JoJo’s Bizarre Adventure est un manga écrit et dessiné par Hirohiko Araki, prépublié depuis 1987 dans le Weekly Shōnen Jump puis dans l’Ultra Jump. Divisée en neuf parties, chacune centrée sur un membre de la lignée Joestar, la série s’est écoulée à plus de 120 millions d’exemplaires dans le monde. Elle se reconnaît à ses affrontements fondés sur la ruse, ses références à la culture occidentale — musique, mode, cinéma — et un goût du bizarre qui n’appartient qu’à elle.
Si vous cherchez quoi lire entre deux parties — ou après neuf —, voici des recommandations qui partagent avec JoJo’s au moins un trait de caractère.
1. Hokuto no Ken (Buronson et Tetsuo Hara, 1983)

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Dans un monde ravagé par la guerre nucléaire, Kenshirô, héritier de l’art martial assassin du Hokuto Shinken, parcourt une terre réduite au désert et à la loi du plus fort. Accompagné de Bart et Lynn, il affronte les gangs qui asservissent les survivants, mais aussi ses propres frères d’adoption et les maîtres du Nanto Seiken, l’école rivale. Chaque antagoniste porte une blessure qui rend sa défaite aussi spectaculaire que mélancolique — le manga tire sa force de ces duels dont le coup fatal met à nu l’humanité de celui qui le reçoit.
Hirohiko Araki a souvent cité Hokuto no Ken comme une influence première, et les trois premières parties de JoJo’s Bizarre Adventure en gardent la trace : corps massifs, poses théâtrales, brutalité graphique assumée. Lire cette série, c’est remonter au shōnen d’action des années 1980, là où un combat se dénouait en une frappe décisive plutôt qu’en une surenchère de pouvoirs.
2. Hunter × Hunter (Yoshihiro Togashi, 1998)

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Gon Freecss, douze ans, quitte son île natale pour devenir Hunter — un titre qui autorise son porteur à traquer des criminels, chasser des trésors ou accéder à des zones interdites — et retrouver son père, le légendaire Ging. Au fil de l’examen d’entrée, il se lie avec Kirua, issu d’une famille de tueurs, Kurapika, dernier survivant du clan Kurta, et Léolio, futur médecin. Ce qui ressemble d’abord à un shōnen d’aventure se complique vite grâce au Nen, un système de pouvoirs dont la logique interne rivalise de rigueur avec les Stands de JoJo.
Les confrontations reposent sur l’anticipation, le bluff et la contrainte que chaque combattant s’impose pour décupler sa force — au risque de tout perdre. L’arc des Fourmis Chimères fait basculer la série dans une noirceur inattendue pour un titre du Shōnen Jump : les certitudes morales des personnages y volent en éclats, y compris celles de Gon lui-même.
3. Devilman (Gō Nagai, 1972)

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Akira Fudô, lycéen timoré, apprend par son ami d’enfance Ryô Asuka que les démons, anciens maîtres de la Terre, sont sur le point de se réveiller. Pour les combattre, il fusionne avec le démon Amon et devient Devilman, un être mi-humain mi-démon. Mais la véritable menace ne vient pas de l’enfer : c’est la paranoïa des humains, retournés les uns contre les autres par la peur, qui précipite le monde vers l’apocalypse.
Cinq volumes ont suffi à Gō Nagai pour fonder l’horreur fantastique dans le manga et marquer durablement des titres aussi différents que Neon Genesis Evangelion et Berserk. En pleine guerre du Vietnam, dans un climat de défiance et de contestation, il livrait une parabole féroce sur la cruauté et l’intolérance, dont la conclusion — nihiliste, implacable — reste l’une des fins les plus rudes jamais écrites en bande dessinée japonaise.
4. Berserk (Kentaro Miura, 1989)

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Dans un univers de dark fantasy ancré dans une Europe médiévale fictive, Guts, mercenaire solitaire armé d’une épée démesurée — la Tueuse de Dragons —, pourchasse les Apôtres, des créatures démoniaques au service de la God Hand. Son passé au sein de la Troupe du Faucon, dirigée par l’ambitieux Griffith, et l’événement cataclysmique connu sous le nom d’Éclipse forment le noyau tragique du récit : une trahison à laquelle chaque tome renvoie comme à une plaie ouverte.
Kentaro Miura, disparu en 2021, a laissé un dessin d’une minutie obsessionnelle, nourri des gravures de Gustave Doré et des toiles de Jérôme Bosch. La série, reprise par le Studio Gaga sous la supervision de son ami Kōji Mori, dépasse les 50 millions d’exemplaires vendus. Comme dans JoJo’s, aucun personnage n’est réductible à un camp : Guts et Griffith incarnent chacun une réponse différente — et irréconciliable — à la question de ce que l’on est prêt à sacrifier.
5. Dorohedoro (Q Hayashida, 2000)

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Caïman, un homme affublé d’une tête de reptile après un sortilège, a perdu la mémoire. Avec l’aide de son amie Nikaido, il traque les mages qui transitent entre leur monde et Hole, un bidonville géant où les habitants servent de cobayes. À l’intérieur de sa gueule, une entité mystérieuse interroge chaque mage que Caïman attrape. La quête de son identité structure une intrigue qui multiplie les fausses pistes et les retournements pendant vingt-trois volumes — et dont toutes les pièces s’emboîtent à la fin.
Q Hayashida a réalisé l’intégralité de la série sans assistant·e, et cela se perçoit dans un trait brut, organique, aussi sale que son univers. Dorohedoro alterne humour noir, gore décomplexé et vrai mystère narratif. Ce mélange des tons — le rire une case après l’horreur — rappelle la liberté dont fait preuve JoJo’s Bizarre Adventure, mais dans un registre plus crasseux et plus imprévisible.
6. Hellsing (Kōta Hirano, 1997)

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L’organisation Hellsing, fondée par Abraham Van Helsing et dirigée par Sir Integra Hellsing, protège la couronne britannique contre les menaces surnaturelles. Son arme la plus redoutable : Alucard, un vampire surpuissant — et l’anagramme n’est pas fortuite. Face à lui se dressent la Section XIII Iscariote du Vatican et Millennium, une organisation nazie qui, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, bâtit dans l’ombre une armée de vampires.
En dix volumes publiés sur onze ans, Kōta Hirano orchestre une escalade militaire qui culmine lors d’un siège de Londres dément. Les personnages sont outranciers par choix, la mise en scène portée jusqu’à l’absurde, et le ton vire du grand-guignol revendiqué à la vraie tension dramatique d’une page à l’autre. On y retrouve ce qui fait le sel de JoJo’s — des antagonistes qui savourent leur propre monstruosité, un goût du spectacle sans aucun garde-fou.
7. Golden Kamui (Satoru Noda, 2014)

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Au début du XXᵉ siècle, Saichi Sugimoto, vétéran de la guerre russo-japonaise surnommé « l’Immortel », apprend l’existence d’un trésor de 75 kilos d’or volé aux Aïnous et caché à Hokkaido. Les indices sont tatoués sur la peau de prisonniers évadés. Sugimoto s’allie avec Asirpa, une jeune Aïnoue, et tous deux se retrouvent pris entre la 7ᵉ division de l’armée impériale et un groupe de détenus menés par le mystérieux Nopperabo.
Satoru Noda — qui cite Hirohiko Araki comme son modèle — fait tenir dans le même chapitre un duel au couteau et une recette de ragoût d’écureuil préparée selon les techniques aïnoues. Ce va-et-vient constant entre l’action, l’humour burlesque et de longues séquences consacrées à la culture aïnoue — chasse, cuisine, artisanat, spiritualité — donne au manga un rythme qu’aucun autre titre ne reproduit. Le Grand Prix du Prix culturel Osamu Tezuka, reçu en 2018, salue autant la qualité de la narration que l’ampleur du travail de documentation mené par l’auteur.
8. Parasite (Hitoshi Iwaaki, 1988)

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Des organismes parasitaires tombés du ciel prennent possession du cerveau de leurs hôtes humains pour s’en nourrir. Shin’ichi Izumi, lycéen ordinaire, échappe de justesse à ce sort : le parasite qui l’a attaqué s’est logé dans sa main droite au lieu d’atteindre son cerveau. Ce parasite, qu’il nomme Migy, devient un partenaire forcé. Tous deux doivent cohabiter et affronter d’autres parasites — qui, eux, ont pris le contrôle total de leurs hôtes et s’en servent pour chasser et dévorer des humains.
Au fil de dix volumes, la cohabitation avec Migy transforme Shin’ichi en profondeur : son corps gagne en force et en résistance, mais sa capacité à ressentir de l’empathie s’érode. Il devient plus efficace et plus froid — au point que ses proches peinent à le reconnaître. Hitoshi Iwaaki pose à travers cette métamorphose une question qui traverse aussi JoJo’s : que reste-t-il de soi quand un pouvoir étranger s’installe dans le corps et redessine la frontière entre l’humain et ce qui ne l’est plus ?