Arrête de me chauffer, Nagatoro (Ijiranaide, Nagatoro-san) est un manga écrit et dessiné par Nanashi, prépublié dans le Magazine Pocket de Kōdansha entre novembre 2017 et juillet 2024, et compilé en 20 volumes. Il met en scène Naoto Hachiōji, un lycéen introverti membre du club d’art, sans cesse taquiné par Hayase Nagatoro, une cadette provocatrice dont les moqueries — parfois cruelles — dissimulent mal des sentiments amoureux.
Si vous cherchez quoi lire ensuite, voici des mangas qui partagent cet ADN — le taquinage comme langage amoureux — tout en l’abordant sous un angle différent.
1. Quand Takagi me taquine (Sōichirō Yamamoto, 2013)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Prépublié dans le Monthly Shōnen Sunday de Shōgakukan de 2013 à 2023, ce manga de 20 volumes suit les joutes quotidiennes de deux collégiens, Nishikata et Takagi, assis côte à côte en classe. Takagi prend un malin plaisir à piéger son voisin avec des farces et des remarques embarrassantes, tandis que Nishikata tente en vain de lui rendre la pareille. Le ressort comique repose entièrement sur l’asymétrie entre les deux personnages : elle a toujours un temps d’avance, il tombe systématiquement dans le panneau.
Là où Nagatoro assume la provocation frontale et le malaise, Takagi cultive un ton plus apaisé, presque suspendu : chaque chapitre, court et autonome, se referme sur un sourire ou un silence complice plutôt que sur une escalade. C’est de l’éveil amoureux à bas bruit, au rythme des saisons d’une petite ville côtière — celle de Shōdoshima, île natale de Yamamoto. Lauréate du 66ᵉ prix Shōgakukan dans la catégorie shōnen, la série a donné lieu à trois saisons d’anime, un film d’animation et un spin-off centré sur le couple devenu adulte.
2. Uzaki-chan Wants to Hang Out! (Take, 2017)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Publié depuis décembre 2017 dans le Dra Dra Dragon Age de Kadokawa et adapté en deux saisons d’anime par le studio ENGI, ce manga transpose la dynamique du taquinage dans un cadre universitaire. Shin’ichi Sakurai, étudiant de troisième année au visage renfrogné, ne demande qu’à être tranquille. Hana Uzaki, sa cadette pleine d’entrain qui le connaît depuis le lycée, en décide autrement : elle s’impose dans son quotidien avec une énergie inépuisable, bien résolue à le sortir de son isolement.
La parenté avec Nagatoro est évidente — un introverti bourru, une cadette envahissante, un rapport de force déguisé en amitié — mais le cadre universitaire change la donne. Ici, pas de couloirs de lycée : on va au cinéma, on travaille ensemble dans un café, on joue aux jeux vidéo jusqu’à minuit. Cette banalité assumée donne aux scènes de complicité un naturel que la série entretient avec constance, sans jamais forcer le trait.
3. Sexy Cosplay Doll (Shin’ichi Fukuda, 2018)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Ce seinen de 15 volumes, prépublié dans le Young Gangan de Square Enix de janvier 2018 à mars 2025, raconte la rencontre entre Wakana Gojō, lycéen renfermé formé à la fabrication de poupées hina par son grand-père, et Marin Kitagawa, une gyaru extravertie et fervente amatrice de cosplay. Après avoir découvert par hasard ses talents de couturier, Marin lui demande de confectionner ses costumes — et ce qui n’était qu’un service ponctuel se mue en collaboration régulière, puis en attirance mutuelle.
Fukuda représente le cosplay avec une précision quasi documentaire : patron, couture, maquillage, choix des tissus, séance photo. Il s’est d’ailleurs rendu dans les ateliers de poupées d’Iwatsuki, à Saitama, pour nourrir son récit de détails concrets. Cette rigueur technique n’est pas un simple décor : c’est le terrain commun grâce auquel Gojō et Marin, qui n’auraient jamais eu de raison de se parler, finissent par ne plus pouvoir se passer l’un de l’autre. La série a dépassé les 15 millions d’exemplaires en circulation et a été adaptée en anime par le studio CloverWorks.
4. The Dangers in My Heart (Norio Sakurai, 2018)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Lancé en mars 2018 dans le Weekly Shōnen Champion d’Akita Shoten avant de migrer vers la plateforme Manga Cross, ce manga suit Kyōtarō Ichikawa, un collégien misanthrope persuadé d’être le protagoniste torturé d’un thriller psychologique. Il passe ses heures de pause dans la bibliothèque du collège, nourrit des fantasmes morbides à l’égard de ses camarades et se fixe en particulier sur Anna Yamada, la fille la plus populaire de la classe — jusqu’à ce que ses pulsions sombres se révèlent être tout autre chose.
Le manga joue sur le gouffre entre la posture d’Ichikawa et ce qu’il est vraiment : non pas un esprit torturé, mais un garçon gauche et attentionné, incapable de nommer ce qu’il éprouve. Anna, de son côté, se révèle bien plus fantasque et gourmande (au sens propre : elle dévore des snacks en permanence) que son image de mannequin en herbe ne le laisse supposer. Nommée au Grand Prix du manga 2020 et adaptée en anime, la série compte treize volumes au Japon — et le passage de la méfiance à la tendresse y est rendu avec une finesse rare dans le registre de la comédie romantique collégienne.
5. Kaguya-sama: Love is War (Aka Akasaka, 2015)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Lancé en mai 2015 dans le magazine Miracle Jump de Shūeisha puis transféré dans le Weekly Young Jump en mars 2016, ce manga de 28 volumes inverse la mécanique habituelle de la comédie romantique. Kaguya Shinomiya et Miyuki Shirogane, respectivement vice-présidente et président du conseil des élèves d’un lycée d’élite, sont éperdument amoureux l’un de l’autre — mais chacun refuse de se déclarer en premier, par orgueil, par calcul, par peur de se retrouver en position d’infériorité.
Chaque chapitre prend la forme d’un duel psychologique où les deux protagonistes déploient ruses et stratagèmes pour amener l’autre à craquer. Akasaka a admis s’être initialement inspiré de Death Note — et l’influence se sent dans la narration intérieure, les plans échafaudés, les retournements de dernière case. Mais la série ne reste pas prisonnière de ce dispositif : à mesure que le casting s’étoffe (Chika Fujiwara, Yū Ishigami, Ai Hayasaka…), les enjeux glissent du jeu tactique vers des territoires plus intimes, plus vulnérables, où l’orgueil cède enfin du terrain. Achevée en novembre 2022, la série a cumulé plus de 22 millions d’exemplaires en circulation.
6. Komi cherche ses mots (Tomohito Oda, 2016)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Avec 37 volumes prépubliés dans le Weekly Shōnen Sunday de Shōgakukan entre mai 2016 et janvier 2025, cette série au long cours met en scène Shōko Komi, une lycéenne dont la beauté et le mutisme créent un malentendu tenace : ses camarades la croient froide et inaccessible, alors qu’elle souffre d’un trouble sévère de l’anxiété sociale qui la paralyse dès qu’il faut prendre la parole. Hitohito Tadano, un camarade au sens de l’observation aiguisé, comprend la situation et décide de l’aider à atteindre son objectif : se faire 100 amis.
Oda a trouvé un dispositif visuel à la hauteur de son sujet : bulles vides, onomatopées hésitantes, messages griffonnés sur un carnet, regards en biais — tout un vocabulaire graphique pour raconter ce que les mots ne peuvent pas dire. Chaque nouvelle amitié nouée par Komi se gagne de haute lutte, et le manga sait faire de ces victoires minuscules (répondre au téléphone, commander un café, dire bonjour) des moments qui touchent juste, sans sentimentalisme. Lauréate du 67ᵉ prix Shōgakukan et adaptée en anime par le studio OLM, la série a aussi donné lieu à un drama live-action.
7. Horimiya (HERO et Daisuke Hagiwara, 2011)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Adaptation redessinée du webcomic Hori-san to Miyamura-kun de HERO (publié en ligne dès 2007), Horimiya a été prépublié par Daisuke Hagiwara dans le Monthly GFantasy de Square Enix d’octobre 2011 à mars 2021, pour un total de 16 volumes (plus un tome bonus). Au lycée, Kyōko Hori a tout de la première de la classe : notes élevées, popularité, aisance sociale. Izumi Miyamura, lui, passe pour un garçon discret et sans relief. Mais chacun cache une facette que personne ne soupçonne : Hori, en l’absence de parents souvent au travail, gère seule la maison et élève son petit frère Sōta ; Miyamura, sous ses vêtements banals, porte piercings et tatouages.
C’est sur cette symétrie de façades que le récit s’appuie — et c’est en s’en débarrassant que les deux personnages se rapprochent. Là où beaucoup de comédies romantiques étirent le quiproquo sur des dizaines de tomes, Horimiya fait avancer la relation avec une netteté inhabituelle : les sentiments se disent, le couple se forme, et le manga s’intéresse alors à ce qui vient après — la vie à deux au quotidien, avec ses ajustements et ses petits ratés. C’est cette attention portée à l’après-confession, plutôt qu’à l’éternelle attente du premier pas, qui fait la singularité de la série.
8. Lovely Complex (Aya Nakahara, 2001)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Publié dans le Bessatsu Margaret de Shūeisha de 2001 à 2007 et compilé en 17 volumes, ce shōjo devenu classique met en scène Risa Koizumi, une lycéenne qui dépasse la plupart de ses camarades d’une bonne tête, et Atsushi Ōtani, un garçon nettement plus petit que la moyenne. Surnommés les « All Hanshin Kyojin » en référence à un célèbre duo comique japonais à la différence de taille similaire, les deux adolescents forment malgré eux le tandem humoristique de leur classe.
La question de la taille — elle trop grande, lui trop petit — n’est pas qu’un gimmick comique : elle engage tout ce que l’adolescence charrie de doutes sur le corps, la norme et le regard des autres. L’action se situe à Sakai, dans la région d’Osaka, et Nakahara écrit ses dialogues en dialecte du Kansai, ce qui donne aux échanges entre Risa et Ōtani un débit, une verdeur et un sens de la répartie qu’une langue standard ne permettrait pas. Lauréat du 49ᵉ prix Shōgakukan dans la catégorie shōjo, Lovely Complex a été adapté en film live-action (2006) et en série animée de 24 épisodes (2007).