Dead Tube est un seinen manga écrit par Mikoto Yamaguchi et dessiné par Touta Kitakawa, prépublié depuis avril 2014 dans le magazine Champion Red d’Akita Shoten. Publiée en France par Delcourt/Tonkam, la série suit Tomohiro Machiya, un membre du club de cinéma de son lycée, entraîné malgré lui dans une compétition en ligne où les participants filment des actes criminels pour récolter des vues — et où le dernier du classement endosse la responsabilité pénale de tous les autres.
Si vous cherchez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même genre.
1. Friends Games (Mikoto Yamaguchi & Yuki Sato, 2013)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Cinq amis — Yûichi Katagiri, Makoto Shibe, Shiho Sawaragi, Tenji Mikasa et Yutori Kokorogi — sont kidnappés et contraints de participer au « jeu Tomodachi », une série d’épreuves dirigées par une mascotte nommée Manabu. L’un d’entre eux est endetté, et le groupe devra s’affronter pour rembourser sa dette. L’amitié, en apparence solide, se fissure dès la première manche.
La violence ici est strictement psychologique. Chaque épreuve force les participants à choisir entre loyauté et intérêt personnel, et les non-dits entre amis causent plus de ravages que n’importe quelle menace physique. Yûichi, le protagoniste, est à la fois le défenseur du groupe et son manipulateur le plus efficace — impossible, la plupart du temps, de savoir si ses stratagèmes visent à protéger ses amis ou à les instrumentaliser. 26 tomes (terminé) chez Soleil Manga.
2. Real Account (Okushou & Shizumu Watanabe, 2014)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Ataru Kashiwagi, adolescent solitaire, consacre l’essentiel de son temps à ReA (Real Account), un réseau social omniprésent au Japon. Un soir, il est aspiré — avec près de 10 000 autres utilisateurs — dans l’univers virtuel de la plateforme. Marble, la mascotte souriante de ReA, annonce les règles : quiconque perd tous ses abonnés meurt, et la mort d’un joueur entraîne celle de l’ensemble de ses abonnés dans le monde réel.
Chaque épreuve détourne une mécanique de réseau social pour en faire une arme : un jeu oblige les participants à exposer leurs messages privés, un autre transforme le nombre de likes en monnaie de survie, un troisième sanctionne toute publication mensongère. Ce sont ces dispositifs concrets — et non un discours plaqué sur la société numérique — qui rendent la satire efficace. 24 tomes (terminé) chez Kurokawa.
3. Gambling School (Homura Kawamoto & Toru Naomura, 2014)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
À l’académie privée Hyakkaō, la hiérarchie entre élèves ne repose ni sur les résultats scolaires ni sur les performances sportives, mais sur l’aptitude aux jeux d’argent. Celles et ceux qui perdent se voient attribuer le statut de « chien » ou de « kitty » et sont relégué·es au bas de l’échelle sociale. C’est dans ce système que débarque Yumeko Jabami, une élève transférée dont la passion pour le jeu confine à la pathologie.
L’intérêt du titre tient à son héroïne. Yumeko ne cherche ni l’argent ni le pouvoir : elle joue pour le vertige du tout-ou-rien, et son visage bascule en un instant de la douceur à une exaltation presque démente dès que les mises grimpent. Ses affrontements avec les membres du conseil des élèves — en particulier la présidente Kirari Momobami — reposent sur des parties truquées dont elle démonte les rouages méthodiquement, à rebours de tous ses adversaires. Adapté en anime par le studio MAPPA ; publié en France par Soleil Manga.
4. Darwin’s Game (FLIPFLOPs, 2012)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Tout change pour Kaname Sudo lorsqu’il accepte, sur son téléphone, une invitation à rejoindre le Darwin’s Game. Ce qui ressemblait à une application mobile est en réalité une arène urbaine clandestine. Chaque joueur reçoit un Sigil — un pouvoir surnaturel propre — et doit affronter d’autres participants dans des duels à mort. Kaname s’allie avec Shuka, Rain et plusieurs autres joueurs pour tenter de survivre et de remonter jusqu’aux organisateurs.
L’ajout des Sigils modifie la logique des affrontements : vaincre un adversaire suppose d’abord d’identifier son pouvoir, puis d’en repérer les failles. La série, scénarisée par Shû Miyama et dessinée par Yuki Takahata (le duo FLIPFLOPs), élargit progressivement son cadre — le survival game entre individus cède la place à des conflits entre clans, puis à des enjeux politiques et territoriaux à l’échelle nationale. 30 tomes (terminé) chez Ki-oon.
5. Prison Lab (Kantetsu & Chiho Minase, 2016)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Aito Eyama subit au quotidien les brimades de ses camarades de classe. Un jour, il reçoit une lettre du mystérieux Kujima qui l’invite à un « jeu de la prison » : séquestrer une personne pendant un mois sans que celle-ci devine son identité. En cas de succès, il empoche une somme considérable. Aito choisit pour cible Aya Kirishima, la meneuse de ses bourreaux.
Le titre inverse d’emblée le rapport victime-bourreau, puis ne cesse de le redistribuer. Le huis clos entre Aito et Aya forme le cœur du récit : lui découvre qu’il est capable de cruauté, elle se révèle bien plus coriace et retorse que prévu. Semaine après semaine, le rapport de force se renverse. L’intrigue s’ouvre ensuite à d’autres binômes geôlier-prisonnier, chacun avec ses propres règles de domination et de résistance. 10 tomes (terminé) chez Panini Manga.
6. Pumpkin Night (Masaya Hokazono & Seima Taniguchi, 2016)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Naoko Kirino a été défigurée lors d’une soirée d’Halloween au collège : un groupe de camarades avait piégé son masque de citrouille avec des pétards et de l’acide sulfurique. Internée en hôpital psychiatrique, elle s’en échappe des années plus tard et entreprend de tuer ses anciens tortionnaires un par un, sous le nom de « Pumpkin Night ». Kazuya, Naruto Kuroki et les autres sont traqués sans répit.
Le manga revendique ouvertement ses influences : Carrie de Stephen King pour la vengeance d’une adolescente humiliée, Halloween de John Carpenter pour le tueur masqué et l’atmosphère de slasher. Démembrements, mutilations, mises à mort inventives : la violence graphique est constante et délibérée. Pumpkin Night ne prétend à aucune subtilité ; c’est un récit d’horreur viscéral qui s’adresse à celles et ceux que le genre n’effraie pas. Publié en France par Mangetsu.
7. Signal 100 (Arata Miyatsuki & Shigure Kondo, 2015)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
M. Shimobe, professeur principal au lycée Seishin, est le souffre-douleur de ses propres élèves. Un jour, il leur diffuse un film qui les plonge sous hypnose, puis se suicide devant eux. Avant de mourir, il leur révèle qu’il existe 100 actions interdites : quiconque en accomplit une est conditionné à se donner la mort. Le seul moyen de survivre est d’être le ou la dernière en vie.
Quatre tomes : c’est tout ce que la série s’accorde, et cette brièveté lui donne un rythme féroce. Les 37 élèves ignorent quels gestes déclenchent le signal fatal — rire, pleurer, courir, tout est suspect. La paranoïa s’installe en quelques pages à peine. Certain·es élèves tentent de cataloguer les signaux pour protéger le groupe ; d’autres cherchent à les identifier pour éliminer leurs camarades. C’est dans cet écart entre solidarité et calcul que la série trouve son nerf. Publié par Delcourt/Tonkam.
8. King’s Game (Nobuaki Kanazawa & Hitori Renda, 2011)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac
Nobuaki Kanazawa reçoit un soir un SMS anonyme adressé à l’ensemble de sa classe de 32 élèves : deux d’entre eux doivent s’embrasser dans les 24 heures. Le message est signé « le Roi ». D’abord pris pour un canular, le jeu tourne vite au cauchemar : toute désobéissance est sanctionnée par la mort, sans qu’aucune explication rationnelle ne soit fournie.
Les ordres du Roi se font de plus en plus cruels — des gages humiliants aux sacrifices irréversibles — et le fait qu’on ne sache jamais qui est le Roi, ni même s’il s’agit d’une personne, installe un sentiment d’impuissance qui pèse autant que les ordres eux-mêmes. Détail notable : l’auteur du roman d’origine porte le même nom que son protagoniste, un choix qui brouille volontairement la limite entre auteur et personnage. La série originale compte 5 tomes chez Ki-oon et a donné lieu à trois prolongements : King’s Game Extreme, King’s Game Origin et King’s Game Spiral.