vit seule avec sa mère — une romancière fantasque, adepte de jeux vidéo et incapable de cuisiner autre chose que des pizzas surgelées — et leur chat adopté. Elle est amoureuse depuis la maternelle de Tristan, son voisin d’en face, à qui elle n’a jamais adressé la parole (elle finira par s’y résoudre à 12 ans et demi). Sa meilleure amie s’appelle Mina. Le premier tome, Journal infime, paraît en 2004 dans la collection « Tchô ! » de Glénat et remporte l’année suivante le prix Jeunesse 9-12 ans au festival d’Angoulême.

La particularité de Lou !, c’est que la série vieillit avec son personnage et son lectorat. À chaque nouveau tome, Lou prend environ un an : les gags sur la cour de récré et les devoirs cèdent progressivement la place aux premiers baisers maladroits, au déménagement dans une nouvelle ville, à l’arrivée d’un beau-père dans le foyer, à l’apparition soudaine de la myopie (Lou devra porter des lunettes, ce qui déclenche chez elle une petite crise existentielle). Les questions deviennent plus lourdes — pourquoi son père les a-t-il abandonnées ? — mais le ton ne verse jamais dans le drame, porté par une galerie de personnages secondaires bien trouvés : la grand-mère au caractère trempé, Mina l’amie fidèle, Richard le voisin timide qui plaît à la mère de Lou. La série principale compte huit tomes. Depuis 2020, Julien Neel publie une « saison 2 » intitulée Lou ! Sonata, en format plus long (144 pages), où Lou, devenue étudiante de 20 ans, entame sa vie d’adulte.

Tranche d’âge conseillée : les premiers tomes conviennent dès 8-9 ans (prix Jeunesse 9-12 ans à Angoulême). La série accompagne ensuite naturellement les lecteur·ices jusqu’à l’adolescence et au-delà — les derniers tomes et Lou ! Sonata s’adressent à un public plus âgé.


6. Lovely Complex (Aya Nakahara, 2001)

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Risa Koizumi mesure 1,72 m, ce qui fait d’elle une géante au Japon (la moyenne féminine y est d’environ 1,58 m). Atsushi Ōtani culmine à 1,56 m et joue au basketball malgré tout, par pur entêtement. Leurs camarades de classe, amusés par cette différence de taille, les ont surnommés les « All Hanshin Kyojin » — du nom d’un duo d’humoristes japonais célèbre pour le même décalage physique (l’un très petit, l’autre très grand). Risa et Ōtani passent leur temps à se chamailler, mais tous deux souffrent du même problème : leur taille les complexe et complique sérieusement leur vie amoureuse. Un jour, ils décident de s’entraider pour séduire leurs béguins respectifs. Le plan échoue lamentablement — les deux cibles finissent ensemble — et Risa commence à réaliser que ce qu’elle ressent pour Ōtani dépasse la simple camaraderie. Lui, en revanche, ne semble rien voir venir.

Prépublié au Japon dans le Bessatsu Margaret de 2001 à 2006 et publié en France par Delcourt (collection Sakura) en 17 tomes, Lovely Complex est un shōjo (manga pour un public adolescent) qui a remporté en 2004 le prix Shōgakukan — l’une des récompenses les plus prestigieuses du manga. Ce qui distingue cette série, c’est que Risa n’a rien d’une héroïne passive qui attend que le garçon fasse le premier pas : elle fonce, se plante, insiste, se ridiculise, et recommence. Les chamailleries entre Risa et Ōtani fonctionnent comme un numéro de duo comique, et c’est ce mélange de romance et d’humour physique qui donne son rythme à la série. Le manga aborde aussi, à travers le personnage de Seiko — une camarade de classe transgenre, assignée garçon à la naissance et acceptée comme fille par le groupe —, des questions d’identité qui sont intégrées au récit sans en faire un « sujet à thèse ». Un anime de 24 épisodes (2007) et un film live (2006) complètent la série.

Tranche d’âge conseillée : 12 ans et plus selon l’éditeur Delcourt et les sites spécialisés (Manga-news, Nautiljon).


7. Sawako (Karuho Shiina, 2005)

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Sawako Kuronuma, 15 ans, a un problème que ni la bonne volonté ni les bonnes actions ne suffisent à résoudre : avec ses longs cheveux noirs qui lui tombent devant le visage, son teint pâle et son regard fuyant, ses camarades de lycée la comparent à Sadako, le fantôme du film d’horreur Ring (1998) — et la traitent en conséquence. Rumeurs de malédiction, chaises vides autour d’elle à la cantine, camarades qui changent de trottoir : Sawako est isolée, alors qu’elle ne demande qu’à rendre service et à se faire des ami·es. Tout change — lentement — quand Kazehaya, un garçon populaire et chaleureux, se met à la saluer chaque matin et à l’appeler par son vrai prénom au lieu du surnom « Sadako ». À son contact, Sawako commence à s’ouvrir, se lie d’amitié avec Chizuru (une fille au caractère bien trempé, fan de sport) et Ayane (plus posée, protectrice), et découvre peu à peu ce que signifie avoir sa place dans un groupe.

Prépublié au Japon dans le Bessatsu Margaret de 2005 à 2017 et publié en France par Kana en 30 tomes (titre original : Kimi ni Todoke, « Pour t’atteindre »), Sawako a été adapté en anime (deux saisons par le studio Production I.G, puis une troisième saison sur Netflix en 2024) et en film live (2010). La romance entre Sawako et Kazehaya met du temps à se concrétiser — il faut attendre le tome 17 pour un vrai tournant —, mais ce rythme lent et délibéré est précisément ce qui fait le charme de la série : chaque étape (oser dire bonjour, oser s’asseoir à côté de quelqu’un, oser dire ce qu’on pense) est racontée comme une petite victoire. Le ton est plus doux que celui des Nombrils, mais les sujets se recoupent : les préjugés fondés sur l’apparence, la difficulté de s’affirmer, et le poids des rumeurs dans un microcosme scolaire où l’on n’a pas toujours la possibilité de repartir à zéro.

Tranche d’âge conseillée : 12 ans et plus selon l’éditeur Kana et les sites spécialisés. Le ton bienveillant de la série la rend accessible dès le collège.