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Que lire après « Arsène Lupin » de Maurice Leblanc ?

Que lire après « Arsène Lupin » de Maurice Leblanc ?

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Arsène Lupin est un personnage de fiction créé par Maurice Leblanc, apparu pour la première fois dans la nouvelle L’Arrestation d’Arsène Lupin, publiée en juillet 1905 dans le magazine Je sais tout. Cambrioleur mondain, maître du déguisement, amateur d’identités d’emprunt, Lupin a pour terrain de jeu la France de la Belle Époque et des Années folles. Ses aventures s’étendent sur dix-huit romans, trente-neuf nouvelles et cinq pièces de théâtre, publiés de 1905 jusqu’au décès de Leblanc en 1941, et n’ont jamais cessé d’être adaptés au cinéma et à la télévision depuis.

Si vous avez épuisé la saga et que vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques recommandations dans la même veine : détectives astucieux, voleurs raffinés et génies du crime sans foi ni loi.


1. La nouvelle vie d’Arsène Lupin (Adrien Goetz, 2015)

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Académicien et historien de l’art, Adrien Goetz transpose le gentleman-cambrioleur au XXIe siècle à travers sept nouvelles dont les titres font directement écho à ceux de Leblanc. Lupin y côtoie réseaux sociaux, dérèglement climatique et nouvelles technologies, sans rien perdre de son panache ni de sa ruse légendaire.

Le pari est double : préserver l’esprit des récits originaux et les confronter aux enjeux contemporains. Goetz manie l’humour et l’érudition avec aisance, et chaque texte conserve un ton à la fois lettré et espiègle, fidèle à la malice du personnage de Leblanc. Les amoureux·ses du cycle lupinien retrouveront ici la structure en nouvelles qui a fait la renommée de la série originale, enrichie d’un regard aiguisé sur la France d’aujourd’hui. Un hommage cultivé qui ne sacrifie jamais le divertissement à la révérence.


2. Les nouvelles aventures d’Arsène Lupin : Les Héritiers (Benoît Abtey et Pierre Deschodt, 2016)

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Benoît Abtey et Pierre Deschodt, déjà auteurs de la trilogie de bande dessinée Arsène Lupin, les origines, prolongent ici leur travail sous forme romanesque. L’action se situe entre 1897 et 1907 : l’incendie du Bazar de la Charité, les rivalités géopolitiques entre la France, le Maroc et l’Allemagne, et les manœuvres d’une organisation secrète composent la toile de fond d’un récit dense et documenté.

Le Lupin de ce roman est encore jeune, en pleine construction de sa légende. Abtey et Deschodt s’appuient sur la chronologie établie par Leblanc pour y glisser des épisodes inédits, mêlés aux soubresauts de la Belle Époque. Le duo restitue avec soin l’atmosphère politique de la fin du XIXe siècle, entre anarchisme, espionnage et scandales mondains. Un prolongement naturel pour celles et ceux qui souhaitent creuser les années de formation du cambrioleur et le terreau historique dont Leblanc s’est nourri.


3. Le retour d’Arsène Lupin (Frédéric Lenormand, 2018)

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Frédéric Lenormand, romancier prolifique et spécialiste du pastiche littéraire, imagine un Lupin en 1908, contraint de consulter un psychanalyste pour soigner sa kleptomanie compulsive. Parallèlement, le gentleman-cambrioleur fonde une agence de détective sous le nom de Barnett — un clin d’œil direct à L’Agence Barnett et Cie de Leblanc — et se retrouve mêlé à une affaire de tableau de Delacroix disparu.

L’intrigue réserve quelques apparitions savoureuses, dont celle de Mata Hari, et Lenormand réussit un pastiche solide, fidèle au ton ironique et à la mécanique narrative de l’original. On y retrouve le goût de Leblanc pour les faux-semblants, les identités multiples et les dénouements retors. Le roman séduira les lecteur·ices qui apprécient les jeux de miroir entre fiction et histoire, et qui aiment retrouver Lupin dans son élément premier : la duperie élevée au rang d’art.


4. Code Lupin (Michel Bussi, 2006)

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Avant de devenir l’un des auteurs de polar les plus lus en France, Michel Bussi a publié ce premier roman atypique. Un professeur et son étudiante tentent de décrypter les indices que Maurice Leblanc aurait dissimulés dans ses propres textes, convaincus qu’ils mènent à un trésor enfoui dans le pays de Caux, en Normandie.

Le livre fonctionne comme une chasse au trésor littéraire, à mi-chemin entre le thriller et le guide touristique érudit. Les falaises d’Étretat, le Clos Lupin et les paysages normands tiennent une place centrale, au point que le roman se lit aussi comme une déclaration d’amour à la géographie lupinienne. On y croise des références précises aux romans de Leblanc, et la frontière entre réalité et fiction s’y brouille avec malice.

Un choix pertinent pour qui veut prolonger la dimension cryptographique de L’Aiguille creuse et arpenter les lieux mêmes où Leblanc a situé les exploits de son héros.


5. Les Aventures de Sherlock Holmes (Arthur Conan Doyle, 1892)

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Lupin a un rival de papier, et il serait impoli de ne pas commencer par lui. Les Aventures de Sherlock Holmes rassemble les douze premières nouvelles du détective consultant de Baker Street, publiées dans The Strand Magazine entre juillet 1891 et juin 1892. On y trouve quelques-uns des récits les plus célèbres du canon holmésien : Un scandale en Bohême, qui introduit la seule femme à avoir jamais surpassé Holmes — Irene Adler — ; La Ligue des rouquins, où une offre d’emploi trop belle pour être vraie dissimule un braquage ; ou encore L’Aventure du ruban moucheté, que Conan Doyle lui-même considérait comme sa meilleure histoire.

Chaque récit est narré par le fidèle docteur Watson, et tous suivent un schéma rodé : un·e client·e se présente à Baker Street avec un problème en apparence insoluble, Holmes observe, déduit, et résout l’affaire là où Scotland Yard patine. Lupin triomphe par l’audace et le panache ; Holmes, par la logique pure — ce qui n’a pas empêché les deux personnages de s’affronter (sous pseudonyme, avocats de Conan Doyle obligent) dans Arsène Lupin contre Herlock Sholmès.


6. Le Chien des Baskerville (Arthur Conan Doyle, 1902)

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Après avoir fait périr Sherlock Holmes dans les chutes du Reichenbach en 1893, Conan Doyle cède à la pression de ses lecteur·ice·s et ramène le détective dans ce roman, prépublié en feuilleton dans The Strand Magazine entre août 1901 et avril 1902. L’action se situe cependant avant la mort supposée de Holmes — l’auteur esquive ainsi la question de sa survie, qu’il ne tranchera qu’en 1903 dans la nouvelle La Maison vide.

Une malédiction séculaire pèse sur la famille Baskerville : un chien-démon surgirait de la lande du Dartmoor pour frapper les héritiers du domaine. Lorsque Sir Charles Baskerville meurt dans des circonstances troubles, Holmes envoie Watson protéger le nouvel héritier, Sir Henry, fraîchement arrivé du Canada. Watson se retrouve seul au cœur d’un paysage hostile — brumes, tourbières et le sinistre bourbier de Grimpen — à démêler le vrai du faux parmi une galerie de suspects.

Le roman vaut surtout pour son atmosphère oppressante, où la superstition et la rationalité s’affrontent à chaque chapitre. Là où les nouvelles de Holmes fonctionnent comme des exercices de déduction brillamment troussés, Le Chien des Baskerville installe un vrai suspense au long cours — avec, en prime, l’un des décors les plus mémorables du genre.


7. Le Mystère de la chambre jaune (Gaston Leroux, 1907)

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Publié la même année que le premier recueil des aventures de Lupin, ce roman de Gaston Leroux est l’un des textes fondateurs du sous-genre de l’énigme en chambre close. L’intrigue se déroule au château du Glandier, en Île-de-France, où Mathilde Stangerson, fille d’un physicien renommé, est retrouvée à demi morte dans une chambre dont la porte était verrouillée de l’intérieur et les volets clos. Seuls indices : un revolver et l’empreinte d’une main ensanglantée sur le mur. Par où le coupable a-t-il bien pu s’enfuir ?

C’est le jeune reporter Joseph Rouletabille, dix-huit ans et déjà redoutable limier, qui se charge de l’enquête. Sa méthode repose sur ce qu’il appelle « le bon bout de la raison » : une logique rigoureuse qui le place en compétition directe avec Frédéric Larsan, un enquêteur de la Sûreté déjà sur place.

La solution de l’énigme est d’une rigueur géométrique — au point qu’Agatha Christie, par la voix d’Hercule Poirot dans Les Pendules, n’hésitera pas à encenser ce roman. Quand Poirot salue un confrère, on tend l’oreille. Leroux, ancien chroniqueur judiciaire devenu grand reporter pour Le Matin, apporte à son récit un réalisme journalistique peu courant dans la fiction policière de l’époque — doublé de quelques touches poétiques, voire absurdes, qui séduisirent les surréalistes et Jean Cocteau.


8. Fantômas (Pierre Souvestre et Marcel Allain, 1911)

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Si Arsène Lupin vole avec classe, Fantômas, lui, tue sans scrupule. Le premier volume de cette saga fleuve — trente-deux titres publiés entre 1911 et 1913, au rythme effréné d’un par mois — introduit un criminel sans visage ni identité fixe, que l’inspecteur Juve traque depuis des années sans jamais réussir à le neutraliser. L’intrigue s’ouvre sur la disparition d’un aristocrate britannique, Lord Beltham, puis bifurque vers l’assassinat d’une marquise en province. Les pistes convergent vers un certain Gurn, mais rien n’est jamais ce qu’il paraît dans l’univers de Fantômas.

Apollinaire salua la saga comme « un extraordinaire roman-fleuve plein de vie et d’imagination » ; Cendrars la compara à l’Énéide. Les surréalistes, eux, y virent une forme d’écriture automatique avant la lettre — ce qui s’explique en partie par les conditions de production : Souvestre et Allain dictaient leurs textes au dictaphone avant de les faire transcrire par des dactylos. Le résultat est un torrent narratif débridé, peuplé de courses-poursuites, de fausses identités et de retournements de situation à chaque chapitre. Lupin, malgré ses larcins, reste un gentleman doté d’un code moral. Fantômas n’en a aucun — et c’est cette absence totale de limites qui fascine depuis plus d’un siècle.


9. Double assassinat dans la rue Morgue (Edgar Allan Poe, 1841)

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Avant Holmes, avant Rouletabille, avant Lupin, il y a le chevalier Auguste Dupin — le tout premier détective de fiction. Cette nouvelle, parue en avril 1841 dans le Graham’s Magazine et traduite en français par Charles Baudelaire en 1856 pour le recueil Histoires extraordinaires, a inventé le genre policier.

À Paris, deux femmes de la famille l’Espanaye sont retrouvées sauvagement assassinées dans leur appartement de la rue Morgue. La fille, étranglée, est encastrée tête en bas dans le conduit de la cheminée ; la mère gît dans la cour, la gorge tranchée. Porte verrouillée de l’intérieur, fenêtres bloquées, aucun mobile apparent : la police est dépassée. Dupin, aristocrate désargenté doté d’un esprit analytique hors du commun, décide de s’y intéresser — non par sens de la justice, mais par goût du défi intellectuel.

Poe n’est jamais allé à Paris, mais il y situe son récit après avoir puisé dans les Mémoires d’Eugène-François Vidocq, l’ancien bagnard devenu chef de la Sûreté. La solution de l’énigme, aussi macabre qu’inattendue, reste saisissante près de deux siècles après sa publication. Conan Doyle fera dire à Sherlock Holmes que Dupin était « un garçon assez inférieur » — ce qui, de la part d’un personnage directement inspiré par lui, relève d’une ingratitude assez savoureuse.


10. Allmen et les libellules (Martin Suter, 2011)

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Johann Friedrich von Allmen, la quarantaine élégante, est issu d’une riche famille suisse dont il a dilapidé la fortune avec une constance admirable. Réduit à vivre dans la maison du jardinier de son ancien domaine, il conserve néanmoins les manières d’un aristocrate et les services de Carlos, son fidèle majordome guatémaltèque — qu’il paie rarement, mais qui refuse obstinément de le quitter. Quand Allmen découvre chez une conquête d’un soir cinq coupes Art nouveau ornées de libellules, chacune d’une valeur considérable, la tentation est trop forte.

Martin Suter, romancier suisse d’expression allemande, signe ici le premier volet d’une série qui transpose le gentleman-cambrioleur en Suisse alémanique. L’héritage de Lupin est assumé, mais le ton diffère du tout au tout : le héros de Leblanc opère avec un panache flamboyant ; Allmen avance avec un flegme très helvétique, une ironie feutrée et un sens du désastre qui frôle le comique. Le duo Allmen-Carlos, héritier des grands binômes d’enquêteurs (Holmes et Watson, Rouletabille et Sainclair), est irrésistible — on lirait un tome entier rien que pour leurs dialogues en espagnol rudimentaire.


11. Le Cambrioleur en maraude (Lawrence Block, 2004)

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Bernie Rhodenbarr est libraire le jour et cambrioleur la nuit, à New York. Ce double emploi lui convient parfaitement, même s’il admet volontiers que « l’activité de cambrioleur ne rime à rien ». Dans ce dixième épisode de la série créée par Lawrence Block en 1977, Bernie sort en quête d’un bon coup : une simple promenade nocturne, histoire de se dégourdir les crochets. Mais quand il se retrouve coincé sous un lit dans un appartement new-yorkais, les choses se compliquent — et un cadavre ne tarde pas à faire son apparition.

La recette de la série Rhodenbarr tient en une ligne : Bernie prépare un casse, tombe sur un corps, et doit résoudre le meurtre pour se disculper. Ce qui fait le sel de ces romans, c’est la voix du narrateur — drôle, désinvolte, truffée de réparties acérées. Block, récompensé du titre de Grand Master par la Mystery Writers of America, excelle dans le polar comique sans jamais sacrifier l’intrigue. Si Lupin est un dandy français, Rhodenbarr est son cousin new-yorkais : moins grandiloquent, plus sarcastique, mais tout aussi convaincu qu’on peut cambrioler avec élégance.


12. Un train d’or pour la Crimée (Michael Crichton, 1975)

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Michael Crichton, bien avant Jurassic Park, s’est intéressé au hold-up le plus audacieux de l’Angleterre victorienne. Son roman s’inspire du grand vol d’or de 1855 : un chargement de lingots destiné à payer les troupes britanniques sur le front de Crimée disparaît entre Londres et la côte, remplacé par de vulgaires grains de plomb. Le responsable ? Edward Pierce, un gentleman que personne ne songerait à suspecter, qui a passé un an à planifier l’opération avec une minutie maniaque.

Le coffre-fort du wagon blindé nécessite quatre clefs, détenues par quatre personnes distinctes, en quatre lieux séparés. Pierce doit toutes les obtenir — ou plutôt les copier — sans éveiller le moindre soupçon. Tout le plaisir du roman tient dans la préparation du coup : chaque chapitre rapproche Pierce de son objectif, et la tension croît à mesure que le jour J approche. Crichton nourrit son récit d’un vrai travail de documentation sur la société victorienne — ses codes, son argot, ses inégalités.

Le voleur charismatique et méticuleux cher aux lecteur·ice·s de Lupin se trouve ici transposé dans l’Angleterre victorienne, avec une rigueur historique qui donne au récit un parfum d’authenticité. Sean Connery reprendra le rôle de Pierce dans l’adaptation cinématographique de 1979, La Grande Attaque du train d’or, réalisée par Crichton lui-même — preuve que l’histoire n’a rien perdu de son efficacité une fois portée à l’écran.