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Que lire après « Bakuman » de Tsugumi Ōba et Takeshi Obata ?

Que lire après « Bakuman » de Tsugumi Ōba et Takeshi Obata ?

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Bakuman est un manga écrit par Tsugumi Ōba et dessiné par Takeshi Obata, prépublié dans le Weekly Shōnen Jump entre 2008 et 2012 et compilé en 20 volumes. On y suit Moritaka Mashiro et Akito Takagi, deux lycéens qui s’associent pour réaliser leur rêve : publier un manga à succès dans le Jump et obtenir une adaptation en anime. Rivalités, délais de production, réunions éditoriales, sondages de popularité, menaces d’annulation : Bakuman décrit de l’intérieur les rouages de l’industrie du manga.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Death Note (Tsugumi Ōba & Takeshi Obata, 2003)

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Avant Bakuman, le duo Ōba-Obata s’est fait connaître avec Death Note, thriller psychologique prépublié dans le Weekly Shōnen Jump entre 2003 et 2006. Light Yagami, lycéen surdoué, met la main sur un cahier surnaturel : toute personne dont le nom y est inscrit meurt dans les quarante secondes. Convaincu de pouvoir purger le monde de ses criminels, il se lance dans une croisade meurtrière sous le pseudonyme de Kira.

S’engage alors un duel intellectuel implacable avec L, détective de génie mandaté par Interpol pour identifier Kira. Le ressort de chaque chapitre est le même — bluff, déduction, manipulation — et pourtant la tension ne retombe jamais, parce que chaque erreur de l’un profite à l’autre. Light se croit justicier ; le lecteur le regarde devenir tyran. La série ne tranche pas : elle pose les pièces et vous laisse juger. Douze tomes, pas un de trop.


2. Hikaru no Go (Yumi Hotta & Takeshi Obata, 1998)

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Publié dans le Weekly Shōnen Jump de 1998 à 2003, Hikaru no Go raconte comment un collégien ordinaire, Hikaru Shindō, découvre dans le grenier de son grand-père un goban hanté par Fujiwara no Saï, maître de go de l’ère Heian. Ce fantôme, en quête du « coup divin » depuis plus de mille ans, pousse Hikaru à jouer — et à y prendre goût.

La grande réussite d’Hikaru no Go tient à la crédibilité de la progression du protagoniste : chaque étape, du néophyte total au joueur professionnel, a été supervisée par la joueuse professionnelle Yukari Umezawa. La rivalité entre Hikaru et le prodige Akira Tōya fait le reste : c’est elle qui pousse Hikaru à progresser, et c’est à travers elle que le lecteur prend la mesure de sa transformation. Récompensé par le prix Shōgakukan en 2000 et le prix culturel Osamu Tezuka en 2003, ce manga a relancé la pratique du go chez les jeunes au Japon et à l’international.


3. Blue Period (Tsubasa Yamaguchi, 2017)

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Prépublié dans le Monthly Afternoon de Kōdansha depuis 2017, Blue Period suit Yatora Yaguchi, lycéen conformiste et bon élève, qui découvre par hasard la peinture grâce au tableau d’une camarade — et décide, contre toute attente, de viser le concours d’entrée de Geidai, la très sélective Université des arts de Tokyo.

Tsubasa Yamaguchi, elle-même diplômée de Geidai, sait de quoi elle parle : les techniques picturales sont expliquées avec rigueur, et les peintures des personnages sont réalisées par de véritables étudiant·es en art. La série montre le doute, le syndrome de l’imposteur et le poids des choix d’orientation dans la société japonaise — non pas comme des thèmes abstraits, mais à travers les gestes concrets de Yatora devant sa toile. Lauréat du prix Manga Taishō et du prix Kōdansha en 2020.


4. Oshi no Ko (Aka Akasaka & Mengo Yokoyari, 2020)

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Prépublié dans le Weekly Young Jump entre 2020 et 2024, Oshi no Ko démarre par un postulat improbable : Gorō, gynécologue et fan absolu de l’idole Aï Hoshino, est assassiné la nuit de l’accouchement de cette dernière — pour se réincarner en Aquamarine, l’un de ses jumeaux. Ce premier acte brutal donne le ton : la série passe au crible le show-business japonais — culture idol, télé-réalité, cyberharcèlement, adaptations théâtrales — avec une franchise qui met mal à l’aise.

Aka Akasaka, connu pour Kaguya-sama: Love Is War, et Mengo Yokoyari, autrice de Scum’s Wish, forment un duo complémentaire : l’un structure des intrigues à tiroirs, l’autre excelle dans l’expression des visages et des corps. Le scénario oscille entre enquête, drame familial et satire de l’industrie du divertissement. Derrière le mystère du père des jumeaux, c’est la mécanique du mensonge public que le manga démonte — comment on fabrique une image, comment on la protège, et ce qu’il en coûte.


5. Beck (Harold Sakuishi, 1999)

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Publié de 1999 à 2008 en 34 volumes, Beck retrace l’ascension d’un groupe de rock japonais à travers le regard de Yukio « Koyuki » Tanaka, collégien effacé jusqu’à sa rencontre avec Ryūsuke Minami, guitariste prodige de retour des États-Unis. Ensemble, ils fondent le groupe BECK et tentent de se faire une place sur la scène musicale, du circuit underground de Tokyo aux festivals internationaux.

Harold Sakuishi réussit un pari fou : rendre palpable une musique que l’on n’entend pas. Les références au rock sont omniprésentes — Red Hot Chili Peppers, Rage Against the Machine, Jimi Hendrix — sans jamais tourner au simple catalogue. On suit Koyuki de ses premiers accords maladroits jusqu’à la révélation de sa voix devant un public, et cette trajectoire fonctionne parce que chaque étape se mérite. Le casting secondaire — Taira le bassiste fiable, Chiba le chanteur ingérable — empêche le récit de se réduire au seul parcours de Koyuki : c’est bien un groupe que l’on suit, avec ses frictions, ses ruptures et ses retrouvailles.


6. Chihayafuru (Yuki Suetsugu, 2007)

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Prépublié dans le magazine Be Love de 2007 à 2022 et compilé en 50 tomes, Chihayafuru a pour sujet le karuta compétitif, jeu de cartes traditionnel fondé sur les poèmes du Hyakunin Isshu. Chihaya Ayase, lycéenne énergique, rêve de devenir « Reine », la meilleure joueuse du Japon. Elle fonde un club au lycée avec son ami d’enfance Taichi et poursuit un objectif né de sa rencontre, des années plus tôt, avec le talentueux Arata Wataya.

Le karuta compétitif se joue en une fraction de seconde — il faut reconnaître un poème dès la première syllabe et frapper la carte avant l’adversaire. Yuki Suetsugu exploite cette temporalité pour transformer chaque match en séquence de pure adrénaline, où réflexes, mémoire et acuité auditive font la différence. Mais la série ne se réduit pas aux tournois : les hésitations sentimentales de Chihaya, Taichi et Arata occupent autant de place que les compétitions — et souvent, c’est sur le tatami que les non-dits éclatent. Récompensé par le prix Manga Taishō en 2009 et le prix Kōdansha en 2011, Chihayafuru a contribué à un regain d’intérêt pour le karuta compétitif au Japon.


7. Space Brothers (Chūya Koyama, 2007)

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En cours de publication dans le Morning de Kōdansha depuis 2007 (45 tomes parus), Space Brothers suit Mutta Nanba, ingénieur au chômage, qui décide à 31 ans de relancer son vieux rêve : devenir astronaute, comme son cadet Hibito, déjà sélectionné pour une mission lunaire. Le récit accompagne Mutta à travers les épreuves de sélection de la JAXA, puis sa formation et ses premières missions.

Chūya Koyama s’appuie sur une documentation rigoureuse — la série a reçu le soutien du CNES et de la JAXA — pour rendre compte de chaque étape du parcours vers l’espace : tests physiques, exercices de survie, travail en équipe sous pression. Mais la vraie force du manga, c’est Mutta lui-même : anxieux, drôle, souvent en décalage, il doute en permanence — et le lecteur s’y reconnaît. À 31 ans, face à un cadet qui a déjà réussi, il incarne une ambition tardive et maladroite que le manga ne ridiculise jamais. Double lauréat des prix Shōgakukan et Kōdansha en 2011.


8. Monthly Girls’ Nozaki-kun (Izumi Tsubaki, 2011)

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Sérialisé depuis 2011 dans le magazine en ligne Gangan Online de Square Enix, Monthly Girls’ Nozaki-kun est un yonkoma (manga en quatre cases) qui joue avec les codes du shōjo. La lycéenne Chiyo Sakura tente de déclarer sa flamme à Umetarō Nozaki, grand garçon stoïque — qui la prend pour une fan et l’enrôle comme assistante. Car Nozaki est secrètement mangaka, auteur d’un shōjo à succès sous pseudonyme féminin.

La série tire son humour des quiproquos permanents entre la réalité sentimentale de Chiyo et l’incapacité totale de Nozaki à percevoir les signaux amoureux qu’il met pourtant en scène dans son propre manga. Les personnages secondaires — chacun source d’inspiration involontaire pour les héros de Nozaki — forment un ensemble comique où chaque duo a sa propre mécanique de gag. Une parodie affectueuse du milieu manga, qui fonctionne aussi bien si vous connaissez les codes du shōjo que si vous les découvrez.


9. Barakamon (Satsuki Yoshino, 2008)

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Publié entre 2008 et 2018 en 18 tomes (plus un épilogue sorti en 2023), Barakamon met en scène Seishū Handa, jeune calligraphe professionnel exilé par son père sur une île de l’archipel Gotō après avoir frappé un conservateur de musée. Celui-ci avait jugé son travail « formaté et sans saveur ». Loin de Tokyo, Handa espère trouver le calme pour perfectionner son art — mais c’est sans compter sur Naru, fillette espiègle de six ans, et les habitant·es du village.

Barakamon est un manga de tranche de vie où l’on rit souvent et où l’émotion arrive sans prévenir — les gags de voisinage cèdent régulièrement la place à des scènes plus silencieuses, sans que la transition sonne faux. Au contact de cette communauté rurale, Handa apprend à lâcher prise sur la technique et redécouvre ce qui manquait à sa calligraphie : la spontanéité, l’imperfection, le lien aux autres — tout ce qu’un jury ne peut pas noter. Le titre, qui signifie « avoir la pêche » en dialecte des îles Gotō, annonce la couleur.


10. Kakushigoto (Kōji Kumeta, 2015)

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Prépublié dans le Monthly Shōnen Magazine de 2015 à 2020 en 12 tomes, Kakushigoto repose sur un jeu de mots : le titre signifie à la fois « secret » et « travail de dessin ». Kakushi Gotō est un mangaka père célibataire dont les séries sont connues pour leur humour grivois. Terrifié à l’idée que sa fille Hime soit moquée à l’école, il déploie des trésors d’ingéniosité pour lui cacher sa profession.

Kōji Kumeta, déjà connu pour Sayonara Monsieur Désespoir, abandonne ici le cynisme au profit d’une comédie parentale d’une douceur rare chez lui. Chaque chapitre alterne les gags liés à la double vie de Kakushi et des flash-forwards où Hime, devenue lycéenne, cherche à percer le mystère de son père. Les chapitres comiques font rire ; les flash-forwards serrent le cœur — et tout le manga tient à ce va-et-vient entre les deux registres, porté par le trait épuré et géométrique propre à Kumeta.