Assistant to the Villain est une romantasy humoristique écrite par Hannah Nicole Maehrer, publiée en 2023. Né d’une série de vidéos devenues virales sur TikTok, ce premier tome suit Evie Sage, une jeune femme qui, faute de mieux — et surtout faute d’argent —, accepte un poste d’assistante auprès du Vilain le plus redouté de Rennedawn. Entre têtes coupées sur le bureau, crapaud couronné à la pancarte sarcastique et début de béguin pour un patron terrifiant (et, hélas, séduisant), Evie découvre qu’un saboteur menace l’empire maléfique de son employeur. Le roman s’est hissé au sommet de la liste des best-sellers du New York Times et compte désormais plusieurs tomes.
Si vous êtes à la recherche de lectures dans le même esprit, voici quelques pistes : romantasy, humour, personnages irrésistibles et méchants qui n’en sont peut-être pas vraiment.
1. Apprentice to the Villain (Hannah Nicole Maehrer, 2024)

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La suite logique. Dans ce deuxième tome, Evie Sage n’est plus une simple assistante : elle est prête à gravir les échelons du mal. Le Vilain — alias Trystan Maverine — a des ennuis jusqu’au cou, et c’est à Evie de protéger le manoir, ses occupants et, accessoirement, le royaume tout entier. Au programme : trahison, maniement du poignard et conspiration avec l’ennemi. Rien que de très banal pour une journée au bureau.
Ce tome approfondit la relation entre Evie et Trystan avec un slow burn qui prend tout son temps (patience, donc). La magie de Rennedawn déraille, le roi Benedict s’en donne à cœur joie côté vilenie, et les enjeux se corsent. On retrouve l’humour du premier volume, mais l’intrigue gagne en ampleur et en noirceur. Les personnages secondaires — Kingsley en tête — continuent de voler la vedette, et c’est tant mieux.
2. Le Temps de l’acier – Tome 1 : Longue vie au mal (Sarah Rees Brennan, 2024)

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Rae est en train de mourir. Son seul réconfort : le roman de fantasy préféré de sa sœur, qu’on lui lit à haute voix. Lorsqu’on lui propose un marché pour continuer à vivre — mais à l’intérieur de ce roman —, comment refuser ? Problème : elle se réveille dans le corps de Rahela, la méchante de l’histoire, celle qui est censée mourir dès le lendemain. Sa mission : survivre assez longtemps pour cueillir la Fleur de Vie et de Mort et retourner dans le monde réel.
Tout le sel du livre tient à sa mise en abyme. Rae connaît la suite de l’intrigue — du moins, elle le croit. Car son arrivée modifie le cours des événements, et les personnages qu’elle pensait prévisibles se révèlent bien plus complexes que sur la page. L’Empereur, son personnage de fiction favori, n’est pas exactement tel qu’elle l’imaginait, et endosser le rôle de la vilaine a quelque chose de grisant. Sarah Rees Brennan, elle-même survivante d’un cancer, glisse dans le récit des questions sur notre rapport à la fiction — ce que signifie avoir une seconde chance, et ce qu’il en coûte de la saisir. Chaque chapitre s’ouvre sur un extrait du « livre dans le livre », ce qui produit un effet de roman gigogne assez jubilatoire.
3. La Société très secrète des sorcières extraordinaires (Sangu Mandanna, 2022)

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Mika Moon, sorcière trentenaire, poste des vidéos de magie sur les réseaux sociaux — où personne ne la prend au sérieux, ce qui l’arrange. Depuis toujours, elle respecte trois règles : cacher sa nature, faire profil bas et ne jamais s’attacher. Jusqu’au jour où une offre d’emploi l’envoie à la Maison de Nulle Part, une propriété du Norfolk, pour devenir la tutrice de trois jeunes sorcières : Rosetta, Terracotta et Altamira. Là-bas, elle rencontre une maisonnée d’excentriques bienveillants, dont un certain Jamie, bibliothécaire irlandais au caractère revêche mais au cœur pas si blindé qu’il veut bien le laisser croire.
C’est le roman-doudou par excellence : une cosy fantasy où la magie sent le thé chaud et les biscuits au citron. Sous cette douceur, toutefois, le récit parle de solitude, d’adoption, de différence et de famille choisie — sans lourdeur, mais sans esquive non plus. La dynamique grumpy/sunshine entre Mika et Jamie tient toutes ses promesses, et les trois fillettes apportent une énergie et une drôlerie qui empêchent le livre de verser dans la mièvrerie. Un registre plus doux qu’Assistant to the Villain, mais le même effet : on referme le livre en regrettant de ne pas habiter là-bas.
4. Emily Wilde – Tome 1 : L’Encyclopédie féerique d’Emily Wilde (Heather Fawcett, 2023)

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En 1909, Emily Wilde, universitaire de Cambridge et experte en dryadologie, se rend dans le village nordique d’Hrafnsvik pour y étudier les Recluses, les fées les plus insaisissables — et les plus dangereuses — au monde. Son but : compléter la première encyclopédie féerique jamais écrite. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est l’arrivée de son rival et collègue, le professeur Wendell Bambleby, un homme charmeur, exaspérant et inexplicablement passionné de couture au coin du feu, qui débarque soi-disant pour « l’aider ».
Le roman se présente sous la forme d’un journal de bord, ce qui lui confère un rythme très immersif : entre notes de terrain, observations scientifiques et remarques acerbes sur Bambleby, Emily s’impose comme une narratrice grincheuse, brillante et d’une mauvaise foi irrésistible. Ce qui commence comme une cosy fantasy hivernale — neige, cabane mal isolée, tasses de thé — bascule peu à peu vers un conte plus sombre, ancré dans le folklore scandinave. Les fées, ici, n’ont rien de charmant : elles enlèvent, trompent et punissent. La relation entre Emily et Bambleby évoque un Orgueil et Préjugés transposé au pays du Prince Cruel, et le mystère qui entoure Bambleby lui-même donne furieusement envie de tourner les pages.
5. Tenir une auberge magique : Guide de survie pour sorcières (Sangu Mandanna, 2025)

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Sera Swan fut jadis l’une des sorcières les plus puissantes de sa génération. Puis elle a ressuscité sa grand-tante Jasmine — sur les conseils douteux d’une renarde à la langue trop pendue —, y a perdu la majeure partie de sa magie et s’est fait bannir de sa guilde. Quinze ans plus tard, elle gère le Terrier Toqué, une auberge magique et capricieuse, en compagnie de Jasmine, d’un squelette de coq (effet secondaire regrettable de la résurrection) et d’un assortiment de pensionnaires hauts en couleur. Lorsqu’un vieux sortilège semble pouvoir lui rendre ses pouvoirs, un obstacle se dresse : le seul à pouvoir le déchiffrer est Luke Larsen, nouveau pensionnaire et ancien crush de Sera.
On retrouve ici tout ce qui fait la marque de Sangu Mandanna : une famille de cœur improbable, des dialogues vifs et un décor où l’on aimerait s’installer pour de bon. Le deuil, la peur de l’abandon et le droit aux secondes chances irriguent l’histoire sans jamais l’alourdir. L’auberge elle-même a son caractère — ses pièces changent d’humeur et il y pleut du thé sans prévenir. Si vous avez aimé La Société très secrète des sorcières extraordinaires, ce roman en est le pendant autonome : pas besoin d’avoir lu le premier pour s’y plonger, mais l’envie viendra sans doute après.
6. Dangereuses demoiselles – Tome 1 : Les dames pirates (India Holton, 2021)

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En Angleterre, la Wisteria Society est un fléau. Ces dames, féministes, amorales et querelleuses, maîtrisent la magie et terrorisent les braves gens à bord de leurs maisons volantes — oui, vous avez bien lu — équipées de canons et de drapeaux noirs. Elles cambriolent, escroquent et se dépouillent entre elles, le tout dans le respect scrupuleux des règles du savoir-vivre. La jeune Cécilia attend sa promotion au sein de cette joyeuse confrérie et veut venger sa mère, tuée par le redoutable Morvath, poète fou. Mais l’arrivée de Ned, gredin charmant et menteur professionnel, va faire dérailler ses plans.
Imaginez une Régence anglaise passée au filtre de l’absurde, quelque part entre Jane Austen et Gail Carriger, avec des rombières qui manient l’épée aussi bien que la théière. L’humour est le véritable moteur du livre : les joutes verbales entre Cécilia et Ned sont un régal, et les dames pirates elles-mêmes — bienséance à 14 heures, canonnades à 15 — sont un pur bonheur. La romance enemies-to-lovers s’installe au milieu du chaos avec un naturel déconcertant. Bref, si vous cherchez la même énergie rocambolesque qu’Assistant to the Villain mais en costumes d’époque, c’est ici.
7. La Ballade funèbre – Tome 1 : La Ballade funèbre de Hart et Mercy (Megan Bannen, 2022)

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Hart Ralston est ranger en Tanria, une contrée sauvage peuplée d’Acharnés — des âmes errantes qui prennent possession de corps. C’est un métier solitaire et ingrat, qui laisse trop de place aux idées noires. Mercy, de son côté, tente de maintenir à flot l’entreprise familiale de pompes funèbres et se passerait bien de croiser Hart, qui a le chic pour surgir aux pires moments. Après une énième dispute, Hart écrit une lettre adressée « à un ami ». Il reçoit une réponse anonyme. Commence alors une correspondance de plus en plus intime — et ni l’un ni l’autre ne se doute de l’identité de son interlocuteur.
Le mélange est improbable sur le papier : un western fantasy macabre saupoudré de romance épistolaire et d’humour noir. Et pourtant, ça fonctionne. Les deux protagonistes sont agaçants, solitaires, abîmés — et on s’y attache malgré tout (ou grâce à tout ça). Leur dynamique enemies-to-lovers par lettres interposées rappelle Vous avez un message, version dieux morts et fluides corporels douteux. L’univers — funérailles rituelles, mythologie des demi-dieux, clés funèbres — se construit par petites touches au fil du récit, et la fin frappe fort. Un roman souvent comparé au Château ambulant de Miyazaki pour son alchimie entre légèreté et mélancolie — et la comparaison n’est pas volée.
8. Chroniques de la cour des faës – Tome 1 : Âmes miroirs (Olivia Atwater, 2020)

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Faire son entrée dans la haute société londonienne pour trouver un époux, c’est simple — quand on est aussi ravissante et agréable que Vanessa Ettings. Pour sa cousine Theodora (Dora pour les intimes), c’est une autre affaire. Depuis qu’un faë s’est emparé de la moitié de son âme lorsqu’elle était enfant, Dora n’éprouve presque plus d’émotions. Elle traverse la vie avec une indifférence polie qui scandalise la bonne société. Pourtant, la rencontre avec Elias, le lord Sorcier de la cour, aussi sarcastique qu’insupportable, vient fissurer cette placidité. Car une étrange maladie frappe les enfants de Londres, et Dora pourrait bien détenir la clé du mystère.
Prenez Bridgerton, ajoutez-y du folklore féerique et un soupçon de noirceur : vous obtenez cette Angleterre de la Régence où la magie coexiste avec les bals et les convenances. Dora est une héroïne rafraîchissante : dépourvue de filtre social, elle dit ce qu’elle pense sans s’embarrasser des usages, et son regard décalé met à nu les injustices de l’époque mieux que ne le ferait n’importe quel discours. La relation avec Elias — froideur de façade, profondeur insoupçonnée — offre un slow burn à la Elizabeth Bennet/Mr. Darcy, version féérique. Un roman court et vif, qui se suffit à lui-même tout en ouvrant la porte à d’autres récits dans le même univers.