Trouvez facilement votre prochaine lecture
Que lire après « Invincible » de Robert Kirkman et Cory Walker ?

Que lire après « Invincible » de Robert Kirkman et Cory Walker ?

Cette page contient des liens affiliés vers Amazon et la Fnac. Si vous achetez un livre en passant par l’un de ces liens, nous touchons une petite commission — sans aucun surcoût pour vous. Une façon simple de nous soutenir. En tant que Partenaire Amazon, nous réalisons un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Publiée par Image Comics entre janvier 2003 et février 2018 (144 numéros), Invincible est une série créée par Robert Kirkman et Cory Walker — puis illustrée par Ryan Ottley à partir du huitième épisode. Elle narre les aventures de Mark Grayson, un adolescent qui découvre à dix-sept ans qu’il a hérité des pouvoirs de son père, Omni-Man, le super-héros le plus puissant de la planète. Problème : Omni-Man est un Viltrumite, membre d’une espèce extraterrestre conquérante, et sa présence sur Terre n’a rien de pacifique. Ce que Mark prenait pour un héritage glorieux se révèle être un piège — et la série ne cesse de tout lui reprendre au moment où il croit avoir gagné. Éditée en France par Delcourt en intégrales, elle a fait l’objet d’une adaptation en série animée sur Prime Video en 2021.

Si vous êtes à la recherche de lectures du même genre, voici quelques recommandations.


1. Invincible Univers : Les Gardiens du Globe (Robert Kirkman et Phil Hester, 2010)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

La recommandation la plus évidente, et pour cause : cette série se déroule dans le même univers qu’Invincible, à la même époque. Publiée d’abord sous le titre Guarding the Globe puis sous celui d’Invincible Universe chez Image Comics, elle a été rassemblée en France par Delcourt en deux intégrales.

Le contexte : dans la série-mère, Mark Grayson finit par quitter la Terre pour aller combattre les Viltrumites dans l’espace — un conflit baptisé la Guerre Viltrumite, qui s’étale sur plusieurs tomes. Son absence laisse la Terre sans protecteur de premier plan. Brit, un vétéran au corps indestructible mais vieilli — il a largement dépassé l’âge de la retraite —, est chargé d’assembler une nouvelle équipe internationale de Gardiens du Globe pour prendre le relais. Les nouvelles recrues — Tigre Génial, Kaboomerang, Kid Thor, El Chupacabra — sont des personnages secondaires d’Invincible qui obtiennent enfin leurs propres arcs. Phil Hester, aux commandes du scénario (sur des bases posées par Kirkman), connaît suffisamment cet univers pour en tirer des histoires autonomes.

Il faut toutefois tempérer les attentes : on n’est pas au niveau de la série-mère. Le format privilégie les récits courts et les épisodes centrés sur tel ou tel personnage, ce qui empêche de construire une tension continue. C’est une lecture complémentaire, idéale pour celles et ceux qui refusent de quitter l’univers d’Invincible — mais ce n’est pas là que vous trouverez la prochaine grande saga.


2. Invincible Univers : Wolf-Man (Robert Kirkman et Jason Howard, 2007)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Autre spin-off issu du même univers, The Astounding Wolf-Man (25 numéros, de 2007 à 2010) a été réédité en France par Delcourt en deux intégrales (2025-2026) sous le titre Wolf-Man, dans la collection « Invincible Univers ».

Gary Hampton avait tout pour lui : PDG d’une maison de disques, père de famille attentif, villa dans les montagnes du Montana. Jusqu’au jour où il se fait mordre par un loup-garou lors de vacances en camping. Dès lors, chaque pleine lune le transforme en bête. Un vampire nommé Zacharie lui propose de l’aider à contrôler sa lycanthropie et à mettre ses pouvoirs au service du bien. Gary accepte — et c’est là que tout déraille. Sa femme Rebecca meurt dans des circonstances atroces. Il est accusé de meurtre. Emprisonné à la forteresse de Stronghold au milieu de criminels qu’il avait lui-même enfermés, il découvre que Zacharie l’a trahi depuis le début.

Là où la plupart des récits de super-héros transforment la malédiction en bénédiction (l’origin story, c’est-à-dire le récit fondateur du héros, se termine en général sur une note d’espoir), Wolf-Man fait l’inverse : la force de Gary ne résout rien, ou presque. Kirkman s’amuse à pousser son personnage toujours plus bas pour voir s’il se relèvera. Le dessin de Jason Howard — anguleux, très coloré — crée un décalage inattendu avec la noirceur du scénario : les planches ont un aspect pop là où l’histoire vire au cauchemar. La série partage son univers avec Invincible — on y croise Cecil Stedman, le directeur de l’Agence de Défense Globale (l’organisme gouvernemental qui supervise les super-héros), et Mark Grayson lui-même lors d’un crossover de deux épisodes — mais elle fonctionne très bien seule. Vingt-cinq numéros, pas un de trop.


3. Ultimate Spider-Man (Brian Michael Bendis et Mark Bagley, 2000)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Si Invincible vous a plu pour son mélange de vie lycéenne et de super-héroïsme, Ultimate Spider-Man part du même principe — mais chez Marvel. En 2000, l’éditeur a lancé la ligne Ultimate : une collection de séries qui repartaient de zéro, sans quarante ans de continuité à rattraper, pour rendre ses personnages accessibles à un nouveau public. Ultimate Spider-Man en était le titre phare.

On reprend donc l’histoire de Peter Parker depuis le début : un adolescent de quatorze ans, orphelin, qui vit avec son oncle Ben et sa tante May à Queens (New York). Lors d’une visite scolaire chez Oscorp (une multinationale de biotechnologie), une araignée génétiquement modifiée le mord. Il obtient des pouvoirs — force surhumaine, capacité de s’accrocher aux murs, un sixième sens qui le prévient du danger — et doit apprendre, après une tragédie personnelle, à en faire bon usage.

Brian Michael Bendis prend son temps. L’origin story qui tenait en onze pages dans le comics original de 1962 (Amazing Fantasy #15, par Stan Lee et Steve Ditko) s’étale ici sur cinq numéros — et ce n’est pas du remplissage. Les personnages ont le temps d’exister : Mary Jane Watson n’est plus un simple intérêt amoureux mais une véritable confidente ; Harry Osborn n’est plus un simple figurant mais le fils anxieux d’un père tyrannique (Norman Osborn, patron d’Oscorp) ; Flash Thompson dépasse le cliché du harceleur de service. Les dialogues — naturalistes, parfois bavards, mais précis — sont la marque de Bendis : on a l’impression d’écouter des adolescents réels, pas des personnages de fiction.

Mark Bagley, au dessin pendant 111 numéros consécutifs (un record de régularité à l’époque), impose un Peter Parker longiligne et expressif, et des scènes d’action lisibles même dans le chaos. La série a su réinventer un personnage vieux de quarante ans sans perdre ce qui fait Spider-Man : le décalage permanent entre la banalité du quotidien (les cours, les petits boulots, les problèmes d’argent) et la démesure des responsabilités (le Bouffon Vert, le Caïd, Venom). Publiée en France par Panini Comics, c’est l’un des meilleurs points d’entrée dans l’univers Marvel.


4. Radiant Black (Kyle Higgins, Marcelo Costa et David Lafuente, 2021)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Robert Kirkman lui-même a qualifié Radiant Black de « comics de super-héros parfait pour tous ceux qui sont en manque d’Invincible ». La parenté est réelle, même si le ton est différent : là où Invincible raconte un adolescent qui entre dans l’âge adulte, Radiant Black s’intéresse à un adulte qui n’a pas réussi à y entrer.

Nathan Burnett a trente ans, moins de 47 dollars sur son compte en banque, 38 500 dollars de dette sur sa carte de crédit, et aucune perspective. Ses velléités d’écrivain n’ont rien donné. Son retour forcé chez ses parents à Lockport, dans l’Illinois, n’a rien de glorieux. Mais lors d’une soirée arrosée avec son ami d’enfance Marshall Ward, Nathan tombe sur un objet impossible : une sorte de petit trou noir en lévitation au-dessus d’une voie ferrée. Il le touche. Le Radiant s’active. Nathan se retrouve en armure, doté de pouvoirs télékinétiques — et immédiatement repéré par les êtres cosmiques qui ont créé le Radiant et qui comptent bien le récupérer.

Kyle Higgins, connu pour son travail sur les Power Rangers chez BOOM! Studios et sur Ultraman chez Marvel, injecte dans Radiant Black l’influence du tokusatsu — un genre télévisuel japonais (dont les super sentai, à l’origine des Power Rangers) caractérisé par ses héros en armure transformable et ses combats chorégraphiés. Concrètement, cela se traduit par un design de costume très graphique (noir avec un halo lumineux), des transformations spectaculaires et une logique de « pouvoirs à débloquer » héritée autant du manga que du jeu vidéo. Marcelo Costa signe des planches rapides, saturées de couleurs vives ; David Lafuente prend le relais sur certains épisodes. La série ose des virages narratifs radicaux dès le sixième numéro (un personnage qu’on croyait central disparaît, un autre prend sa place) — un culot que les lecteur·ice·s d’Invincible reconnaîtront. Publiée en France par Delcourt, Radiant Black est le titre fondateur du Massive-Verse, un univers partagé chez Image Comics qui comprend aussi Rogue Sun, Inferno Girl Red et The Dead Lucky.


5. Jupiter’s Legacy (Mark Millar et Frank Quitely, 2013)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Jupiter’s Legacy pose une question rarement abordée dans les comics de super-héros : que se passe-t-il quand les héros vieillissent et que leurs enfants n’ont aucune envie d’assumer l’héritage — ou pire, qu’ils s’en emparent pour de mauvaises raisons ?

En 1932, en pleine Grande Dépression, Sheldon Sampson — un jeune Américain ruiné par le krach boursier de 1929 — est hanté par des rêves récurrents qui l’appellent vers une île inconnue. Avec son frère Walter et une poignée de compagnons, il s’y rend. Ce qu’ils y trouvent leur confère des pouvoirs surhumains. Sheldon devient l’Utopian, le plus grand héros du monde, et fonde l’Union, une équipe de protecteurs. Des décennies plus tard, ses enfants Chloe et Brandon accumulent les scandales publics : drogue, fêtes, irresponsabilité. La fracture entre les deux générations finit par devenir politique. Une branche de la famille estime que les super-héros devraient gouverner directement l’Amérique au lieu de simplement la protéger ; l’Utopian refuse. Le coup d’État qui s’ensuit déchire la famille Sampson et plonge le pays dans une dictature surhumaine.

L’Utopian incarne un dilemme que la série a le mérite de prendre au sérieux : a-t-on le droit de ne pas intervenir quand on en a le pouvoir ? Ses adversaires, eux, considèrent que cette retenue est une forme de négligence. Il n’y a pas de bonne réponse, et la série le sait. Côté graphique, Frank Quitely — dessinateur écossais connu pour The Authority (avec Mark Millar) et All-Star Superman (avec Grant Morrison) — donne au récit une clarté visuelle qui manque à beaucoup de comics de super-héros : on ne perd jamais le fil de l’action, même quand dix personnages se battent sur la même page. Une double page où un combat se déroule sur deux plans (physique et psychique) à la fois reste l’un des sommets de la série. La saga, complétée par le prequel Jupiter’s Circle (qui raconte les années 1950-1960 de l’Union) et la suite Jupiter’s Legacy: Requiem, est publiée en France chez Panini Comics en quatre tomes. Une adaptation en série télévisée (une saison) a été diffusée sur Netflix en 2021.


6. Black Hammer (Jeff Lemire et Dean Ormston, 2016)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Imaginez un groupe de super-héros qui sauve Spiral City d’une menace cosmique — l’Anti-Dieu — et qui, au lieu d’être acclamé, se retrouve téléporté dans une petite ville rurale hors du temps dont il est impossible de sortir. Pas de retour triomphal. Pas de parade. Juste une ferme, une fausse vie de famille, et dix ans d’ennui. C’est le postulat de Black Hammer, et c’est ce qui le sépare de la quasi-totalité des comics du genre : Jeff Lemire ne raconte pas une aventure de super-héros, il raconte ce qui arrive après.

Chaque personnage coincé à Rockwood est une variation assumée d’un archétype classique du comics américain — et le plaisir de lecture tient en partie à repérer les modèles. Abraham Slam, le vieux cogneur patriotique, évoque les héros de l’Âge d’Or des comics (les années 1940, celles de Captain America et consorts). Golden Gail, une femme d’âge mûr prisonnière du corps d’une fillette de neuf ans (l’âge auquel un sorcier lui a donné ses pouvoirs), est un écho cruel à Shazam (l’enfant qui se transforme en adulte surpuissant — sauf qu’ici, c’est l’inverse). Barbalien, un guerrier martien métamorphe, renvoie au Martian Manhunter de DC Comics. Le colonel Weird, cosmonaute instable qui glisse entre les dimensions, fait penser à Adam Strange. Et Madame Dragonfly, la sorcière recluse, rappelle les héroïnes des anthologies d’horreur des années 1950. Le héros éponyme, lui, est mort lors d’une tentative d’évasion. Quand sa fille Lucy Weber, journaliste d’investigation, débarque pour comprendre ce qui est arrivé à son père, les secrets de Rockwood commencent à remonter à la surface.

Black Hammer est une série mélancolique. Lemire ne s’intéresse pas à l’action — il s’intéresse à ce qui reste quand l’action est terminée : l’isolement, l’identité perdue, le décalage entre ce qu’on était et ce qu’on est devenu. Le trait de Dean Ormston est sobre, un peu raide, avec des aplats d’encre épais qui rappellent celui de Mike Mignola (le créateur de Hellboy) ; les couleurs sourdes de Dave Stewart — des bruns, des verts ternes, du gris — renforcent l’atmosphère de bourgade figée dans le temps. La série a reçu deux Eisner Awards (l’équivalent des Oscars du comics américain) et a donné naissance à un univers étendu qui comprend Sherlock Frankenstein et la Ligue du Mal, Doctor Star et Barbalien: Red Planet, entre autres. Publiée en France chez Urban Comics dans la collection Urban Indies, elle s’adresse à celles et ceux qui aiment les super-héros mais préfèrent les voir assis sur un porche plutôt qu’en train de fracasser un immeuble.


7. Fire Power (Robert Kirkman et Chris Samnee, 2020)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Avec Fire Power, Robert Kirkman quitte les super-héros et les zombies pour les arts martiaux. Pas de capes, pas de Viltrumites : ici, on parle temples Shaolin, boules de feu et sociétés secrètes.

Owen Johnson, Américain d’origine chinoise, se rend en Chine pour retrouver la trace de ses parents biologiques disparus. Sa recherche le conduit au sommet d’une montagne isolée, dans un temple secret où l’Ordre du Poing Enflammé s’entraîne depuis des siècles à redécouvrir le « pouvoir du feu » — concrètement, la capacité de projeter des boules de feu à mains nues. Owen s’avère être le premier individu en mille ans capable de maîtriser cette technique. Il tombe amoureux de Ling Zan, une guerrière du temple, et découvre que l’Ordre a un ennemi héréditaire : le Clan de la Terre Brûlée. Mais au lieu de rester pour accomplir la prophétie qui pèse sur lui, Owen décide de rentrer aux États-Unis, de fonder une famille et de vivre en paix. Sauf que le Clan finit par le retrouver — et sa vie rangée vole en éclats.

Chris Samnee, lauréat d’un Eisner Award pour son travail sur Daredevil chez Marvel, est un dessinateur qui sait raconter une histoire sans un mot. Plusieurs séquences entières de Fire Power sont muettes : pas de bulle, pas de récitatif, juste le dessin. Les combats sont découpés case par case avec la précision d’une chorégraphie de Jackie Chan — on suit chaque mouvement, chaque esquive, chaque impact. Cette lisibilité, rare dans les comics d’action, donne à Fire Power un rythme très différent des autres séries de Kirkman, où les dialogues occupent en général beaucoup de place. La série, complète en 30 numéros (plus un graphic novel introductif qui pose le décor du temple), est publiée en France chez Delcourt en six tomes. Des dragons, des ninjas, des sociétés secrètes millénaires — et un père de famille qui aurait vraiment préféré qu’on lui fiche la paix.