Sun-Ken Rock est un seinen manga écrit et dessiné par Boichi (de son vrai nom Mujik Park), prépublié entre 2006 et 2016 dans le magazine Young King de l’éditeur Shōnen Gahōsha.
Compilée en 25 tomes et publiée en France par Doki-Doki, la série suit Ken Kitano, un jeune Japonais débarqué à Séoul pour retrouver Yumin, la fille qu’il aime. Alors qu’il rêvait de devenir policier à ses côtés, il se retrouve propulsé à la tête d’un gang local et doit concilier sa vie de chef de clan avec ses sentiments pour une femme vouée à combattre le crime organisé.
Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.
1. Origin (Boichi, 2016)

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Tokyo, 2048. La mégalopole est devenue un foyer du terrorisme et du crime. La nuit, des androïdes aux intentions meurtrières s’en prennent aux humains. L’un d’entre eux, Origin, refuse de suivre ce programme destructeur et choisit de protéger les humains. Publié dans le Weekly Young Magazine de Kōdansha et compilé en 10 tomes, ce seinen a remporté le Grand Prix de la Division Manga au 22ᵉ Japan Media Arts Festival en 2019.
Derrière le thriller d’action, Boichi interroge la frontière entre machine et humanité, dans la lignée des cycles d’Isaac Asimov auxquels il rend hommage à plusieurs reprises. Origin, l’androïde protagoniste, voit ses principes fondateurs ébranlés au fil des confrontations, et ses « mises à jour » émotionnelles — chaque combat l’oblige à réviser sa compréhension de ce qu’est une vie — constituent le véritable moteur du récit. On retrouve ici la virtuosité graphique de l’auteur de Sun-Ken Rock, dans un univers qui appartient d’ailleurs à la même fiction — plusieurs personnages circulent d’une série à l’autre.
2. Wallman (Boichi, 2013)

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Jirô Sorashima, ancien tueur à gages d’élite surnommé « Master Kû », a raccroché après une trahison de son propre pays et la mort de son coéquipier. De retour au Japon, il vit en parasite chez son ami Kubota, un mangaka sans succès. L’irruption de Nami, jeune tueuse apprentie à la recherche d’un mentor, le force à reprendre du service. Cette série courte en 3 tomes, publiée dans le Grand Jump de Shūeisha et éditée en France par Kazé, se situe dans le même univers que Sun-Ken Rock.
Le format condensé impose un rythme effréné : les affrontements entre « wallmen » — ces assassins spécialistes de la haute voltige — se succèdent sans répit. L’approche quasi vidéoludique des combats, avec ses boss successifs, et le soin apporté au volet technique (calibres, armement, balistique) évoquent l’univers de Appleseed. Trois tomes : le temps de lire un arc de Sun-Ken Rock, et tout le savoir-faire de Boichi concentré dans l’action pure.
3. The Breaker (Jeon Geuk-jin & Park Jin-hwan, 2007)

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Yi Shi-Woon, lycéen timide et victime de harcèlement, découvre par hasard que son nouveau professeur, Chun-Woo Han, est en réalité un artiste martial légendaire connu sous le nom de « Nine Arts Dragon ». En le suppliant de devenir son disciple, Shi-Woon bascule dans le Murim, une société secrète d’arts martiaux régie par des clans ancestraux et des luttes de pouvoir. Ce manhwa coréen, prépublié dans Young Champ de 2007 à 2010, compte 10 tomes pour sa première saison. Deux suites, New Waves et Eternal Force, prolongent la saga.
La trajectoire de Shi-Woon, d’adolescent vulnérable à combattant accompli, donne au récit sa colonne vertébrale émotionnelle. Park Jin-hwan (sous le pseudonyme Kamaro) excelle dans les chorégraphies martiales : chaque technique est décomposée avec un souci anatomique qui rappelle la méthode de Boichi, et les lignes de vitesse, omniprésentes, confèrent aux affrontements un élan cinétique rare en manhwa. L’univers clandestin du Murim, avec ses alliances mouvantes et ses rivalités séculaires, évoque une version coréenne du milieu dans lequel évolue Ken — mêmes luttes de territoire, mêmes ascensions fulgurantes, mêmes trahisons.
4. Vagabond (Takehiko Inoue, 1998)

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Librement adapté du roman Musashi d’Eiji Yoshikawa (traduit en français sous les titres La Pierre et le Sabre et La Parfaite Lumière), Vagabond retrace l’itinéraire de Shinmen Takezō — futur Miyamoto Musashi — au lendemain de la bataille de Sekigahara en 1600. Rejeté par son propre village et pourchassé comme déserteur, le jeune homme entame une longue errance avec un seul objectif : devenir le plus grand sabreur du Japon. Prépublié dans le Weekly Morning de Kōdansha depuis 1998, la série compte 37 tomes (en pause depuis 2015).
Takehiko Inoue, déjà célèbre pour Slam Dunk, y déploie un art graphique stupéfiant : certaines planches, réalisées au pinceau et à l’encre de Chine sans retouche numérique, tiennent davantage du lavis que de la bande dessinée. Mais les duels au sabre ne constituent qu’une face du récit : Vagabond est avant tout une longue initiation où Musashi apprend autant de ses adversaires que de la terre qu’il foule. Boichi lui-même a cité Vagabond comme l’une de ses inspirations directes pour Sun-Ken Rock — et la parenté se voit, tant dans la musculature exagérée des corps que dans cette façon de suspendre le temps au cœur de l’action.
5. Sanctuary (Shō Fumimura & Ryōichi Ikegami, 1990)

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Hōjō et Asami, amis d’enfance rescapés des champs de la mort du Cambodge sous les Khmers rouges, ont fait le serment de secouer un Japon qu’ils jugent sclérosé. Pour y parvenir, ils empruntent deux voies opposées : Asami entre en politique et se fait élire à la Diète, tandis que Hōjō conquiert le monde yakuza. Prépublié dans Big Comic Superior de Shōgakukan de 1990 à 1995, le manga est compilé en 12 tomes (réédité en 6 tomes par Glénat en 2022). Le scénario est signé Shō Fumimura, alias Buronson, à qui l’on doit aussi Hokuto no Ken.
Ce thriller politique et criminel fonctionne en miroir : chaque avancée d’Asami dans la lumière trouve son pendant dans les manœuvres souterraines de Hōjō. La tension romanesque tient à une question qui ne lâche pas le lecteur — peut-on réformer un pays depuis ses deux extrémités à la fois, le Parlement et le crime organisé ? Ikegami, dont le trait réaliste et élégant sera familier aux lecteurs de Crying Freeman, sert ce récit avec une science du découpage implacable : chaque chapitre se referme comme un épisode de série politique, et on tourne les pages sans s’en rendre compte.
6. Coq de Combat (Izō Hashimoto & Akio Tanaka, 1998)

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Ryō Narushima a seize ans lorsqu’il poignarde ses parents. Incarcéré dans une maison de correction pour mineurs où la violence fait loi, il survit grâce à la rencontre d’un prisonnier hors norme — un homme condamné pour tentative d’assassinat sur un premier ministre — qui lui enseigne un karaté radical. Cette initiation par le combat va redonner un sens à sa vie, et son parcours l’emmènera de la prison au ring du Tokyo Dôme. Prépublié de 1998 à 2015 (d’abord dans le Weekly Manga Action, puis dans Evening), la série compte 34 tomes. Izō Hashimoto, par ailleurs co-scénariste du film Akira de Katsuhiro Ōtomo, signe le scénario des 25 premiers tomes avant qu’Akio Tanaka ne reprenne seul les commandes.
Le parcours de Narushima suit une logique de dégradation : plus il gagne sur le ring, plus il se perd hors du ring. Sous le vernis du manga de combat, l’œuvre est une satire féroce de la société du spectacle — la haine entre Narushima et son rival Sugawara a été scénarisée à l’avance pour une chaîne de télévision. Ce refus du manichéisme et la brutalité sans filtre du récit parlent directement aux lecteur·ice·s qui ont aimé le versant le plus âpre de Sun-Ken Rock.
7. Crying Freeman (Kazuo Koike & Ryōichi Ikegami, 1986)

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Yō Hinomura est un jeune potier japonais enlevé et conditionné par les 108 Dragons, une organisation mafieuse chinoise, pour devenir leur assassin le plus redoutable. Après chaque meurtre, il verse des larmes incontrôlables — d’où son nom de code, « Freeman ». La série est prépubliée dans Big Comic Spirits de Shōgakukan de 1986 à 1988 et compilée en 9 tomes. Elle a été adaptée en OAV en 1988 et en film par le réalisateur français Christophe Gans en 1995. Glénat a réédité l’œuvre en Perfect Edition (5 tomes) en 2023-2024.
Kazuo Koike, créateur de Lone Wolf and Cub, construit tout le scénario sur la tension entre la violence du tueur et la sensibilité de l’artiste qu’il demeure. Le trait d’Ikegami, résolument glamour et très influencé par le cinéma de Jean-Pierre Melville, habille les personnages d’une élégance de film noir français — costumes impeccables, regards appuyés, silhouettes découpées sur fond urbain. Les séquences d’action, cadrées comme des scènes de cinéma (plongées, contre-plongées, ralentis implicites), ont durablement influencé le manga d’action des années 1990 — et Boichi ne s’en est jamais caché.
8. Gangsta. (Kohske, 2011)

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Nicolas Brown et Worick Arcangelo sont deux « hommes à tout faire » qui opèrent dans Ergastulum, une ville fictive gangrenée par la mafia, la corruption policière et la prostitution. Sous couvert de leur agence baptisée « Handyman », ils acceptent des contrats aussi bien de la pègre que des forces de l’ordre. L’originalité du récit tient notamment au personnage de Nicolas, sourd et ancien soldat augmenté (un « Crépusculaire »), dont le statut de surhumain fait de lui un paria autant qu’une arme. Prépublié dans le Monthly Comic @Bunch de Shinchōsha depuis 2011, le manga compte 8 tomes à ce jour. La série connaît des pauses régulières en raison de la maladie auto-immune de Kohske (lupus érythémateux disséminé).
L’atmosphère poisseuse d’Ergastulum, où quatre familles mafieuses se partagent le territoire, doit davantage aux séries télévisées américaines qu’aux codes habituels du manga. Kohske, qui revendique d’ailleurs l’influence des films hollywoodiens sur son travail, construit une intrigue dense autour de la discrimination envers les Crépusculaires — des surhumains traités comme des citoyens de seconde zone, à la fois exploités et craints. On retrouve ici la cohabitation de violence crue et de dilemmes moraux qui traverse Sun-Ken Rock, mais poussée un cran plus loin dans la noirceur.
9. Black Lagoon (Rei Hiroe, 2002)

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Rokurō Okajima, employé de bureau japonais sans histoire, est pris en otage lors d’un transport de données confidentielles par l’équipage du Black Lagoon, un groupe de pirates free-lance. Trahi par sa propre entreprise qui cherche à effacer toute trace de sa mission, il choisit de rejoindre la bande sous le nom de « Rock ». L’action se déroule principalement à Roanapur, ville fictive thaïlandaise qui sert de carrefour à toutes les pègres du globe. Prépublié dans le Monthly Sunday Gene-X de Shōgakukan depuis 2002, le manga compte 13 tomes (parution irrégulière). La série a été adaptée en anime (2 saisons + 5 OAV) entre 2006 et 2011.
Rei Hiroe signe un récit nerveux, truffé de références cinématographiques — de Pulp Fiction au polar hong-kongais — où chaque arc introduit de nouveaux adversaires qui volent la vedette aux précédents. Revy, tireuse d’élite dont la rage et l’humour noir donnent le ton de la série, est devenue l’un des personnages féminins les plus marquants du manga d’action des années 2000. Sous les fusillades incessantes, le manga pose des questions sur la moralité dans un monde sans règles et sur la transformation progressive de Rock : l’ancien salarié docile, costume froissé et cravate de travers, cède peu à peu la place à un stratège froid dont l’amoralité finit par inquiéter ses propres alliés.
10. Banana Fish (Akimi Yoshida, 1985)

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New York, milieu des années 1980. Ash Lynx, jeune chef de gang au QI de 180, tente de percer le mystère de « Banana Fish » — un mot prononcé par son frère Griffin, ancien soldat de la guerre du Vietnam devenu handicapé mental après avoir tiré sur ses propres camarades. Sa quête le met en conflit direct avec Dino Golzine, parrain corse de la côte Est qui l’a recueilli enfant pour en faire son héritier et son jouet. L’arrivée d’Eiji Okumura, jeune photographe japonais, va bouleverser l’équilibre précaire de sa vie. Prépublié dans le Bessatsu Shōjo Comic de Shōgakukan de 1985 à 1994, le manga compte 19 tomes. Le titre fait référence à la nouvelle Un jour rêvé pour le poisson-banane de J. D. Salinger.
Bien que publié dans un magazine shōjo, Banana Fish n’a rien d’une romance lycéenne : violence frontale, thriller politique, trafic de drogue, abus sexuels, séquelles de la guerre du Vietnam. Akimi Yoshida a su toucher un lectorat bien plus large que sa cible initiale, notamment grâce au personnage d’Ash — à la fois génie tactique, tireur hors pair et survivant d’une enfance détruite, il incarne une vulnérabilité qui tranche avec sa compétence mortelle. L’adaptation en anime par le studio MAPPA en 2018, transposée à l’époque contemporaine, a offert à l’œuvre une nouvelle audience internationale.
11. Tokyo Revengers (Ken Wakui, 2017)

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Takemichi Hanagaki, vingt-six ans, mène une existence médiocre faite de petits boulots sans avenir. En apprenant que Hinata Tachibana, son unique petite amie du collège, a été tuée par le gang Tokyo Manji-kai, il est anéanti. Un événement inexplicable le propulse alors douze ans en arrière, à l’époque où il était lui-même un collégien impliqué dans le monde des délinquants. Armé de sa connaissance du futur, il décide de tout faire pour empêcher la mort de Hinata. Prépublié dans le Weekly Shōnen Magazine de Kōdansha de 2017 à 2022, le manga est compilé en 31 tomes et a dépassé les 80 millions d’exemplaires en circulation.
Ken Wakui, lui-même ancien membre de gangs dans sa jeunesse, nourrit son récit de détails concrets sur l’univers des furyō (les voyous japonais) : hiérarchie interne, codes vestimentaires, rituels d’allégeance. Le mécanisme du voyage dans le temps, qui rappelle Erased, sert ici de levier dramatique — chaque retour dans le présent révèle des conséquences imprévues, et Takemichi doit sans cesse recalculer ses alliances. Les figures de Mikey et Draken, charismatiques et imprévisibles, ont à elles seules porté le succès commercial de la série, récompensée par le Prix du manga Kōdansha 2020 dans la catégorie shōnen.