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Que lire après « Your Lie in April » de Naoshi Arakawa ?

Que lire après « Your Lie in April » de Naoshi Arakawa ?

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Your Lie in April (Shigatsu wa Kimi no Uso) est un manga écrit et dessiné par Naoshi Arakawa, prépublié entre avril 2011 et février 2015 dans le Monthly Shōnen Magazine de Kōdansha et compilé en onze volumes. On y suit Kōsei Arima, jeune prodige du piano surnommé le « métronome humain », qui a cessé de jouer après la mort de sa mère. Sa rencontre avec Kaori Miyazono, violoniste au jeu libre et imprévisible, le pousse à affronter de nouveau la scène et le souvenir. Lauréat du prix Kōdansha du meilleur shōnen en 2013, le manga a été adapté en anime par le studio A-1 Pictures.

Si vous cherchez des lectures dans un esprit proche, voici quelques titres à découvrir.


1. Nodame Cantabile (Tomoko Ninomiya, 2001)

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À l’université de musique Momogaoka, Shin’ichi Chiaki, fils d’un pianiste célèbre, rêve de devenir chef d’orchestre mais reste cloué au Japon par sa phobie de l’avion. Son quotidien est chamboulé par Megumi Noda, dite Nodame : une pianiste à l’oreille absolue mais réfractaire à toute discipline, aussi brillante derrière un clavier que catastrophique dans sa vie de tous les jours — son appartement est un champ de ruines et son hygiène, un sujet d’inquiétude permanent.

Là où Your Lie in April choisit le registre dramatique, Nodame Cantabile mise sur la comédie de caractère. La série, prépubliée dans le magazine Kiss entre 2001 et 2009 pour un total de vingt-cinq volumes (série dérivée comprise), a remporté le prix Kōdansha 2004 dans la catégorie shōjo. L’humour ne fait jamais écran : les enjeux du conservatoire, la pression des concours et les doutes des musiciens face à leur avenir sont traités avec un vrai souci de justesse.

Le récit suit ses personnages de la salle de cours japonaise jusqu’aux scènes parisiennes. Tomoko Ninomiya excelle à faire cohabiter la comédie physique — Nodame qui saute sur Chiaki, Chiaki qui nettoie l’appartement de Nodame au karcher — avec des passages d’une émotion inattendue, en particulier lors des performances musicales, où le dessin se met au diapason de l’intensité du jeu.


2. Kids on the Slope (Yuki Kodama, 2007)

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Été 1966, Kyūshū. Kaoru Nishimi, lycéen introverti et pianiste classique, déménage une fois de plus à cause du travail de son père. Dans son nouveau lycée, il fait la connaissance de Sentarō Kawabuchi, bagarreur notoire et batteur passionné de jazz. À ses côtés et auprès de Ritsuko Mukae, amie d’enfance de Sentarō, Kaoru découvre un monde aux antipodes du sien. Le sous-sol du magasin de disques du père de Ritsuko devient leur refuge : c’est là, entre une contrebasse et une batterie, que les deux garçons se trouvent.

Publié en neuf volumes dans le magazine Monthly Flowers entre 2007 et 2012, ce josei de Yuki Kodama a reçu le prix Shōgakukan en 2012. L’anime, réalisé par Shin’ichirō Watanabe (Cowboy Bebop) avec une bande originale de Yōko Kanno, a largement contribué à faire connaître la série hors du Japon.

Le cadre historique — un Japon des années 1960 traversé par les tensions de l’après-guerre — n’est pas un simple décor : il pèse sur les rapports entre les personnages et sur leurs secrets de famille. Le jazz, musique de l’occupant américain, est à la fois une libération et un tabou. Quant aux histoires d’amour, elles avancent surtout par ce qui n’est pas dit — un regard en trop, une phrase retenue, un silence après un morceau joué à deux.


3. Sounds of Life (Amyū, 2012)

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Takezō Kurata est le dernier membre du club de koto de son lycée. Passionné par cet instrument traditionnel japonais, il refuse de laisser le club disparaître, mais aucun de ses camarades ne s’y intéresse. Tout change lorsque Chika Kudō, un élève à la réputation de délinquant, demande à s’inscrire — au nom de son défunt grand-père, ancien luthier de kotos. L’arrivée de Satowa Hōzuki, prodige issue d’une prestigieuse école de koto, achève de constituer un groupe improbable, uni par la volonté de sauver le club et de se qualifier pour le concours national.

Prépublié depuis 2012 dans le Jump Square de Shūeisha, Sounds of Life (titre original : Kono Oto Tomare!) dépasse aujourd’hui les trente volumes et paraît en France chez Akata depuis janvier 2023. L’autrice, Amyū, joue du koto depuis l’âge de trois ans — sa mère est professeure de koto, sa sœur en est interprète professionnelle — et cette familiarité se ressent dans la précision avec laquelle elle représente les postures, le placement des chevalets et les spécificités de chaque morceau.

Sur la durée, la série tient moins par la musique en tant que telle que par ce qu’elle exige de chacun : accepter d’être vulnérable devant un public, faire confiance à des gens qu’on connaît à peine, jouer ensemble plutôt que jouer juste. Chaque compétition met à nu ce qui a changé chez les personnages, mais aussi ce qui résiste encore.


4. Given (Natsuki Kizu, 2013)

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Ritsuka Uenoyama, guitariste doué, a perdu le goût de jouer. Un jour, il tombe sur Mafuyu Satō, endormi dans un coin du lycée, une guitare Gibson serrée contre lui. Incapable de changer ses propres cordes, Mafuyu supplie Ritsuka de l’aider — puis de lui apprendre à jouer. Derrière l’apparente candeur du garçon se cache un deuil impossible à formuler : Mafuyu a perdu quelqu’un de très proche et n’a jamais trouvé comment dire ce qui lui reste en travers de la gorge. La musique va devenir cette voix qui lui manque.

Given est un boys’ love prépublié dans le bimensuel Cheri+ de Shinshokan entre 2013 et 2023, en neuf volumes. Publié en France par Taifu Comics, le titre a été adapté en anime par le studio Lerche en 2019, suivi de plusieurs films d’animation.

Le premier arc suit la naissance du couple Mafuyu-Ritsuka et culmine lors d’un concert où la voix de Mafuyu éclate enfin. Le second arc déplace l’attention vers Akihiko et Haruki, les deux membres plus âgés du groupe, et aborde des sujets plus âpres : relations toxiques, difficulté à rompre un lien qui fait du mal, dépendance amoureuse. Ce changement de registre, dans une série aussi courte, est un vrai pari — et il fonctionne.


5. Nana (Ai Yazawa, 2000)

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Deux jeunes femmes de vingt ans portent le même prénom et se rencontrent par hasard dans un train pour Tokyo. Nana Komatsu, surnommée Hachi, est une sentimentale impulsive qui enchaîne les histoires d’amour. Nana Ōsaki est la chanteuse du groupe de punk rock Blast, élevée sans parents et durcie par des années de galère, avec une volonté féroce de réussir. Elles finissent par emménager ensemble dans l’appartement 707 — et leur amitié, intense et jalouse, va peser sur chacun de leurs choix.

Prépublié dans le magazine Cookie de Shūeisha à partir de 2000, Nana totalise vingt-et-un volumes avant la suspension de la série en 2009, consécutive à l’hospitalisation d’Ai Yazawa. Le manga a remporté le prix Shōgakukan dans la catégorie shōjo et s’est vendu à des dizaines de millions d’exemplaires. L’univers visuel de la série, imprégné de références à Vivienne Westwood et à la scène punk britannique, lui confère une identité immédiatement reconnaissable.

La force de Nana tient à son refus d’idéaliser ses personnages. Hachi est souvent agaçante ; Nana Ōsaki, souvent injuste. Leurs compagnons respectifs prennent de mauvaises décisions, mentent, fuient. Ai Yazawa ne distribue ni récompenses ni punitions : elle montre, avec une franchise presque cruelle, des gens qui veulent être aimés, qui veulent réussir, et qui se sabotent en chemin.


6. March Comes in Like a Lion (Chica Umino, 2007)

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Rei Kiriyama a dix-sept ans. Orphelin depuis un accident qui a emporté toute sa famille, il vit seul dans un appartement de Tokyo et gagne sa vie comme joueur professionnel de shōgi (échecs japonais). Il ne cuisine pas, mange à peine, dort mal. Sa vie se résume à des parties qu’il joue sans plaisir — jusqu’à ce que les trois sœurs Kawamoto, Akari, Hinata et la petite Momo, l’invitent à leur table. Leur maison bruyante et désordonnée va devenir, pour Rei, le premier endroit où il a envie de revenir.

Prépublié depuis 2007 dans le Young Animal de Hakusensha, ce seinen de Chica Umino (déjà connue pour Honey and Clover) a reçu le Grand prix du manga, le prix Kōdansha et le Grand prix du prix culturel Osamu Tezuka. La série, publiée en France par Kana, a été adaptée en anime par le studio Shaft.

Le manga passe sans prévenir d’une scène de repas où Momo renverse sa soupe à un passage de solitude glaciale, et la transition ne semble jamais artificielle — c’est le talent propre de Chica Umino. Un arc particulièrement dur, consacré au harcèlement scolaire que subit Hinata, est traité sans effets de manche, avec la même attention portée aux parties de shōgi. Le récit ne choisit jamais entre la douceur et la brutalité : il les fait coexister, parfois dans la même page.


7. Blue Period (Tsubasa Yamaguchi, 2017)

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Yatora Yaguchi est un lycéen studieux, sociable, à qui tout semble réussir — et qui s’ennuie. Un matin, il s’arrête devant un tableau peint par une camarade en cours d’arts plastiques : un paysage de Shibuya à l’aube, tout en bleu. Pour la première fois, Yatora ressent une émotion qu’il ne sait pas nommer. Il se met à dessiner, puis à peindre, et finit par se fixer un objectif que tout son entourage juge déraisonnable : réussir le concours d’entrée de la Geidai (Université des arts de Tokyo), la seule école d’art publique du pays — et la plus sélective.

Prépublié dans le Monthly Afternoon de Kōdansha depuis 2017, Blue Period a reçu le prix Manga Taishō et le prix Kōdansha en 2020. Publié en France par Pika Édition, le titre a été adapté en anime par le studio Seven Arcs.

Un détail de fabrication mérite d’être signalé : Tsubasa Yamaguchi, elle-même diplômée de la Geidai, a fait appel à d’anciens camarades et à des étudiants pour dessiner les tableaux qui apparaissent dans le manga. Chaque personnage a donc un style pictural réellement distinct, produit par une main différente — ce qui donne aux scènes de création un ancrage visuel que la seule écriture n’aurait pas suffi à produire. Les doutes de Yatora — est-il légitime ? a-t-il commencé trop tard ? le travail acharné peut-il compenser l’absence de « don » ? — sont posés sans réponse facile, et c’est précisément ce qui rend la lecture aussi prenante que stressante.


8. Chihayafuru (Yuki Suetsugu, 2007)

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En sixième, Chihaya Ayase fait la connaissance d’Arata Wataya, un garçon discret venu de Fukui, petit-fils d’un ancien maître de karuta — un jeu de cartes fondé sur les cent poèmes classiques du Hyakunin Isshu. Fascinée par la vitesse et la concentration d’Arata, Chihaya se fixe un objectif : devenir la meilleure joueuse du Japon. Des années plus tard, au lycée, elle fonde un club de karuta avec son ami d’enfance Taichi Mashima et se lance dans la conquête du titre de Queen.

Prépublié dans le magazine Be Love de Kōdansha entre 2007 et 2022 pour un total de cinquante volumes, Chihayafuru a remporté le prix Manga Taishō en 2009 et le prix Kōdansha en 2011. La série, publiée en France par Pika Édition, a été adaptée en anime par le studio Madhouse et en trois films live-action.

Le karuta repose sur la mémorisation de poèmes vieux de plusieurs siècles et exige des réflexes proches de ceux d’un sport de combat : il faut saisir la bonne carte en une fraction de seconde, avant l’adversaire. Yuki Suetsugu tire de cette tension entre érudition poétique et intensité physique la matière d’affrontements qui se lisent avec le souffle court. Mais la série vaut tout autant pour le triangle amoureux Chihaya-Taichi-Arata, l’un des plus finement construits du manga — chaque personnage y est à la fois attachant et frustrant, et aucun choix n’est rendu évident.


9. Je veux manger ton pancréas (Yoru Sumino et Idumi Kirihara, 2016)

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Haruki est un lycéen solitaire et effacé qui préfère se réfugier dans les livres plutôt que de fréquenter ses camarades. Un jour, à l’hôpital, il découvre le journal intime de Sakura Yamauchi, une camarade de classe extravertie et joyeuse. Il y apprend qu’elle souffre d’une maladie du pancréas en phase terminale — un secret qu’elle n’a révélé à personne d’autre. Liés par cette confidence, les deux adolescents vont passer un printemps ensemble : sorties, restaurants, escapade en bord de mer. Des choses ordinaires, mais lestées par la certitude que tout cela aura une fin.

Adaptation manga du roman à succès de Yoru Sumino (publié en ligne en 2014, puis en volume chez Futabasha en 2015), la série est dessinée par Idumi Kirihara et prépubliée dans le Monthly Action entre 2016 et 2017, en deux volumes. La version française est publiée par Pika Édition.

Le titre, volontairement provocateur, renvoie à une croyance populaire selon laquelle manger l’organe malade d’un autre permet de guérir — mais il prend un sens très différent au fil de la lecture. Le récit évite le mélodrame ; Sakura n’est jamais réduite à sa maladie, et Haruki ne joue jamais le rôle du sauveur. Yoru Sumino s’intéresse à ce que deux personnes peuvent s’apporter lorsqu’elles se rencontrent sans faux-semblant : Sakura force Haruki à admettre que son isolement est une fuite, et Haruki offre à Sakura un regard sans pitié ni complaisance — juste de l’attention.