Chainsaw Man est un shōnen manga écrit et dessiné par Tatsuki Fujimoto, prépublié depuis décembre 2018 dans le Weekly Shōnen Jump puis sur le Shōnen Jump+ de l’éditeur Shūeisha. La série suit Denji, un jeune homme désargenté qui fusionne avec un démon-tronçonneuse et intègre une division gouvernementale de chasseurs de démons. Le ton est imprévisible, la violence frontale, et les personnages semblent tous porter en eux quelque chose de cassé. Le manga s’est écoulé à plus de 35 millions d’exemplaires dans le monde.
Voici quelques idées lecture si la série vous a happé·e.
1. Fire Punch (Tatsuki Fujimoto, 2016)

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Première série de Fujimoto, Fire Punch se déroule dans un monde recouvert de glace où la famine pousse les survivants au cannibalisme. Agni, un jeune homme doté d’un pouvoir de régénération, est condamné à brûler éternellement après avoir été touché par des flammes inextinguibles. Son parcours, d’abord celui d’une vengeance, déraille vite : le récit bifurque vers la question de ce que l’on devient quand plus rien ne justifie de continuer à vivre.
En huit tomes, Fujimoto brouille les repères du lecteur·ice : la série change de genre, de ton et de direction à chaque arc. On retrouve déjà son obsession pour le cinéma — incarnée par le personnage de Togata — et sa capacité à faire cohabiter une violence sèche avec des moments de tendresse désarmante. Quiconque veut comprendre d’où vient Chainsaw Man devrait commencer ici.
2. Look Back (Tatsuki Fujimoto, 2021)

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Ce one-shot de 143 pages, publié en juillet 2021 sur le Shōnen Jump+, raconte l’amitié entre Fujino, une écolière qui dessine des manga pour le journal de son école, et Kyōmoto, une élève recluse dont le talent pour le dessin la fascine autant qu’il l’irrite. Leur rivalité se transforme en collaboration, puis en vocation commune — jusqu’à ce qu’un événement brutal vienne briser l’élan du récit.
Loin de la violence de Chainsaw Man, Look Back est l’œuvre la plus intime de Fujimoto. Adapté en film d’animation par le Studio Durian en 2024, le récit, semi-autobiographique, pose une question simple et douloureuse : à quoi bon dessiner ? La réponse que Fujimoto donne tient moins du discours que du geste — un retour en arrière, littéralement, qui donne son titre à l’œuvre.
3. Jujutsu Kaisen (Gege Akutami, 2018)

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Prépublié dans le Weekly Shōnen Jump de mars 2018 à septembre 2024, Jujutsu Kaisen met en scène Yūji Itadori, un lycéen qui avale un doigt maudit du roi des fléaux, Ryōmen Sukuna, et se retrouve contraint d’intégrer une école d’exorcisme. La série s’est écoulée à plus de 100 millions d’exemplaires et a dominé les classements de ventes au Japon pendant plusieurs années.
Akutami construit un système de combat inventif, fondé sur l’énergie occulte et les « extensions de territoire », et ne laisse que peu de répit entre les affrontements. Les personnages secondaires — Gojō Satoru en tête — ont acquis une popularité qui rivalise avec celle du protagoniste. Comme dans Chainsaw Man, personne n’est à l’abri : Akutami tue sans prévenir, et les conséquences de chaque arc pèsent sur la suite du récit.
4. Dandadan (Yukinobu Tatsu, 2021)

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Publié sur le Shōnen Jump+ depuis avril 2021, Dandadan est l’œuvre de Yukinobu Tatsu, ancien assistant de Tatsuki Fujimoto sur Chainsaw Man et de Yūji Kaku sur Hell’s Paradise. Deux lycéens que tout oppose — Momo, qui croit aux fantômes, et Okarun, convaincu de l’existence des extraterrestres — découvrent que les deux phénomènes sont bien réels.
La filiation avec Chainsaw Man est directe, tant par la nervosité du découpage que par l’humour absurde qui désamorce la tension une case avant l’explosion. Adaptée en anime par le studio Science Saru depuis 2024, la série impressionne avant tout sur papier : le dessin de Tatsu est d’une précision redoutable dans les séquences de combat, où les corps volent, se tordent et s’écrasent avec une lisibilité rare pour des planches aussi chargées en détails.
5. Dorohedoro (Q Hayashida, 2000)

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Seinen publié entre 2000 et 2018 en 23 volumes, Dorohedoro est l’œuvre de Q Hayashida, mangaka diplômée de l’Université nationale des Beaux-Arts de Tokyo. Dans un quartier sinistre surnommé « Hole », Caïman — un homme à la tête de reptile, frappé d’amnésie — traque les sorciers avec son amie Nikaido pour retrouver son identité et lever la malédiction qui pèse sur lui.
Fujimoto lui-même a reconnu l’influence de Dorohedoro sur son travail. Le studio MAPPA en a tiré un anime en 2020, mais la série vaut surtout pour le style graphique de Hayashida, brut et texturé, qui colle à un univers où la crasse, la nourriture et la mort cohabitent sans hiérarchie. L’humour noir irrigue chaque chapitre — on rit au milieu du carnage, et les personnages les plus violents sont aussi les plus attachants.
6. Hell’s Paradise (Yūji Kaku, 2018)

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Publié sur le Shōnen Jump+ de janvier 2018 à janvier 2021 en 13 volumes, Hell’s Paradise suit Gabimaru, un ninja condamné à mort qu’aucune méthode d’exécution ne parvient à tuer. Pour obtenir sa grâce, il doit se rendre sur une île surnaturelle à la recherche de l’élixir d’immortalité, accompagné de Sagiri, une exécutrice du clan Yamada chargée de le décapiter s’il dévie de sa mission.
Yūji Kaku, lui aussi passé par l’atelier de Fujimoto, ancre son récit dans une mythologie taoïste où les corps se transforment, se greffent les uns aux autres et se décomposent. La série, portée à l’écran par le studio MAPPA en 2023, tire sa force de son décor : l’île de Shinsenkyo, paradis en apparence, est un piège où la luxuriance végétale cache des entités immortelles et des paysages qui digèrent ceux qui s’y aventurent.
7. Devilman (Gō Nagai, 1972)

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Œuvre fondatrice du manga d’horreur, Devilman a été prépublié entre juin 1972 et juin 1973 dans le Weekly Shōnen Magazine de Kōdansha. Akira Fudō, un adolescent timide, fusionne avec le démon Amon sur les conseils de son ami Ryō Asuka et devient Devilman — un être doté de la puissance d’un démon mais qui conserve un cœur humain.
L’influence de Devilman sur Chainsaw Man est structurelle : la relation entre Denji et Makima fait écho au lien entre Akira et Ryō, et les deux séries partagent la même conclusion : les humains, livrés à la peur, se révèlent plus destructeurs que les démons qu’ils combattent. En 1972, Gō Nagai a fait entrer la violence et la sexualité dans le shōnen manga à une échelle inédite. L’adaptation Devilman Crybaby (2018) de Masaaki Yuasa, produite par Netflix, reste le meilleur point d’entrée pour qui ne connaît pas l’œuvre.
8. Berserk (Kentaro Miura, 1989)

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Guts est un mercenaire solitaire armé d’une épée plus grande que lui, dans un univers de dark fantasy inspiré de l’Europe médiévale. Publié depuis 1989 dans les magazines Monthly Animal House puis Young Animal de Hakusensha, Berserk suit sa quête de vengeance après la trahison de Griffith, chef de la Troupe du Faucon, lors de l’événement connu sous le nom d’Éclipse.
L’œuvre de Miura, décédé en mai 2021, est poursuivie par son ami Kōji Mori et le Studio Gaga. Ce qui frappe d’abord dans Berserk, c’est le dessin : chaque planche est saturée de détails — armures, viscères, architectures gothiques — au point de ressembler à une gravure. Plus de 60 millions d’exemplaires vendus, et une empreinte visible jusque chez Fujimoto, dont le goût pour les compositions chaotiques et les corps disloqués doit beaucoup à Miura.
9. Tokyo Ghoul (Sui Ishida, 2011)

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Seinen manga prépublié dans le Weekly Young Jump de Shūeisha entre septembre 2011 et septembre 2014 (14 volumes), suivi de Tokyo Ghoul:re (2014-2018, 16 volumes). Ken Kaneki, un étudiant ordinaire, reçoit la greffe d’organes d’une goule après une agression et devient mi-humain mi-goule, incapable de manger autre chose que de la chair humaine.
Sui Ishida s’est inspiré de La Métamorphose de Franz Kafka pour construire la trajectoire de Kaneki : un personnage qui ne choisit pas ce qu’il devient et qui, à force de violence subie, finit par en devenir l’instrument. Écoulée à plus de 47 millions d’exemplaires et portée en anime par le studio Pierrot dès 2014, la série pose la même question que Chainsaw Man : où s’arrête l’humain, où commence le monstre — et surtout, qui décide ?
10. Kaiju No. 8 (Naoya Matsumoto, 2020)

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Publié sur le Shōnen Jump+ de juillet 2020 à juillet 2025 en 16 volumes, Kaiju No. 8 suit Kafka Hibino, un homme de 32 ans qui nettoie les cadavres de kaijus pour gagner sa vie. Un jour, il est lui-même transformé en monstre — précisément le type de créature qu’il rêvait de combattre au sein de la Force de Défense.
Le ressort rappelle celui de Chainsaw Man — un homme ordinaire qui hérite d’un pouvoir monstrueux — mais Matsumoto le traite autrement. Kafka est un adulte — chose rare dans le shōnen — qui a déjà échoué, qui connaît la fatigue et le renoncement, et dont la seconde chance prend la forme la plus paradoxale possible. La série, adaptée en anime par Production I.G en 2024 et écoulée à plus de 18 millions d’exemplaires, puise dans la tradition des films de monstres japonais (Godzilla, Ultraman) pour nourrir des affrontements à grande échelle.
11. Parasite (Hitoshi Iwaaki, 1988)

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Parasite (Kiseijū) raconte l’histoire de Shinichi Izumi, un lycéen dont le bras droit est colonisé par un organisme extraterrestre nommé Migi. Publié dans les magazines Morning Open Zōkan puis Monthly Afternoon de Kōdansha entre 1989 et 1994 (10 volumes), le manga suit les deux entités, condamnées à cohabiter, dans leur lutte contre d’autres parasites qui, eux, ont pris le contrôle total de leurs hôtes humains.
Iwaaki renverse la perspective : si les parasites tuent pour se nourrir, en quoi diffèrent-ils des humains qui détruisent leur écosystème ? La relation entre Shinichi et Migi — de la méfiance à la symbiose, avec tout ce que cela coûte à chacun — rappelle celle de Denji et Pochita dans Chainsaw Man. L’adaptation en anime par le studio Madhouse (2014-2015) a fait redécouvrir cette œuvre pionnière à un large public.
12. Spirale (Junji Ito, 1998)

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Dans la petite ville côtière de Kurōzu-chō, une malédiction liée aux spirales contamine progressivement les habitants, les objets et le paysage lui-même. Spirale (Uzumaki), publié dans le magazine Big Comic Spirits de Shōgakukan entre janvier 1998 et août 1999 (3 volumes), est l’une des œuvres les plus célèbres de Junji Ito, figure majeure de l’horreur manga.
Ito a déclaré vouloir subvertir l’image positive de la spirale dans la culture japonaise. Le résultat est un cauchemar géométrique où le motif s’insinue partout : dans les corps, les comportements, l’architecture. Chaque chapitre invente une nouvelle façon de déformer le réel à partir d’une seule forme. Si l’inventivité visuelle de Chainsaw Man vous a marqué·e, Spirale pousse cette logique jusqu’à l’horreur graphique pure.
13. L’Attaque des Titans (Hajime Isayama, 2009)

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Dans un monde où l’humanité survit retranchée derrière des murs gigantesques pour se protéger de créatures humanoïdes anthropophages, L’Attaque des Titans suit Eren Jäger. Prépublié dans le Bessatsu Shōnen Magazine de Kōdansha entre septembre 2009 et avril 2021 (34 volumes), le manga s’ouvre sur la destruction de la ville d’Eren et la mort de sa mère. De ce deuil naît un serment : exterminer les Titans.
La série s’est écoulée à plus de 140 millions d’exemplaires et a été adaptée en anime par Wit Studio puis MAPPA (2013-2023). Sa force tient à ses retournements narratifs — notamment la révélation de l’identité de certains Titans — qui obligent le lecteur·ice à réévaluer tout ce qu’il ou elle croyait savoir. Comme Chainsaw Man, l’œuvre d’Isayama refuse de séparer le monde en bons et en méchants : chaque camp a ses raisons, et aucune décision n’est gratuite.