Ranma ½ est un manga de Rumiko Takahashi prépublié entre 1987 et 1996 dans le Weekly Shōnen Sunday et compilé en 38 volumes. Il met en scène Ranma Saotome, un adolescent spécialiste d’arts martiaux qui se transforme en fille au contact de l’eau froide, et sa fiancée Akane Tendô. À la fois comédie romantique et shōnen de combat, Ranma ½ enchaîne quiproquos amoureux, duels improbables et transformations à un rythme qui n’a guère faibli d’un bout à l’autre de la série — d’où un succès mondial, avec plus de 55 millions d’exemplaires écoulés.
Si vous cherchez quoi lire après avoir refermé le dernier volume, voici quelques pistes.
1. Urusei Yatsura (Rumiko Takahashi, 1978)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Première grande série de Rumiko Takahashi, Urusei Yatsura a pour héros Ataru Moroboshi, un lycéen coureur de jupons invétéré, désigné au hasard pour défendre la Terre contre une invasion extraterrestre. Le défi est simple : attraper Lamu, la fille de l’envahisseur, dans un jeu de chat. Ataru y parvient, mais sa déclaration de victoire — « Je vais enfin pouvoir me marier ! » — est prise au premier degré par Lamu, qui le considère dès lors comme son fiancé. Le malentendu ne se dissipera jamais.
Sur cette base, Takahashi construit un humour de l’escalade où chaque situation déraille un peu plus que la précédente. Le quotidien du lycée de Tomobiki est perturbé tantôt par des créatures du folklore japonais, tantôt par des extraterrestres de passage — et chaque nouveau venu ne fait qu’aggraver la situation. Le ton est plus absurde et plus anarchique que celui de Ranma ½. C’est dans Urusei Yatsura que Takahashi a mis au point ses ressorts comiques fondamentaux : le malentendu en série et, surtout, la situation qui empire à chaque tentative de la résoudre.
2. Maison Ikkoku (Rumiko Takahashi, 1980)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Maison Ikkoku suit Yûsaku Godai, un étudiant qui a raté ses concours d’entrée à l’université et partage une pension de famille avec des locataires impossibles : Mme Ichinose, fêtarde alcoolique ; Akemi, qui se promène perpétuellement en nuisette ; et M. Yotsuya, un individu dont personne ne connaît ni le métier ni les horaires. L’arrivée de Kyôko Otonashi, jeune veuve de vingt ans devenue gérante de la pension, provoque chez Yûsaku un coup de foudre immédiat.
Publié dans Big Comic Spirits pour un lectorat plus adulte, le manga s’étend sur sept années de la vie de ses personnages. Là où Ranma ½ relance l’intrigue par de nouveaux adversaires, Maison Ikkoku avance par petits déplacements — une gaffe de Yûsaku, l’ombre d’un rival comme Shun Mitaka, beau professeur de tennis issu d’une bonne famille. Yûsaku, étudiant médiocre et indécis au départ, gagne en maturité volume après volume : il trouve un emploi, s’affirme face à Mitaka, apprend à formuler ce qu’il ressent. De toutes les séries de Takahashi, c’est la plus romantique — et la seule dont l’histoire d’amour aboutit pleinement, sans esquive ni pirouette de dernière minute.
3. Dragon Ball (Akira Toriyama, 1984)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Dragon Ball raconte la vie de Son Goku, un garçon doté d’une queue de singe, recueilli par Son Gohan, un vieux maître d’arts martiaux, dans une montagne isolée. Son Gohan lui a appris les rudiments du combat, mais Son Goku n’a jamais quitté sa montagne — jusqu’au jour où débarque Bulma, une adolescente à la recherche des sept Dragon Balls, des boules de cristal qui, une fois réunies, invoquent un dragon capable d’exaucer un vœu. Le duo part sur les routes, et le garçon naïf se révèle vite un prodige martial.
Inspirée du conte chinois La Pérégrination vers l’Ouest, la série commence comme un récit d’aventure comique — avec un humour volontiers potache qui n’est pas si éloigné de celui de Ranma ½ — avant de se muer en un shōnen d’arts martiaux où les enjeux ne cessent de grandir, des tournois terrestres jusqu’aux affrontements contre Freezer, Cell et Boo, qui menacent la survie de planètes entières. Chaque arc pousse Son Goku à se dépasser par de nouvelles transformations, et c’est ce modèle de montée en puissance continue qui a servi de matrice à la quasi-totalité des shōnen de combat parus depuis. Plus de 260 millions d’exemplaires écoulés dans le monde : aucun manga de combat n’a eu une postérité comparable.
4. Fruits Basket (Natsuki Takaya, 1998)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Tohru Honda, orpheline de seize ans, vit sous une tente après la mort de sa mère — par refus de peser sur son entourage. Un glissement de terrain détruit son campement de fortune, et elle est recueillie par trois membres de la famille Sôma : Shiguré, Yuki et Kyô. Elle découvre bientôt que treize membres de cette famille sont frappés par une malédiction liée au zodiaque chinois : au contact d’une personne du sexe opposé, ils se transforment en l’animal de leur signe. Kyô, lui, porte le signe du chat — l’animal exclu du zodiaque dans la légende — et sait qu’à ses dix-huit ans, il sera enfermé pour toujours.
Comme dans Ranma ½, les transformations sont d’abord une source de gags, mais ici elles recouvrent un récit qui s’assombrit au fil des 23 volumes. Chaque membre de la famille Sôma a grandi sous le poids de la malédiction, et l’emprise exercée par Akito, le chef de clan, maintient le groupe dans la peur et le silence. La force du manga tient à la façon dont Tohru, qui s’intéresse à chacun d’eux et ose leur poser les questions que tout le monde évite, fissure peu à peu ce système. Fruits Basket a reçu le prix Kōdansha en 2001 dans la catégorie shōjo, une distinction rare pour un titre non publié par cet éditeur.
5. Ken-ichi, le disciple ultime (Syun Matsuena, 2002)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Kenichi Shirahama, seize ans, est féru de lecture et régulièrement brutalisé par ses camarades de lycée. Sa rencontre avec Miu Fûrinji, une nouvelle élève capable de mettre à terre n’importe quel voyou du quartier sans effort visible, le pousse à frapper à la porte du Ryôzanpaku — un dojo en apparence délabré où résident six maîtres de disciplines différentes : karaté, kung-fu, muay thaï, jiu-jitsu, entre autres. Les séances sont d’une violence disproportionnée, et Kenichi, qui n’a aucun talent inné, ne s’en sort que par sa capacité à encaisser et à revenir le lendemain.
Ses progrès lui valent d’être défié par les membres du gang Ragnarök, puis par les disciples de Yami, une organisation qui prône les arts martiaux létaux. Ce qui fait tenir la série sur 61 volumes, c’est le contraste entre la brutalité des combats et la dimension comique des maîtres du Ryôzanpaku — Sakaki, karatéka faussement bourru, ou Kensei Ma, expert en kung-fu et voyeur impénitent. Dans Ranma ½, les arts martiaux sont avant tout un prétexte comique ; ici, ils occupent le premier plan : chaque technique est nommée et chaque discipline a ses principes, au point que certains combats occupent des chapitres entiers.
6. Ah! My Goddess (Kōsuke Fujishima, 1988)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Keiichi Morisato, étudiant sans le sou à l’université de Nekomi, compose par erreur le numéro du Bureau d’Assistance des Déesses. Belldandy, déesse de première classe, se matérialise devant lui et lui propose d’exaucer un vœu unique. Persuadé qu’il s’agit d’une plaisanterie de ses aînés du club de moto, Keiichi souhaite qu’elle reste à ses côtés pour toujours — et le contrat est aussitôt scellé par le système céleste.
Belldandy s’installe donc chez Keiichi, bientôt rejointe par ses deux sœurs : Urd, l’aînée mi-déesse mi-démone, qui administre des potions d’amour sans qu’on le lui demande ; et Skuld, la cadette qui refuse de partager sa grande sœur avec un simple mortel. Publié pendant vingt-cinq ans dans le magazine Afternoon (48 volumes, prix Kōdansha 2009), le manga doit beaucoup à l’univers personnel de Fujishima : la mécanique — motos, moteurs, courses — y côtoie la métaphysique — bugs divins, conflits entre dieux et démons — avec la même évidence. Comme Ranma ½, Ah! My Goddess repose sur une cohabitation impossible où le surnaturel s’invite en permanence dans le quotidien — mais le rythme est plus posé, et le récit assume un romantisme sincère là où Takahashi s’en tire toujours par une pirouette.
7. Love Hina (Ken Akamatsu, 1998)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Keitarô Urashima, vingt ans, a déjà échoué deux fois au concours d’entrée de Tôdai, la plus prestigieuse université du Japon. Mis à la porte par ses parents, il se rend à la pension Hinata, jadis tenue par sa grand-mère — qui, partie faire le tour du monde, lui en confie la gérance. Problème : l’ancien hôtel est devenu un foyer pour jeunes filles, et ses cinq résidentes accueillent avec hostilité l’arrivée d’un garçon maladroit dans leurs murs.
Ce qui pousse Keitarô à persévérer, c’est une promesse faite à une petite fille quand il avait cinq ans : se retrouver un jour à Tôdai. Il ne se souvient ni de son visage ni de son nom, mais s’accroche à cette idée avec une ténacité qui confine à l’entêtement. Le cadre — un garçon seul gérant d’une pension, entouré de femmes — rappelle Maison Ikkoku, mais le registre est différent : Naru, brillante et colérique, distribue les coups ; Motoko, kendōka austère, dégaine son sabre au moindre prétexte. Keitarô atterrit invariablement dans la mauvaise pièce au mauvais moment, et les malentendus s’enchaînent sur 14 volumes au rythme soutenu. Un classique du manga de type harem, dans la lignée comique directe de Ranma ½.