Darling in the Franxx est un manga de science-fiction en huit tomes, illustré par Kentarō Yabuki et écrit par Code:000, prépublié entre janvier 2018 et janvier 2020 sur le site Shōnen Jump+ de Shūeisha. Dans un futur lointain, l’humanité s’est réfugiée dans des cités-forteresses mobiles, les Plantations, et confie à de jeunes pilotes le soin d’affronter les Hurleurs à bord de robots géants, les Franxx. Le récit suit Hiro (Code:016) et Zero Two (Code:002), une pilote d’élite au sang de Hurleur, dont le lien — à la fois amoureux et nécessaire au fonctionnement de leur mecha — porte l’ensemble du drame. Le manga s’écarte de l’anime original à partir du chapitre 37 et propose une conclusion différente.
Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.
1. Neon Genesis Evangelion (Yoshiyuki Sadamoto, 1994)

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Prépublié de 1994 à 2013, le manga Neon Genesis Evangelion est l’adaptation par Yoshiyuki Sadamoto — character designer de la série animée de Hideaki Anno — d’un anime dont l’influence sur le genre mecha se mesure encore aujourd’hui. En l’an 2015, quinze ans après la catastrophe du Second Impact, l’organisation secrète NERV oppose ses Evangelions aux Anges, des entités monstrueuses. Le jeune Shinji Ikari, quatorze ans, est convoqué par son père Gendo, qu’il connaît à peine, pour monter aux commandes de l’Unité-01 — non pas en héros volontaire, mais faute de meilleur candidat.
Sadamoto ne se contente pas de transposer l’anime : il s’en écarte de façon délibérée. Le nombre d’Anges est réduit, le passé d’Asuka Langley Sōryū et de Ryōji Kaji est réécrit, et surtout, le caractère de Shinji est remodelé — un peu moins résigné, un peu plus rétif. Là où Darling in the Franxx fait du couple de pilotes le moteur de l’action, Evangelion place au premier plan l’inadéquation de ses personnages à leur rôle, et les fissures psychologiques qui en découlent. Quatorze tomes chez Glénat.
2. Eureka Seven (Jinsei Kataoka, Kazuma Kondō, 2005)

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Renton Thurston, quatorze ans, tue le temps en pratiquant le riff — un sport de glisse aérienne sur les courants de trapars — dans un monde de SF où des mechas appelés LFO surfent eux aussi sur ces flux de particules. Un jour, le Nirvash, un LFO légendaire, se pose en catastrophe près de chez lui. À son bord : Eureka, une jeune fille pâle et taciturne qui ne semble pas tout à fait humaine. Renton s’engage à ses côtés dans le Gekkostate, un collectif rebelle en guerre ouverte contre les forces militaires.
Adapté de la série animée du studio Bones, ce manga en six tomes condense les cinquante épisodes de l’anime, avec des écarts significatifs — notamment un Holland moins violent envers Renton et un dénouement entièrement remanié. On y retrouve une mécanique centrale de Darling in the Franxx : un garçon et une fille copilotent un mecha, et leur relation conditionne le fonctionnement de la machine. L’enjeu se déplace peu à peu du conflit armé vers la coexistence entre humains et Coraliens, une forme de vie non humaine. Publié chez Kana.
3. Knights of Sidonia (Tsutomu Nihei, 2009)

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Le vaisseau-arche Sidonia dérive dans l’espace depuis un millénaire. Il abrite les derniers survivants d’une humanité chassée du système solaire par les Gaunas, d’immenses entités extraterrestres capables d’assimiler toute matière organique. Nagate Tanikaze, élevé en secret dans les sous-niveaux du vaisseau, est recruté pour piloter une Sentinelle — un mecha de combat — et prend les commandes du Tsugumori, une unité historique.
Tsutomu Nihei, connu pour Blame! et Biomega, propose ici un space opera plus lisible que ses travaux précédents, sans rien perdre de son identité graphique : couloirs interminables, structures cyclopéennes, figures humaines écrasées par l’échelle de leur environnement. En quinze tomes (2009-2015), il intègre à son récit des éléments de hard SF qui renouvellent le cadre du manga de mechas — photosynthèse humaine, troisième genre, clonage, hybridation entre humains et Gaunas. Comme dans Darling in the Franxx, la survie de l’espèce passe par de très jeunes pilotes, et la frontière entre l’humain et l’ennemi finit par se brouiller. Publié chez Glénat.
4. 86 Eighty-Six (Asato Asato, Motoki Yoshihara, 2018)

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La République de San Magnolia prétend mener une guerre sans pertes humaines contre la Légion de l’Empire de Giade grâce à des drones autonomes. Le mensonge est simple : les Eighty-Six — des citoyens chassés vers un 86e district qui n’existe sur aucune carte — pilotent ces machines et meurent à leur bord, sans que personne dans la République ne les comptabilise. Lena, jeune officière affectée à l’escadron Spearhead, est la première opératrice à traiter ses pilotes comme des êtres humains. Shin, leur capitaine, surnommé le « Faucheur », ne s’attend pas à ce que cela change quoi que ce soit.
Adapté du light novel éponyme, ce manga — dont la publication a été interrompue en 2022 pour raisons de santé du dessinateur — tire sa force du fossé concret entre ceux qui donnent les ordres depuis un bureau climatisé et ceux qui crèvent sur le terrain. La relation entre Shin et Lena, qui ne se connaissent que par la voix, se construit sur cette asymétrie : l’un a vu mourir tous ses camarades, l’autre n’a encore rien vu. Édité chez Delcourt/Tonkam.
5. Elfen Lied (Lynn Okamoto, 2002)

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Les diclonius sont une mutation humaine reconnaissable à ses cornes et dotée de bras invisibles — les vecteurs — capables de trancher la chair à distance. Lucy, une diclonius enfermée dans un centre de recherches, s’en échappe dans un bain de sang. Une balle à la tête provoque chez elle un trouble dissociatif de l’identité : recueillie par Kouta et sa cousine Yuka, elle devient « Nyu », docile et presque muette, sans aucun souvenir de ses meurtres.
Publié entre 2002 et 2005 dans le Weekly Young Jump, ce seinen de Lynn Okamoto en douze tomes ne ménage personne — ni ses personnages, ni son lecteur·ice. Il alterne scènes d’horreur graphique et séquences de comédie domestique avec des sautes de ton volontairement brutales. La question centrale du manga est celle que pose aussi Darling in the Franxx à travers Zero Two : un être conçu comme une arme peut-il s’affranchir de sa nature, ou est-ce le regard que les autres portent sur lui qui le condamne à la violence ? Elfen Lied répond de façon bien plus noire. Disponible chez Delcourt/Tonkam en format double.
6. Bokurano, notre enjeu (Mohiro Kitoh, 2003)

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Durant un camp d’été, quinze collégiens acceptent, sur la foi d’un inconnu, de participer à un « jeu » : piloter un robot géant, le Zearth, pour défendre la Terre contre des mechas venus de dimensions parallèles. Ils découvrent trop tard les règles réelles : le Zearth fonctionne avec l’énergie vitale de son pilote, et chaque victoire coûte une vie.
Ce seinen de Mohiro Kitoh, prépublié de 2003 à 2009 dans le magazine Ikki et récompensé en 2010 au Japan Media Arts Festival, prend le contre-pied du récit de mechas héroïque. Là où la plupart des séries du genre — Darling in the Franxx inclus — laissent planer la menace du sacrifice sans toujours aller au bout, Bokurano l’applique à chaque chapitre, sans exception ni échappatoire. Chaque arc se concentre sur un·e pilote : ses liens familiaux, ses secrets, la façon dont il ou elle choisit d’occuper le temps qu’il lui reste. Ce n’est pas le spectacle de la mort qui frappe, mais le portrait de chaque vie juste avant qu’elle ne s’éteigne. Onze tomes chez Asuka (Kazé).
7. L’Attaque des Titans (Hajime Isayama, 2009)

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L’humanité survit retranchée derrière trois murs concentriques — Maria, Rose et Sina. Le jeune Eren Jäger voit le Mur Maria s’effondrer sous les coups d’un Titan colossal, et rejoint le bataillon d’exploration aux côtés de Mikasa Ackerman et Armin Arlelt. Ce qui s’annonce comme un récit de survie se mue, tome après tome, en un édifice narratif où chaque révélation oblige à relire ce qui précède.
Prépublié entre 2009 et 2021, ce manga d’Hajime Isayama (trente-quatre tomes chez Pika Édition) partage avec Darling in the Franxx un cadre post-apocalyptique où une jeunesse enrôlée affronte des êtres démesurés. Mais Isayama pousse la logique bien plus loin : il déplace le conflit du champ de bataille vers la question de qui l’a provoqué, et pourquoi. La notion même d’ennemi se disloque — et avec elle, les certitudes du lecteur·ice.
8. Seraph of the End (Takaya Kagami, Yamato Yamamoto, 2012)

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Un virus inconnu extermine tous les humains de plus de treize ans. Dans la foulée, les vampires sortent des profondeurs de la Terre et réduisent les enfants survivants en esclavage. Yûichirô Hyakuya, après avoir vu sa famille d’adoption massacrée par l’aristocrate Ferid Bathory, jure de tous les détruire. Il est recueilli par l’Armée Démoniaque Impériale du Japon et s’entraîne à manier des armes possédées par des démons — seules armes efficaces contre les vampires.
L’intérêt du manga de Takaya Kagami ne tient pas à la vengeance de Yûichirô, assez classique en soi, mais à ce qui la complique : Mikaela, son meilleur ami, a survécu au massacre — en devenant vampire. Leur relation, qui structure l’ensemble de la série, repose sur la même tension que celle entre Hiro et Zero Two : un attachement indéfectible entre deux personnages que tout — biologie, camp, nature — sépare. Plus de trente tomes chez Kana.