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Que lire après « Cédric » de Raoul Cauvin et Laudec ?

Que lire après « Cédric » de Raoul Cauvin et Laudec ?

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Cédric est une série de bande dessinée humoristique belge créée en 1986 par le scénariste Raoul Cauvin et le dessinateur Laudec, publiée aux éditions Dupuis. Elle met en scène Cédric Dupont, un garçon de huit ans espiègle et pas franchement studieux, qui partage son quotidien entre l’école, ses copains et sa famille. À la maison, c’est surtout avec Pépé — son grand-père maternel, veuf et retraité, installé à demeure — que ça chauffe : les deux complices passent leur temps à se chamailler, et quand Marie-Rose (la mère de Cédric) en a assez, père et grand-père se retrouvent tous les deux à manger dehors. L’autre moteur de la série : l’amour transi de Cédric pour Chen, une camarade de classe à qui il n’arrive jamais à déclarer sa flamme, systématiquement contrarié par un imprévu ou par son rival, le premier-de-la-classe-et-fils-de-bonne-famille Nicolas d’Aulnay des Charentes du Ventou.

La série a d’abord été publiée semaine après semaine dans le magazine belge Spirou (un hebdomadaire de BD fondé en 1938, qui a révélé des séries comme Gaston Lagaffe, Les Tuniques Bleues ou Le Petit Spirou), avant d’être rassemblée en albums. Adaptée en dessin animé au début des années 2000, elle compte plus de trente-cinq tomes et s’est écoulée à plus de huit millions d’exemplaires. Selon les libraires et les éditions, la tranche d’âge conseillée oscille entre 6 et 10 ans, bien que Dupuis la classe en « Tous publics ».

Si vous avez dévoré les aventures de Cédric et que vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions : des BD jeunesse humoristiques, ancrées dans le quotidien scolaire et familial, qui parleront aussi bien aux jeunes lecteur·ices qu’à leurs parents. Toutes les séries présentées ci-dessous s’adressent à un lectorat comparable à celui de Cédric, avec des tranches d’âge qui se recoupent.


1. L’Élève Ducobu (Zidrou et Godi, 1992)

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Ducobu est un cancre, et il le sait. Élève à l’école primaire Saint-Potache, ce garçon rondouillard en pull rayé jaune et noir n’a qu’une obsession : copier sur sa voisine Léonie Gratin, éternelle première de la classe, qu’il surnomme « Miss 10 sur 10 ». Face à lui, l’instituteur Gustave Latouche distribue bonnet d’âne et punitions au coin sans faiblir. Ce qui rend Ducobu attachant, c’est le décalage entre ses résultats scolaires — invariablement catastrophiques — et l’énergie considérable qu’il investit pour tricher : antisèches miniaturisées, systèmes de poulies pour faire passer des messages, signaux codés… Le gag repose moins sur l’échec lui-même que sur le génie tactique déployé pour y parvenir.

La série est née en 1992 dans le magazine belge Tremplin (un périodique destiné aux enfants des écoles primaires catholiques belges), d’abord en noir et blanc. C’est le hasard des contraintes d’impression — une seule couleur autorisée par numéro — qui a donné au pull de Ducobu ses rayures jaune et noir. Le scénariste, Zidrou (Benoît Drousie de son vrai nom), est un ancien instituteur : dans la BD, les punitions, les dictées, l’ambiance de salle de classe et les répliques de Latouche sonnent juste parce qu’elles sont tirées de l’expérience directe. Le dessinateur, Godi, apporte un trait expressif et arrondi. Le premier album paraît en 1997 aux éditions du Lombard. Depuis, la série a engendré des séries dérivées consacrées à Latouche et à Léonie, quatre films (avec Élie Sémoun dans le rôle de Latouche) et même une pièce de théâtre.

Âge conseillé : 6 à 10 ans d’après la plupart des libraires, tandis que certains l’étendent jusqu’à 13 ans.


2. Anatole Latuile (Anne Didier, Olivier Muller et Clément Devaux, 2005)

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Avec ses cheveux perpétuellement en pétard, Anatole Latuile est le genre d’élève qui transforme une simple sortie à la piscine en incident diplomatique. Chaque histoire tient en cinq à six pages et part d’une situation banale — une balle qui rebondit mal, un objet confisqué à récupérer, un contrôle surprise à esquiver — qui dégénère en catastrophe par enchaînement de mauvaises décisions. La maîtresse, madame Goulominoff, et le directeur, monsieur Auzaguet, sont régulièrement débordés. Les complices habituels d’Anatole — Jason Bombix en tête, mais aussi Henriette Bichon, Ulysse Saint Georges ou Naomie Crumbble — sont tantôt entraîné·es dans la chute, tantôt aux premières loges pour la regarder se produire.

La série est née dans les pages du magazine J’aime lire (Bayard) en 2005, écrite par Anne Didier et Olivier Muller — frère et sœur dans la vie — et dessinée par Clément Devaux. Les albums sont publiés chez BD Kids, la collection BD de Bayard Jeunesse. La barre du million d’exemplaires vendus a été franchie en 2020, et la série a été adaptée en dessin animé sur France Télévisions. Le format court permet aux enfants qui commencent à lire des BD seul·es d’enchaîner les histoires sans se perdre dans un fil narratif long — chaque aventure est indépendante.

Âge conseillé : Anatole Latuile est recommandé à partir de 7 ans, avec un plafond autour de 11 ans selon l’éditeur. Des parents notent que la série accroche dès le CP.


3. Les Blagues de Toto (Thierry Coppée, 2004)

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Toto, c’est ce personnage sans visage dont les enfants se racontent les blagues depuis des générations dans les cours de récréation. Thierry Coppée a eu l’idée de lui donner un corps, une famille et un univers complet. Son Toto est un garçon espiègle, fils de parents divorcés ayant chacun retrouvé un·e partenaire — la série le mentionne sans en faire un sujet. Il est entouré de ses copains Yassine et Igor, et de son amoureuse Olive. Sa maîtresse, Mademoiselle Jolibois, encaisse les bourdes avec une résistance admirable. Chaque album couvre une année scolaire complète, de la rentrée de septembre aux vacances d’été, avec un gag par planche — toujours construit pour la chute, comme la blague orale dont il est issu.

Coppée est instituteur de formation : il a collecté les blagues directement auprès de ses élèves avant de les mettre en images. Le premier album, L’École des vannes, paraît en 2004 chez Delcourt. La série est depuis l’une des meilleures ventes en BD jeunesse, à tel point qu’elle a été déclinée en dessin animé sur M6 (d’abord en 2D en 2010, puis en images de synthèse en 2020) et en film en 2020, avec plus d’un million d’entrées en salle malgré la crise sanitaire.

Âge conseillé : le premier tome a été sélectionné par le Comité des mamans dans la catégorie 6-9 ans. En pratique, la série plaît aux enfants de 6 à 12 ans — et aux adultes qui retrouveront certaines blagues de leur propre cour de récréation.


4. Jojo (André Geerts, 1983)

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Jojo ne ressemble pas aux autres titres de cette sélection. Là où la plupart misent sur le gag en une planche, André Geerts raconte de véritables histoires de quarante-six pages, où l’humour côtoie des moments de vraie émotion. Jonathan Semaine, dit Jojo, est un petit garçon blond à la casquette verte qui vit chez Mamy, sa grand-mère paternelle, dans un village de campagne. Son père, René, est plombier en ville et n’a pas le temps de s’occuper de lui au quotidien. Quant à sa mère, elle est absente — une question que l’auteur a volontairement laissée sans réponse pendant les premiers tomes, avant de développer progressivement le cadre familial, poussé par les interrogations de ses lecteur·ices lors de séances de dédicaces.

Accompagné de son meilleur ami Gros Louis (un garçon en surpoids, fils du boulanger-pâtissier d’à côté, moqué pour sa corpulence — le surnom n’est pas anodin), Jojo fait face à des situations que les autres séries abordent rarement : l’échec scolaire, la peur de l’hôpital, les familles recomposées, le besoin d’un père absent. Geerts ne transforme jamais ces sujets en leçons de morale : ils arrivent dans la vie de Jojo comme ils arrivent dans la vie d’un enfant, sans prévenir et sans discours. Son dessin — des personnages aux traits ronds et aux gros nez, dans la lignée graphique des classiques de Spirou comme Boule et Bill ou Gaston — fait contraste avec ces thèmes : les situations sont parfois graves, mais le cadre visuel reste celui d’une BD jeunesse chaleureuse et familière. Publiée dans Spirou à partir de 1983 et éditée en albums chez Dupuis dès 1987, la série compte dix-huit tomes. André Geerts est décédé en 2010, laissant un dernier album achevé par Alain Mauricet et Renaud Collin. 

Âge conseillé : Dupuis classe Jojo en « Tous publics » ; les intégrales sont conseillées dès 8 ans, mais les histoires touchent aussi les adolescent·es et les adultes, parce qu’elles parlent d’enfance avec une justesse qui dépasse le cadre de la BD jeunesse.


5. Boule et Bill (Jean Roba, 1959)

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Boule est un petit garçon roux en salopette bleue. Bill est son cocker anglais, reconnaissable à ses longues oreilles qu’il oriente dans tous les sens pour exprimer ses émotions — surprise, gourmandise, indignation. Le troisième membre du trio est Caroline, une tortue placide que rien ne semble perturber. Ensemble, ils partagent un pavillon coquet avec les parents de Boule (qui n’ont pas de prénom : ils sont simplement « papa » et « maman ») et une voiture rouge — à l’origine une 2CV, devenue au fil des tomes un modèle plus récent, mais toujours rouge. La série fonctionne sur des gags en une planche : une bêtise de Boule, une ruse de Bill pour obtenir un os ou éviter le bain, un quiproquo familial, une promenade qui tourne mal.

Créée en 1959 par Jean Roba dans les pages de Spirou, Boule et Bill est l’une des séries les plus vendues de la BD franco-belge (c’est-à-dire la tradition de bande dessinée née en Belgique et en France autour de magazines comme Spirou, Tintin ou Pilote), avec plus de vingt-cinq millions d’exemplaires écoulés et des traductions dans une vingtaine de langues. Roba s’est inspiré de son propre fils Philippe pour dessiner Boule, et de son cocker pour créer Bill. Après le décès de Roba en 2006, la série a été reprise par Laurent Verron (au dessin), puis par le duo Christophe Cazenove (scénario) et Jean Bastide (dessin), qui la poursuivent aujourd’hui chez Dargaud.

Âge conseillé : Boule et Bill est recommandé à partir de 6-7 ans par la plupart des libraires, et reste plaisant bien au-delà. De nombreux manuels scolaires français utilisent d’ailleurs ses gags comme supports pédagogiques.


6. La Cantoche (Nob, 2016)

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La cantine scolaire. Ce moment de la journée où l’on découvre que le « gratin de légumes » est en réalité un assemblage suspect de brocolis noyés dans la béchamel, où l’on négocie un échange frites-contre-dessert et où une simple tache de sauce peut déclencher une crise entre deux tablées. Nob (Bruno Chevrier de son vrai nom) a fait de ce lieu le décor exclusif d’une série de gags courts, sans personnage principal récurrent. D’un strip à l’autre, on suit des garçons et des filles différent·es — des costauds, des timides, des premier·es de classe, des éternel·les affamé·es — dont le seul point commun est de se retrouver au réfectoire.

Publiée chez BD Kids (la collection BD de Bayard Jeunesse) depuis 2016, La Cantoche tient en des gags d’une à deux pages, avec un trait rond, coloré et très lisible. Nob — qui est aussi le créateur de Mamette (l’histoire d’une grand-mère attachante, chez Glénat) et a été rédacteur en chef du magazine BD Tchô! — ancre son humour dans des scènes concrètes : le plateau qui glisse, le plat de pâtes trop collant, le débat passionné sur le menu végétarien, la tentative de planquer les haricots verts sous la serviette. L’écologie et le gaspillage alimentaire font aussi partie des sujets abordés, traités avec légèreté.

Âge conseillé : l’éditeur indique un lectorat à partir de 6-7 ans. Le format court et le vocabulaire simple en font une lecture adaptée aux enfants qui commencent à lire des BD de manière autonome — et l’absence de fil narratif continu permet d’ouvrir n’importe quel tome sans avoir lu les précédents.


7. Titeuf (Zep, 1992)

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Titeuf, identifiable à sa mèche blonde dressée sur le crâne (le nom viendrait de « p’tit œuf », en raison de la forme de sa tête), est un garçon de huit à dix ans créé par le Suisse Zep (Philippe Chappuis). Son quotidien tourne autour de l’école, des copains et d’une incompréhension totale du monde des adultes — et tout particulièrement de ce qui touche aux filles et à la sexualité, sujets qu’il aborde avec une naïveté qui produit des quiproquos mémorables. Éternellement amoureux de Nadia (qui ne semble guère s’en soucier), flanqué de ses amis Manu, Hugo et François, Titeuf a son vocabulaire propre : « tchô » (salut), « c’est pô juste » (c’est pas juste), « pô » (pas) — un parler enfantin devenu culte.

Le premier album, Dieu, le sexe et les bretelles, paraît en 1993 chez Glénat, d’abord en noir et blanc, tiré à seulement sept mille exemplaires. La série dépasse aujourd’hui les vingt millions d’albums vendus, avec des traductions dans plus de vingt-cinq langues, une série animée (diffusée dès 2001), un film d’animation réalisé par Zep lui-même (2011) et un Guide du zizi sexuel coécrit avec Hélène Bruller — un petit livre à mi-chemin entre humour et pédagogie, utilisé dans de nombreuses écoles pour aborder l’éducation à la sexualité avec les préadolescent·es. Zep a reçu le Grand Prix de la Ville d’Angoulême en 2004 — la plus haute distinction de la BD francophone, qui récompense l’ensemble d’une carrière.

Âge conseillé : la tranche d’âge de Titeuf fait débat. Le prix Alph-Art jeunesse du festival d’Angoulême l’a récompensé dans la catégorie 9-12 ans, et c’est effectivement le cœur de cible. Certain·es parents le proposent dès 7-8 ans, d’autres préfèrent attendre. Par rapport aux autres titres de cette sélection, Titeuf est la série la plus frontale : l’humour y est parfois cru, les questions sur le corps et la puberté sont posées de face, et les gros mots ne sont pas rares. C’est ce qui plaît aux enfants — et ce qui peut dérouter certain·es adultes.