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Que lire après « Nozokiana » de Wakō Honna ?

Que lire après « Nozokiana » de Wakō Honna ?

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Nozokiana est un seinen manga écrit et dessiné par Wakō Honna, prépublié entre 2009 et 2013 dans le magazine numérique Moba Man de Shōgakukan. Sur treize tomes, la série suit Tatsuhiko Kido, un étudiant en art qui découvre un trou dans le mur de son studio à Tokyo, à travers lequel il peut observer sa voisine Emiru — laquelle lui propose un étrange pacte de voyeurisme mutuel. Derrière le prétexte érotique se joue un drame psychologique où manipulation, culpabilité et attirance se nourrissent les unes des autres.

Si vous avez refermé le dernier tome avec l’envie d’une lecture similaire, voici quelques pistes.


1. Velvet Kiss (Chihiro Harumi, 2009)

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Nitta Shin, employé de bureau ordinaire, se retrouve du jour au lendemain écrasé par une dette de 80 millions de yens. Son créancier lui impose un arrangement singulier : tenir compagnie à Kanoko, une jeune femme aussi séduisante qu’insaisissable, en échange d’un allégement de sa dette. L’accord semble simple ; il ne l’est pas.

En quatre tomes publiés chez Takeshobo, Velvet Kiss dépasse vite le registre érotique. La dépendance affective et les secrets familiaux de Kanoko lestent l’intrigue d’une gravité inattendue. La relation entre Shin et Kanoko, d’abord mécanique, se charge peu à peu d’ambiguïté : ni l’un ni l’autre ne sait plus très bien ce qu’il donne et ce qu’il reçoit.


2. Scum’s Wish (Mengo Yokoyari, 2012)

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Hanabi et Mugi forment en apparence le couple idéal du lycée. En réalité, chacun·e aime quelqu’un d’autre : Hanabi est éprise de son professeur principal, Mugi de son ancienne tutrice. Leur relation n’est qu’un arrangement — du mensonge et de la consolation physique pour combler le vide de leurs amours non réciproques.

Huit tomes, prépubliés dans le Monthly Big Gangan de Square Enix, suffisent à Mengo Yokoyari pour refuser toute idéalisation. Elle observe ses personnages sans complaisance : chacun agit par égoïsme, par peur ou par désir de possession, et l’amour y est toujours un rapport de force. Adapté en anime et en drama en 2017, Scum’s Wish frappe surtout par sa rigueur : aucun protagoniste n’est épargné, aucun sentiment n’est noble.


3. Les Fleurs du mal (Shūzō Oshimi, 2009)

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Takao Kasuga, collégien introverti d’une ville de province, voue un culte au recueil de Baudelaire dont le manga emprunte le titre. Amoureux en secret de Nanako, il commet un jour un acte impulsif — voler ses vêtements de sport — sous le regard de Sawa Nakamura, camarade marginale et provocatrice, qui se saisit de cette faute pour le faire chanter.

L’œuvre est partiellement nourrie de la propre adolescence de Shūzō Oshimi : la ville de province étriquée, la découverte de Baudelaire, le sentiment d’être étranger à son propre quotidien. Publiée en onze tomes chez Kōdansha (Ki-oon en France), elle fait de Sawa un catalyseur : elle ne corrompt pas Takao, elle révèle ce qui couvait déjà sous la surface. Le huis clos psychologique qui s’installe entre ces trois personnages est d’une intensité rare dans le manga.


4. Dans l’intimité de Marie (Shūzō Oshimi, 2012)

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Isao Komori est un hikikomori cloîtré dans son appartement de Tokyo. Son unique rituel : se rendre chaque soir à la supérette du quartier pour observer une lycéenne, Mari Yoshizaki. Un matin, il se réveille dans le corps de cette jeune fille, sans explication. Il lui faut désormais tenir son rôle au lycée, et tenter de comprendre où l’esprit de la véritable Mari a disparu.

Oshimi détourne ici le motif rebattu de l’échange de corps, en neuf tomes chez Futabasha (édités en France par Akata). Là où d’autres séries en tireraient de la comédie, il s’enfonce dans le malaise et l’introspection. Isao, prisonnier d’un corps féminin qu’il a longtemps désiré de l’extérieur, découvre ce que signifie être l’objet d’un regard — celui-là même qu’il portait sur Mari. Le récit mène cette confrontation sans détour ni concession.


5. Love X Dilemma (Kei Sasuga, 2014)

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Natsuo, lycéen qui rêve de devenir écrivain, nourrit une attirance inavouée pour Hina, sa professeure d’anglais. Lors d’une soirée, il couche avec Rui, une jeune fille peu sociable. Peu après, son père lui annonce qu’il se remarie — et que ses futures demi-sœurs ne sont autres que Hina et Rui. Le piège se referme dès le premier tome.

Vingt-huit tomes dans le Weekly Shōnen Magazine de Kōdansha (2014-2020). Sous son titre original Domestic na Kanojo, Love X Dilemma dépasse vite son postulat de comédie sentimentale. Kei Sasuga pousse ses personnages vers des choix de plus en plus irréversibles — relations interdites, responsabilités, renoncements — et le triangle amoureux central ne cesse de se redéfinir. Le dénouement, radical, a profondément divisé le lectorat.


6. GE – Good Ending (Kei Sasuga, 2009)

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Seiji Utsumi, lycéen timide, se contente d’admirer de loin Shō Iketani, capitaine du club de tennis. Sa camarade de classe Yuki Kurokawa le surprend en pleine séance d’observation et décide de l’aider à se rapprocher de Shō. Mais à mesure que Yuki le guide, Seiji réalise que ses sentiments se réorientent vers celle qui joue les entremetteuses.

Première série longue de Kei Sasuga, compilée en seize tomes chez Kōdansha après une prépublication dans le Weekly Shōnen Magazine (2009-2013). Ce qui la sépare des romances lycéennes ordinaires, c’est le soin accordé aux fêlures : Yuki porte des blessures passées qui verrouillent sa vie sentimentale, et le récit ne les traite jamais comme un simple ressort dramatique. Le titre lui-même — Good Ending — laisse planer un doute que seules les dernières pages lèvent.


7. Boy’s Abyss (Ryō Minenami, 2020)

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Reiji Kurose vit dans une petite ville de campagne sans horizon. Sa mère est distante, sa grand-mère souffre de démence, et son ami d’enfance le traite en subordonné. Le seul fait notable de cette localité est un double suicide légendaire au bord de la rivière, un lieu baptisé « l’Abysse des amoureux ». L’arrivée de Nagi, une idole en vogue qui travaille incognito à la supérette du coin, va fracturer ce quotidien figé.

Dix-huit tomes dans le Weekly Young Jump de Shūeisha (2020-2024). Boy’s Abyss enferme son protagoniste dans un réseau d’emprises croisées — sa mère, sa professeure, son amie Chako, Nagi elle-même — dont aucune ne lui offre de réelle sortie. Ryō Minenami construit un engrenage de liens nocifs dans un huis clos rural où l’air manque, souvent rapproché des œuvres d’Inio Asano pour sa noirceur et son refus de toute résolution facile.


8. I’s (Masakazu Katsura, 1997)

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Ichitaka Seto, lycéen de seize ans, est amoureux d’Iori Yoshizuki, une camarade de classe devenue l’idole du lycée après avoir posé en maillot de bain pour un magazine. Un traumatisme d’enfance le pousse à dire systématiquement l’inverse de ce qu’il ressent dès qu’il est question de sentiments. Le retour d’Itsuki, amie d’enfance revenue des États-Unis, vient encore brouiller les cartes.

Référence majeure de la romance shōnen, I’s compte quinze tomes dans le Weekly Shōnen Jump (1997-2000). Masakazu Katsura, déjà connu pour Video Girl Ai, y délaisse la science-fiction pour se concentrer sur ce qu’un adolescent ressent quand il n’arrive pas à dire ce qu’il veut à la personne qu’il aime. Le récit repose sur une mécanique de malentendus et de rendez-vous manqués qui pourrait tourner à vide — mais la sincérité émotionnelle de l’ensemble lui a valu de marquer durablement toute une génération de lecteur·ices.


9. Nana (Ai Yazawa, 2000)

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Deux jeunes femmes de vingt ans portent le même prénom : Nana. La première, Nana Komatsu, est une étudiante rêveuse, sentimentale et dépendante, qui rejoint son petit ami à Tokyo. La seconde, Nana Ōsaki, est une chanteuse punk déterminée à percer dans la musique. Elles se rencontrent par hasard dans un train et décident de partager un appartement — le 707, comme leur prénom.

La série, prépubliée dans le magazine Cookie de Shūeisha à partir de 2000, s’est interrompue au vingt-et-unième tome en 2009, en raison de l’état de santé de l’autrice. Nana reste l’un des mangas les plus influents de sa génération. Ai Yazawa y met en scène les désillusions de la vie adulte sans fard : les amours qui se défont, les amitiés qui plient sous le poids du succès et de la jalousie. L’univers, imprégné de culture rock et de mode, est peuplé de personnages faillibles, contradictoires, et pour cette raison même très difficiles à oublier.


10. Bonne Nuit Punpun (Inio Asano, 2007)

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Punpun Onodera est un écolier ordinaire — à ceci près qu’il est représenté, ainsi que sa famille, sous la forme d’un petit oiseau schématique, quand tout le reste du monde est dessiné de façon réaliste. Son enfance vole en morceaux lorsque son père agresse sa mère et finit en prison. L’arrivée d’Aiko, une nouvelle élève, éveille chez lui un premier amour dont il ne se remettra pas.

De l’enfance à l’âge adulte, en treize tomes prépubliés entre 2007 et 2013 (Weekly Young Sunday puis Big Comic Spirits, Shōgakukan), Bonne Nuit Punpun accompagne son protagoniste sans lui épargner quoi que ce soit. Inio Asano y déroule une fresque d’une noirceur graduée sur la dépression, l’isolement et l’échec à trouver sa place dans le monde. L’apparence de Punpun — cet oiseau dont la forme se tord et se dégrade au fil des tomes — placée dans des décors d’un réalisme photographique, produit un contraste qui colle à la peau bien après la dernière page.