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Que lire après « Blue Flag » de Kaito ?

Que lire après « Blue Flag » de Kaito ?

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Blue Flag est un manga de Kaito sérialisé sur Shōnen Jump+ de 2017 à 2020. Il met en scène Taichi Ichinose, lycéen effacé pris dans un quadrangle amoureux avec sa camarade Futaba Kuze, son ami d’enfance Tōma Mita et la discrète Masumi. En huit tomes, la série confronte ses personnages au poids des normes, aux sentiments non réciproques et à la question de l’identité sexuelle — le tout dans le huis clos d’un lycée japonais.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Éclat(s) d’âme (Yūki Kamatani, 2015)

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Tasuku Kaname, lycéen, est surpris par un camarade de classe alors qu’il regarde une vidéo pornographique gay sur son téléphone. La rumeur se répand, le harcèlement suit. Tasuku, poussé vers le suicide, trouve refuge dans un salon de discussion qui réunit des personnes de la communauté LGBT+ d’âges et de parcours très différents.

Yūki Kamatani — artiste non binaire et asexuel·le — s’appuie sur son propre vécu pour traiter le poids du secret et la difficulté de s’accepter dans une société qui préfère l’invisibilité. Le dessin frappe par ses métaphores visuelles (distorsions de l’espace, motifs aquatiques, planches fragmentées) qui rendent visibles les états intérieurs de Tasuku. En quatre tomes, la série ne se limite pas à l’homosexualité masculine : elle consacre des arcs entiers à la transidentité et à la non-binarité à travers les autres membres du salon.


2. Love Mix-Up (Wataru Hinekure & Aruko, 2019)

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Aoki est amoureux de Hashimoto, sa voisine de classe. Un jour, il emprunte sa gomme et découvre qu’elle y a inscrit le nom d’Ida, le garçon assis devant lui. La gomme tombe ; Ida la ramasse — et croit qu’Aoki est amoureux de lui. Ce premier malentendu en provoque une dizaine d’autres, et la situation échappe très vite à tout le monde.

Lauréat du 67e prix Shōgakukan (catégorie shōjo), Love Mix-Up tient en neuf tomes où la romance entre garçons est traitée sans pathologie ni gravité excessive. Les expressions faciales exagérées d’Aruko, presque cartoonesques, donnent au récit un ton de comédie physique rare dans le boys’ love. Prévu à l’origine pour cinq chapitres, le manga s’est prolongé grâce à son succès et totalise près d’1,5 million d’exemplaires vendus. Un contre-pied salutaire après la tension de Blue Flag.


3. Our Colorful Days (Gengoroh Tagame, 2018)

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Sora est secrètement amoureux de Kenta, un camarade de classe. Même à Nao, son amie d’enfance, il n’a jamais confié qu’il est gay. Un jour, les blagues homophobes des autres garçons rendent le non-dit insupportable. Sora sèche les cours et rencontre un homme plus âgé, patron d’un café, qui vit son homosexualité ouvertement.

Connu pour ses mangas érotiques destinés à un public gay adulte, Tagame adopte ici un registre radicalement différent. En trois tomes, il construit un récit sur le coming out centré sur le lien entre générations : Sora a besoin d’un modèle, pas d’un amoureux, et c’est cette relation de mentorat avec le patron du café qui porte l’histoire. Le récit ne dramatise jamais à outrance : le quotidien d’un adolescent prisonnier du silence y est restitué sans effet, avec une économie de moyens qui rend chaque scène d’autant plus juste.


4. Given (Natsuki Kizu, 2013)

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Ritsuka Uenoyama, lycéen guitariste, n’éprouve plus rien pour la musique. Sa rencontre avec Mafuyu Satō — endormi dans les escaliers, une guitare Gibson aux cordes cassées serrée contre lui — relance tout. Ritsuka accepte de réparer l’instrument, puis d’enseigner à Mafuyu, avant de découvrir que celui-ci possède une voix stupéfiante, indissociable d’un deuil qu’il est incapable de formuler.

Given suit deux couples au sein d’un groupe de rock amateur : d’un côté, Ritsuka et Mafuyu, lycéens ; de l’autre, Akihiko et Haruki, étudiants plus âgés dont la relation est nettement plus tourmentée. La musique n’y est pas un simple décor ; c’est le seul langage disponible quand la parole ne suffit pas — comme lors de la scène du concert de l’épisode 9 de l’anime (studio Lerche), devenue célèbre. La série compte neuf tomes et a aussi été adaptée en film d’animation par Blue Lynx.


5. Boy Meets Maria (Peyo, 2017)

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Taiga, lycéen qui rêve de devenir acteur, craque pour Maria, vedette du club de théâtre de son lycée. Il apprend vite que Maria est en réalité Arima, un garçon qui n’interprète que des rôles féminins. Mais le manga ne se réduit pas à cette révélation : Arima porte une identité de genre bien plus complexe, liée à un lourd traumatisme d’enfance.

Ce one-shot de 200 pages aborde sans détour la non-binarité, les violences sexuelles sur mineur et la reconstruction de soi. Le cadre du club de théâtre est bien trouvé : il permet de poser la question du rôle qu’on joue et de celui qu’on subit. Peyo — décédée à 23 ans le jour même de la publication du volume — livre ici un premier et unique récit dont la précision graphique et l’ambition narrative frappent d’autant plus qu’il s’agit d’un début de carrière brutalement interrompu.


6. Le Mari de mon frère (Gengoroh Tagame, 2014)

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Yaichi, père célibataire, vit seul avec sa fille Kana. Un jour, Mike Flanagan, un Canadien à la carrure massive, se présente à sa porte : il est le mari de Ryōji, le frère jumeau de Yaichi, récemment décédé. Mike est venu au Japon sur les traces de l’homme qu’il aimait.

Kana adopte immédiatement son nouvel oncle. Yaichi, lui, ne sait pas comment se comporter face à ce beau-frère homosexuel — non par hostilité déclarée, mais par un malaise diffus, fait de réflexes et de silences. C’est là que le manga est le plus précis : il décrit l’homophobie non pas comme une haine, mais comme un embarras ordinaire. En quatre tomes, Tagame dénoue cette gêne par le regard de Kana, dont les questions ingénues obligent Yaichi à formuler ses préjugés. Chaque volume contient des « petites leçons de culture gay, by Mike » — des apartés en couleur sur les symboles et traditions de la communauté LGBT+. Prix Eisner 2018 ; adapté en mini-série sur la NHK.


7. Bloom Into You (Nio Nakatani, 2015)

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Yū Koito entre au lycée sans avoir jamais éprouvé de sentiment amoureux. Elle rencontre Tōko Nanami, présidente du conseil des élèves, qui semble partager cette indifférence face aux déclarations — jusqu’au jour où Tōko lui confie qu’elle pourrait tomber amoureuse d’elle.

Ce yuri en huit tomes repose sur un paradoxe précis : Tōko aime Yū parce qu’elle croit que celle-ci ne l’aime pas en retour. Si Yū se mettait à éprouver des sentiments, l’équilibre de la relation s’effondrerait. Nio Nakatani fait de cette asymétrie le moteur de tout le récit, auquel viennent se greffer des questions sur le consentement et le fossé entre ce que l’on ressent et ce que l’on montre. Le trait, épuré, donne beaucoup de place aux décors et aux silences — et les non-dits y pèsent autant que les répliques. Adaptée en anime par le studio TROYCA en 2018, la série a dépassé le million d’exemplaires vendus au Japon.


8. Si nous étions adultes… (Takako Shimura, 2019)

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Ayano, professeure d’école primaire, retrouve un soir Akari dans un bar-restaurant qu’elle fréquente seule. Sous l’effet de l’alcool, les deux femmes s’embrassent. Le problème : Ayano est mariée. Ce baiser force à la surface ce qu’elle avait enfoui, et la suite du récit ne lui épargnera rien — ni les conséquences conjugales, ni le regard de son entourage.

Takako Shimura — également connue pour Fleurs bleues et Comme un adieu — signe ici, en dix tomes, son premier yuri centré sur des personnages adultes. Là où la plupart des romances queer en manga se situent au lycée, celle-ci se heurte à des obstacles propres à la vie d’adulte : un mariage à défaire, la pression hétéronormative, et un droit du divorce japonais qui ne facilite rien. Shimura ne dénonce pas : elle montre, sans jamais forcer le trait, à quel point il est difficile d’être honnête avec soi quand cette honnêteté implique de tout reconstruire.