Bloom (Kaoru Hana wa Rin to Saku) est un shōnen manga écrit et dessiné par Saka Mikami, prépublié depuis octobre 2021 dans le Magazine Pocket de Kōdansha. On y suit Rintarō Tsumugi, lycéen à la carrure imposante qui fait fuir ses camarades malgré lui, et Kaoruko Waguri, élève d’un prestigieux lycée voisin, dont les établissements respectifs se vouent une hostilité tenace. Leur rencontre fortuite dans la pâtisserie familiale de Rintarō amorce une relation qui défie les préjugés — un Roméo et Juliette des temps modernes, salué par la critique et nommé à plusieurs reprises aux prix Kōdansha.
Si cette histoire vous a plu et que vous cherchez quoi lire ensuite, les mangas qui suivent partagent avec Bloom un même terrain : des adolescents que tout sépare en apparence, et qu’un déclic inattendu rapproche.
1. Sawako (Karuho Shiina, 2005)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Avec ses longs cheveux noirs et son air taciturne, Sawako Kuronuma est surnommée « Sadako » par ses camarades de classe, en référence au fantôme du film Ring. Ostracisée par des rumeurs absurdes, cette lycéenne douce et volontaire rêve pourtant de se faire des amis. L’arrivée dans sa vie de Kazehaya, garçon solaire et bienveillant, entame peu à peu la cloison qui la sépare des autres.
Publié dans le Bessatsu Margaret de 2005 à 2017 et compilé en 30 volumes, Sawako repose sur un mécanisme familier — l’opposition entre apparence et véritable nature — mais le traite sans jamais tricher. Le récit accorde autant d’importance aux amitiés féminines qu’à la romance, et les quiproquos ne servent jamais de simple ressort comique : ils révèlent la difficulté réelle de s’exprimer quand on a longtemps été réduit·e au silence.
2. Honey Lemon Soda (Mayu Murata, 2015)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Uka Ishimori a été harcelée au collège au point d’être surnommée « la pierre » à cause de son visage figé par la peur. Son entrée au lycée devait marquer un nouveau départ, mais les séquelles restent vives. Sa rencontre avec Kai Miura, un garçon aux cheveux blond citron — comme le soda du titre —, marque le début d’une lente reconstruction.
Le manga aborde le harcèlement scolaire sans complaisance ni raccourcis. Le parcours d’Uka est celui d’une reconquête — de la parole, de la confiance, du droit d’exister parmi les autres. Prépublié dans le Ribon depuis 2015 et fort de plus de 13 millions d’exemplaires en circulation, Honey Lemon Soda a été adapté en film en 2021 puis en anime en 2025 — une longévité qui tient à sa façon de montrer que la guérison est lente, mais possible.
3. Horimiya (HERO & Daisuke Hagiwara, 2011)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Au lycée, Kyōko Hori passe pour une élève brillante et sociable. Izumi Miyamura, lui, traîne une image de garçon terne et effacé. Mais en dehors de l’école, Hori se mue en mère de substitution pour son petit frère, et Miyamura révèle piercings, tatouages et une personnalité bien différente de sa façade scolaire.
Adapté du webcomic de HERO par le dessinateur Daisuke Hagiwara, Horimiya a été prépublié dans le Monthly GFantasy de 2011 à 2021 en 16 volumes (plus un tome bonus). La série tient tout entière dans un constat : chacun porte un visage public et un visage privé, et l’amour naît précisément dans l’écart entre les deux — quand le masque tombe. Le rythme, volontairement posé, laisse aux personnages secondaires la place de développer leurs propres arcs narratifs — au point que certains chapitres se lisent comme des nouvelles autonomes.
4. Mon histoire (Kazune Kawahara & Aruko, 2011)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Takeo Gōda est un lycéen au physique de judoka que ses camarades trouvent intimidant. Chaque fille dont il s’éprend finit invariablement par tomber amoureuse de son meilleur ami, le séduisant Sunakawa. Jusqu’au jour où il sauve Rinko Yamato d’une agression — et où, pour la première fois, les sentiments semblent réciproques.
Publié dans le Bessatsu Margaret de 2011 à 2016 en 13 volumes, Mon histoire dynamite les conventions du shōjo : ici, le premier plan revient à un héros qui ne correspond à aucun canon esthétique du genre. Kazune Kawahara et Aruko refusent de faire durer artificiellement les malentendus : le couple se forme tôt, et l’intérêt se déplace vers la tendresse maladroite de deux adolescents qui apprennent à être ensemble. On rit beaucoup — et on s’attache plus encore.
5. Le garçon d’à côté (Robico, 2008)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Shizuku Mizutani ne vit que pour ses résultats scolaires. Haru Yoshida, son voisin de classe, a été temporairement exclu du lycée après une bagarre et refuse d’y remettre les pieds. Envoyée par une enseignante pour lui remettre ses cours, Shizuku se retrouve face à un garçon imprévisible qui la décrète immédiatement son amie — puis lui déclare sa flamme.
Prépublié dans le Dessert de Kōdansha de 2008 à 2013 en 13 volumes, le manga de Robico se démarque par ses deux protagonistes atypiques : une jeune fille qui ne sait pas gérer les émotions des autres, et un garçon socialement inadapté dont les accès de violence trahissent, en creux, une profonde solitude. Leur relation, faite d’avancées et de reculs, pose une question qui dépasse de loin la romance : comment nouer des liens quand on n’a jamais appris à le faire ?
6. Honey (Amu Meguro, 2013)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Au collège, Nao Kogure a laissé un parapluie et des pansements à un garçon en sang, effondré sous la pluie, avant de prendre la fuite. Des années plus tard, ce même garçon — Taiga Onise, à la réputation de voyou — la retrouve au lycée et lui demande de sortir avec lui « avant de l’épouser ». Pétrifiée, Nao accepte sans oser refuser.
Publié dans le Bessatsu Margaret (titré Honey So Sweet en anglais), ce shōjo ramassé en seulement 8 volumes s’appuie sur un décalage fondamental : Taiga, que tout le monde prend pour une brute, est en réalité d’une gentillesse confondante. Le manga, adapté en film en 2018, traite avec justesse du poids des apparences et de la solitude de ceux qui ne sont jamais regardés pour ce qu’ils sont vraiment — à commencer par Nao elle-même, orpheline discrète habituée à s’effacer.
7. The Dangers in My Heart (Norio Sakurai, 2018)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Kyōtarō Ichikawa est un collégien renfermé qui se réfugie dans des fantasmes morbides et des encyclopédies du crime. Sa cible imaginaire favorite : Anna Yamada, la fille la plus populaire de l’école. Mais à force de l’observer, il découvre qu’Anna est bien plus décalée et attachante que son image de mannequin lisse ne le laisse supposer.
Prépublié sur Manga Cross depuis 2018 et nommé pour le Grand prix du manga 2020, The Dangers in My Heart transforme une prémisse volontairement provocatrice en une comédie romantique d’une finesse inattendue. Norio Sakurai excelle à saisir les infimes glissements du sentiment : un regard prolongé, un geste anodin qui prend soudain un sens nouveau. Le passage de Kyōtarō de l’hostilité affichée à l’attachement véritable est mené avec une patience et une précision qui ne laissent aucune étape au hasard.
8. Blue Spring Ride (Io Sakisaka, 2011)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Au collège, Futaba Yoshioka aimait en secret Kō Tanaka, un garçon calme et doux. Mais il a déménagé sans prévenir. Au lycée, Futaba a changé : elle joue les garçons manqués pour se faire accepter. Quand Kō réapparaît sous un autre nom de famille — Mabuchi — il est lui aussi devenu quelqu’un d’autre, plus distant et cynique.
Ce qui fait la force de Blue Spring Ride (publié dans le Bessatsu Margaret de 2011 à 2015, 13 volumes), c’est sa façon d’aborder de front le deuil des versions passées de soi et des autres. Futaba et Kō doivent accepter qu’ils ne sont plus les enfants qu’ils étaient, et que l’amour qu’ils ont ressenti ne peut pas simplement reprendre là où il s’était arrêté. Io Sakisaka refuse les résolutions faciles, et c’est précisément ce refus qui rend la série si juste : rien n’est acquis, chaque rapprochement se mérite.
9. Sexy Cosplay Doll (Shinichi Fukuda, 2018)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Wakana Gojō, lycéen solitaire, rêve de devenir artisan de poupées hina, mais cache cette passion qu’il juge peu virile. Marine Kitagawa, sa camarade de classe aussi populaire qu’exubérante, le surprend un jour à la machine à coudre — et lui demande de réaliser ses costumes de cosplay. C’est le début d’un partenariat improbable : lui coud, elle pose, et leurs deux obsessions — les poupées, le cosplay — finissent par se répondre.
Prépublié dans le Young Gangan de 2018 à 2025 en 15 volumes, Sexy Cosplay Doll ne se réduit pas à la comédie romantique fan-service que son titre laisse présager. Le manga consacre un soin méticuleux à la fabrication des costumes, au maquillage et à la photographie, et fait du cosplay un terrain de rencontre crédible entre deux formes d’artisanat. La relation entre Wakana et Marine fonctionne parce qu’elle se construit sur le respect mutuel de leurs passions respectives — un moteur bien plus solide que n’importe quel malentendu scénaristique.
10. Blue Box (Kōji Miura, 2021)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Taiki Inomata, joueur de badminton au lycée sportif Eimei, est secrètement amoureux de Chinatsu Kano, étoile de l’équipe féminine de basket. Chaque matin, ils s’entraînent côte à côte dans le même gymnase. Quand la famille de Taiki se retrouve à héberger Chinatsu, la cohabitation force une proximité que le garçon n’avait jamais osé imaginer.
Avec plus de 5 millions d’exemplaires en circulation depuis son lancement dans le Weekly Shōnen Jump en 2021, Blue Box tient une ligne de crête difficile entre romance et compétition sportive : les matchs de badminton et de basket ne sont pas de simples parenthèses, mais des moments où chaque personnage laisse voir ce qu’il essaie de taire le reste du temps. Adapté en anime sur Netflix en 2024, la série a su toucher un public nettement plus large que le lectorat shōnen habituel.
11. Skip & Loafer (Misaki Takamatsu, 2018)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Mitsumi Iwakura, excellente élève venue d’un village rural d’Ishikawa, débarque à Tokyo avec l’ambition d’intégrer une grande université. Mais la vie sociale d’un lycée tokyoïte obéit à des codes qu’aucun manuel ne lui a enseignés. Elle se lie d’amitié avec Sōsuke Shima, un camarade séduisant dont la nonchalance cache des fêlures que personne au lycée ne soupçonne.
Prépublié dans le Monthly Afternoon depuis 2018 et lauréat du prix Kōdansha 2023, Skip & Loafer est un manga de tranche de vie dont la singularité tient à l’importance qu’il accorde aux à-côtés de la romance. Ce qui retient l’attention, c’est son regard sur les dynamiques de groupe adolescentes — les amitiés qui se font et se défont, les jalousies, les élans de générosité, les silences gênés de ceux qui ne savent pas encore comment dire ce qu’ils ressentent. Mitsumi, avec sa naïveté sincère et son enthousiasme à toute épreuve, est le genre de personnage qu’on a envie de voir réussir — et c’est ce qui rend chaque obstacle d’autant plus difficile à encaisser.