Publié en autoédition en août 2021 sous le titre original Haunting Adeline, L’Ombre d’Adeline est le premier volet de la duologie Cat and Mouse de H. D. Carlton. Il raconte l’histoire d’Adeline, une jeune autrice à succès qui emménage dans le manoir de son arrière-grand-mère Gigi, dont la mort reste entourée de mystère. Très vite, Adeline réalise qu’un inconnu l’observe : Zade Meadows, un justicier qui consacre sa vie à démanteler des réseaux de trafic humain, mais dont les méthodes de séduction relèvent davantage du harcèlement que de la galanterie. Le récit juxtapose l’enquête sur le meurtre de Gigi, la tension étouffante avec ce harceleur et les ramifications sordides du trafic d’êtres humains. Propulsé par BookTok, il est devenu un best-seller du New York Times. Traduit en français et publié aux éditions Roncière en mars 2024, il s’est imposé comme une référence majeure, et très polarisante, de la dark romance.
Si vous venez de refermer le dernier chapitre (ou de le balancer contre un mur, les deux réactions étant parfaitement valides) et que vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques pistes.
1. Ça te fait mal ? (H. D. Carlton, 2022)

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Sawyer a fui un foyer violent et, depuis, elle survit en volant l’identité des hommes qu’elle séduit — un mode opératoire rodé jusqu’au jour où elle s’en prend à la mauvaise cible. Enzo Vitale, biologiste marin aussi taciturne qu’obstiné, ne supporte pas qu’on le dépouille. Lorsqu’il retrouve sa voleuse, il l’attire sur son bateau, bien décidé à obtenir des réponses. Manque de chance pour tout le monde : une tempête cataclysmique les laisse naufragés sur une île déserte où un vieux phare décrépit semble être le seul refuge disponible.
Sauf que le gardien des lieux n’a rien de rassurant, et les bruits nocturnes encore moins. Le huis clos bascule alors vers quelque chose de plus trouble, à mi-chemin entre le thriller paranoïaque et la romance féroce. Enzo déteste Sawyer presque autant qu’il la désire — et cette tension, amplifiée par l’isolement et la menace diffuse qui pèse sur le phare, donne au roman une ambiance poisseuse et paranoïaque qui ne lâche pas. Le cadre est radicalement différent de L’Ombre d’Adeline — un manoir gothique de l’État de Washington contre une île perdue au milieu de nulle part —, mais on retrouve la même mécanique : un homme dangereux, une femme piégée, et une attirance qui n’a aucune raison d’exister mais qui s’impose quand même.
2. Sinners Duet – Tome 1 : There Are No Saints (Sophie Lark, 2021)

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À San Francisco, Cole Blackwell mène une double vie. En surface : sculpteur renommé, riche, charismatique, adulé du milieu artistique. En coulisses : tueur en série méthodique qui a fait de la ville son terrain de chasse. Face à lui, Alastor Shaw, un autre artiste qui partage le même passe-temps meurtrier — et qui n’apprécie guère de devoir partager son territoire. Leur rivalité prend un tournant inattendu lorsque les deux hommes posent les yeux sur la même femme : Mara Eldritch, une peintre fauchée qui enchaîne les petits boulots et dont personne ne remarque les toiles.
Quand Alastor tente d’utiliser Mara comme un pion dans son jeu tordu avec Cole, la jeune femme survit contre toute attente — et cette résistance déclenche chez Cole une fixation qu’il ne se connaissait pas. Il se met à la suivre, à décortiquer sa vie, et découvre que cette inconnue lui donne envie de quelque chose qu’il n’a jamais voulu auparavant : protéger plutôt que détruire. L’originalité du roman tient à son cadre artistique : les sculptures de Cole, les peintures de Mara, les installations macabres d’Alastor — tout le monde crée, mais certains utilisent des matériaux plus discutables que d’autres. La question n’est pas de savoir si Cole est dangereux (c’est un tueur, la réponse est réglée), mais s’il est capable de tenir cette promesse — y compris envers lui-même.
3. La toile du silence – Tome 1 : Little Stranger (Leigh Rivers, 2023)

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Malachi a huit ans lorsqu’il est adopté par la famille Vize. Atteint de mutisme sélectif, il ne communique que par la langue des signes et ne se sent en sécurité qu’auprès d’une seule personne : Olivia, sa sœur adoptive. Très vite, ce lien dépasse la simple fraternité. Malachi développe pour Olivia une obsession absolue, totale, sans la moindre intention de la réfréner. Lorsque sa place dans la vie d’Olivia est menacée, il réagit avec une violence froide qui finira par l’envoyer en prison — à cause d’Olivia elle-même.
Des années plus tard, Malachi est libre. Et il n’a rien oublié, rien pardonné. Le soir d’Halloween, il sort enfin de l’ombre pour réclamer ce qu’il considère comme sien : le corps d’Olivia, son esprit, sa peur, sa douleur — et ce qu’il lui reste de cœur, même s’il doit le prendre de force. Le roman est scindé en deux parties : la première retrace l’enfance et l’adolescence des deux protagonistes, avec une tension qui monte graduellement ; la seconde fait voler en éclats toute retenue et verse dans la séquestration, la domination et la violence physique sans filtre. Le caractère tabou de la relation — frère et sœur adoptifs, sans lien de sang mais élevés sous le même toit — n’est pas traité comme un obstacle à surmonter : c’est le carburant même de l’intrigue, et Leigh Rivers ne cherche à aucun moment à rassurer ses lecteur·ices sur la moralité de ce qu’ils et elles sont en train de lire.
4. Derrière le masque – Tome 1 : Lights Out (Navessa Allen, 2024)

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Aly Cappellucci est infirmière en traumatologie — le genre de métier où l’on voit défiler ce que la plupart des gens ne veulent même pas imaginer. Pour décompresser, elle a un rituel peu conventionnel : regarder des vidéos d’hommes masqués sur Internet. Un créateur en particulier retient son attention — torse nu, couvert de tatouages, visage dissimulé — au point qu’un soir, après quelques verres de trop, elle lui envoie un message lui suggérant de s’introduire chez elle. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il la prenne au mot.
Josh Hammond, expert en cybersécurité, est aussi le fils d’un tueur en série notoire — un héritage qui l’a condamné à grandir sous le regard suspicieux du public et à se demander en permanence s’il a hérité des pulsions de son père. Derrière son personnage masqué en ligne, c’est un homme hanté par cette question. Quand il décide de donner vie aux fantasmes d’Aly, leur jeu de rôle consensuel prend une ampleur qu’aucun des deux n’avait anticipée — d’autant qu’un tiers, aux intentions autrement plus sinistres, a aussi remarqué Aly. Ce qui fait la singularité de Lights Out dans le sous-genre de la stalker romance (ces romances où le héros traque l’héroïne, motif omniprésent en dark romance), c’est son humour corrosif : là où la plupart de ces récits ne jurent que par la gravité, Navessa Allen injecte un second degré réjouissant et des dialogues mordants. Sans oublier Fred, le chat d’Aly, qui vole régulièrement la vedette à tout le monde. Le roman a d’abord été un phénomène viral sur TikTok avant de se hisser au sommet de la liste des best-sellers du New York Times.
5. The Dark Duet – Tome 1 : Captive in the Dark (C. J. Roberts, 2011)

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Caleb a été kidnappé enfant et vendu comme esclave à un mafieux. Douze ans plus tard, il ne vit plus que pour une chose : la vengeance. Pour atteindre l’homme responsable de sa souffrance, il doit devenir ce qu’il abhorre : un trafiquant. Sa mission consiste à enlever une jeune femme, la conditionner pour en faire une esclave sexuelle docile, puis la livrer lors d’une vente aux enchères clandestine. Olivia Ruiz, dix-huit ans, se réveille les yeux bandés, ligotée, avec pour seul repère une voix masculine calme qui exige d’être appelée « Maître ». Ce qui s’ensuit est un rapport de force permanent entre une captive qui refuse de se soumettre et un geôlier dont les certitudes vacillent.
Publié en autoédition en 2011, Captive in the Dark est souvent cité comme l’un des romans pionniers de la dark romance contemporaine — l’un de ceux qui ont défini les codes du genre avant que BookTok ne le popularise auprès du grand public. C. J. Roberts, ancienne membre de l’US Air Force, y aborde la question du trafic humain et de l’esclavage sexuel sans édulcorer la réalité. Le malaise est là dès les premières pages et ne faiblit jamais. Mais la complexité psychologique de Caleb — victime devenue bourreau par nécessité, qui se découvre incapable de traiter Olivia comme un simple instrument — empêche le roman de se réduire à une provocation. Le lecteur·ice se retrouve dans une position inconfortable : comprendre Caleb sans pouvoir le cautionner. Le roman a été traduit en dix-sept langues et a ouvert la voie à toute une génération d’autrices de dark romance.
6. Legacy of Gods – Tome 1 : God of Malice (Rina Kent, 2022)

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Killian Carson est un psychopathe fonctionnel. Brillant, sophistiqué, issu d’une famille liée au crime organisé, il a passé sa vie à dissimuler sa véritable nature derrière un masque de charme et d’intelligence. Tout le monde y croit. Tout le monde, sauf Glyndon King, étudiante qui peine à trouver sa place dans une famille d’artistes et qui, dès leur première rencontre, remarque ce que les autres refusent de voir : le vide derrière les sourires de Killian, l’absence totale d’empathie dans ses yeux. Cette lucidité va lui coûter cher : une fois repérée par Killian, impossible de lui échapper.
Le roman se déroule dans une université élitiste fréquentée par les héritiers de dynasties criminelles, où les sociétés secrètes et les jeux de pouvoir font partie du quotidien — un cadre idéal pour la traque psychologique qui s’installe entre les deux personnages. Killian ne fait pas semblant d’avoir des scrupules : il manipule, menace et contrôle Glyndon avec une froideur clinique. Le trouble vient de Glyndon elle-même, qui sait qu’elle devrait fuir mais découvre qu’une part d’elle a envie d’être rattrapée. God of Malice appartient à la série Legacy of Gods, qui s’inscrit dans le « Rinaverse » — un univers fictif partagé entre une dizaine de séries de Rina Kent, toutes lisibles indépendamment mais peuplées de personnages récurrents. Si vous cherchez un anti-héros qui ferait passer Zade Meadows pour un gentleman, Killian est votre homme.
7. Twist Me – Tome 1 : L’Enlèvement (Anna Zaires, 2014)

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La veille de ses dix-huit ans, Nora Leston croise le regard d’un inconnu dans une boîte de nuit. Il est beau, magnétique, et quelque chose en lui la met profondément mal à l’aise. Elle a raison de se méfier : peu de temps après, Julian l’enlève et l’emmène sur son île privée, quelque part dans le Pacifique. Pas de rançon, pas de revendication : Nora lui appartient, point final. Julian est un homme dont les caresses et la cruauté se succèdent sans logique apparente, et dont la tendresse fait parfois plus de dégâts que sa violence.
Le roman ne prétend pas proposer une relation saine ou un modèle à suivre (le contraire serait inquiétant). Ce qui le rend difficile à lâcher, c’est le mécanisme d’emprise décrit du point de vue de Nora : la confusion, l’alternance entre terreur et confort, et l’effroyable lucidité avec laquelle elle analyse sa propre capitulation. Premier tome d’une trilogie (L’Enlèvement, Garde-moi, Tiens-moi), le livre d’Anna Zaires a été l’un des premiers succès grand public de la dark erotica — un registre encore plus frontal que la dark romance, où les scènes de sexe sont plus explicites, plus fréquentes, et où la notion de consentement est souvent réduite à néant. On est ici dans un registre plus cru que L’Ombre d’Adeline, sans l’intrigue policière qui servait de contrepoids : le rapport entre Nora et Julian occupe la quasi-totalité du récit.
8. The Devil’s Night – Tome 1 : Dark Romance (Penelope Douglas, 2015)

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Erika « Rika » Fane a grandi dans une petite communauté huppée de la côte Est américaine, à Thunder Bay, aux côtés de Michael Crist et de sa bande : quatre héritiers arrogants, imprévisibles et convaincus d’être au-dessus des lois. La fascination de Rika pour Michael est ancienne et ambiguë : ce n’est pas son argent ni sa beauté qui l’attirent, mais la violence qu’elle devine sous sa surface polie — et qui fait écho à son propre goût pour le danger, celui qu’elle s’interdit depuis toujours. Pendant dix-neuf ans, Michael ne lui a jamais accordé un regard. Et puis, un jour, il s’intéresse enfin à elle — et Rika comprend vite que cet intérêt n’a rien de bienveillant.
Trois ans plus tôt, un événement terrible a lié leurs destins, et Michael, accompagné de ses acolytes (Kai, Damon et Will), est revenu pour faire payer Rika. Le récit alterne entre passé et présent, et chaque chapitre lève un coin du voile sur ce qui s’est réellement passé cette fameuse nuit. Le titre de la série, Devil’s Night, fait référence à une tradition américaine : la nuit du 30 octobre, veille d’Halloween, historiquement associée aux actes de vandalisme et de chaos — un rituel que Michael et ses amis ont transformé en quelque chose de bien plus personnel et dangereux. Ce qui fait la force de Dark Romance (dont le titre original est Corrupt), c’est la dimension collective de la menace : Rika ne fait pas face à un seul homme, mais à quatre, chacun doté de ses propres failles et de ses propres raisons d’en vouloir au monde. Penelope Douglas a construit avec cette série un véritable phénomène en six tomes, chacun centré sur l’un des membres du groupe — et ce premier volume pose les fondations d’un univers où il vaut mieux ne faire confiance à personne.